FAO/SMIAR: Rapport sur l'Afrique, Décembre 1998

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FAITS SAILLANTS

En Somalie, une grave crise alimentaire est imminente. Pour la cinquième année consécutive, une mauvaise récolte a été engrangée en Somalie lors de la principale campagne agricole de 1998 qui vient de se terminer. La sécheresse, la réduction des superficies cultivées, l’incidence anormalement élevée des ennemis de cultures et des maladies des végétaux résultant des inondations qui se sont produites en début d’année ainsi que les troubles intérieurs qui se poursuivent depuis de nombreuses années sont à l’origine de cette très mauvaise récolte. Celle-ci fait suite à la dévastation des cultures de la première campagne par des inondations catastrophiques, les pires enregistrées depuis des dizaines d’années, dues au phénomène El Niño. Enfin, l’interdiction de l’Arabie saoudite d’importer du bétail en provenance de la Somalie en raison des récentes épidémies a gravement compromis la capacité d’importation du pays. De récents rapports font état d’une progression de la malnutrition et de déplacements de populations, sur une grande échelle, à la recherche de nourriture et de travail. Selon les prévisions, près de 125 000 tonnes d’aide alimentaire seront nécessaires au moins jusqu’au début de la prochaine campagne principale en juillet 1999. Dans le sud du Soudan, les conditions de famine extrêmement graves qui ont caractérisé les derniers mois sont en voie d’amélioration grâce à une distribution mieux assurée de l’aide alimentaire et à une meilleure récolte. Cependant, il sera nécessaire de fournir une aide alimentaire à un grand nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays et aux familles d’agriculteurs affectées par une pénurie alimentaire attribuable à la recrudescence de l’insécurité pendant la période de végétation.

Dans les autres pays de l’Afrique de l’Est, la situation des approvisionnements alimentaires s’est nettement améliorée par rapport à l’année dernière. En Erythrée, en Ethiopie, au Kenya, au Soudan (à l’exception du sud du pays), en Tanzanie et en Ouganda, les conditions météorologiques favorables ont permis d’engranger, ou de prévoir, de bonnes récoltes, sauf en ce qui concerne quelques zones localisées où la production a été perturbée par un temps sec, des inondations ou des troubles intérieurs. Les missions conjointes FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires, récemment revenues d’Ethiopie et du Soudan, terminent actuellement leurs rapports.

Dans la région des Grands Lacs, la production alimentaire a marqué une nette reprise, à l’exception de l’est de la RDC où les troubles intérieurs continuent à perturber les activités agricoles et où l’on signale des déplacements de populations sur une grande échelle, tant à l’intérieur du pays que vers les pays voisins. A mesure que les approvisionnements diminuent, le prix des denrées de base ne cesse d’augmenter sur les marchés locaux. L’état nutritionnel et les disponibilités alimentaires des personnes déplacées à l’intérieur du pays ainsi que celui d’autres groupes vulnérables se trouvant dans l’est de la RDC suscite une grande inquiétude. Au Burundi, les conditions météorologiques favorables et la relance partielle de l’activité économique résultant du relâchement de l’embargo économique régional ont permis une reprise de la production et des approvisionnements alimentaires. Au Rwanda, la situation des approvisionnements alimentaires s’est améliorée dans l’ensemble grâce à l’augmentation de la production cette année, sauf dans les préfectures du nord-ouest où l’insécurité persistante continue à perturber les activités agricoles et à provoquer le déplacement de la population locale, en nombre toujours croissant.

En Afrique de l’Ouest, une récolte exceptionnelle est prévue en dépit des difficultés anticipées dans certaines zones. Compte tenu des conditions de croissance généralement favorables, on prévoit une récolte exceptionnelle dans le Sahel et les principaux pays producteurs devraient engranger des récoltes céréalières records. Cependant, au Cap-Vert, une longue pèriode sèche à un moment critique de la croissance des cultures a considérablement réduit la production. En Guinée-Bissau, la production devrait être inférieure à la moyenne en raison des troubles civils qui ont éclaté au début de l’hivernage et qui ont perturbé les travaux agricoles. Dans les pays riverains du golfe de Guinée, le Libéria et la Sierra Leone continueront à être fortement tributaires d’une aide alimentaire extérieure pour satisfaire leurs besoins, en dépit d’une certaine reprise de la production vivrière, notamment au Libéria où l’état de la sécurité s’est nettement amélioré en milieu rural.

En Afrique australe, la situation des approvisionnements alimentaires demeure stable dans l’ensemble, mais risque d’être difficile dans certains pays où les anomalies météorologiques liées au phénomène El Niño ont considérablement réduit la production céréalière. Ces pays, qui ont enregistré une forte baisse de production, sont essentiellement le Lesotho, la Namibie et la Zambie. En Angola, malgré l’amélioration de la production, l’instabilité actuelle des conditions de sécurité risque de dégrader la situation des approvisionnements alimentaires au cours des mois à venir.

En Afrique subsaharienne, les besoins d’importations céréalières pour 1998/99 devraient être inférieurs à ceux de 1997/98, compte tenu des meilleures récoltes engrangées dans plusieurs régions, notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est.


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