En cette fin dannée 1998, la situation des approvisionnements alimentaires et les perspectives de récoltes pour lAfrique subsaharienne sont bien meilleures quelles ne létaient à la même époque lannée dernière. La production alimentaire a en effet nettement augmenté dans plusieurs régions, notamment en Afrique de lOuest où lon prévoit des récoltes supérieures à la moyenne ou record dans plusieurs pays du Sahel, ainsi quen Afrique de lEst où la production annuelle est satisfaisante dans plusieurs pays. En conséquence, les besoins dimportations céréalières de la sous-région devraient être inférieurs à ceux de lannée dernière. Cependant, des difficultés dapprovisionnement persistent dans certains pays, en particulier en Somalie où une crise alimentaire, résultant de plusieurs mauvaises récoltes consécutives, est imminente. Ces mêmes difficultés subsistent également dans les pays qui sont actuellement touchés par des troubles intérieurs ou qui en subissent les conséquences, tels que la Guinée-Bissau, le Libéria, et la Sierra Leone en Afrique de lOuest, le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo dans la région des Grands Lacs, et lAngola en Afrique australe.
En raison de conditions météorologiques défavorables et de la persistance des troubles intérieurs qui ont entraîné une réduction des récoltes pendant cinq années consécutives, une grave crise alimentaire est imminente en Somalie. Les cultures céréalières de la campagne secondaire "deyr" de 1997/98 ont été dévastées par les pires inondations enregistrées depuis des dizaines dannées et celles de la campagne principale "gu" de 1998 ont été nettement réduites par la sécheresse et par les infestations de ravageurs. En outre, linterdiction de lArabie saoudite dimporter pendant un an du bétail en provenance de la Somalie a privé le pays de lun de ses principaux marchés traditionnels et a compromis les revenus et la sécurité alimentaire de nombreux éleveurs, qui pratiquent, pour la plupart, le pastoralisme.
Compte tenu de la diminution des approvisionnements, le prix des céréales augmente tandis que celui du bétail baisse. Le conflit qui a perturbé léconomie et le marché, et auquel sajoutent plusieurs mauvaises récoltes consécutives, a pratiquement rendu inopérants les mécanismes dadaptation traditionnels en cas de crise. Daprès certains rapports, le nombre de cas de malnutrition, déjà élevé, est en augmentation. Des déplacements de populations à la recherche de nourriture et de travail ont commencé à se produire sur une grande échelle.
Les semis des cultures deyr de 1998/99 ont été retardés en raison du temps sec qui a régné en octobre et durant la première décade de novembre dans les principales zones de production. La prochaine récolte sannonce mal et la situation alimentaire, peu prometteuse actuellement, pourrait se dégrader en 1999 si les précipitations sont insuffisantes durant la campagne deyr qui est en cours.
Même si la récolte deyr de 1998/99 est normale, les besoins totaux daide alimentaire pour la campagne de commercialisation 1998/99 (août/juillet) devraient sétablir à près de 125 000 tonnes. Cependant, linsécurité persistante ne permet toujours pas daccéder aux populations éprouvées. Selon de récentes estimations, 700 000 personnes subissent les effets de pénuries alimentaires et 300 000 autres sont particulièrement menacées, surtout dans les régions de Bay et de Bakool. Ces populations ont un besoin urgent dopérations de secours substantielles. Un appel commun interinstitutions des Nations Unies a été récemment lancé pour mobiliser 18 millions de dollars E.-U. en faveur d'interventions alimentaires, nutritionnelles et sanitaires d'urgence dans le sud et le centre de la Somalie.
Une meilleure distribution de laide alimentaire depuis août et au début de la nouvelle récolte a permis de réduire la gravité de la famine qui sévit dans le sud du Soudan et qui a fait un grand nombre de victimes dans lEtat de Northern Bahr El Ghazal.
Une mission dévaluation des récoltes de la FAO récemment réalisée dans les 10 Etats du sud du Soudan a prévu que la production céréalière sélèverait à 538 000 tonnes en 1998, soit une nette augmentation par rapport à la récolte de 1997 réduite par la sécheresse qui avait particulièrement touché le secteur de lagriculture traditionnelle. Cette augmentation est surtout due aux pluies abondantes qui sont tombées pendant toute la saison à partir de la mi-juillet. Cependant, de nombreux ménages ont engrangé des récoltes réduites dans les zones où les opérations militaires ont perturbé les activités agricoles pendant la période de végétation.
La production de 1998 pourrait couvrir les besoins alimentaires du sud du Soudan mais en raison de la persistance de linsécurité et des dégâts à linfrastructure et aux routes commerciales provoqués par les troubles intérieurs, les excédents dont disposent certains Etats ne pourront parvenir aux cinq Etats à déficit vivrier. Il sera donc nécessaire de prolonger les opérations daide alimentaire en faveur de la population agricole ayant engrangé une récolte réduite en 1998 et dun grand nombre de personnes déplacées.
En dépit des difficultés qui persistent dans certaines zones, les perspectives alimentaires en Afrique de lEst sannoncent dans lensemble meilleures que lannée dernière à la même époque.
En Erythrée, la situation difficile des approvisionnements alimentaires résultant de deux récoltes consécutives réduites de céréales et de cultures secondaires sest améliorée avec larrivée de la nouvelle récolte. Les précipitations abondantes et bien réparties qui sont tombées durant la période de végétation laissent prévoir une très bonne production en 1998. Cependant, en dépit de lamélioration générale de la situation des approvisionnements, quelque 109 000 personnes déplacées en raison du conflit avec lEthiopie, le pays voisin, ont du mal à se nourrir. Ces personnes bénéficient actuellement dune aide alimentaire.
En Ethiopie, la production céréalière (céréales principales et secondaires) de la campagne principale meher de 1998 devrait considérablement augmenter par rapport au niveau réduit de 1997. Des précipitations abondantes et bien distribuées, une meilleure utilisation des engrais et des autres intrants agricoles, ainsi quune campagne relativement peu marquée par les attaques de ravageurs et par les maladies des végétaux ont permis daugmenter les rendements cette année. Cependant, des pluies excessives et des inondations dans le sud-ouest et dans le nord du pays, ainsi que la sécheresse qui a touché les régions occidentales, ont limité la production de ces zones, sans toutefois avoir de sérieuses conséquences sur la production totale. Selon les observations dune mission dévaluation conjointe FAO/PAM des récoltes et des approvisionnements alimentaires qui sest récemment rendue en Ethiopie, la production céréalière (céréales principales et secondaires) de la campagne meher de 1998 devrait augmenter de 37 pour cent par rapport à la même campagne en 1997 et être proche du niveau record de la récolte de 1996. En tenant compte des pertes, des semences et des autres utilisations, la production céréalière devrait dépasser la demande intérieure de quelque 400 000 tonnes. Les possibilités dexportation vers les pays limitrophes sont extrêmement limitées en raison des bonnes récoltes engrangées dans ces pays, et dans le cas de lErythrée, de la fermeture des frontières. La Mission encourage donc fortement les donateurs à effectuer des achats locaux pour couvrir leurs programmes daide alimentaire afin de soutenir le marché et de réduire les effets négatifs dune baisse des prix sur la production de lannée suivante.
Cependant, en dépit des perspectives favorables de la situation alimentaire en Ethiopie, le PAM prévoit que 2 millions de personnes environ auront besoin dune aide alimentaire en 1999. Ce chiffre ne comprend pas les 500 000 personnes environ qui vivent de pastoralisme dans l'est du pays, ni les populations déplacées le long de la frontière entre lErythrée et lEthiopie, lieu dun conflit suscitant une grave inquiétude. La vague de sécheresse qui a touché la région de Somali a entraîné des pénuries de vivres et deau, et le Gouvernement lancera prochainement un appel à la communauté internationale pour quune aide alimentaire soit fournie aux populations éprouvées.
Au Kenya, les récoltes de maïs ("de longue saison de pluies") de la campagne principale de 1998, moissonnées en ce moment dans la vallée du Rift, principale région productrice, devraient enregistrer une nette reprise par rapport au niveau réduit de lannée dernière grâce essentiellement aux précipitations qui sont tombées durant la période de végétation. Si le rendement des cultures de la campagne secondaire qui sont semées en ce moment dans lest et louest du pays est normal, la production de maïs pour lannée de commercialisation 1998/99 (octobre/septembre) devrait sétablir à 2,8 millions de tonnes. Les besoins dimportation seront inférieurs à ceux, élevés, de lannée dernière et devraient sétablir à environ 500 000 tonnes. Ces besoins, dus principalement à la croissance démographique, seront couverts par des opérations commerciales.
La situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante dans lensemble. Les prix des céréales et des haricots ont fléchi à la suite de larrivée de la nouvelle récolte sur les marchés et en raison du niveau élevé des importations au cours de lannée. Dans lest et le nord-est du pays, où l'on avait signalé de très graves inondations, létat du bétail et des pâturages s'est amélioré grâce à une bonne saison des pluies.
En Ouganda, les districts de Gulu et de Kitgum, dans le nord du pays, continuent à connaître des difficultés d'approvisionnements alimentaires en raison de la poursuite de la rébellion, qui a provoqué le déplacement dun segment important de la population locale. Bien que la sécurité se soit récemment un peu améliorée, une aide alimentaire continue à être fournie à quelque 400 000 personnes; dans le nord-est du pays où plusieurs mauvaises récoltes consécutives ont été engrangées, il faut également distribuer une aide alimentaire à 126 000 personnes. Dans le reste du pays, après la bonne récolte de la première campagne de 1998, la situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Les prix du maïs et des haricots ont fléchi au cours des derniers mois.
Au Soudan (à lexception du Sud), les récoltes céréalières de la campagne principale de 1998 devraient être exceptionnelles, notamment pour le sorgho et le mil. Les rendements ont pu être augmentés grâce à des pluies abondantes durant la période de végétation; par ailleurs, les intrants agricoles, mis à disposition du secteur mécanisé au moment voulu, ont permis de commencer à temps les travaux des champs. Cependant, des précipitations excessives dans le centre et le nord du pays ont provoqué des inondations qui ont entraîné des déplacements de populations, lendommagement de linfrastructure, et de graves pertes de récoltes. Les Etats sinistrés reçoivent actuellement une assistance alimentaire et non-alimentaire.
En perspective dune bonne récolte et compte tenu de limportance des stocks de report, le prix du sorgho a nettement baissé depuis septembre et est tombé à un niveau particulièrement bas. La situation générale des approvisionnements alimentaires saméliorera avec larrivée de la nouvelle récolte sur les marchés, notamment dans les zones productrices de mil à louest du Soudan qui ont subi plusieurs mauvaises récoltes consécutives au cours des dernières années. Cependant, les producteurs de sorgho sont préoccupés par le bas niveau des prix actuels qui couvre à peine leurs coûts de production. Afin de stimuler le marché et déviter une réduction des semis lannée prochaine, le gouvernement a récemment levé linterdiction qui frappait les exportations de sorgho depuis trois ans. Une mission conjointe FAO/PAM dévaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires est récemment revenue du Soudan et un rapport est en cours délaboration.
En Tanzanie, la production alimentaire en 1998 devrait augmenter dun tiers par rapport au niveau réduit de 1997 et sétablir à un niveau supérieur à la moyenne. Un excédent, de riz principalement, pourra être exporté pour lannée de commercialisation 1998/99 (juin/mai). Néanmoins, en dépit dune situation alimentaire satisfaisante dans lensemble, il sera nécessaire de fournir une aide alimentaire à quelque 374 000 personnes vivant dans certaines zones des régions de Dodoma et Singida en raison dune baisse de production ainsi que dans les zones à déficit vivrier traditionnelles de la région côtière.
Au Rwanda, après la bonne récolte de la campagne B de 1998, la situation alimentaire sest améliorée dans lensemble mais vu linsécurité qui persiste dans les préfectures du nord-ouest, les déplacements de population s'intensifient. On signale que létat alimentaire et nutritionnel de ces personnes déplacées est précaire. Selon de récentes estimations, 300 000 personnes seraient déplacées à Ruhengeri, 250 000 à Gisenyi et 100 000 à Gikongoro. Laide alimentaire que le PAM fournit à ces zones a doublé au cours des six derniers mois.
Au Burundi, la situation des approvisionnements alimentaires, affectée par plusieurs mauvaises récoltes consécutives et par lembargo imposé par les pays limitrophes, s'est améliorée, du fait de la hausse de la production alimentaire en 1998 et de la relance des activités économiques. Néanmoins, elle reste difficile pour les personnes déplacées qui sont regroupées dans des camps et pour celles qui subissent les effets de la dégradation de la sécurité, comme le montre la récente série de violents incidents au cours desquels plus de 100 personnes ont été tuées.
Dans la République démocratique du Congo, les troubles intérieurs qui ont éclaté début août, notamment dans les provinces orientales de Nord et Sud Kivu, se sont étendus aux provinces Orientale, Maniema et Shaba. La campagne A a commencé dans lensemble de ces provinces mais linsécurité ne cesse de perturber les travaux agricoles, et de graves pénuries de vivres et de fournitures médicales ont été signalées. Le choléra suscite de graves inquiétudes, en particulier dans la zone de Shabunda où, selon certaines ONG, le taux de mortalité dû à cette maladie serait relativement élevé. Par ailleurs, au cours de la dernière campagne B, de nombreux ménages agricoles nont pu bénéficier pleinement des conditions météorologiques favorables du fait dune pénurie dintrants. On signale des déplacements de populations, sur une grande échelle, tant à lintérieur de la République démocratique du Congo que vers les pays voisins. Goma accueille actuellement des milliers de personnes déplacées, originaires essentiellement des régions de Masisi et de Walikale. Les autorités de Goma ont lancé un appel pour obtenir une aide en faveur de quelque 31 750 personnes qui, pour la plupart, ont perdu leur foyer. En outre, plus de 11 000 réfugiés burundais sont rassemblés dans le sud Kivu, notamment dans la région de Uvira. Selon les rapports, ces réfugiés sont en mauvaise santé et le taux de malnutrition est élevé. La situation est particulièrement préoccupante à Kindu dans la province de Maniema car toutes les voies de communication terrestre ont été coupées.
La situation des approvisionnements alimentaires se dégrade également dans la province du Shaba où les inondations qui ont eu lieu plus tôt dans lannée ont dévasté jusquà 70 pour cent des cultures vivrières. Les denrées de base sont chères et ne cessent de se raréfier sur les marchés locaux. En outre, des personnes déplacées provenant des régions de Kalemie, Nyunzu et Nyemba ont trouvé refuge à Lubumbashi, la capitale de la province. On signale également que 20 000 à 40 000 personnes déplacées se sont rassemblées autour de Kabalo, Nyunzu, Nyemba, Manono et Ankoro. Dans la province Orientale, des dizaines de milliers de personnes déplacées et de groupes vulnérables se sont installés à Kisangani où les biens de consommation de base se raréfient et sont onéreux depuis que les axes dapprovisionnement de la ville ont été pratiquement coupés à la mi-août.
Dans le Sahel, compte tenu des conditions de croissance favorables, on prévoit une récolte exceptionnelle et une production record dans les principaux pays producteurs de la région. Dans lensemble, la saison des pluies a commencé à temps, sauf au Sénégal où les précipitations sont tombées en retard dans le centre et le nord du pays. Aucune vague de sécheresse prolongée ne sétant produite, sauf au Cap-Vert en octobre, des resemis nont été nécessaires que dans des zones localisées. Les précipitations ont été bien réparties, régulières et abondantes tout au long des mois daoût et de septembre dans la plupart des zones de production. Des inondations importantes se sont produites dans le sud-est du Sénégal, dans louest, le centre et lest du Niger ainsi que dans le sud du Tchad. Dans lensemble, les ravageurs ont provoqué relativement peu de dégâts. Les pluies abondantes ont bénéficié aux pâturages et ont permis de reconstituer les retenues deau.
Daprès les estimations des missions conjointes FAO/CILSS dévaluation des récoltes qui ont été réalisées en octobre/novembre, la production céréalière totale des neuf pays membres du CILSS devrait atteindre le niveau record de 10,6 millions de tonnes en 1998, soit 31 pour cent de plus quen 1997 et environ 17 percent de plus que la moyenne des cinq dernières années. On prévoit des récoltes exceptionnelles au Tchad, au Mali et au Niger. La production devrait atteindre un niveau supérieur à la moyenne en Gambie ; elle devrait être moyenne au Burkina Faso et au Sénégal, mais inférieure à la moyenne au Cap-Vert et en Mauritanie.
La production céréalière en Guinée-Bissau devrait être nettement inférieure à la moyenne en raison des troubles intérieurs qui perturbent les travaux agricoles. Le conflit qui a éclaté au début de lhivernage a gravement perturbé les travaux de préparation des sols, les semis et la distribution des intrants aux agriculteurs. En raison de linsécurité qui règne, aucune mission dévaluation des récoltes ne sest rendue dans le pays cette année. Selon les données disponibles, la FAO estime que la production céréalière tombera à 120 000 tonnes en 1998, contre 174 000 tonnes en 1997, soit une baisse de 31 pour cent. Les personnes déplacées à lintérieur du pays ont besoin dune aide alimentaire, notamment à Prabis et à Cumura situés à proximité de Bissau, la capitale, ainsi que dans la région de Bafata, à quelque 120 kilomètres à lest de Bissau.
Dans les pays riverains du golfe de Guinée, les récoltes sannoncent généralement bonnes au Bénin, au Nigéria et au Togo mais les perspectives sont moins encourageantes en Côte dIvoire et au Ghana. En dépit dune certaine amélioration de la production alimentaire, le Libéria et la Sierra Leone demeurent fortement tributaires de laide alimentaire internationale pour satisfaire leurs besoins. Au Libéria, malgré une amélioration de la sécurité et des conditions météorologiques favorables, la production céréalière de 1998 ne devrait pas dépasser le niveau de lannée dernière, en raison dune pénurie très importante de semences. Les approvisionnements alimentaires sur les marchés urbains sont stables mais les prix des produits demeurent très élevés. Des combats épisodiques persistent et la fourniture deau et délectricité na toujours pas été rétablie dans la majeure partie de Monrovia. Presque tout le pays bénéficie dune aide alimentaire et daprès les rapports, létat nutritionnel de la population est en voie damélioration. Monrovia demeura tributaire dune aide humanitaire en 1999 en raison notamment du rapatriement des réfugiés provenant des pays voisins.
En Sierra Leone, la situation des approvisionnements alimentaires sest améliorée à Freetown et au centre du pays où règnent actuellement des conditions de paix relative. Dans le reste du pays, cependant, linsécurité et les combats qui persistent provoquent des déplacements de populations et perturbent les travaux agricoles. Le prix des denrées reste toujours très élevé malgré larrivée de la nouvelle récolte. Daprès les estimations, cette récolte sera inférieure à celle de lannée dernière du fait de la réduction des superficies ensemencées. En raison des troubles civils qui sévissent depuis plusieurs années, le pays continuera à être fortement tributaire dune aide humanitaire en 1999 et un appel commun interinstitutions des Nations Unies sera prochainement lancé à cette fin.
En Afrique australe, la campagne agricole de 1998/99 a commencé dans de meilleures conditions quen 1997/98. Les précipitations normales ou supérieures à la normale qui sont tombées en septembre et en octobre dans les zones de production céréalière de plusieurs pays ont apporté lhumidité nécessaire à la préparation des sols et aux semis précoces des céréales secondaires qui seront récoltées à partir davril 1999. En dépit dune baisse de la production céréalière totale en 1998, la situation des approvisionnements alimentaires dans la sous-région reste stable dans lensemble. Alors que lAfrique du Sud dispose de stocks de report importants de maïs, et donc dun excédent exportable, de nombreux pays souffrent dun déficit céréalier considérable et devront avoir recours à des importations. Ces pays comprennent le Lesotho, la Namibie et la Zambie où lon a enregistré une nette diminution de la production céréalière en 1997/98. Dans la sous-région, la récolte de blé de 1998, en cours de moisson, devrait, selon les estimations, être inférieure à celle de 1997 qui sélevait à 2,2 millions de tonnes et être également inférieure à la moyenne. Cette baisse de production résulte surtout de la décision de réduire les superficies ensemencées, notamment en Afrique du Sud, compte tenu du prix peu élevé du blé tant au niveau international que national.
En Afrique subsaharienne, les besoins dimportations céréalières de 1998/99 devraient baisser par rapport à 1997/98, en raison des bonnes récoltes engrangées en Afrique de l'Ouest et de lEst. Les estimations les plus récentes du SMIAR concernant la production de 1998 ainsi que les besoins dimportations et daide alimentaire pour 1998/99 des 24 pays dont la campagne de commercialisation 1998/99 a déjà commencé sont résumées au Tableau 1. Daprès les estimations, les besoins totaux daide alimentaire de ces pays en 1998/99 diminueront de 0,9 million de tonnes par rapport à lannée dernière. Quant aux annonces daide alimentaire céréalière en 1998/99, y compris celles reportées de 1997/98, elles sélèvent à 0,7 million de tonnes, dont 0,2 million ont déjà été livrées.
La situation alimentaire en Somalie suscite une grande inquiétude. Le pays a subi les effets de plusieurs mauvaises récoltes pendant cinq années consécutives et les mécanismes traditionnels utilisés pour survivre en période de crise ont été épuisés. La malnutrition augmente et les populations rurales, à la recherche de nourriture, ont commencé à se déplacer sur une grande échelle. A lest de la République démocratique du Congo, les troubles civils qui persistent continuent à entraver la production vivrière et à provoquer des déplacements de population de plus en plus importants. Au Rwanda et au Burundi, en dépit dune certaine reprise de la production, linsécurité qui règne par endroits continue à toucher un grand nombre de personnes. Dans le sud du Soudan, la famine a régressé au cours des derniers mois mais un grand nombre de personnes déplacées à lintérieur du pays et des ménages ruraux touchés par linsécurité durant la période de végétation ont du mal à se nourrir. En Afrique de l'Ouest, les troubles intérieurs qui ont provoqué le déplacement de populations rurales, en grand nombre, en Sierra Leone et en Guinée-Bissau ont perturbé la production vivrière tandis quen Angola, la dégradation actuelle de la sécurité risque de conduire à une situation similaire.
Plus positivement, et en dépit de déficits vivriers localisés, plusieurs pays, parmi lesquels le Soudan et lEthiopie en Afrique de lEst, ainsi que le Mali, le Niger et le Tchad, en Afrique de lOuest, devraient disposer dexcédents céréaliers importants.
Dans ce contexte, lattention de la communauté internationale est appelée sur les cinq domaines suivants où une intervention prioritaire est requise.