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Paramètres de production des ovins Mossi de Gampèla - Production traits of Mossi sheep in Gampela


Résumé
Abstract
Introduction
Protocole expérimental
Résultats et discussions
Conclusions
Remerciements
Bibliographie

A.J. Nianogo
Département de zootechnie
Institut de développement rural
Université de Ouagadougou
B.P. 7021 Ouagadougou (Burkina Faso)

Résumé

Les mises-bas et poids à âge type des produits ont été relevés de 1983 à 1989 sur un troupeau de 30 brebis et de 3 béliers Djallonké de type Mossi, à la station expérimentale de Gampèla.

Le sexe, le mode de naissance, le mois, la saison et l'année de naissance ont eu un effet significatif sur les poids à âge type et les GMQ des agneaux. Sur 960 agneaux nés, les poids à 0, 15, 30, 60, 90, 180, 360 et 540 jours étaient de 2,33; 3,86; 5,51; 8,14; 10,32; 14,37; 20,43 et 24,87 kg pour les mâles, et de 2,13; 3,66; 5,07; 7,64; 9,50; 12,94; 17,63; et 20,79 kg pour les femelles. Tous sexes confondus, le poids des agneaux à 90 jours était de 10,55 kg pour les simples, 8,10 kg pour les jumeaux et 8,68 kg pour les triplets. Le poids à 90 jours était de 10,77; 10,11 et 8,37 kg pour les agneaux nés en saison pluvieuse, en saison sèche fraîche et en saison sèche chaude, respectivement.

Sur 213 primipares nées entre 1983 et 1987, l'âge moyen à la première mise-bas s'élève à 16,62 mois. L'année et la saison de naissance de la femelle ont eu un effet significatif sur l'âge à la première mise-bas; les mises-bas les plus précoces (15,46 mois) ont été observées chez les femelles nées en saison sèche chaude tandis que les plus tardives (17,40 mois) ont été observées chez celles nées en saison sèche froide. L'intervalle moyen entre mises-bas a connu une baisse régulière, du premier (9,14 mois) au cinquième intervalle (7,27 mois); par la suite, ce paramètre a varié de manière irrégulière. Les taux de fertilité, de fécondité et de prolificité étaient de 122%; 139% ; et 116%. Le pic de naissance le plus important de l'année se situe au mois de novembre, et le suivant au mois de mai.

Abstract

Data on parturitions and weight at specified age of offspring were collected from 1983 till 1989 on a herd of 30 West African dwarf ewes and three West African dwarf rams of Mossi-type at the Gampela experimental station.

Sex, type of birth, month, season and year of birth had a significant effect on weights at specified age and on daily weight gains of lambs. On 960 lambs bore, weights at 0, 15, 30, 60, 90, 180, 360 and 540 days were 2.33; 3.86; 5.51; 8.14; 10.32; 14.37; 20.43 and 24.87 kg, respectively, for males and 2.13; 3.66; 5.07; 7.64; 9.50; 12.94; 17.63 and 20.79 kg, respectively, for females. All sexes combined, lamb weights at 90 days were 10.55 kg for cingles, 8.10 kg for twins and 8.68 kg for triplets. Weights at 90 days were 10.77 kg for lambs born during the rainy season, 10.11 kg for lambs born during the cold dry season and 8.37 kg for lambs born during the trot dry season.

On 213 primiparous dams born between 1983 and 1987, average age at first parturition was 16.62 months. The year and season of birth of the dam had a significant effect on age at first parturition, the earliest parturitions (15.46 months) being observed for dams born in the hot dry season while the latest parturitions (17.40 months) were observed for dams born in the cola dry season. The mean parturition interval declined steadily from the first (9.14 months) till the fifth interval (7.27 months). Thereafter, this parameter varied irregularly. Fertility, fecundity and prolificacy 122%, 139% and 116%,, respectively. Births reached their highest peak in November, and then in May.

Introduction

Les paramètres de production des ovins Djallonké du Burkina ont été étudiés par quelques auteurs (Dianda, 1981; IEMVT, 1980; MAE, 1990). Cependant, la plupart des résultats publiés jusqu'à présent proviennent d'enquêtes réalisées en milieu villageois.

Les ovins Djallonké de type Mossi ont été introduits sur la station expérimentale de Gampèla (SEG), dans le but de favoriser les études sur cette race de mouton; cet article, qui est basé sur des observations faites entre 1983 et 1989, fait le point sur divers paramètres de production.

Protocole expérimental

La SEG dispose d'un parcours de 400 ha de savane claire arborée et arbustive' en zone Nord-soudanienne (pluviométrie moyenne 670 mm). Un troupeau de moutons Mossi (parent du mouton Djallonké) y a été constitué par l'achat, dans les villages environnant la station, et sur le marché de Pouytenga (140 km au sud-est de Ouagadougou), d'une trentaine de brebis présentant soit des dents de lait usées, soit deux dents adultes, et de trois béliers de 2 à 3 ans d'âge.

L'alimentation est basée sur le pâturage (7 heures par jour), avec une complémentation à base de crèches de brasserie égouttées (57 g/jour de matière sèche en moyenne). Après chaque mise-bas, les brebis mères reçoivent environ 250 9 de matière sèche de crèches, plus du foin tout-venant de graminées, de ligneux ou bien des fanes d'arachide, selon la saison; cette alimentation se poursuit pendant environ deux semaines, pois les animaux sont remis au pâturage.

Les animaux ont été régulièrement vaccinés contre la peste des petits ruminants et la pasteurellose, et ont subi un déparasitage interne au début et à la fin de chaque saison pluvieuse et un détiquage périodique.

La lutte est naturelle, les béliers restant en permanence avec les brebis. Les jeunes mâles non destinés à la reproduction sont castrés vers l'âge de 6 mois. Des fiches individuelles ont permis le suivi de la carrière des femelles, et de l'évolution pondérale des produits. Les poids à âge type ont été déterminés grâce à des pesées périodiques. Les mortalités périnatales et les naissances ont également été enregistrées.

Pour l'étude des facteurs de variation, la séparation des moyennes a été faite à l'aide du test de Scheffe du logiciel SAS. L'année a été divisée en trois saisons: la saison dite pluvieuse (SPL) de juin à octobre, la saison sèche fraîche (SSF) de novembre à février, et la saison sèche chaude (SSC) de mars à mai. Les taux de fertilité, de fécondité et de prolificité ont été calculés selon les méthodes décrites par l'IEMVT (1980).

Résultats et discussions

Structure du troupeau

Au 12 juillet 1989 la bergerie comptait 335 têtes dont 65,64% de femelles, avec une forte proportion de jeunes de moins de 1 an (tableau 1). Le poids et la taille au garrot des adultes étaient respectivement de 42,11 + 2,65 kg et 66,56 + 5,14 cm pour les béliers, et de 27,34 + 4,62 kg et 58,48 + 3,50 cm pour les brebis. Quatre principaux types de robe composaient le troupeau: blanc dominant (53,13%), pie noir (33,13%), pie marron (12,83%), noir (0,89%).

Tableau 1. Composition du troupeau au 12-07-89

Classe d'âge

Femelles

Mâles

Nombre

%

Nombre

%

> 5 ans

5

2,27

0

0

4 - 5 ans

24

10,91

3

2,61

3 - 4 ans

50

22,73

10

8,70

2 - 3 ans

35

15,91

20

17,39

1 - 2 ans

42

19,09

34

29,57

0-1 an

64

29,09

49

41 37

Total

220

100,00

116

100,00

Croissance des agneaux

Influence du sexe

Le tableau 2 montre l'influence du sexe sur la croissance des agneaux de la naissance jusqu'à 540 jours. On observe que, sur cette période, les mâles gardent un poids supérieur (P<0,05) à celui des femelles. Ces résultats sont comparables à ceux obtenus par Berger (1979) chez les agneaux Djallonké de Côte d'Ivoire. Cependant, Berger n'observe de différence significative qu'à des âges compris entre 3 et 7 mois.

D'autre part, les poids à âge type observés à Gampèla sont légèrement supérieurs à ceux rapportés par Bourzat (1979); celui-ci trouve des poids à 3, 6, 12 et 18 mois de 8,6; 13,5; 19,0; et 20,8 kg respectivement, chez les mâles.

La supériorité des mâles est également apparente au niveau des gains de poids quotidiens (GMQ). Les GMQ importants observés entre 0 et 90 jours sont dus en grande partie à la contribution de l'alimentation lactée, qui est importante à cette période (Yoni, 1989). La corrélation entre la production laitière de la mère et la croissance des agneaux allaités est importante durant les six premières semaines de lactation.

Influence du mode de naissance

Les agneaux simples sont plus lourds que les jumeaux de la naissance jusqu'à l'âge de 180 jours (P<0,05). Par la suite, la différence devient minime. Cependant, dès le quinzième jour, les triplets pèsent autant que les jumeaux, et la différence de poids grandit ensuite en faveur des triplets (tableau 3).

Tableau 3. Influence du mois et de la saison de naissance sur l'évolution pondérale (kg) des agneaux de 0 à 540 jours*

Tableau 3. Influence du mois et de la saison de naissance sur l'évolution pondérale (kg) des agneaux de 0 à 90 jours*

Ces résultats se rapprochent de ceux obtenus par Berger (cité par IEMVT, 1980). D'autre part, nos observations rejoignent celles de Murayi et al. (1987), qui en station au Rwanda constatent que les agneaux simples sont plus lourds que les jumeaux jusqu'à 2 ans d'âge. A la naissance, les agneaux nés triples sont moins lourds que leurs homologues jumeaux de 10,45% mais semblent les surpasser dès le quinzième jour. Le petit nombre de naissances triples ne rend pas cette différence significative.

Ces observations s'opposent d'ailleurs à celle de Bourzat (1979), qui constate des performances de croissance des triplets de race Mossi inférieures à celles des jumeaux et des simples.

Influence de l'année de naissance

1984 a été l'année la plus favorable pour le poids à 90 jours et le GMQ entre 0 et 90 jours. Les agneaux nés en 1985 ont cependant eu les meilleurs GMQ entre 90 et 540 jours. On observe également une baisse du poids à 540 jours de 1984 à 1987 (tableau 2). 1989 fut l'année la plus sèche (494,6 mm de pluies): le pâturage apportant l'essentiel de l'alimentation aux ruminants sur la station, on peut penser que les brebis mettant bas en 1985 ont été moins favorisées durant leur gestation que les autres sur le plan nutritionnel. Cela expliquerait que les animaux nés en 1984 aient des poids et des GMQ largement inférieurs à ceux observés en 1985 et 1986. Cependant, la pluviométrie a été acceptable en 1985 (619,5 mm) et bonne en 1986 (708,5 mm), ce qui permet aux agneaux nés en 1985 de connaître une croissance postsevrage normale.

Les performances des agneaux nés en 1987 sont moins bonnes que celles des agneaux nés en 1984, 1985 et 1986, malgré une pluviométrie plutôt bonne en 1986 et moyenne en 1987 (658,7 mm). Cependant, il faut signaler qu'avec l'augmentation du nombre de mises-bas par an (observée de 1983 à 1987), le suivi des animaux sur les plans sanitaire et alimentaire peut devenir un facteur limitant. Lorsque les animaux deviennent très nombreux, la promiscuité augmente, de même que la compétition à la bergerie et sur le pâturage pour les meilleurs aliments. La baisse de performance de 1984 à 1987 pourrait aussi être en partie attribuée à une augmentation de la consanguinité; en effet, le rythme de renouvellement des béliers, en principe tous les trois ans avec un ratio mâle/femelle de 1 pour 30, n'a pas été suffisamment rationnel.

Influence de la saison et du mois de naissance sur la croissance de 0 à 90 jours

On observe une supériorité pondérale des agneaux nés en saison pluvieuse par rapport aux autres agneaux (tableau 3). Les agneaux nés en saison sèche chaude sont les plus défavorisés, depuis la naissance jusqu'à l'âge de 90 jours.

La supériorité des agneaux de saison pluvieuse s'explique par l'abondance de pâturages riches et diversifiés. En saison sèche chaude par contre, les herbacées sont à l'état de paille et fournissent peu ou pas de matière azotée digestible (Ouédraogo, 1990). Seuls certains ligneux fournissent encore une quantité significative de nutriments. D'autre part, l'appétit des mères et des agneaux peut être inhibé par les températures élevées qui prévalent pendant cette période.

Les performances des agneaux de SSF se rapprochent de celles des agneaux de SPL; ceci peut signifier que les conditions (qualité et disponibilité des fourrages, température, etc.) qui prévalent à cette période sont relativement bonnes.

Des variations importantes peuvent cependant exister à l'intérieur d'une même saison. Ainsi, les poids à la naissance les plus élevés sont ceux des mois de septembre et octobre; ceci se justifie car pour les mères de ces agneaux, les derniers mois de la gestation ont coïncidé avec une période d'abondance sur le plan alimentaire. On note d'ailleurs que chez les agneaux nés en février, mars et avril, le poids à 90 jours a été faible (inférieur à 8 kg); pour ces agneaux, les derniers mois de gestation ont coïncidé avec une période où la baisse de qualité du pâturage commence à se faire sentir. De plus, ces agneaux doivent encore traverser la SSC avant d'atteindre la SPL.

Le GMQ le plus élevé entre 0 et 90 jours (105,4 9) est observé chez les agneaux nés en novembre; le plus faible (56,8 9) est observé chez les agneaux nés en avril.

Paramètres de reproduction

Age au premier agnelage

L'âge à la première mise-bas de 213 primipares nées entre 1983 et 1987 était de 16,6 mois, indiquant un âge moyen à la première saillie fécondante de l'ordre de 11,6 mois (tableau 4). Ce paramètre varie largement en fonction de l'année de naissance de la mère: de 365,43 jours en moyenne pour les antenaises nées en 1983, il a régulièrement augmenté pour atteindre 643,29 jours en 1987. II est possible que l'augmentation du nombre d'animaux ait entraîné un accroissement des contraintes comme nous l'avons mentionné à propos du poids à 540 jours (compétition à la bergerie et sur le pâturage pour l'alimentation, espace disponible par animal, problèmes sanitaires, suivi du troupeau, etc.). II y a également le problème de l'augmentation de la consanguinité: l'âge moyen à la première saillie fécondante étant de 11,6 mois, on peut estimer que le temps de séjour d'un géniteur mâle dans le troupeau devrait être de l'ordre de 16 à 17 mois.

Tableau. Moyennes annuelles de l'âge à la première mise-bas de brebis antenaises Mossi

Naissance Mère

Nombre

Age à la 1re mise-bas

Erreur type

1983

16

365,43

18,98

1984

39

393,33

9,82

1985

69

472,04

12,39

1986

65

569,83

15,73

1987

24

643,29

20,77

1983-1987

213

498,76

9,26

L'âge au premier agnelage était de 498,5, 530,6 et 471,5 jours chez les agnelles nées en SPL, SSF et SSC, respectivement. Pourtant, les animaux nés en SSC sont les moins favorisés au départ; ils ont en effet le poids à la naissance et à 90 jours le plus faible des trois saisons (tableau 3). II est possible que les animaux nés en SSC rattrapent les autres au-delà de 90 jours d'âge; l'influence de la saison de naissance sur la croissance postsevrage nia pas été évaluée dans cette étude, mais Murayi et al. (1987) ont trouvé que l'effet de la saison cesse d'être significatif à 550 jours d'âge.

L'âge au premier agnelage des moutons Djallonké varie beaucoup en fonction du milieu et de l'année. En 1974, Dumas et Raymond rapportent un âge de 11 mois pour le nord-ouest du Burkina. En 1983 à Toma, Obulbiga (cité par Kaboré, 1986) trouve 16,8 mois en milieu traditionnel et 15,3 mois en station. Sur 21 agnelles Mossi à la station de Sondré-Est, Kaboré trouve un âge moyen de 14,26 mois. Ces derniers résultats se rapprochent beaucoup des nôtres. Le Ministère de l'agriculture et de l'élevage (1990) rapporte des âges à la première mise-bas variant de 20 à 37 mois en fonction de la zone d'enquête, mais il prend en compte toutes les races ovines rencontrées.

Intervalle entre agnelages

Sur 246 brebis nées entre 1982 et 1987 et dont les dernières mises-bas ont eu lieu en juin 1989, une seule brebis a atteint onze agnelages. L'intervalle moyen calculé sur toutes les mises-bas enregistrées était de 217,60 jours, soit 7,23 mois, avec des extrêmes de 278,7 à 209 jours respectivement au premier et au dixième intervalle (tableau 5). Les résultats rapportés ici se rapprochent de ceux de la station de Zouma, où Obulbiga (cité par Kaboré, 1986) trouve une moyenne de 7,8 mois pour 40 observations, et de ceux des Djallonké du Cameroun où Vallerand et Branckaert (1975) trouvent une moyenne de 7,9 mois.

Tableau 5. Moyennes des intervalles entre mises-bas

Intervalle (N°)

Nombre

Moyenne

Erreur type

1

171

278,87

7,24

2

140

245,44

6,75

3

110

240,50

7,02

4

85

235,45

6,83

5

61

221,82

8,99

6

48

232,35

15,35

7

29

253,38

15,66

8

18

247,56

16,41

9

6

222,67

7,85

10

1

209,00

-

Par contre, l'intervalle entre agnelages est plus court que celui rapporté par certains auteurs; le MAE (1990) trouve des intervalles allant de 8 à 13 mois en milieu villageois; Dianda (1981) à Sondré-Est donne une moyenne de 9,3 mois.

D'autre part, l'intervalle est passé progressivement de 278,87 jours entre le premier et le deuxième agnelage à 221,82 jours entre le cinquième et le sixième agnelage. Par la suite on observe des variations moins ordonnées entre le sixième et le onzième agnelage.

Répartition des naissances dans l'année

La répartition mensuelle des 838 naissances enregistrées de 1983 à 1988 figure au tableau 6. On ne note que peu de variation d'une saison à l'autre: 35,68% naissent en SPL, 34-96% en SSF et 29,36% en SSC. Pour l'ensemble du troupeau, les naissances sont plus fréquentes en janvier (9,82% du total), mars (11,14%), mai (10,54%) et novembre (11,50%). Le mois le moins propice semble être le mois de juillet (6,59%). On peut penser que la présence d'un pâturage très jeune et de très bonne qualité en juin crée une situation favorable à la fertilité chez les femelles vides. Quant au pic de mai, il résulterait des luttes de décembre, correspondant aux premières chaleurs fécondes après les agnelages de novembre.

Plus de la moitié des mises-bas des primipares se situe entre janvier et mai, avec un pic au mois de mars.

Tableau 6. Répartition mensuelle des mises-bas des antenaises et de l'ensemble des brebis

Mois

Primipares

Troupeau

Janvier

13,0

9,8

Février

9,1

6,8

Mars

14,2

11,1

Avril

8,7

7,8

Mai

1 1,8

10,6

Juin

9,1

7,7

Juillet

4,3

6,6

Août

6,3

6,8

Septembre

4,7

6,7

Octobre

4,7

7,9

Novembre

6,7

11,5

Décembre

7,5

6,7

La saison pluvieuse joue donc un rôle important pour la puberté des primipares, puisque la plupart des saillies fécondantes ont lieu entre septembre et janvier. Les bonnes conditions de la saison humide y favoriseraient chez les agnelles une accélération de croissance permettant l'entrée en puberté.

Wilson (1988) a observé chez les ovins Peuls transhumants du Nord-Burkina des pics de naissance en novembre et décembre. Bourzat (1979) a également observé dans la même région pour le mouton Mossi un pic d'agnelage en novembre et décembre et émet l'hypothèse d'un flushing naturel en juin et en juillet.

L'absence d'un saisonnement réel (lié aux variations du rythme nycthéméral) a été également noté par Vallerand et Branckaert (1975) sur les Djallonké au Cameroun. Ils ont en effet observé une répartition statistiquement uniforme sur toute l'année.

Fertilité, fécondité et prolificité

Les observations portent sur 689 femelles reproductrices, 838 agnelages et 960 agneaux enregistrés entre 1983 et 1988. Les résultats globaux et par année sont présentés sur le tableau 7.

Tableau 7. Résumé des paramètres de reproduction

Paramètre

Année

1983

1984

1985

1986

1987

1988

Total

Taux de fertilité

100

136

124

118

128

117

122

Taux de fécondité

100

162

156

132

152

125

139

Taux de prolificité

100

119

125

112

119

107

116

Taux de naissances multiples

-

17,72

24,35

12,35

18,72

6,78

14,2

Taux de mortalité périnatale (0-7 jours)

14,70

8,51

8,33

6,28

4,98

8,05

7,18

Le taux global de fertilité sur la période était de 122%. Ce taux est élevé en comparaison avec d'autres observations sur la même race de moutons: à Sondré, Dianda (1981) trouve un taux de 97%; le MAE (1990) trouve un taux moyen de 80%. Berger et Ginisty (1980) relèvent des taux allant de 68 à 95,5% chez les Djallonké de Cote d'Ivoire. Cependant, des taux variant de 136 à 178% ont été rapportés par Hadzi (1988) à Kolokopè au Togo. Ces variations sont en relation avec l'intervalle entre mises-bas et avec les conditions sanitaires et d'alimentation, qui peuvent varier énormément d'un milieu à l'autre.

Le tableau 7 montre une très grande variabilité interannuelle: de 100% (1983) à 136% (1984). Cela pourrait s'expliquer par la conduite même de l'élevage et par les conditions de milieu, qui ont quelque peu varié entre 1983 et 1988. 1984 fut ainsi l'année où les animaux ont bénéficié du plus d'entretien (effectif réduit), surtout au niveau de la complémentation.

Le taux de fécondité était de 139%, avec des variations allant de 100 à 162%. Ce taux est beaucoup plus important que ceux donnés par Dianda (1981) à Sondé-Est (104%) et par le MAE (1990) pour des ovins de race indéterminée et en milieu villageois (79 à 123%). Cependant, Vallerand et Branckaert (1975) trouvent des valeurs moyennes de 168% au Cameroun, tandis que Hadzi (1988) trouve des résultats allant de 157 à 203% par an.

Le taux de prolificité a varie de 100 à 125%, avec une moyenne de 116%. Là encore ces performances sont meilleures que celles observées par Dianda (1981) et que celles rapportées par le MAE (1990), qui trouve 101 à 119%. Sur la SEG les agnelages étaient surtout simples (85, 80%); le pourcentage d'agnelages doubles et triples était de 13,84 et 0,36%, respectivement.

Le taux moyen de mortalité périnatale (à 7 jours) était de 7,18%, avec des variations interannuelles (tableau 6) allant de 4,98% (1987) à 14,70% (1983). La répartition est presque la même pour les deux sexes: 31 mâles et 29 femelles pour 60 agneaux morts.

La cause essentielle de ces mortalités est généralement la subviabilité à la naissance, liée à un faible poids. Dans certains cas, la mortalité a été entraînée par un rejet de l'agneau par la mère ou par une insuffisance de la production lactée de la mère. Mais bien souvent les causes des mortalités n'ont pas pu être déterminées.

Conclusions

Les ovins Djallonké du Burkina Faso ont Une croissance relativement lente dans les systèmes extensifs d'élevage, inférieure aux performances des moutons du Sahel et des ovins de race européenne. L'étude a confirmé l'influence essentielle de l'année et du mois de naissance sur les performances de croissance et de reproduction des moutons Mossi du Burkina Faso. A travers ces facteurs, on note surtout l'influence des conditions du milieu (évolution de la qualité et de la disponibilité du pâturage, température ambiante, conduite de l'élevage, etc.). Les résultats obtenus montrent aussi que les mâles devraient être renouvelés tous les 16 à 17 mois.

Indépendamment de ces facteurs, on note aussi beaucoup de variations pour des groupes d'animaux relativement homogènes. Un programme rationnel de sélection permettrait donc probablement d'aboutir à une amélioration des performances. D'autre part, les performances rapportées ici proviennent d'une situation où l'alimentation repose essentiellement sur le pâturage naturel, et où la reproduction n'est pas gérée; une gestion rigoureuse de la carrière des géniteurs, une intensification de l'alimentation, et Une amélioration des conditions d'élevage sont susceptibles de permettre une productivité plus importante, comme l'ont démontré les essais d'embouche menés au nord-ouest du Burkina (Bourzat et al., 1987) et dans notre laboratoire à Gampèla (Nasse, 1 990) .

Remerciements

Cette étude a été réalisée grâce aux efforts de l'université de Ouagadougou et du Département de zootechnie de l'Institut du développement rural, qui sont propriétaires des infrastructures et des animaux de la station de Gampèla. Lankoandé Louka a participé activement à l'enregistrement des données, Diarra David a participé à la saisie d'une partie des données dans le cadre d'un stage de fin d'études (Diarra, 1989).

Bibliographie

Berger Y. et Ginisty L. 1980. Bilan de 4 années d'étude de la race ovine Djallonké en Côte d'Ivoire. Revue d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux. 33:71-78.

Berger Y. 1979. Sélection et amélioration des ovins-caprins. Rapport annuel 1979. IDESSA/CRZ de Minankro, Bouaké (Côte d'Ivoire).

Bourzat D., Bonkoungou E., Richard D. et Sanfo R. 1987. Essais d'intensification de la production animale en zone soudano- sahélienne: Alimentation intensive de jeunes ovins dans le nord du Burkina. Revue d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux. 40:151 -156.

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