Les groupes de travail ad hoc sur la sardine et sur les chinchards et les maquereaux dans la région nord du COPACE se sont réunis au Centre océanographique des îles Canaries à Santa Cruz de Tenerife (Espagne) du 18 au 24 mai 1989. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) exprime sa gratitude au Gouvernement espagnol pour le financement de ce groupe de travail.
Au cours de la huitième session du Groupe de travail sur l'Evaluation des Ressources (Tenerife, septembre 1988), la nécessité d'organiser des groupes de travail d'évaluation sur les ressources en sardines, chinchards et maquereaux a été émise. Le Comité du COPACE, à sa 11e session (Douala, décembre 1988), a décidé de tenir un groupe de travail unique chargé d'aborder l'évaluation de l'ensemble de ces ressources.
La liste des participants figure à l'annexe 1.
Compte tenu de la différence existant entre les données disponibles concernant la sardine et les autres espèces de petits pélagiques, le groupe de travail a décidé, pour assurer une meilleure éfficacité de travail, de constituer deux sous - groupes chargés de traiter respectivement les stocks de sardine et les autres petits pélagiques, notamment le maquereau et les chinchards. Ce dernier sous - groupe, bien qu'il ait traité des différentes pê cheries pélagiques autres que celle de la sardine, s'est limité au niveau de la compilation des données et de l'évaluation des stocks de maque reau et de chinchards.
MM. Idelnaj (ISPM) et Chavance (CNROP) ont été désignés rapporteurs de ces sous - groupes.
Les ordres du jour des deux sous-groupes figurant à l'annexe 2 ont été adoptés.
Les derniers travaux d'évaluation des stocks de sardine de la zone nordouest africaine remontent à 1984 lors de la troisième réunion du groupe de travail ad hoc sur la sardine (Casablanca, 25 novembre–5 décembre 1984). Depuis cette date, d'importantes modifications ont caractérisé l'exploitation de cette ressource et en particulier les changements intervenus dans les zones d'activité des pays côtiers et des pays pêcheurs.
D'importants progrès de recherche ont été enregistrés au niveau de cette région touchant particulièrement l'activité des flottilles de pêche, les fluctuations de l'abondance et l'impact de l'hydroclimat sur ces fluctuations.
Le sous - groupe s'est attelé davantage à évaluer la pêcherie sardinière sur la base d'une approche analytique intégrant les différentes composantes (flottille, zone de pêche) de cette pêcherie.
La réunion de ce groupe a été précédée par une assemblée préparatoire tenue à Casablanca en avril 1989, entre chercheurs du Maroc et de l'Espagne en vue de confronter et compiler les données de base nécessaires pour cette évaluation.
La subdivision géographique de la zone nord du COPACE (figure A1) en trois zones de pêche (A, B et C), utilisée lors des derniers groupes de travail d'évaluation, a été retenue par le sous - groupe. Les principaux pays impliqués dans l'exploitation des stocks de sardine se présentent selon les zones comme suit:
| Zone A: | Maroc |
| Zone B: | Maroc et Espagne |
| Zone C: | URSS, Roumanie, République démocratique allemande, Mauritanie, Espagne et Maroc |
Une description de l'évolution et des principales modifications qui ont caractérisé la pêcherie pélagique est présentée pour chacun de ces pays aux annexes 3à 6.
Il en ressort que pour chacune de ces zones des changements importants se sont produits en particulier depuis les années 80 dans ces différentes zones et ont porté particulièrement sur le déplacement des flottilles de pêche de ces pays d'une zone àl'autre.
Zone A: (Safi - Sidi Ifni)
Dans cette zone, exploitée exclusivement par le Maroc, le processus de renouvellement de la flottille de senneurs, entamé depuis 1973, s'est poursuivi et s'est traduit par une augmentation du tonnage moyen de la flottille des senneurs en activité.
Cependant, l'exploitation de la sardine dans cette zone a été marquée depuis 1980 par une modification graduelle de la composition des captures des senneurs marocains. Une part importante de maquereau a été observée dans les captures de ces senneurs en particulier entre 1982 et 1986.
Zone B: (Sidi Ifni - Laavoune)
Cette zone constitue la principale ré gion de pêche de la flottille sardinière espagnole basée aux îles Canaries. L'Espagne est devenue le principal pays exploitant cette zone en particulier entre 1976 et 1984. Toutefois, une partie de cette flottille a élargi son rayon d'action vers le sud durant les premiers trimestres des années 1983 et 1984 en raison de la diminution de la capturabilité de la sardine dans la zone B. Ce d éplacement saisonnier s'est traduit après 1984 par un transfert d'une partie des senneurs espagnols et en particulier les plus grands d'entre eux vers la zone C.
L'ouverture du port de Tan-Tan en 1982 a été suivie par le transfert d'une partie de l'effort de pêche marocain de la zone A vers la zone B. Ce transfert fut accentué en raison de la diminution de la disponibilité en sardine dans la zone de pêche traditionnelle (zone A).
Zone C
Le stock sardinier de la zone C est principalement exploité par les unités soviétiques composées de senneurs associés avec des bateaux-mères et des chalutiers pélagiques de types RTMA, BMRT et RTMS.
Le stock sardinier de cette zone fait également l'objet d'une exploitation par des unités espagnoles depuis 1983 et par trois senneurs marocains depuis 1986.
D'après les résultats des derniers travaux sur la sardine, le stock central se limite entre Safi et Cap Bojador oùla sardine se concentre en automne-hiver dans la zone s'étendant entre Sidi Ifni et Laavoune et se “dilate” au printemps-été. Selon les conditions hydroclimatiques, une partie de ce stock migre au printemps vers le nord et envahit la zone Safi - Agadir en été; un mouvement inverse s'opère à partir de l'automne.
Parallèlement, dans la zone C, le stock sardinier effectue des migrations synchrones avec celles effectuées dans la région nord. Ce stock se balance entre Cap Bojador et Cap Blanc et se concentre en automne - hiver dans la région Cap Garnet - Dakhla.
Le sous-groupe a procédé dans un premier temps àl' analyse de la disponibilité des données pour l'évaluation des stocks de sardine. Un bilan de l'état des données disponibles par pays est presenté au tableau A1.
Ce bilan montre que pour la zone A, le suivi statistique et biologique du stock de sardine est entièrement couvert par le Maroc. Pour la zone B, ce suivi assuré par l'Espagne jusqu'en 1983, est devenu partiel et se limite surtout à la collecte des statistiques de capture et à l'échantillonnage des débarquements. Pour cette zone, le suivi effectué par le Maroc n'est devenu effectif qu'à partir de 1984.
Le sous-groupe s'est également penché sur la compilation des données statistiques et biologiques disponibles en vue de procéder à une évaluation des stocks de sardine.
Les données de captures utilisées par les groupes de travail antérieurs provenant du Bulletin du COPACE et / ou de chercheurs des pays de la région ont fait l'objet d'une synthèse présentée en annexe 7. Ce recueil, qui couvre les années antérieures à 1982, montre l'existence de divergences plus ou moins importantes dans les données utilisées selon les zones de pêche.
Bien que ce recueil ne permette pas d'identifier toutes les sources de divergences des données, ce que seuls les pays concernés sont en mesure de faire, il souligne toutefois l'importance à accorder à ce volet dans les futures actualisations des données historiques.
Une actualisation des volumes de capture par zone de 1982 à 1987 a été effectuée par le sous - groupe et les données sont présentées aux tableaux A2 et A3.
Une analyse des données de composition en longueur des captures de sardine, utilisées lors des groupes de travail antérieurs, est donnée à l'annexe 8.
Pour la zone A, les données statis tiques et biologiques de la pêcherie marocaine ont servi de base pour l'élaboration des matrices trimestrielles de composition en âge et des poids moyens des captures effectuées dans cette zone entre 1976 et 1987.
Les annexes 9 et 10 présentent une analyse des compositions en longueur et en âge des captures espagnoles effectuées dans les zones B et C durant la période allant de 1976 à 1987.
Concernant la zone B, la composition en âge et les poids moyens correspondants sont établis sur la base des données espagnoles pour la période 1976–1983. Les modifications approtées au niveau des captures du Maroc et de l'URSS dans cette zone entre 1981 et 1983 ont été prises en compte pour corriger les matrices élaborées lors de la réunion préparatoire sur la sardine (Maroc et Espagne).
Ainsi, la capture du Maroc en 1981 (6 400 t) et celle de l'URSS en 1982 (10 075 t) réalisées au troisième et quatrième trimestres de ces anné es ont été incorporées dans la composition en âge de la capture espagnole.
Pour l'année 1982, la capture du Maroc (50 400 t) ventilée par mois a été intégrée au niveau de la composition en longueur trimestrielle de la capture espagnole pour permettre une correction de la composition en âge de la capture globale dans cette zone.
Durant la période 1984–1987, la composition en longueur des captures marocaine et soviétique a été établie sur la base des données d'échantillonnage du Maroc.
Pour l'ensemble des captures de la zone B effectuées durant la période 1984–1987, les clés âge-longueur et les relations taille-poids trimestrielles utilisées sont celles disponibles au Maroc ou en Espagne ou bien une combinaison des deux (tableau A4). Pour les trimestres où aucune donnée n'est disponible, les relations retenues sont celles utilisées pour les trimestres de l'année la plus proche.
Un résumé des différentes relations biologiques utilisées est donné au tableau A5.
Le groupe a rencontré de grosses difficultés de traitement des données biologiques collectées par les pays exploitant cette zone (annexes 8 à 13). En effet, les mensurations effectuées par les pays d'Europe de l'Est sont exprimées en longueur à la fourche au centimètre près, alors que celles collectées dans la région sont exprimées en longueur totale et mesurées au demi - centimètre inférieur, selon les recommandations antérieures du COPACE (Casablanca, 1977 et Dakar, 1979).
Pour tenter de résoudre ce problème, le groupe a établi une série de combinaisons reliant la longueur totale àla longueur àla fourche pour différents types de mesure (au millimètre, au centimètre près et au demicentimètre inférieur ou approché). Les résultats de ces relations sont donnés au tableau A6.
Ces relations devraient permettre une comparaison entre les distributions de fréquences des captures des différentes flottes après conversion grâce au programme LFCONV contenu dans le logiciel LFSA (Sparre, 1988).
Cette transformation n'a pu être effectuée pendant la réunion pour des raisons techniques (non-fonctionnement du programme disponible).
Comme pour les distributions en taille, la comparaison des distributions en âge des captures laisse penser qu'il y a un problème d'harmonisation des techniques de lecture d'âge. Le groupe a tenté d'éclaircir ce problème mais sans succès.
Les captures déclarées par pays durant la période allant de 1969 à 1987 sont indiquées dans le tableau A7. On peut noter que les captures sont passées pour un maximum de 500 000 à 600 000 t en 1976–1977 et reviennent en 1987 à des valeurs très élevées (400 000 t).
La composition en taille des captures annuelles soviétiques est disponsible en pourcentage pour l'ensemble de la période 1979–1987 (tableau A8). Les mesures de taille sont relatives à la longueur à la fourche et prises au centimètre le plus proche. Les pourcentages ont été élevés à la capture totale dans la zone C à partir du poids moyen individuel des captures soviétiques entre 1979 et 1987 par année (tableau A8). La capture totale en tonnes a donc été divisée par le poids moyen pour estimer l'effectif total capturé. Cet effectif et les pourcentages par âge ont été utilisés pour calculer la distribution des tailles, en nombres absolus, dans les captures effectuées dans la zone C (tableau A9).
Les structures de tailles mensuelles des captures soviétiques sont disponibles pour la période 1986–1988 (tableaux A10–1 à A10–3).
Un procédé similaire à celui utilisé pour les tailles a été suivi pour la décomposition en âge. La distribution des captures par âge de l'URSS a été extrapolée à l'ensemble des captures réalisées dans la zone C (tableaux A11-1 et A11-2). Les clés âge-longueur disponibles sont données aux annexes 12 et 13.
Le logiciel d'analyse de cohortes “ANACO” (Mesnil, 1988) mis à la disposition du sous - groupe a été retenu pour aborder une étude analytique des stocks de sardine.
Vu la possibilité offerte par ce logiciel de traiter ensemble ou séparemment les différentes composantes qui entrent dans l' exploitation d'un stock, le sous-groupe a opté pour que les matrices de données de base soient établies pour chacune des trois pêcheries (A, B et C).
Les données requises par ce logiciel se répartissent en cinq groupes ou matrices:
Captures en nombre par classe d'âge
Captures globales
Effort de pêche
Poids moyen des captures par classe d'âge
Proportion des géniteurs par classe d'âge
Concernant les zones A et B, la disponibilité de données de capture et d'échantillonnage mensuelles a conduit le sous - groupe à opter pour l'élaboration de matrices trimestrielles. En effet, la pêcherie sardinière dans ces zones présente un caractère saisonnier lié d'une part, au caractère migratoire de l'espèce et, d'autre part, à la variabilité de l'abondance et de la disponibilité des stocks au cours de l'année.
Les âges supérieurs ou égaux à sept ans sont regroupés dans l'âge 7 plus.
Les données de base utilisées dans l'analyse de cohorte ou du stock sardinier central (zones A + B) sont présentées à l'annexe 14 et concernent la période 1976–1987.
Pour la zone C, les données utilisées (tableaux A11-1 et A11-2) couvrent la période 1979–1987 sur une base annuelle. Les données initiales retenues sont les suivantes:
| Ages | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Mortalité naturelle | 0.6 | 0.6 | 0.6 | 0.6 | 0.6 | 0.6 | 0.6 | 0.6 |
| % Maturité | 0 | 0.5 | 0.95 | 1.0 | 1.0 | 1.0 | 1.0 | 1.0 |
| Poids moyen (*) | - | .031 | .057 | .075 | .085 | .103 | .120 | .13 |
| F terminal | - | .010 | .07 | .70 | 1.4 | 1.7 | 1.5 | - |
(*) Les mêmes poids moyens aux âges ont été retenus pour lescaptures et pour le stock
Les données initiales utilisées ont été fixées à F 7 = 0.6 (égal à M); pour les autres âges, les F aux âges sont ceux donnés pour 1987 par Barkova (1989) à l'annexe 5.
Les calculs ont été réalisés par itérations successives, les moyennes des mortalités par âge (F/âge) sur plusieurs années et des mortalités annuelles (F/an) sur les âges pleinement recrutés ont été ré-injectées plusieurs fois comme F terminal.
L'analyse des cohortes a été appliquée aux séries de données de la zone B d'une part, et à celles des zones A et B combinées d'autre part.
Les résultats de cette analyse sont donnés par zone et par trimestre aux tableaux A12 à A15 et illustrés par les figures A2 à A7.
Faute de temps, le sous-groupe s'est limité à l'analyse des mortalités par pêche, des abondances et des biomasses dans ces zones. N'ont pas été actualisés les paramètres de base nécessaires à l'évaluation tels que les poids moyens aux âges, les ogives de maturité et les efforts de pêche. Il faut par conséquent considérer ces résultats comme préliminaires.
L'analyse du vecteur de mortalité trimestriel montre que le niveau de mortalité par pêche est plus élevé durant le second semestre correspondant à une forte activité de pêche (tableaux A12 et A13, figures A4 et A6).
Dans la zone B, le taux de mortalité par pêche (2 à 5 ans) se situe en moyenne en dessous d'un bas niveau d'exploitation (E = 0.3 pour M = 0.6). On observe que la classe d'âge l est partiellement recrutée (tableau A12–2).
Dans les zones A + B, le taux de mortalité par pêche (1 à 5 ans) varie autour d'un niveau bas d'exploitation (E = 0.3 pour M = 0.6) sauf pour l'année 1983 où le taux de mortalité par pêche a dépassé le niveau correspondant au taux d'exploitation E = 0.5 pour M = 0.6 (figure A7). On observe que la classe d'âge l est pleinement recrutée (tableau A13–3).
Dans la zone B, l'évolution de la biomasse totale (0 à 7 ans), présentée dans la figure A2, montre une tendance à l'accroissement d'une valeur moyenne de 3 millions de tonnes en 1978 à 8 millions de tonnes en 1986. La biomasse partielle (2 à 5 ans) donnée à la figure A3, présente une diminution dans les premières années (1976–1979) puis indique à partir de 1980 une tendance à l'accroissement analogue à celle de la biomasse totale. La biomasse maximale est atteinte au premier trimestre de chaque année, et diminue pour atteindre son minimum au quatriéme trimestre.
Dans les zones A + B, l'évolution de la biomasse totale (classe d'âge 0 à 7), présentée à la figure A5, montre une tendance à l'accroissement entre 1978 et 1986.
Ces tendances àl'accroissement observées pour la zone B et les zones A + B ne peuvent être confirmées pour les années postérieures à 1986 en raison du bruit introduit par la dernière année dans l'analyse des cohortes (F terminal).
L'interprétation de ces tendances aurait mérité une analyse plus approfondie noatamment au niveau des vecteurs de biomasse par âge et de mortalité par âge.
La relation entre la biomasse reproductrice au temps (t) et le recrutement au temps (t + 2), présentée à la figure A8 ne montre pas de tendance nette et laisse entrevoir l'absence d'un effet du stock sur le niveau de recrutement.
Dans la mesure où aucun effort de pêche standardisé n'était disponible pour les zones A + B, il a été impossible de procéder aux analyses utilisant ce paramètre.
Les résultats détaillés de l'analyse des cohortes sont donnés aux tableaux A16, A17 et A18 et un résumé des valeurs annuelles moyennes est donné au tableau A19.
Une présentation graphique des résultats est donnée sur les figures A9 à A14. Ces résultats doivent être considérés avec prudence car le peu de temps disponible n'a pas permis d'engager une analyse vraiment critique de ces résultats qui présentent cependant suffisamment d'intérêt pour être approfondis dans le futur.
Les valeurs pour 1977 et 1987 sont fortement affectées par les valeurs initiales et doivent donc être considérées avec prudence.
Des valeurs moyennes de mortalité par âge (F/âge) sont déduites des vecteurs de mortalités par âge (tableau A16) et se présentent comme suit:
| Age | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| F 80–85 | 0.00 | 0.04 | 0.24 | 0.79 | 1.33 | 1.24 | 0.6 |
Ce vecteur montre que l'exploitation de sardine dans cette zone est plus accentuée sur les adultes (âges 4 à 6).
La relation entre la mortalité par pêche (F) et l'effort (f), donnée à la figure A9, présente une tendance négative. Ceci est très étrange et demande une interprétation prudente (voir plus bas).
La relation biomasse/pue (figure A10) est également négative, aussi bien pour la biomasse totale que pour la biomasse des âges 3–5 ans. Il est difficile d'imaginer qu'une imprécision dans les données puisse conduire à ce résultat. Cette relation implique que la capturabilité est fortement affectée par la biomasse (voir figure A13).
La tendance négative de la relation biomasse/pue serait due à l'effet de saturation de la capacité de traitement de la flottille. Il est donc nécessaire de suivre l'évolution des captures qui peuvent être considérées comme indice au lieu des pue.
La relation entre la mortalité par pêche (F) et la biomasse des âges 3 à 5 ans (figure A11) s'apparente au modèle de production (relation entre f et pue) puisque F=q*f et pue=q*B. La relation apparaît excellente de 1979 à 1985. Un modèle de production, tracé à main levée sur la figure A11, donnerait une PME de 480 000 t environ. Toutefois, comme ce stock apparaît par ailleurs très variable, il ne faut pas attacher trop d'importance à cette valeur.
La relation entre l'effort (f) et la biomasse totale (B) (figure A12) est également négative même si on néglige la valeur de 1987. C'est une conclusion inverse de celle à laquelle on s'attend normalement. Une explication plausible serait que c'est l'effort exercé par les grandes flottes qui est fonction de la biomasse et non l'inverse. Ces flottes opportunistes se concentreraient sur ce stock lorsqu'il est important et passeraient à d'autres espèces ou régions quand l'abondance baisse. Pour une confirmation de cette explication, l'effort de pêche utilisé (exprimé en jours de pêche) doit être remplaceé par l'effort effectif (en heures de pêche).
La relation q/B (3–5 ans) donnée à la figure A13, est de type exponentielle négative. Ce type de relation a déjà été trouvé pour les stocks variables de pélagiques de Californie (sardine) et du Pérou (anchois) et est donc possible.
La mortalité par pêche par unité d'effort (q=F/f) serait donc d'autant plus faible que B est élevée (soit par saturation des navires, soit par “dilution” de la biomasse dans une zone très élargie).
Il en ressort que, si la capturabilité actuelle est faible, elle sera multipliée par 8 environ, si le stock diminue beaucoup (de moitié). Il faudra donc surveiller tout particulièrement ce stock en périodes maigres car le risque de surpêche augmentera rapidement quand la biomasse baissera.
La relation entre biomasse reproductrice et recrutement (figure A14) apparaît peu cohérente. Il faudrait davantage de données pour apprécier son utilité.
La présente réunion, qui succède à celle du groupe de travail chinchards/maquereau de Praia (Cap-Vert) tenue en juin 1986 (FAO, 1987), avait pour but de compiler toutes les données de base nécessaires aux évaluations des stocks des différentes espèces et de définir les modalités d'élaboration et de gestion d'une base de données régionale.
Le sous-groupe a, par ailleurs, tenté une analyse de la pêcherie du maquereau par une approche basée sur l'analyse des cohortes.
L'état de la flottille des senneurs ainsi que la composition de leurs captures sont donnés à l'annexe 3. Entre 1960 et 1973, la sardine représentait plus de 90 % des captures de petits pélagiques. A partir de 1974, un accroissement dans les prises de maquereau a été enregistré pour représenter 45 % et 35 % du total des pélagiques débarqués respectivement en 1984 et 1985.
Les ressources pélagiques de la ZEE mauritanienne sont exploitées essentiellement par une pêcherie industrielle composée de flottilles de senneurs et de chalutiers dont les caractéristiques ont été révisées depuis 1979 lors du groupe de travail CNROP/CRODT sur les ressources pélagiques côtières (Anon., 1988) et lors de celle du deuxième groupe de travail sur les ressources halieutiques de la ZEE mauritanienne (FAO, 1989). Ces données sont présentées en annexe 15.
La flottille internationale a cessé toute activité en 1981. Les données disponibles ont été décrites par Josse (1987). Les captures sont indiquées à l'annexe 15.
Il s'agit de flottilles étrangères à long rayon d'action travaillant dans le cadre de sociétés mixtes. Les principaux changements depuis le dernier groupe de travail chinchards/maquereau (FAO, 1987) concernent l'arrêt de l'activité des flottilles cubaine (1985), iraquienne (1986), allemande (RDA) (1988) et des navires soviétiques de type STM en 1987.
Des chalutiers du Nigéria ont fréquenté la ZEE mauritanienne en 1985 et 1986.
La réglementation concernant les zones de pêche a été modifiée à partir du 1er juillet 1987. Avant cette date, les chalutiers pélagiques des flottilles industrielles étaient maintenus au-delà des 12 milles de la ligne de base cap Blanc-cap Timiris ou de la côte au sud de ce dernier cap. Depuis lors, la zone d'interdiction a été repoussée au niveau de la région Cap Blanc-Cap Timiris au-delà d'une ligne suivant approximativement la zone des 30 mètres.
L'effort de pêche global développé par les flottilles des différentes nationalités a été réévalué pour la période 1979–87 lors du deuxième groupe de travail sur les ressources halieutiques de la ZEE mauritanienne (FAO, 1989) et est présenté en annexe 15. Des données provisoires pour 1988, disponibles au CNROP, sont également présentées.
Les captures totales de la pêcherie chalutiè re ont été de l'ordre de 450 000 t en 1987, composées de 51 % de chinchards, 15 % de sardinelles, 8 % de sardines et 6 % de maquereaux. L'effort de pêche est en légère diminution et a atteint 9 160 jours de pêche pour 39 navires autorisés à pêcher en 1988.
La distribution géographique des captures (Chavance, 1988) permet d'identifier deux secteurs de pêche principaux: l'un en région nord où 31 % des pêches sont effectués dans seulement deux carrés statistiques de 20' de cote, l'autre, dans la région méridionale, où les pêches sont dispersées dans quatre carrés statistiques. En période chaude (juillet-septembre), les flottilles fréquentent surtout le secteur nord; elles commencent leur descente très progressivement vers le secteur sud en octobre, et l'achèvent au mois de mai. En l'espace d'un mois (juin), les flottilles opèrent une remontée massive vers le nord.
Les poissons pélagiques côtiers sont actuellement exploités au Sénégal, d'une part par la flottille artisanale qui réalise l'essentiel des captures, mais aussi par une flottille de petits sardiniers basés à Dakar dont l'activité ne cesse de péricliter. Une pêcherie industrielle, appelée à se développer, s'est installée à Dakar au début de 1989.
La pêcherie artisanale existe au Sénégal depuis fort longtemps et les engins et techniques de pêche employés ont été décrits en détail par de nombreux auteurs depuis Gruvel (1913) jusqu'à Fréon (1986). Les évolutions les plus marquantes ont été l'installation des moteurs hors-bord et l'introduction par Grasset, en 1972, des sennes tournante et coulissante.
Aujourd'hui, quatre engins ont pour objectif la capture des petits pélagiques côtiers: la senne tournante ayant pour cible la sardinelle ronde (S.aurita), le filet maillant encerclant à petite maille visant la sardinelle plate (S.maderensis), le filet maillant à grandes mailles, adapté à la capture des ethmaloses (E.fimbriata) et la senne de plage qui recolte de très petits individus d'espèces variées.
- Senne tournante:
Cet engin a une longueur de 200–270 m pour une chute de 40–48 m avec un maillage de 28–30 mm au niveau de la poche. Il est utilisé à bord de pirogues longues de 14–20 m propulsées par des moteurs de 25–40 CV. Ces pirogues ne pouvant généralement pas embarquer leurs prises en plus du filet de pêche se font accompagner par une pirogue porteuse; une unité de pêche à la senne tournante est donc composée de deux pirogues, une “pirogue filet” et une “pirogue porteuse”; un effectif total d'une vingtaine de marins est alors atteint.
La principale zone de pêche se situe entre Dakar et la frontière nord-gambienne même si quelques unités opèrent sur la côte nord du Sénégal à partir des centres de Kayar et St. Louis.
La cible principale des sennes tournantes est la sardinelle ronde (S.aurita) dont la capture est difficile au filet maillant encerclant étant donné son comportement de plongée lorsqu'elle est encerclée. Parmi les autres espèces capturées à la senne tournante, on peut distinguer les sardinelles plates (S.maderensis), le chinchard jaune (Decapterus rhonchus), le maquereau-bonite (Cybium tritor), la thonine (Euthynnus alleteratus), la grande carangue (Caranx carangus) et le sompatt (Pomadasys spp.).
En avril 1985, on comptait 318 pirogues-filets et 380 pirogues porteuses au Sénégal.
- Filets maillants encerclants
Il existe deux types de filets maillants encerclants; d'une longueur de 250–450 m pour une chute de 7–12 m, ils possèdent soit des mailles de 80 mm étirées (grandes mailles à ethmaloses), soit des mailles de 60 mm étirées (petites mailles à sardinelles). Ils sont utilisés par un équipage de 6 à 8 marins à partir de pirogues de 12–15 m, propulsés par des moteurs hors-bord de 6–25 CV. Les filets à petites mailles sont les plus nombreux des filets maillants et sont localisés sur la petite côte du Sénégal.
En avril 1985, 185 filets maillants opéraient au Sénégal.
- Sennes de plage
Elles mesurent 200–350 m pour une chute de 12–20 m. Leur maillage est de 28–30 mm de maille étirée. Elles sont déployées en bordure de plage après repérage du poisson à vue à l'aide d'une pirogue propulsée à la rame ou par un petit moteur. Elles sont ensuite halées à terre par plusieurs dizaines de personnes.
Leur apport pondéral à l'ensemble des captures des espèces pélagiques est très faible au Sénégal mais est considérable au point de vue nombre car les juvéniles mesurant 3–15 cm constituent l'essentiel des captures de cet engin.
Les sennes de plage sont localisées au sud de la presqu'île du Cap Vert, entre Dakar et la Casamance.
On en comptait 139 en avril 1985.
L'activité des sardiniers dakarois a débuté en 1961 avec un seul navire pour culminer en 1982 avec 19 bateaux. Depuis 1983, cette flottille n'a cessé de regresser. Elle est composée de petits senneurs de 15 à 28 m faiblement équipés et en mauvais état d'entretien général. Conservant le poisson dans de l'eau de mer réfrigérée à la glace, ils sont contraints à des sorties de courte durée (une dizaine d'heures en moyenne).
Le faible prix du poisson imposé par la pêche artisanale, ainsi que de nombreux problèmes socio-économiques, a précipité la chute de cette flottille.
Actuellement, il ne reste que cinq sardiniers dakarois dont l'activité est épisodique et qui n'ont débarqué en 1988 que 4 200 t pêchées à proximité immédiate de Dakar dans les fonds de 10–50 m.
Cinq senneurs industriels de plus de 280 TJB basés en Gambie ont démarré leur activité en novembre 1987. Leur activité est orientée vers la capture de sardinelles dont ils ont exploité environ 5 000 t en 1988.
Suite aux pêches expérimentales du navire danois TOLLAKSON s'est installée à Dakar la société Sénégal Sea Food qui a implanté une importante usine de congélation de poissons. Elle est actuellement alimentée par deux senneurs de 380 TJB et son objectif annuel est la congélation de 50 000 t de poissons. Son activité est principalement orientée vers la capture de grosses sardinelles, de chinchards et de maquereaux.
La Société Nationale des Conserveries du Sénégal (SNCDS) devrait commencer à travailler mi-1989 avec quatre sardiniers senneurs de 90 TJB. Son objectif est la capture de petites sardinelles de taille adéquate à la mise en boîte.
La pêche artisanale qui contribue pour 70 % au total des captures emploie environ 4 000 pêcheurs opérant à partir de 85 points de débarquement à l'aide de 1 327 pirogues (motorisées à 40,3 %).
Les espèces pélagiques (hormis les thonidés) représentent 22 % des captures. Deux espèces dominent dans les prises de petits pélagiques côtiers: Selar crumenophthalmus et Decapterus macarellus. La pêche des petits pélagiques côtiers s'effectue essentiellement à l'aide de sennes de plage, mais aussi de lignes. Il existe des petites sennes tournantes mais en nombre limité.
La flottille industrielle composée de petits canneurs capture également des petits pélagiques pour servir d'appât à la pêche au thon.
Dans la région comprise entre 21° et 24°N, la flotte de pêche soviétique pratique la pêche des poissons pélagiques côtiers durant toute l'année. Cette flotte se compose de chalutiers pélagiques du type RTMS (102 m, 3 800 CV), RTMA (82 m, 2 350 CV), BMRT (85 m, 2 000 CV), et de senneurs du type SRTM (54 m, 800 CV).
Les principales espèces pêchées sont:
La sardine (Sardina pilchardus), surtout pêchée de décembre à juin, le chinchard européen (Trachurus trachurus), le maquereau (Scomber japonicus), et le chinchard cunène (Trachurus trecae). Selon les experts soviétiques cette dernière espèce a été pêchée de façon épisodique en 1988–89, étant donné qu'elle a migré en partie dans la zone mauritanienne.
D'après Barkova et Krivospitchenko (annexe 22), l'année 1988 et la première moitié de l'année 1989 sont caractérisées par l'apparition dans la pêcherie des maquereaux issus de la génération abondante de l'année 1987, année au cours de laquelle les conditions du milieu pendant la période de ponte (température de surface, alizé modéré, mer calme, retard d'un mois dans l'arrivée de la saison froide) ont entraîné une bonne survie des larves.
D'après des informations fournies au sous-groupe la composition des captures soviétiques serait la suivante:
Sardine 30–35 %; maquereau environ 20 %; chinchards 30 %.
Si l'on considère les prises de sardine, on constate qu'elles représentent 80–90 % des captures des senneurs et 20–40 % des captures des chalutiers pélagiques.
Composition en taille. L'échantillonnage consiste en un tirage au sort quotidien d'un dixième des bateaux. L'échantillon est pris au hasard lors du débarquement. Il est trié par espèce, pesé et tous les poissons sont mesurés au demi-centimètre inférieur. Pour chaque espèce, la distribution de taille est extrapolée à sa fraction dans la capture du bateau, puis additionnée classe par classe (d'un demi-centimètre) aux autres distributions obtenues au cours du mois. Cette somme est ensuite élevée à la capture totale mensuelle.
Composition en âge. La détermination de l'âge de la sardine se fait par examen des otolithes dont la collecte suit un rythme mensuel d'échantillonnage, stratifié par classe d'un demi-centimètre avec cinq sardines par classe de taille.
A partir du nombre retenu, une clé âge-longueur trimestrielle est établie puis combinée aux distributions de taille en vue d'établir la composition en âge correspondante.
En 1985, un programme de lecture d'âge analogue à celui de la sardine fut mis en place pour le maquereau à partir de lecture d'otolithes, le premier avril étant pris comme date de naissance du maquereau. Aucune lecture d'âge n'est effectuée sur les chinchards.
La collecte des données biostatistiques est réalisée mensuellement depuis juin 1986 par des chercheurs du CNROP, à bord des chalutiers industriels de gros tonnage (RTMS, RTMA, BMRT) de la Société mixte mauritano-soviétique “Mausov”. En 1989, des observateurs soviétiques ont pris part régulièrement à la récolte des données dans le cadre d'un programme conjoint CNROP/ AtlantNIRO.
Composition des captures. Sont échantillonnées deux à trois captures de plus d'une tonne et à des heures diverses. L'échantillon, de 100–200 kg, est ventilé par espèces qui sont pesées. La composition est rapportée à la capture totale échantillonnée estimée à vue. L'échantillonnage porte sur 60–70 % des chalutages effectués par jour pendant la période d'échantillonnage.
Mensuration. Sont systématiquement mesurées, lorsqu'elles sont présentes, les espèces (50–300 individus) suivantes:
| - Trachurus trachurus | Longueur fourche inf. | cm |
| - Trachurus trecae | " | " |
| - Decapterus rhonchus | " | " |
| - Scomber japonicus | " | " |
| - Sardina pilchardus | " | " |
| - Sardinella aurita | " | " |
| - Sardinella maderensis | " | " |
| - Engraulis encrasicolus | " | 1/2 cm |
| - Trichiurus lepturus | " totale inf. | 5 cm |
Analyses biologiques. Sur les espèces préalablement citées, un échantillon de 100 individus est utilisé pour la détermination des stades sexuels, de la teneur en graisse et de l'état de réplétion. Les analyses sont faites soit à bord soit sur des échantillons congelés rapportés au laboratoire.
Lecture de l'âge. Des collectes de pièces dures sont effectuées pour les chinchards (otolithes) et pour les clupéidés (écailles) sur toute la gamme de tailles des poissons présents. Des clés taille-âge sont établies par mois puis totalisées par trimestre et par an. Les poids moyens par taille sont définis à partir des poids individuels observés au cours des analyses biologiques et des lectures d'âge.
Compilation. Les compositions spécifiques sont calculées par mois et par division 34.1.3 et 34.3.1 notamment pour les catégories chinchards et sardinelles.
Les structures de taille sont calculées par mois et par division, tous sexes confondus, par pondération par la capture échantillonnée.
Les enquêtes concernent la collecte de renseignements relatifs à la pêche artisanale et à la pêche semi-industrielle et industrielle. Elles visent principalement à l'obtention de statistiques sur l'effort de pêche, les captures spécifiques et la structure de taille dans les débarquements.
Les enquêtes portent sur la senne tournante et les filets maillants encerclants. Elles ont lieu sur les principaux centres de débarquement; Joal, Mbour, Hann sur la Petite Côte; Soumedioune, Yoff dans la région de Dakar et Kayar, Fass Boye, St. Louis sur la côte nord du Sénégal. Les centres secondaires sont visités de manière ponctuelle.
Efforts. Les efforts sont collectés de deux manières; par double comptage et par enquête. Le double comptage consiste à recenser les pirogues sur la plage avant le départ en pêche et pendant la pêche de manière à obtenir par différence le nombre de pirogues sorties en mer. Les enquêtes, quant à elles, se font auprès des vieux pêcheurs qui, passant la journée sur la plage, savent nominalement quelle pirogue est sortie en pêche. Une liste exhaustive des unités de pêche permet à l'enquêteur de suivre l'activité individuelle des pirogues. La collecte de cet effort en nombre de sortie est quotidienne.
Au retour de pêche, une moyenne de 40 % des pirogues est enquêtée et les renseignements suivants sont alors collectés; heure de départ et heure d'arrivée, d'où le temps de mer; lieu de pêche et par déduction du temps de route obtention du temps de pêche; nombre de coups de filets positifs et nuls.
Par extrapolation au nombre total de sorties, on obtient donc plusieurs unités d'effort pour la flottille de chaque centre de débarquement. La répartition géographique des efforts se fait selon une grille statistique identique à celle décrite en pêche semi-industrielle et industrielle.
Prises. Le volume des captures est estimé par comptage des paniers de poissons débarqués des pirogues enquêtées. Les paniers, de volume standard, font l'objet de contrôles bisannuels. Leur contenance est proche de 60 kg de sardinelles.
Structures de tailles. Un ou plusieurs paniers sont prélevés dans chaque. pirogue enquêtée; 100 à 150 individus de chaque espèce principale sont mesurés en prenant comme standard la longueur à la fourche mesurée au centimètre inférieur près. Le poids de l'échantillon est ensuite calculé par une relation taille-poids.
Un enquêteur, basé au port de Dakar, récolte de manière exhaustive les renseignements relatifs à chaque sortie de sardinier.
Effort. L'effort est donc calculé après enquête auprès du commandant des unités de pêche. Sont obtenus les temps de mer, le lieu de pêche et le nombre de coups de filets positifs et nuls. Cet effort est réparti géographiquement selon un système de quadrillage qui tient compte à la fois des intervalles de latitude et des zones de profondeur.
Prises. Les prises spécifiques sont obtenues auprès du commandant et contrôlées par l'enquêteur du débarquement où les poissons sont distribués dans des caisses de 50 kg environ. Cette enquête auprès du commandant permet également d'obtenir une estimation des rejets éventuels par espèce et classe de taille.
Pour la pêche industrielle, la législation sénégalaise contraint les commandants à remplir un livre de bord, ce qui facilite d'autant le travail de l'enquêteur. Par ailleurs des informations complémentaires sont recueillies réguliérement auprés des usines de débarquement.
Structure de tailles. L'échantillonnage se fait au débarquement. Deux caisses sont sélectionnées à des moments distincts du débarquement, donc provenant de cales différentes. Un tiers de chaque caisse est mesuré en longueur à la fourche, au centimètre près par défaut, et le reste de la caisse est compté, en notant la composition par espèce, sauf lorsqu'une grande variété d'espèces est présente, auquel cas l'ensemble des individus contenus dans la caisse est mesuré. Les mensurations sont ensuite regroupées par classe de 1 cm.
L'échantillonnage des tailles de petits pélagiques côtiers a débuté fin 1982. La priorité a été donnée aux espèces suivantes: Decapterus macarellus, Decapterus punctatus, Sardinella maderensis et Selar crumenophthalmus.
Jusqu'en 1988, les échantillons ont été prélevés aux marchés aux poissons. Depuis cette année des améliorations ont été apportées au procédé d'échantillonnage qui se fait de la facon suivante:
un échantillonnage des fréquences de tailles six fois/mois au marché aux poissons avec mesure du poids de l'échantillon et de la longueur à la fourche des différents individus.
un échantillonnage du même type sur une dizaine de points de débarquements répartis dans le pays.
des échantillonnages biologiques mais irréguliers.
Les résultats de ces échantillonnages et de ceux realisés pour estimer les captures de la pêche artisanale permettent d'extrapoler les distributions de fréquences de taille aux captures totales.
La récolte de données biostatistiques se fait à bord des navires de recherche et de pêche soviétiques (observateurs à bord).
Les données recueillies concernent: la composition des captures (quantitative et qualitative), la composition par taille des captures, les analyses biologiques, étude de l'âge et analyse de la structure de la population.
Composition des captures. La composition des captures est définie chaque jour: (a) pendant chaque chalutage, aux cours des campagnes de recherche, (b) tous les 2–3 chalutages, à des heures diverses à bord des bateaux de pêche, et lors des changements des régions de pêche; 70–80 % des chalutages sont analysés pendant la période d'échantillonnage.
Pour l'analyse des captures on préléve un échantillon (si les captures sont supérieures á une tonne) d'un poids d'environ 100 kg. La composition par espéce, le nombre d'individus de chaque espéce ainsi que le poids sont définis dans chaque échantillon. Les résultats obtenus sont calculés pour toute la capture.
Composition par taille. La composition par taille des captures de poissons pélagiques est définie à partir des mensurations de 300 individus de chaque espèce. La mesure de la taille se fait au centimètre le plus proche. Les poissons mesurés sont pesés.
Analyses biologiques. L'état biologique est étudié en analysant pour chaque individu les caractéristiques suivantes (un échantillon ordinaire est de 100 individus): longueur au centimètre le plus proche, sexe et état de maturité des gonades (échelle macroscopique de 6 points), état de graisse des intestins (échelle macroscopique de 4 points), état de réplétion (échelle macroscopique de 5 points) et composition qualitative de la nourriture. Ces analyses biologiques se réalisent à bord des bateaux sur du poisson frais.
Etude de l'âge. Pour l'étude de l'âge et des particularités de croissance des poissons, on prélève des échantillons d'au moins 10 individus de chaque classe de taille et on détermine l'âge par les écailles pour la sardine, par les otolithes pour les chinchards et par les écailles et les otolithes pour le maquereau. Les otolithes sont rincés dans une solution composée d'alcool et de glycérine. Le traitement des échantillons d'âge se fait à l'AtlantNIRO par un service spécialisé.
Analyse de la structure de la population. Parallèlement è la récolte de données biostatistiques et pour l'étude de la composition d'une population, on procède au prélèvement des échantillons suivants:
échantillons de muscles pour l'analyse par électrophorèse
echantillons et pesées des otolithes (chinchard)
échantillons de gonades pour l'analyse histologique
Le traitement des données se fait d'après les méthodes adoptées à l'AtlantNIRO.
Synthèse des données biostatistiques. Celles–ci sont récoltées suivant les zones économiques exclusives, les régions statistiques du COPACE et les populations (les données de base sont archivées à l'AtlantNIRO). Elles peuvent être ventilées par mois, trimestre et an. Les données de la composition par taille à partir des captures pondérées se généralisent par mois et par an. Les données d'âge se généralisent dans les clés taille-âge trimestrielles et annuelles. Comme il est mentionné ci-dessus le poids moyen des individus est défini par pesée individuelle ou par groupe (des individus d'une classe de taille ou des échantillons).
Le schéma d'échantillonnage consiste à choisir 200 individus d'un souséchantillon issu d'une capture supérieure à 500 kg. Les échantillons de poisson frais sont pris à bord de navires de pêches commerciaux. Pour toutes les espèces pélagiques de la ZEE mauritanienne (divisions 34.1.3 et 34.3.1) on mesure la longueur à la fourche au centimètre le plus proche (ainsi la classe de taille 14 cm va de 13,5 à 14,4 cm). On fait la somme des échantillons sur une base mensuelle et on calcule les poids moyens pour chaque classe de longueur par espèce et par division.
Pour chaque jour de pêche, deux espèces au moins parmi un mélange de quatre à sept espèces pélagiques apparaissant en deux à trois heures de traits de chalut, sont échantillonnées. Un jour de pêche donné (de 0 à 24 h) est considéré comme dirigé vers une espèce cible lorsque celle-ci représente 60 % ou plus de la capture journalière totale.
Les échantillons pour la lecture d'âge consistent à prendre 10 individus (cinq mâles, cinq femelles) pour chaque classe de longueur en veillant à choisir les individus dans tout l'intervalle de taille spécialement à sa limite inférieure. Au début d'un mois donné, le premier échantillon pour une espèce particulière sert á la détermination de l'âge. Pour la lecture d'âge on utilise les otolithes pour les carangidés et le maquereau, et les écailles pour les clupéidés. Les échantillons d'âge comme ceux de longueur sont additionnés sur une base mensuelle.
Depuis 1988, dans le but de réduire l'échantillonnage pour la lecture d'âge et d'augmenter celui relatif aux fréquences de taille, la collecte des données d'âge s'effectue de manière stratifiée comme mentionné précédemment.
La composition en classes d'âge est établie en transformant sur une base mensuelle les longueurs par classe d'âge et ce, par l'intermédiaire des étapes suivantes:
effectuer la somme des échantillons d'âge au bout de trois, six ou douze mois;
appliquer à la distribution en classes d'âge et de longueur les fréquences de taille exprimées en nombre d'individus de telle sorte que le nombre d'individus soit équitablement réparti entre les échantillons;
une fois que les échantillons de taille sont affectés à des classes d'âge, on calcule les longueurs moyennes pour chaque âge;
on calcule ensuite les poids moyens connaissant la relation âge-poids;
le nombre total d'individus capturés par classe d'âge (Ci) est obtenu ensuite par deux méthodes différentes aboutissant au même résultat;
en utilisant la composition en âge exprimée en nombre d'indivdus et les poids moyens correspondant à chaque âge;
en appliquant aux distributions de fréquences de taille (extrapolées aux captures totales) et pour chaque classe d'âge un pourcentage correspondant au nombre d'individus dont l'âge est lu dans une classe d'âge donnée par rapport au nombre total d'individus dont l'âge est lu.
Le procédé utilisé sur les chalutiers de la RDA dans la ZEE mauritanienne est le suivant: à partir de traits de chalut avec des captures représentatives, on prend 200 à 300 individus par espèce pour faire des mensurations.
Toutes les espèces pélagiques sont mesurées en longueur à la fourche (Lf) à l'exception de Sardina pilchardus et d'Engraulis encrasicolus pour lesquels on utilise la longueur totale (Lt).
Pour Sardina pilchardus et Engraulis encrasicolus les classes de taille sont de 0,5 cm et pour toutes les autres espèces pélagiques de 1 cm. Les longueurs moyennes sont corrigées en ajoutant respectivement 0,25 et 0,5 cm.
Les échantillonnages pour la détermination de l'âge, du poids, du sexe, de la maturité des gonades et de la grosseur des estomacs ont été réduits dans les dernières années en ce qui concerne le nombre d'individus par échantillon. Actuellement on prend 50 individus stratifiés de telle sorte que chaque groupe d'âge est présent en nombre égal dans l'échantillon. Les nombres d'échantillons en âge et en longueur sont identiques. Dans le cas où on a trois à quatre espèces pélagiques principales en quantités représentatives dans la capture (cas le plus fréquent), on prend chaque jour deux échantillons à deux périodes du jour différentes. Deux fois par an (au minimum) un biologiste est envoyé sur l'aire de pêche; chaque campagne durant deux mois (généralement en automne et au printemps). On a donc au minimum quatre mois d'échantillonnage par an.
Les otolithes sont utilisés pour la lecture d'âge des carangidés, de Scomber japonicus, de Sardinella aurita et de Sardinella maderensis.
Les échantillons sont regroupés sur une base mensuelle et par division statistique du COPACE (34.1.3 et 34.3.1). Les différences de distribution de taille provenant de l'échantillonnage dans les différentes parties du chalut sont éliminées en faisant la moyenne des données. On procède la même manière pour les différences de composition de stock provenant de la période du jour échantillonnée ou d'autres facteurs éventuels.
Les clés longueur-âge sont produites à l'aide d'un programme de calcul utilisant la relation longueur-âge issue des échantillons de 50 individus stratifiés en âge et la distribution de taille des échantillons de 200 à 300 individus.
Les participants ont, dans un premier temps, fait l'inventaire des données disponibles sur la période 1979–88 concernant le maquereau et les chinchards relatif aux captures, efforts, structures de taille et d'âge. Cet inventaire figure au tableau B1.
Le volume des captures sur la période 1979–88 et par zone statistique est fourni aux tableaux B2 et B3.
A partir des échantillonnages de fréquences de taille, des clés taille-âge ou l'utilisation des lois de croissance, on a obtenu les structures d'âge annuelles dans les captures et les poids moyens par classe d'âge correspondants. Les données soviétiques correspondant à Trachurus trachurus, Trachurus trecae et Scomber japonicus sont présentées aux annexes 20, 21 et 22 respectivement. Les principaux paramètres biologiques obtenus par les chercheurs roumains pour les espèces pélagiques sont présentés dans les annexes 23 et 24.
Aucune analyse critique de ces données n'a été faite par le sous-groupe de travail. L'ensemble de ces données par espèce (T. trachurus, T. trecae, D. rhonchus et S. japonicus) a été saisi sur support informatique et est fourni à l'annexe 25, mais seul le maquereau a fait l'objet d'un traitement.
Le sous-groupe a procédé à une analyse des cohortes utilisant le logiciel ANACO (Mesnil, 1988). Les données utilisées et les résultats obtenus sont fournis aux tableaux B4–1 à B4–6.
Etant donné la longévité de l'espèce, le groupe de travail a convenu d'adopter pour première hypothèse de travail que la mortalité naturelle ne variait ni en fonction des années ni en fonction des classes d'âge et pouvait être estimée à M = 0,4.
Pour le premier calcul, le F terminal au dernier âge (ages 7 et 8+) a été pris égal à M et pour la dernière année un vecteur F culminant aux âges 3 à 5 a été choisi. La procédure a ensuite consisté, à partir de ces valeurs initiales, à injecter itérativement la moyenne des F sur les années 1981–84 pour les différents âges de la dernière année et à injecter 80 % de la moyenne des F sur les âges 2 à 5 pour les F terminaux aux derniers âges jusqu'à stabilisation de ces moyennes. Cette procédure n'a d'autre justification que de fournir des matrices de résultats cohérentes de manière interne avec les données de capture. En principe, ces résultats ne sont qu'un point de départ pour des analyses complémentaires faisant appel à des informations extérieures telles que séries d'effort ou de pue, indices de biomasse ou de recrutement, données hydroclimatiques, etc., ces données exogénes n'étant pas immédiatement disponibles au cours de la réunion; l'analyse de cohorte a été arrêtée à cette étape préliminaire et les résultats qui en découlent doivent par conséquent être observés avec précaution. Ces résultats font apparaître des inconsistances entre les séries de données de capture (discontinuité des cohortes) probablement liées à des différences d'échantillonnage et d'âge.
Il faut noter qu'en l'absence de données de captures ou de poids moyen pour les groupes O de certaines années, les biomasses présentées dans les tableaux pour les années 1979, 1982, 1987 doivent être augmentées d'environ 100 000 t ce qui correspond au produit du recrutement moyen historique (1 milliard d'individus) par le poids moyen approximatif du groupe O (0, 1 kg). Cette correction étant faite, il apparaît dans les résultats de cette VPA que la biomasse est restée stable au cours des années 1985–87, tant en ce qui concerne la biomasse totale que celle des géniteurs.
A titre d'exercice, compte tenu des incertitudes sur les résultats de l'analyse exposée ci-dessus, le processus d'évaluation a été poursuivi avec des essais d'analyse à l'équilibre (Thomson et Bell) et de prévision à court terme. Pour ce faire ont été utilisées les moyennes arithmétiques des poids aux âges de la série historique, un vecteur mortalité naturelle constant égal à 0,4 comme dans l'analyse, le vecteur des mortalités moyennes par pêche sur la période 1982–85 comme diagramme d'exploitation de référence et une ogive de maturité identique à celle de l'analyse (tableau B5–1).
La courbe de rendement par recrue en fonction des multiplicateurs de l'effort pour ce diagramme de référence (tableau B5.2, figure B1) indique que le niveau récent d'effort est proche de la valeur correspondant à F max.; l'allure générale de cette courbe relativement applatie au-delà d'un multiplicateur de 0,6 correspond à un cas où une augmentation de l'effort de pêche n'entraînerait pas de chute brutale du rendement par recrue. L'abscisse du point de référence FO.1 correspond à un facteur multiplicateur de l'effort de 0,45. La biomasse féconde par recrue est indiquée figure B2.
A partir des structures d'âges dans le stock estimées à la date du 1er janvier 1987, des simulations de capture et de biomasse ont été effectuées pour la période 1988–90 en adoptant différents scénarios arbitraires: statu quo de l'effort, variation de + et - 20 % de l'effort 1987, et stratégie FO.1. Les résultats de ces simulations sont présentés, à titre d'illustration, aux figures B3 et B4.
Les données correspondant aux prises et à leur structure d'âge ont été préparées et saisies sur support informatique en vue d'une analyse de cohorte.
Ces données différent des données des zones 34.3.1 et 34.1.3 par un ciblage des captures sur les âges O à l et une forte irrégularité des captures des âges 3 et 4.
Compte tenu de ces caractéristiques, l'analyse détaillée de ces données, présentées aux tableaux B6–1 et B6–2 a été différée.