Previous Page Table of Contents Next Page


Recherche et développement des caprins et ovins au Burundi - Small ruminant research and development in Burundi


Résumé
Abstract
Introduction
Sylvo-pastoralisme
La station zootechnique de Maramvya

I. Nsabiyumva

Département la faculté des sciences agronomiques (FACAGRO), Bujumbura, Burundi

Résumé

La pression démographique sur le foncier dans les hautes terres de l'Afrique de l'Est donne au petit élevage un potentiel croissant dans des systèmes intégrant agriculture et production animale. Le Département de zootechnie de la faculté d'agronomie de l'Université du Burundi est chargé de la coordination du réseau national petits ruminants et a constitué le Centre de recherche universitaire sur le petit élevage. Ce Centre gère la station zootechnique de Maramvya et deux programmes de recherche en exploitation: Le PIPRA (Programme intégration petits ruminants agriculture) dans la commune de Mutaho, et des essais d'association de l'élevage ovin au reboisement et aux palmeraies.

Abstract

The high population density in the East African highlands encourages small ruminant production in integrated crop-livestock production systems.

This paper reports on research activities in Burundi on integrating sheep production with reafforestation and palm-tree plantation systems. These studies focus on improving forage resources, animal health and flock management.

Introduction

Dans les régions densément peuplées des hautes terres, l'élevage bovin perd régulièrement du terrain. Une politique de reboisement ambitieuse essaie de limiter les effets de l'érosion mais empiète systématiquement sur les parcours communautaires de faible valeur bromatologique.

L'effectif de chèvres et moutons semble augmenter parallèlement du déclin du gros bétail. Cependant, les systèmes de production traditionnels restent peu performants et le taux d'exploitation ne s'élève que très faiblement. Deux types de solutions sont à l'étude pour accélérer l'intensification de la production du petit bétail: l'intégration de l'élevage des petits ruminants à l'agriculture et l'association de l'élevage ovin aux reboisements et à l'élaiculture.

Projet intégration petits ruminants agriculture (PIPRA)

Les recherches poursuivies depuis 1986 ont porté essentiellement sur les possibilités d'intégrer l'élevage des petits ruminants à l'agriculture dans une des régions naturelles les plus densément peuplées du pays (Nord-Kirimirocommune de Mutaho). L'enquête zoo-économique préalablement menée sur 60 exploitations agricoles a fait ressortir certaines caractéristiques:

· réduction extrême de la superficie cultivable des exploitations;

· agriculture intensive avec jachères de durée très courte, limitées le plus souvent à quelques ares en 1re saison;

· effectifs animaux faibles, l'espèce bovine est en voie de régression;

· intérêt identique pour la chèvre et le mouton, sans préférence caractérisée.

En 1987, six exploitations-pilotes, associant l'élevage caprin à l'agriculture suivant un contrat-type, ont été installées et encadrées. Un certain nombre de contraintes ont pu être identifiées; difficultéss d'installation de certaines cultures fourragères, soit par manque de semences, soit par utilisation d'une technique non appropriée; réceptivité laborieuse des exploitants à certaines techniques semiintensives; effectifs restreints de reproducteurs du centre de Murongwene permet pas de satisfaire les souhaits de tous les demandeurs.

L'expérience acquise au cours des quatre dernières années dans l'installation et l'encadrement de 21 exploitations conduit à formuler Un certain nombre d'observations:

1.1. Le projet a un succès certain; le nombre de volontaires dépasse largement les possibilités en intrants animaux et fourragers. Et les préférences sont aujourd'hui orientées vers le mouton.

1.2. Les conditions requises des éleveurs pour leur accorder un prêt de 5 reproductrices sont au départ correctement remplies. Par la suite, diverses difficultés surgissent:

1.2.1. Les cultures fourragères ne sont pas exploitées rationnellement. La supplémentation est épisodique. La récolte du fourrage n'est pas pratiquée en temps voulu.

D'autre part, plusieurs de ces cultures fourragères peuvent être utilisées à d'autres fins qu'à l'alimentation des animaux. Il en résulte évidemment que les performances des animaux s'en ressentent.

La diffusion, chaque année, de nouvelles boutures/graines de cultures fourragères et l'introduction du creep-feeding chez les éleveurs devraient pouvoir améliorer la productivité de ce système d'élevage.

1.2.2. Les aliments non conventionnels disponibles dans le rugo ne sont pas utilisés rationnellement.

Dans cette optique, il a été expérimenté avec succès une supplémentation avec une adventice de bonne valeur alimentaire: Acanthus sp. qui envahit les jachères, les fossés et les talus. Les éleveurs hésitent cependant à l'utiliser, parce qu'elle est difficile à récolter et que les épines dont elle est recouverte, favoriseraient l'apparition de l'echtyma contagieux. Les noyaux d'avocats ont donné d'excellents résultats mais leur récolte est saisonnière.

1.3. Les prévisions de projection de troupeaux se confirment. Au bout de deux années, l'objectif des 10 UZPR est atteint et les remboursements sont généralement terminés. Malheureusement, les éleveurs ont alors tendance à vendre trop rapidement leurs animaux, y compris les bonnes reproductrices. Il craignent en effet la malveillance de leurs voisins et pensent se mettre à l'abri de cette dernière par une commercialisation hâtive.

1.4. Intégration petits ruminants/agriculture: elle n'est pa réelle à l'heure actuelle. On parlera plutôt d'une association entre une composante agricole et une composante élevage. Cependant, en 1987-1988, une approche systématique des contraintes a été réalisée et son analyse devrait permettre de proposer des solutions rationnelles et satisfaisantes.

1.5. Méthodologie

1.5.1. Afin d'augmenter les possibilités d'approvisionnement en intrants animaux et fourragers:

1.5.1.1. Développement des troupeaux caprin et ovin de multiplication à Murongwe afin de pouvoir satisfaire les besoins des éleveurs locaux. L'effectif moyen de 50 UZPR devrait être atteint dans les deux troupeaux. Ceci devrait permettre d'approvisionner 15 à 20 éleveurs nouveaux par an.

Tous les paramètres classiques continuent à être collectés et interprétés, afin de les comparer utilement à ceux obtenus dans les rugos.

Les faibles superficies de parcours à Murongwe sont encore réduites par le débordement régulier de la Mubarazi en saison des pluies. L'effectif actuel de 83 reproductrices semble difficile à dépasser et même à maintenir. Toutefois, diverses améliorations pourraient être trouvées en intégrant davantage les petits ruminants aux parcours et ressources fourragères des taurillons élevés à Murongwe pour la production de fumier. Au cas où ces améliorations ne pourraient être obtenues, le développement de la Station de Maramvya permettra à l'avenir de produire les géniteurs nécessaires. La Station de Murongwe servira alors de Centre de transit et de quarantaine, avant la diffusion aux éleveurs.

1.5.1.2. Installation de centres de Saillie. En effet, afin de contrôler efficacement l'amélioration génétique du troupeau de la commune, les saillies se font exclusivement avec les mâles sélectionnées de la Station.

Les jeunes mâles, produits en Station ou dans les rugos encadrés, sont:

- soit castrés et mis à l'embouche,

- soit retenus pour la reproduction aux centres de saillie, selon les performances enregistrées sous la mère. Ils sont ensuite confirmés par test de descendance. Deux centres de saillie sont installés à Murongwe et Gitongo.

1.5.1.3. Les éclats de souche de Setaria, Tripsacum, Pennisetum, plants de Leucaena et semences d'avoine sont nécessaires.

Actuellement, 50 000 éclats de souche de Setaria, et 50 kgs de semences d'avoine sont distribués annuellement aux exploitants. Les graines de Leucaena divesifolia sont fournis de telles sorte que chaque exploitant puisse établir en saison sèche une pépinière de 2 000 plants. Les ressources en éclats de souche de Tripsacum et de Pennisetum sont suffisantes chez les exploitants eux-mêmes pour leur permettre d'étendre leurs cultures.

1.5.2. La multiplication exploitations petits ruminants devrait aboutir à moyen terme, à leur regroupement au sein d'une coopérative, dont la Station de Murongwe représentera le support logistique, destiné à fournir les intrants animaux et végétaux, et assurer l'encadrement vétérinaire et zootechnique.

1.5.3. Intégration petits ruminants/agriculture. Un accent tout particulier est porté:

1.5.3.1. aux problèmes de fertilisation. La diffusion de fumières améliorées devrait permettre de produire un abondant fumier de qualité si, toutefois, une litière suffisante est apportée.

Dans un premier temps ce fumier de petits ruminants est expérimenté sur le haricot cultivé en marais et sur colline. Dans un second temps les expérimentations s'étendraient sur d'autres cultures.

1.5.3.2. La faible croissance des plants de Leucaena chez les exploitants devrait être corrigée par l'inoculation des graines.

1.5.3.3. L'utilisation des aliments non conventionnels sera de plus en plus généralisée après qu'un bilan fourrager aussi précis que possible soit affecté au sein de chaque exploitation.

Sylvo-pastoralisme

Les opérations portent essentiellement sur l'élevage ovin et concernent deux secteurs: les reboisements et les palmeraies.

Reboisement

L'association entre élevage ovin et reboisement, entreprise à RUGAZI en 1981-1982 avec le concours de la CCE a été interrompue faute de financement. Elle a été reconduite à Vyanda, sur des reboisements à Pinus Eliotii grâce à la collaboration du Département des forêts et à un financement conjoint FAC/Banque mondiale. Elle est poursuivie, depuis 1987 à Ryarusera sur des boisements à eucalyptus.

Les programmes mis en place qui tendent essentiellement à mettre au point les systèmes de gestion les plus appropriés et les plus complémentaires des deux composantes, sont à long terme et devront se poursuivre.

Les troupeaux reproducteurs installés sont à l'heure actuelle en pleine évolution et aucun problème ne se pose quant à l'écoulement des agneaux produits.

Il est à noter que c'est le troupeau de Ryarusera qui fournit le plus de géniteurs.

Palmeraies

Un programme identique est prévu pour les palmeraies de l'IMBO-SUD, qui présentent l'avantage supplémentaire d'un excellent fourrage représenté par la plante de couverture, à savoir Pueraria phaseloïdes, abondante pendant les premières années de la plantation.

La station zootechnique de Maramvya

Depuis sa création la Station Zootechnique de la FACAGRO possède un projet petits ruminants.

La capacité d'accueil est actuellement de 150 reproductrices pour chaque espèce et l'on compte plus de 600 ovins et caprins à la Station de Maramvya.

Les recherches actuelles ou à venir portent sur:

· la caractérisation et la connaissance des races locales: toutes les données concernant la croissance et la reproduction, sont collectées et sont exploitées afin de sélectionner les meilleurs reproducteurs. Ceux-ci sont entre autre difusés au niveau des projets comportant un volet développement des petits ruminants.

· l'alimentation: des études dans ce domaine ont porté sur le comportement des animaux au pâturage, la digestibilité du Leucaena leucocephala, du Panicum maximum et du Pennisetum purpureum et la paille de riz. Divers niveaux de complémentation à base de son riz sont testés sur les mères allaitantes et les jeunes non sevrés.

· la reproduction: des recherches plus fondamentales sont menées afin d'établir des profils hormonaux et de les mettre en relation avec les caractéristiques de reproduction de nos races locales.

· pathologie: un bilan des maladies des petits ruminants permet d'établir les taux de mortalité et de morbidité et d'instituer des programmes prophylactiques adéquats.

· un encadrement des éleveurs de la commune vient d'être lancé afin de collecter des données d'exploitation et d'assurer un suivi sanitaire rigoureux.


Previous Page Top of Page Next Page