Globalement, au vu des très nombreuses activités et réalisations sur le terrain, la mission estime que le bilan à mi-parcours du projet est positif, notamment en ce qui concerne le renforcement du service forestier régional; le partenariat qui s'est développé avec les autres structures et projets au niveau régional et local; le développement des outils de communication et la transcription des techniques maîtrisées sous forme de dossiers techniques à l'intention des techniciens et des populations; l'adhésion et la forte participation des populations aux actions d'aménagement; les différentes techniques mises au point ou expérimentées dans les différents sites.
Toutefois, malgré ces acquis substantiels, la mission déplore les retards accusés dans la conception/élaboration et mise en oeuvre de plans d'aménagement tant pour les forêts classées que pour les terroirs riverains et dans la mise en place d'un système de suivi-évaluation de l'ensemble des activités du projet.
Les conclusions et recommandations de la mission concernant les différents points sont repris ci-après.
1. CONCEPTION/FORMULATION DU PROJET
La mission constate:
- que l'approche terroir adoptée par le PROWALO constitue un changement radical et positif par rapport à la phase antérieure, qui était essentiellement forestière et sectorielle et centrée sur la restauration des forêts classées de gonakié;- que le projet a effectivement évolué vers une démarche participative, intégrée et multisectorielle, qui permet de concilier restauration du milieu et prise en compte de l'ensemble des composantes du terroir et des besoins des populations, notamment agricoles, pastoraux ou forestiers (populations d'agriculteurs/éleveurs ou agro-pasteurs);
- que la nouvelle phase est conforme aux orientations politiques du Gouvernement, qui visent la restauration des grands équilibres socio-écologiques, l'amélioration de la sécurité alimentaire, l'amélioration des conditions de vie et de revenus des populations;
- que le projet s'inscrit parfaitement dans l'esprit de la régionalisation, par son rôle d'appui/conseil aux populations et aux collectivités locales;
- qu'il répond aux prérogatives du PAFS, basé sur l'implication des populations et des partenaires, la planification décentralisée et l'intégration de l'arbre dans le système agraire et qu'il appuie la mise en application du nouveau Code forestier, qui prévoit la responsabilisation des populations dans la gestion des ressources forestières;
- qu'il s'intègre également au Plan Directeur de la Rive Gauche (PDRG), qui a parmi ses objectifs la réhabilitation des forêts naturelles et la mise en oeuvre d'une ligniculture intensive, ainsi qu'au programme prioritaire de "Ceinture verte", dont les actions prévues de réhabilitation et de régénération des forêts et l'installation de brise-vent dans les aménagements hydro-agricoles, doivent se baser sur les acquis et les actions menées par le PROWALO;
- que, du point de vue de sa formulation, le projet comporte deux objectifs immédiats complémentaires, qui sont pertinents, mais ambitieux, à savoir:
* un objectif d'appui institutionnel qui vise le renforcement des capacités d'intervention des Services forestiers et des populations* un objectif qui vise l'élaboration et la mise en oeuvre de plans d'aménagement intégrés des forêts classées et des terroirs riverains avec la participation des populations concernées.
- que ces objectifs s'inscrivent dans un objectif global de restauration des équilibres socio-écologiques et de développement agro-sylvo-pastoral avec la participation des populations;
- que certains résultats et/ou activités doivent être cependant reformulés pour mieux cadrer avec l'approche et dans un souci de clarté. Les changements à apporter concernent essentiellement les résultats 1,5 et 6 de l'objectif 1 et le résultat 1 de l'objectif 2. Les résultats/activités révisés sont repris en annexe 5.
RECOMMANDATION
- que le projet prenne en compte la reformulation de certains résultats et/ou activités dans ses programmes de travail (PTA) - Responsabilité: Direction du PROWALO
2. STRUCTURATION ET GESTION DU PROJET:
La mission constate:
- que, tel que structuré en deux divisions techniques (DPFA et DSAFSE) et organisé en zones au niveau des secteurs et en postes au niveau des brigades, le projet permet l'intégration effective de ses activités au sein du service forestier régional;- que la collaboration et l'implication des agents du service forestier dans l'exécution et le suivi des activités du projet sont effectives;
- qu'il existe cependant un certain nombre de carences dans la gestion des ressources humaines du projet, notamment au niveau:
- du suivi des activités menées au niveau des postes par les Chefs de zone;- du suivi technique et de l'encadrement de l'équipe de terrain par la Direction et les Divisions techniques de Saint Louis, et plus particulièrement pour la zone de Matam;
- de l'intégration du volet pastoral dans la division aménagement du projet, avec une réelle dichotomie dans la planification des activités d'aménagement forestier et pastoral.
En ce qui concerne le personnel FAO:
1. Départ de l'expert international en aménagement le 31/12/96
- que les besoins de renforcement de l'équipe du projet pour la cartographie et pour l'élaboration des plans d'aménagement et de gestion des forêts classées et des terroirs sont toujours importants;- mais que le projet s'est doté récemment d'un matériel informatique performant, de GPS et d'un logiciel cartographique, pour lesquels le chef de la division aménagement, le CTP et un cadre associé ont été formés. Les zones sont ou seront également équipées sous peu;
- que la DEFCCS est dotée du même matériel, ainsi que le CSE et qu'il existe au niveau national des compétences qui pourraient être utilisées pour appuyer la DFPA dans la finalisation de la cartographie et l'élaboration des plans d'aménagement;
2. Expert national pastoraliste (fin de contrat le 31/05/97)
- que les données concernant le potentiel pastoral et la situation de l'élevage dans la zone du projet ne sont toujours pas disponibles;- qu'il ne reste qu'une saison des pluies pour estimer le potentiel avant la fin de la phase (Juillet 1998);
- que les relations avec la direction de l'élevage sont insuffisants.
RECOMMANDATIONS
- que le projet recherche les voies et moyens de mieux motiver le personnel pour assurer un appui technique plus rapproché des équipes de terrain -Responsabilité: Direction- que des réunions périodiques de coordination soient systématisées au niveau de la Direction et des zones - Responsabilité: Direction/Chefs zone
- que le projet se fasse appuyer - pour les aspects cartographie et élaboration de plans d'aménagement - le plus tôt possible et de manière régulière par le BAC de la DEFCCS, par le CSE (sous-contrat) ou par des consultants nationaux pour lesquels il existe une ligne budgétaire non mobilisée et que les cadres associés (un à Dagana et un à Podor) appuient également la division aménagement, en tant que relais au niveau des zones - Responsabilité: Direction PROWALO/DEFCCS
- que des termes de référence soient définis pour chaque agent/cadre du projet, spécifiant leurs tâches et missions qui leur sont assignées par structure/division - Responsabilité: Direction, DPFA, DSAFSE, IREF
3. INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS
La mission constate:
- qu'un important effort a été consenti par le projet pour doter les zones/secteurs, d'une part, et les postes/brigades, d'autre part, en infrastructures (construction et réfection des bâtiments) et équipements nécessaires;- que le degré de fonctionnalité de ces infrastructures/équipements est très variable selon les zones (certains bâtiments sont fissurés; Matam, situé en fin de ligne électrique, souffre de nombreuses coupures et variations de courant,...);
- qu'il persiste des problèmes dans la gestion du parc automobile, dont la responsabilité est confiée aux Chefs de zone (niveau zone) pour la disponibilité en temps utile des véhicules aux postes;
- que les divisions souffrent également d'un manque de disponibilité des véhicules pour assurer les visites de terrain;
- qu'en ce qui concerne le garage mécanique, les chambres de passage et l'équipement acquis lors de la phase bilatérale Sénégal/Pays-Bas (1984-1988), les problèmes administratifs dépassent les compétences du projet et de la FAO.
RECOMMANDATIONS
- que les véhicules soient mis à disposition des postes sur la base d'un programme mensuel des activités qui permette aux Chefs de zone d'affecter en temps utile les véhicules et d'en suivre l'utilisation qui en est faite - Responsabilité: Chefs de zone/poste- qu'un véhicule soit affecté pour les divisions, aux fins qu'elles puissent assurer de manière conjointe le suivi et l'encadrement des zones et sur base d'un programme mensuel - Responsabilité: Direction/DFPA/DSAFSE
- que le Gouvernement et l'Ambassade des Pays-Bas s'entendent sur les modalités de transfert des infrastructures et équipements (garage et chambres de passage) - Responsabilité: Gouvernement/Ambassade des Pays-bas
- Pour la Zone de Matam (électricité): que le transformateur électrique de Podor soit transféré à Matam lorsque Podor sera relié au réseau électrique de la SENELEC (en cours) - Responsabilité: Direction/Chef de zone Matam.
4. APPUI DU GOUVERNEMENT
La mission constate:
- que le personnel forestier a été affecté à hauteur de 85% par rapport aux besoins identifiés dans le document de projet et que des besoins existent toujours au niveau des divisions;- que l'appui du Gouvernement se réalise aussi au travers de la création de cadres de concertation créés ou en voie de l'être au niveau régional, départemental et local, grâce à l'appui du Gouverneur, des Préfets et Sous-Préfets;
- que, par rapport au document de projet qui prévoyait la participation du Gouvernement à hauteur de 15% du budget global à partir de 1997, et conformément aux décisions prises lors de la revue tripartite du 3/5/1996 (qui a estimé l'apport financier complémentaire à 75 millions de FCFA), le Gouvernement a respecté ses engagements en 1996 (25 millions) et a inscrit ces mêmes montants dans le PTIP (1997-1999).
RECOMMANDATION
- que le Gouvernement maintienne cet apport et le renforce par la stabilité du personnel affecté et le renforcement si possible du personnel des divisions du projet, avec une priorité pour la division aménagement - Responsabilité: Gouvernement/DEFCCS
5. STRATEGIE DE MISE EN OEUVRE
La stratégie de mise en oeuvre du projet est basée sur le développement de trois axes, à savoir la méthodologie d'approche terroir; la recherche de synergie entre les différents partenaires et la participation et implication des populations.
La mission constate:
5.1. Méthodologie d'approche terroir
- que la méthodologie d'approche terroir est adéquate, mais insuffisamment maîtrisée sur le terrain;- que l'approche participative qui sous-tend l'approche terroir et les outils de communication sont bien maîtrisés par l'équipe du projet;
- qu'il n'existe pas de guide au niveau du projet pour l'élaboration d'un plan d'aménagement et de gestion des Forêts classées et de terroirs;
- que les aspects liés à l'élevage sont insuffisamment pris en compte;
5.2. Recherche de synergie entre les partenaires
- que le projet a recherché la mise en place d'une véritable synergie avec les différents partenaires, mais que celle-ci doit être consolidée;- que le projet apporte un appui appréciable à l'IREF pour la création et/ou le fonctionnement des cadres de concertation aux différents niveaux.
5.3. Participation et implication des populations
- que les populations participent activement et sont impliquées dans les diverses actions de restauration et d'aménagement (mise en défens, intégration de l'arbre dans les JPV/PIV, restauration des ressources forestières,...);- que l'organisation au niveau des villages en CGTV reste à parfaire au niveau de la recherche d'un cadre légal et de la définition des règles de fonctionnement;
- que les groupements et plus particulièrement les GPF ont une faible capacité financière pour la mise en oeuvre des micro-réalisations génératrices de revenus et pour les actions d'aménagement.
RECOMMANDATIONS
- que le projet organise un atelier à l'intention de l'équipe de terrain sur l'approche terroir pour une meilleure maîtrise du concept et des étapes par les agents et animatrices, en liaison avec la DEFCCS - Responsabilité: Direction PROWALO/DEFCCS- que la DPFA prépare un guide en liaison avec la DEFCCS pour l'élaboration de plans d'aménagement et de gestion des Forêts classées et des terroirs et un calendrier d'exécution - Responsabilité: DPFA/DEFCCS
- que le projet appuie l'IREF dans la recherche de moyens complémentaires pour le fonctionnement et la pérennité des cadres de concertation - Responsabilité: Direction/IREF/Zones/Postes
- que le projet continue à assurer la mise à niveau des membres des cadres de concertation, notamment en approche participative et les visites conjointes sur le terrain, et qu'une attention particulière soit donnée à la sensibilisation/information des nouveaux élus locaux - Responsabilité: Direction/Zones/Postes
- que le projet renforce l'organisation des populations et recherche les moyens pour améliorer leur capacité financière d'intervention - Responsabilité: Direction/Projet
- que le projet identifie et appuie les groupements les plus dynamiques, et plus particulièrement les GPF et groupements de jeunes - Responsabilité: Zones/Postes
6. FORMATION
6.1. Agents du projet/service forestier
La mission constate:
- que les agents du projet et de l'IREF ont reçu une bonne formation dans les divers domaines liés aux activités du projet, avec un accent mis sur l'approche participative et les outils de communication;- que cet acquis contribue de manière importante au renforcement des capacités d'intervention des agents du service forestier;
- que les visites inter-projets se sont avérés positifs pour les échanges d'expériences.
RECOMMANDATIONS
- que la formation future des agents soit limitée à des recyclages réguliers et/ou formations complémentaires lorsque nécessaires pour les activités du projet - Responsabilité: Direction PROWALO- que les échanges entre projets soient encouragés et organisés sur des thèmes porteurs pour le projet: cartographie des terroirs, identification et mise en oeuvre des MRL, crédits, etc... - Responsabilité: Direction
6.2. Populations
La mission constate:
- que le projet a développé de nombreux outils de participation, sensibilisation et formation, avec la confection notamment de plusieurs dossiers de vulgarisation simples dans plusieurs domaines liés à l'aménagement;- que les techniques vulgarisées, telles que la mise en place de pépinière, la plantation, la construction de foyers améliorés,... sont bien maîtrisées par les populations des villages encadrés;
- que les visites inter-villageoises et les séances de démonstration (cuisine contrôlée) sont très appréciées;
- que le taux d'analphabétisme élevé constitue une contrainte majeure à la formation des populations;
- que les formations programmées ont connu un certain retard dans leur exécution.
RECOMMANDATIONS
- que le projet développe un partenariat avec les ONG et structures présentes dans les département pour la mise en oeuvre d'un programme d'alphabétisation fonctionnelle - Responsabilité: Direction/Chefs de zone- que le projet veille à faire introduire les thèmes liés aux activités d'aménagement dans les programmes d'alphabétisation fonctionnelle -Responsabilité: Direction/Chefs de zone/poste
- que le projet développe les visites inter-villageoises et les séances de démonstration, comme outil de sensibilisation - Responsabilité: Direction/Chefs de zone
- que les émissions de radio rurale soient développées en concertation avec la RTS - Responsabilité: Direction/DSAFSE
7. NIVEAU D'EXECUTION DES ACTIVITES
Le projet comporte beaucoup d'activités liées à l'aménagement des forêts, mais aussi de foresterie rurale dans les terroirs.
7.1. Actions en zone de forets classées et zones boisées
La mission constate:
- qu'il existe toujours une série d'activités préliminaires à l'élaboration des plans d'aménagement et de gestion qui ne sont toujours pas achevées (bien que programmées dans les PTA de 1995 et 1996), comme l'inventaire du potentiel ligneux (Diamel) et du potentiel pastoral, la reconnaissance des limites et parcellaires à compléter avec les populations. Par ailleurs, plusieurs avant-projets de plans l'aménagement existent pour la zone de Podor, mais ne sont pas finalisés;- que la programmation des actions d'aménagement avec les villageois reste insuffisante;
- que les actions d'aménagement effectuées avec les populations en zone forestière sont principalement des mises en défens et des travaux d'enrichissement;
- que deux aménagements hydro-agroforestiers ont été identifiés en forêt classée et devraient être exécutés à titre pilote et sous forme de contrats de culture par des groupements (dossiers à la signature au PMR/FED)
RECOMMANDATIONS
- que les limites, parcellaires, inventaires soient finalisés/réalisés au plus tôt -Responsabilité: DPFA- que les plans d'aménagement des forêts classées et terroirs riverains soient élaborés ou finalisés avant la fin de la phase avec la participation active des populations - Responsabilité: Direction/DPFA
- qu'un programme de mise en oeuvre des activités d'aménagement et un calendrier d'exécution soient élaborés en collaboration avec les populations et les partenaires - Responsabilité: DPFA/Zones et postes
- que le projet suive les dossiers d'aménagement hydro-agroforestiers déposés au FED/PMR et dont le financement est en cours d'examen - Responsabilité: Direction
- que le projet élabore un dossier d'aménagement hydro-agroforestier pour Ngaoulé (où existe un groupement déjeunes dynamiques) et le soumette aux partenaires pour financement - responsabilité: Direction/DPFA/Zone Podor
- que le projet veille à ne développer les contrats de culture en forêt classée, que si les populations adoptent les systèmes agroforestiers et s'investissent dans la protection et la restauration des ressources forestières - Responsabilité: DFPA/Zones/Secteurs
- que soit organisées au plus vite l'exploitation et la commercialisation du bois mort et la mise en défens de Gourel-Daral-Lobaly (déjà programmé avec les populations avant la saison des pluies) - Responsabilité: IREF/Zone/Secteur Matam
7.2. Actions de foresterie rurale dans les terroirs
a) Foresterie scolaire
La mission constate:
- qu'il existe une bonne motivation des maîtres et des élèves pour les actions de pépinière et plantations;- que plusieurs écoles nouvelles ont adhéré au programme de reboisement;
- que l'encadrement du projet est variable selon les zones, avec parfois un manque de suivi des écoles les plus anciennes et/ou un manque de diversification des activités.
RECOMMANDATIONS
- que le projet appuie la mise en place d'un programme environnemental dans les écoles en liaison avec le PFIE, afin de pérenniser cette action - Responsabilité: Direction/Zones/Postes- que le projet participe à l'élaboration d'outils et supports pédagogiques - Responsabilité: Direction/Zones/Postes
- que le projet encourage et encadre les activités de diversification (exploitation, maraîchage, arboriculture fruitière, petit élevage,...) et les activités de boisement scolaire en dehors des périmètres des écoles une fois celles-ci boisées - Responsabilité: Direction/zones et postes
- que le projet encourage les échanges inter-scolaires - Responsabilité: Direction/Zones
b) Pépinières privées ou collectives
La mission constate:
- que si les techniques de pépinières et plantations sont bien maîtrisées, cette activité reste encore timide;- que le projet n'a pas su valoriser la dynamique mise en place par le PROGONA pour la production de plants au niveau de groupements de jeunes et de GIE de Dagana, la production des plants pour la plantation de la cuvette (estimés à 900.000 sur 3 ans) ayant été confiée à un GIE privé ayant les moyens;
- qu'à côté des espèces classiques utilisées pour les haies vives et brise-vent, le projet a introduit en liaison avec la recherche l'Acacia mellifera, épineux très utile pour lutter contre la divagation. La production de plants est en plein développement, mais la demande dépasse déjà l'offre;
- que parallèlement à cette activité, on observe un important développement de la collecte des semences d'espèces locales par les populations (près de 3 tonnes en 1996).
RECOMMANDATIONS
- que le projet encourage les pépinières au niveau des groupements pour la confection des haies vives et des brise-vent et élabore un programme de production de plants au niveau de ces groupements en fonction des besoins identifiés - Responsabilité: Zones/postes- que le projet veille à l'installation des vergers à graines, en liaison avec la DRPF/ISRA et le PRONASEF - Responsabilité: Direction/Chefs de zone
- que le projet encourage la collecte de semences locales en temps utiles en vue de la restauration des zones forestières - Responsabilité: zones/postes
c) Plantations villageoises (JPV/PIV)
La mission constate:
- que le projet a consolidé pour cette activité les acquis de la phase PROGONA;- qu'il existe une forte adhésion des populations encadrées pour l'installation des haies vives et brise-vent et un début d'exploitation de ces brise-vent (avec génération des revenus importants au niveau des groupements et effet tâche d'huile);
- qu'il existe de très nombreuses demandes d'appui des groupements, dont les GPF
- que, dans chaque zone, il existe au moins un PIV ou JPV pouvant servir de modèle d'aménagement agro-forestier;
- que les plantations dans la cuvette hydro-agricole de Dagana continue à susciter beaucoup de réticences, tant au niveau des populations que des encadreurs;
- que l'expérimentation en matière de plantation d'Eucalyptus en bordure de canal dans les aménagements hydro-agricoles mériterait d'être mieux suivie techniquement et valorisée;
- que les pannes fréquentes des groupes moto-pompes ou leur coût d'acquisition constituent une des grosses contraintes rencontrée par le projet pour le développement de cette activité.
RECOMMANDATIONS
- que le projet analyse les nouvelles demandes d'encadrement et améliore le suivi des PIV et JPV existants notamment ceux des femmes - Responsabilité: Direction/Zones et postes- que les actions de foresterie rurale soient diversifiées (par exemple, plantations d'alignement et de bois de villages) - Responsabilité: zones et postes
- que le projet continue à sensibiliser les populations de la cuvette de Dagana au travers de leurs organisations (Unions et sections), afin de garantir leur adhésion et le suivi des plantations - Responsabilité: Zone et poste Dagana/Gaé
- que le projet appuie les groupements dans la valorisation des produits d'exploitation (brise-vent, cueillette et vente de fruits,...) - Responsabilité: Direction/DSAFSE/Zones/Postes
d) Travail du Sol avec la charrue "Delphine" introduite à titre expérimental à Podor
La mission constate:
- qu'il existe de très vastes superficies de sols dénudés, lourds et compactés, impossibles à mettre en valeur avec les moyens classiques, tant en forêts classées qu'en terroirs villageois;- qu'un travail expérimental a été effectué par le projet sur ces sols pour la confection mécanisée de demi-lunes sur plusieurs centaines d'ha en zone de forêt classée et dans les terroirs. Ces demi-lunes sont soit plantées en espèces forestières ou fourragères (semis direct) ou cultivées par les populations;
- que le projet a su concilier travail du sol à grande échelle et implication des populations, dans la collecte des semences, le semis et le suivi des plantations;
- que l'adhésion des populations, qui ont collecté pour la seule année 1996 près de 3 tonnes de semences pour effectuer les semis directs en Forêt classée, est totale; qu'elles ont pu collecter des fourrages malgré la faible pluviométrie;
- que ces mêmes populations se sont engagées à effectuer un regarnissage en plus de la collecte de nouvelles semences;
- que les conditions de pluviométrie (160 mm) et la faiblesse des crues en 1996 constituent des facteurs négatifs qui limitent la réussite des activités de restauration (bonne levée des semis, mais taux de survie incertain après la saison sèche);
- que cette activité ne fait pas l'objet d'un suivi technique suffisant permettant de connaître son impact réel sur le milieu et les coûts.
RECOMMANDATIONS
- que le travail expérimental avec la charrue "Delphine" soit poursuivi sur les sols lourds et compacts - Responsabilité: Direction/Chef de zone Podor- que les zones à traiter soient cartographiées - Responsabilité: DPFA/Zones
- que les actions de sensibilisation soient développées et que les populations soient mobilisées suffisamment tôt pour la collecte de semences - Responsabilité: Zones et postes
- qu'une fiche de suivi technique soit élaborée en associant la recherche agronomique, permettant de connaître les conditions d'utilisation de la charrue, le coût de fonctionnement et les impacts sur le milieu, dont une mesure de la biomasse végétale - Responsabilité: Direction/DPFA/DSAFSE
8. SUIVI - EVALUATION
La mission constate:
- qu'il n'existe de système de suivi-évaluation pour l'ensemble des activités de sensibilisation, formation, aménagement du projet.- que cette déficience est en partie due au manque de personnel de la DSEFS du projet mais renforcement récent.
RECOMMANDATIONS
- que le projet organise le plus tôt possible un atelier au niveau du projet en étroite collaboration avec le Divisions concernées de la DEFCCS, dont la DSEFS et les autres services techniques pour l'élaboration d'un système de suivi-évaluation aux différents niveaux: Direction, zone, poste, village et la définition d'indicateurs d'impact pertinents - Responsabilité: Direction/DEFCCS- que les différents agents aux différents niveaux, ainsi que les répondants au niveau villageois soient responsabilisés - Responsabilité: Direction/Zones et postes
- que le projet effectue des bilans périodiques avec validation et restitution des résultats aux différents niveaux - Responsabilité: Direction
9. FINANCEMENT ET REVISION BUDGETAIRE
La mission constate:
- que la mobilisation des ressources financières est globalement satisfaisante et en adéquation avec les réalisations constatées sur le terrain;- qu'une des contraintes majeures rencontrées au niveau du projet est la non disponibilité de ressources financières dans le budget initial pour l'appui aux groupements, dont les GPF, pour la mise en oeuvre de micro-réalisations, notamment les moulins à mil, les décortiqueuses.
RECOMMANDATION
- que la révision budgétaire D préparée par la Direction du projet et le siège, qui réaménage les lignes budgétaires et crée les possibilités d'appui aux groupements (fonds de garantie crédit-fonds de roulement, équipement) soit approuvée dans les plus brefs délais - Responsabilité: FAO/Pays-Bas
10. PERSPECTIVES
Le bilan des activités du projet à mi-parcours apparaît globalement positif, avec des réalisations sur le terrain conséquences. Toutefois, il reste encore beaucoup de travail pour l'élaboration des plans d'aménagement et des terroirs et surtout leur mise en oeuvre. La mission s'interroge sur le délai restant (18 mois), mais insiste sur le fait que le processus apparaît comme bien engagé et que les populations très mobilisées.
Certaines activités liées à l'aménagement ne peuvent pas s'évaluer à mi-parcours. Il appartiendra donc à la mission d'évaluation finale de se prononcer sur les résultats en fin de phase et les dispositions à prendre pour une suite éventuelle.
Par contre, certaines activités sont d'ores et déjà bien maîtrisées par les populations (foyers améliorés, techniques de pépinières et plantations de haies vives et brise-vent, semis direct,...). Ces activités devraient pouvoir se poursuivre une fois le projet terminé. Le projet doit donc réfléchir aux modalités de leur transfert aux populations et à l'IREF (suivi).
De même, l'intégration des activités du projet au sein du service forestier est effective. Les agents ont été formés dans divers domaines et dotés de moyens de fonctionnement conséquents. La diminution de l'assistance technique internationale à partir de 1996/1997 permettra de juger de la capacité réelle de la relève de l'IREF.
En ce qui concerne la régionalisation, les décrets d'application n'étant pas encore sortis, il apparaît difficile à la mission d'anticiper les conséquences de la mise en oeuvre de cette régionalisation sur les activités du projet. Toutefois, la mission note que le projet s'inscrit bien dans le processus de la régionalisation et plus particulièrement au travers de son rôle d'appui-conseil aux populations et collectivités décentralisées dans la gestion des ressources forestières (qui constitue par ailleurs un des domaines de compétence transféré). Dans ce sens, on peut dire que la régionalisation ne remet pas en cause le projet, mais le conforte dans son rôle.