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SECTION A - INFORMATIONS


Neuvèemede réunion des coordinateurs du groupe consultatif du PLTA à Prétoria

La neuvième réunion des coordinateurs du Groupe consultatif du PLTA (PAG) les 24 et 25 septembre 2003 à Prétoria, Afrique du Sud

La neuvième réunion des coordinateurs du Groupe consultatif du PLTA s’est tenue les 24 et 25 septembre 2003 au Centre de Conférences George Bou, à Prétoria, en Afrique du Sud. La réunion était organisée par la FAO avec l’assistance du Directorat, Santé animale, Département de l’Agriculture, Gouvernement d’Afrique du Sud.

Le Prof. Albert Ilemobade présidait la réunion. Le Prof. Raffaele Mattioli a accueilli les participants au nom du Directeur de la Division de Production et de Santé animale de la FAO. Le représentant du Gouvernement d’Afrique du Sud, le Dr Johan Van Wyk, a souhaité la bienvenue aux membres du PAG à Prétoria. Il a fait l’éloge du PLTA et de la campagne panafricaine d’éradication des glossines et de la trypanosomose (PATTEC). Après avoir souligné l’intérêt intense de l’Afrique du Sud pour la lutte contre les glossines et la trypanosomose, le Dr Van Wyk a souhaité que la réunion soit couronnée de succès et a déclaré la réunion officiellement ouverte.

Conclusions et Recommandations

Les Conclusions et les Recommandations de la neuvième réunion des coordinateurs du Groupe consultatif du PLTA (PAG) sont fournies ci-dessous.

1. Conclusion: Un rôle-clé du PLTA est de mettre au point des procédures, des protocoles et des méthodologies d’enquête normatifs standardisés, y compris la collecte et l’analyse standardisées des données.

Recommandation: Des tentatives visant à mettre au point une méthode standardisée pour quantifier et cartographier les avantages économiques d’une intervention contre les glossines et la trypanosomose devraient être faites.

2. Conclusion: Le PAG reconnaît les réalisations majeures accomplies par les membres de l’organisation internationale du PLTA au cours de l’année passée et les remercie de leur contribution aux activités du PLTA.

Recommandations: Une mise à jour et une diffusion régulière des réalisations du PLTA et du PAG ainsi que des recommandations convenues sont nécessaires, par exemple par le biais du site web du PLTA.

3. Conclusion: Les collègues Éthiopiens ont été félicités pour leur formulation de la proposition préliminaire et pour son progrès sur la voie de sa soumission. Le PAG approuve pleinement la proposition préliminaire.

Recommandation: Les deux zones prioritaires pour le PLTA-PATTEC, à savoir la vallée du sud du Rift en Éthiopie et la zone transfrontalière de culture du coton au Burkina Faso-Mali ne sont pas exclusives. Les pays ont été encouragés à proposer des zones supplémentaires pour une intervention contre les glossines et la trypanosomose qui devront être évaluées par rapport aux critères convenus par le PLTA-PATTEC. Davantage d’attention devrait, en particulier, être accordée aux problèmes causés par les glossines et la trypanosomose en Afrique centrale.

4. Conclusion: Le PLTA continuera à aider et à conseiller la PATTEC en ce qui concerne les glossines et la trypanosomose et les domaines connexes.

Recommandation: (i) Les efforts visant à persuader les pays d’inclure la lutte contre les glossines et la trypanosome dans leur document de stratégie pour la réduction de la pauvreté devraient se poursuivre. La PATTEC devrait surveiller l’inclusion de la lutte contre les glossines et la trypanosomose dans les priorités nationales et en informer le PLTA; (ii) le PLTA devrait aider la PATTEC et les gouvernements en leur fournissant les indications et les documents ayant trait au problème causé par les glossines et la trypanosomose et au développement agricole.

5. Conclusion: Le double fardeau de la pauvreté et de la maladie devrait être souligné aux bailleurs de fonds.

Recommandation: Les activités de lutte contre les glossines et la trypanosomose devraient être menées à bien dans le contexte d’un développement agricole et rural durable, en examinant une stratégie modulaire pour étaler les investissements et les bénéfices; qui inclue les dimensions agricoles, économiques et sociales telles qu’illustrées dans certaines activités de FITCA (Agriculture dans les zones de lutte contre les glossines en Afrique de l’Est).

6. Conclusion: The problème des glossines et de la trypanosomose a fréquemment une nature transfrontalière.

Recommandation: Les activités contre les glossines et la trypanosomose devraient être effectuées dans un contexte régional, en particulier lorsque des barrières doivent être entretenues. Une collaboration et une coordination régionale devraient être encouragées.

7. Conclusion: Le PAG continue à approuver les activités de l’ICPTV (Lutte intégrée contre les trypanosomes pathogènes et leurs vecteurs) et apprécie la participation du représentant de l’OMS/TDR.

Recommandation: (i) Le PLTA et l’ICPTV devraient chercher de nouvelles façons de diffuser une information claire sur la recherche dans le domaine des glossines et de la trypanosomose à l’intention de toutes les parties prenantes; (ii) La collaboration entre le PLTA et l’ICPTV devrait être renforcée, ainsi que les liens avec les projets existants et les zones d’activités contre les glossines et la trypanosomose; et (iii) Le PLTA devrait collaborer avec l’OMS/TDR et fournira des conseils sur la formulation de propositions de recherche si besoin est.

8. Conclusion: Certaines zones sont considérées débarrassées de glossines et de trypanosomose mais il n’existe aucune norme permettant de déclarer un statut d’exemption.

Recommandation: Le PLTA devrait aider les partenaires à identifier un ensemble de critères convenus internationalement pour déclarer un statut de zone exempte de glossines et de trypanosomose, similaires au processus adopté par l’Office International des Épizooties (OIE).

9. Conclusion: Le PAG est conscient des réalisations du FITCA au Kenya.

Recommandation: Le PLTA devrait établir des façons d’évaluer les nouveaux outils d’intervention contre les glossines et la trypanosomose et de promouvoir leur adoption plus large si besoin est.

10. Conclusion: La durabilité des interventions contre les glossines et la trypanosomose est une question essentielle.

Recommandation: Les facteurs affectant la durabilité des interventions contre les glossines et la trypanosomose devraient être identifiés et évalués de toute urgence.

11. Conclusion: Dans certaines zones, la maladie du sommeil ainsi que la trypanosomose animale limitent le développement agricole et le bien-être des humains et le sud du Tchad est reconnu comme une zone dans laquelle l’élimination de la maladie à la fois chez les humains et chez les animaux est possible.

Recommandation: Des actions concertées, menées par des organisations et des institutions internationales pour lutter à la fois contre la maladie chez les humains et chez les animaux, y compris la gestion des cas et la lutte antivectorielle, en collaboration avec les secteurs public et privé, devraient être encouragées.

Information et discussion du rapport de la dernière réunion du PAG - A.A. Ilemobade

Après avoir apporté quelques amendements au texte principalement à des fins de clarification, le rapport de la réunion précédente qui s’est tenue en septembre 2002 à Nairobi a été approuvé. En outre, la réunion a convenu que les conclusions et les recommandations ne devraient pas être limitées dans le temps, ni liées à une réunion particulière. La réunion a insisté sur la nécessité de la normalisation des données et des méthodologie de collecte des données et d’une participation plus active des chargés de liaison de la FAO.

Rapport du Secrétariat du PLTA et sur les activités de la FAO/PLTA - R.C. Mattioli

Les participants ont été informés des conclusions de la réunion du Comité de programme du PLTA, qui s’est tenue en novembre 2002 au siège de l’OMS à Genève. Les principales conclusions et recommandations de cette réunion étaient les suivantes

(i) Le problème des glossines et de la trypanosomose doit être inclus dans les documents nationaux de stratégie de réduction de la pauvreté;

(ii) Le problème des glossines et de la trypanosomose est complexe et il est nécessaire de formuler des programmes d’intervention intégrée conçus pour des situations locales ainsi que des scénarios de coûts-avantages;

(iii) Les pays affectés par les glossines et la trypanosomose doivent évaluer objectivement l’impact de ce problème et classer par ordre de priorité les zones pour une intervention nationale et régionale;

(iv) Un rang de priorité élevé devrait être accordé au développement des ressources humaines et des services ruraux.

Le rôle stratégique que les traitements trypanocides jouent dans la lutte contre la maladie a été reconnu. La présence de trypanocides de qualité médiocre est préoccupante. Les mesures prises par la FAO en collaboration avec l’IFAH dans ce domaine ont été appréciées par le PAG.

Les participants ont été informés des activités de la FAO et du PLTA en ce qui concerne les glossines et la trypanosomose depuis la réunion du PAG en 2002. Deux documents du PLTA dans la Série technique et scientifique ont été publiés: le premier se concentre sur l’intégration de la technique des insectes stérilisés (SIT) dans une intervention contre les glossines et la trypanosomose au niveau régional tandis que l’autre traite des facteurs socioéconomiques et culturels dans la recherche et dans la lutte contre la maladie. Quatre documents supplémentaires sont sous presse ou en cours de préparation. Ces documents traitent: des principes économiques pour la planification stratégique de la lutte antiglossinaire/éradication en Afrique de l’Ouest; du rôle des animaux trypanotolérants dans les programmes d’intervention contre les glossines et la trypanosomose; des options pour la gestion à long terme des glossines et de la trypanosomose en Afrique de l’Ouest; et de la cartographie des avantages de l’élimination de la maladie en tant qu’outil de prise de décision pour les interventions contre les glossines et la trypanosomose.

Un certain nombre d’ateliers a été organisé sur des thèmes différents. Un atelier a eu lieu en juillet 2003 au siège de la FAO et s’est concentré sur la mise au point de propositions de programmes de terrain dans la vallée du sud du Rift en Éthiopie. Suite à l’atelier, une proposition préliminaire a été préparée. Un atelier similaire pour la zone transfrontalière de culture de coton du Burkina Faso-Mali était prévu pour la fin de 2003 - le début de 2004.

Les activités futures de la FAO/PLTA se concentreront sur la mise au point de propositions de programmes de terrain dans les deux zones prioritaires convenues par le PLTA/PATTEC (Burkina Faso-Mali et la vallée du sud du Rift en Éthiopie) et sur le progrès du processus d’harmonisation du PLTA-PATTEC. La restructuration du site web du PLTA (http://www.fao.org/ag/paat.html) a été annoncée. Après des débats, les participants ont convenu de conserver la définition actuelle des zones prioritaires et d’autres pays, en plus du Burkina Faso, de l’Éthiopie et du Mali, ont été encouragés à utiliser les critères établis par le PLTA-PATTEC pour présélectionner des zones supplémentaires qui pourraient mériter une attention internationale. Les résultats du processus de présélection seront soumis au PLTA pour une approbation finale. Les pays sont tout à fait libres d’approcher des bailleurs de fonds; l’approbation du PLTA est conçue en tant que mécanisme facilitant la collecte des fonds. La nécessité d’inclure les glossines et la trypanosomose dans les documents de stratégie de réduction de la pauvreté et d’évaluer pleinement l’impact des glossines et de la trypanosomose sur la pauvreté et sur l’agriculture et le développement rural durable a de nouveau été soulignée.

Rapport sur les activités de l’UA/BIRA - J. Musiime

Les détails sur les propositions de financement dans le cadre actuel de l’UE EDF9 ont été présentés. Les propositons devraient être soumises par le biais des Communautés économiques régionales telles que le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), l’East African Community et le Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’UA peut fournir des conseils sur demande et il a été convenu que les activités de formulation de politiques devraient être déléguées aux organisations existantes plutôt que de créer de nouveaux organes.

L’UA est en train de faire pression au niveau ministériel sur les cinq pays situés autour de la région de l’Okavango pour qu’ils coordonnent leurs activités contre les glossines et la trypanosomose et une réunion a été organisée en août 2003 pour discuter davantage de cette question.

FITCA: rapport sur les progrès régionaux et travaux futurs - H.M. Solomon

Une vue d’ensemble des activités du FITCA a été présentée en se référant particulièrement aux priorités nationales, aux enquêtes, aux actions spécifiques d’intervention sur le terrain et aux activités de recherche. Dans certains pays, comme le Soudan et le Burundi, le FITCA ne pouvait pas opérer à cause de l’insécurité.

Le FITCA a fourni une assistance à certains pays dans la formulation de projets d’intervention contre les glossines et la trypanosomose et a organisé des réunions de coordination au niveau ministériel pour discuter des priorités. Les activités du FITCA consistaient en la formation de vétérinaires privés et en la surveillance financière des activités des personnes recevant une formation au niveau régional; en activités de lutte contre les glossines basées dans la communauté (formation de 1.500 fermiers dans le domaine de l’utilisation de cibles et de la surveillance des glossines); en la construction de 300 enclos de contention gérés par la communauté, qui servent de points de convergence pour une gamme d’interventions agricoles, y compris le traitement des bovins par pulvérisation; en la formation de plus de 10 000 fermiers à une gamme de pratiques agricoles autres que celles liées aux glossines; en la réalisation d’enclos d’affouragement en vert pour les bovins, munis de moustiquaires imprégnées de pyréthrinoïdes.

Un sujet de discussion avait trait à la durabilité de l’accroissement de la production laitière résultant de la lutte contre les glossines et la trypanosomose et de l’utilisation d’animaux sélectionnés. Il a été avancé que la demande élevée ferait de la production laitière une activité rémunératrice et, par conséquent, durable. Il a été remarqué que dans de vastes parties de l’Afrique de l’Ouest où la transhumance est une pratique d’élevage courante, ce déplacement peut constituer un obstacle à l’introduction et à l’adoption d’enclos d’affouragement en vert munis de moustiquaires imprégnées d’insecticide.

Bien que des ressources considérables aient été affectées pour combattre la maladie du sommeil dans le nord-est de l’Ouganda, la nécessité d’une meilleure coordination et intégration des interventions dans le domaine de la trypanosomose animale et de la maladie du sommeil dans la zone du projet de FITCA a été soulignée.

Rapport de l’AIEA - U. Feldmann

Les travaux de l’Agence se sont concentrés sur la recherche, la mise au point de méthodes, les projets de coopération technique sur le terrain et les questions normatives. En ce qui concerne la recherche et la mise au point de méthodes, des travaux sur la compatibilité des accouplements et sur la compétitivité des souches de glossines élevées en masse avec les souches sauvages cibles de la même espèce de glossines ont été menés au moyen d’études des accouplements au laboratoire et de tests de comportement dans des cages sur le terrain. Les essais ont confirmé le caractère approprié des mâles stériles de plusieurs souches adaptées à l’élevage en masse contre les souches sauvages cibles.

En collaboration avec la FAO et Environmental Research Group Oxford (ERGO) et grâce à la contribution de collègues dans des pays affectés par les glossines et la trypanosomose, des cartes améliorées de prédiction du risque de présence/absence de glossines ont été mises au point pour différentes zones. Des bases de données sur l’ADN des espèces de glossines les plus importantes ont été acquises et, en partie dans le cadre d’un Projet coordonné de recherche sur la génétique des glossines, des techniques ont été mises au point pour une application sur le terrain des études génétiques sur la population des glossines. Associées aux cartes de prédiction du risque (qui devront être améliorées davantage), on s’attend à ce que ces études génétiques génèrent une meilleure base de données pour la planification stratégique des projets d’intervention sur le terrain.

En ce qui concerne les projets de coopération technique, un projet régional AIEA-CT et, à la demande spécifique des États membres, huit projets nationaux de CT (Afrique du Sud, Botswana, Burkina Faso, Éthiopie, Kenya, Mali, Ouganda et Tanzanie) ont été mis en œuvre. Le projet régional a fourni un appui à la PATTEC, contribué à générer une prise de conscience et un engagement vis-à-vis d’une intervention contre les glossines et la trypanosomose, encouragé la coopération sous-régionale au niveau des mesures transfrontalières contre les glossines et la trypanosomose et financé des stages de formation régionaux. Les projets nationaux sont à différents stades de planification et d’exécution des opérations intégrées d’intervention contre les glossines et la trypanosomose au niveau régional. Un progrès remarquable dans le domaine des activités du projet ou dans des domaines pertinents pour celles-ci a été accompli au cours de l’année passée. Il comprenait un projet de configuration d’une installation d’élevage en masse de glossines au Burkina Faso; une interaction étroite et utile entre le personnel du projet et les communautés dans des efforts conjoints contre les glossines et la trypanosomose ainsi qu’un progrès sur la voie de la construction d’une installation d’élevage en masse de glossines à Kaliti, en Éthiopie. Il faut également faire mention de la collecte de données de terrain essentielles au Mali pour une délimitation ultime de la zone d’intervention le long des aires d’alimentation, en tant que barrières (temporaires) présumées séparant les bassins fluviaux.

En ce qui concerne les questions normatives et l’assistance à la PATTEC et aux États membres pour générer une prise de conscience et une collecte de fonds, plusieurs mesures ont été prises. Premièrement, les travaux en collaboration avec la FAO et le PLTA mentionnés ci-dessus ont été effectués. Deuxièmement, les travaux en collaboration avec l’UA-BIRA, la FAO et l’OMS, dans le contexte du processus d’harmonisation entre le PLTA et la PATTEC pour une action internationale conjointe, ont résulté en un appui pour les campagnes d’intervention contre les glossines et la trypanosomose dans des zones comportant un potentiel élevé pour un développement rural durable. En outre, deux numéros du Bulletin sur la lutte contre les insectes ravageurs (IPCN) sont publiés chaque année. Ce Bulletin annonce les activités à venir (stages de formation, séminaires, etc.) et résume les travaux pertinents menés à bien dans le cadre du Programme FAO/AIEA dans le domaine de la lutte contre les insectes ravageurs. Une réunion de consultation a également eu lieu à la fin du mois d’août 2003 à Vienne sur la mise au point de procédures convenues au niveau international pour déclarer des zones exemptes de glossines et de trypanosomose.

En consultation avec l’UA-BIRA, la FAO, la PATTEC et l’OMS, l’AIEA a soumis une proposition au Fonds des Nations Unies pour un partenariat international (UNFIP) intitulée «Programme coordonné et progressif pour la création de zones exemptes de glossines en Afrique: une condition préalable pour accroître le développement agricole et pour lutter contre la trypanosomose humaine africaine». Cette proposition a été reçue favorablement par l’UNFID et il est envisagé qu’une somme de 300 000 dollars E-U sera mise à la disposition de l’AIEA. Ce projet est conçu pour générer une information technique supplémentaire pour la planification stratégique d’opérations intégrées d’intervention contre les glossines et la trypanosomose au niveau régional et, en étroite collaboration avec les États membres et les autres partenaires (en particulier la FAO, l’OMS, le PLTA et la PATTEC), pour accroître la prise de conscience du problème des glossines et de la trypanosomose parmi les bailleurs de fonds potentiels pour des zones prioritaires d’intervention convenues (par ex: la vallée du sud du Rift en Éthiopie). Une information supplémentaire est disponible sur le site web de l’IPCN et de l’AIEA.

Rapport de l’OMS - J. Jannin

La trypanosomose humaine africaine (THA) peut être considérée comme une des maladies négligées affectant des populations marginalisées. Des décisions politiques sont nécessaires pour mettre en œuvre les stratégies d’intervention dans les pays où des foyers endémiques sont présents. Un niveau de capacité minimum est requis dans les pays affectés pour l’application de nouveaux outils plus efficaces. Une approche consultative intégrée, dans laquelle la mise en œuvre d’activités améliorées de dépistage et de traitement de la THA peut contribuer à un système général de soins de santé, est particulièrement importante jusqu’à ce que les pays puissent remplir indépendamment des fonctions de ce type.

L’OMS soutient activement le concept d’équipes couvrant plusieurs pays visant à évaluer pleinement la situation épidémiologique et à commencer des activités ayant comme objectif l’élimination de la maladie. L’OMS appuie également les programmes nationaux pour améliorer leur efficacité. Dans ce domaine, trois stratégies ont été adoptées: une lutte et une surveillance accrue pour une mise en œuvre rapide d’un programme d’élimination de la maladie; des activités soutenues de lutte et de surveillance en tant que suivi de l’évaluation épidémiologique et la formation d’équipes régionales capables de lancer un processus d’élimination de la maladie.

Ces stratégies sont très pertinentes dans les pays où le problème de la THA est largement répandu, c’est-à-dire l’Angola, la République démocratique du Congo et le Soudan. Au Soudan, en particulier, l’OMS aide les autorités nationales au niveau ministériel à coordonner les ONG et à mettre sur pied des structures nationales pour combattre la THA.

Les médicaments pour traiter la THA sont maintenant gratuits pour toute l’Afrique. L’OMS s’efforce d’assurer l’existence d’un programme efficace d’approvisionnement en médicaments qui encourage le traitement des populations affectées mais les problèmes majeurs dans ce domaine sont l’accès aux réfugiés et l’absence de sécurité à cause des troubles civils.

La participation de l’OMS à la recherche sur la THA est en train de s’accroître principalement par le truchement de son Réseau sur le traitement et la chimiorésistance, qui appuie des projets de recherche pour des essais cliniques ou pour la validation des tests de diagnostic. L’initiative des médicaments pour les maladies négligées fait partie de cette activité. Une initiative pour la mise au point de nouveaux outils de diagnostic a vu le jour et sa première réalisation a été la créaction d’une équipe TDR/OMS de développement de produits responsable de la mise au point de nouveaux outils.

Comme un grand nombre de cas de THA ne sont pas détectés, il doit y avoir un grand nombre de décès non signalés. Cela montre que l’impact négatif de la THA est fortement sous-estimé. Un groupe de travail a été créé par l’OMS pour affiner le calcul de cet impact. Un résultat important serait le développement d’une base de connaissances sur le fardeau double de la pauvreté et de la maladie qui conduirait à l’inclusion de la maladie du sommeil dans les documents d’information (Documents sur la stratégie de réduction de la pauvreté).

Une action concertée de l’OMS-ICIPE, avec la participation de la FAO, est en train d’être mise au point au Tchad afin d’éliminer à la fois la maladie chez les humains et chez les animaux, au moyen du dépistage, du traitement, de la lutte antivectorielle et en accroissant la production agricole.

La Cinquante-sixième Assemblée mondiale de la santé, en mai 2003, a adopté une résolution pour appuyer la PATTEC. Les États membres ont prié instamment l’OMS de préparer une nouvelle résolution pour la Cinquante-septième Assemblée mondiale de la santé afin de souligner leur rôle pour l’élimination de la maladie du sommeil, principalement grâce à un dépistage systématique et à un traitement.

Les glossines et la trypanosomose dans la vallée du sud du Rift en Éthiopie - Une proposition préliminaire pour un programme de terrain - A. Temesgen

La situation relative aux glossines et à la trypanosomose dans la vallée du sud du Rift en Éthiopie a été passée brièvement en revue. Dans cette région, la présence de glossines empêche l’accès aux vallées fertiles plus basses, ce qui cause un excès de cheptel, une surutilisation des montagnes et une forte pression de la population. Des efforts à long terme ont été déployés pour réduire la pression des glossines et de la trypanosomose en utilisant des traitements prophylactiques et ont été couronnés d’un succès partiel. Le gouvernement a, par conséquent, choisi d’appuyer un projet pilote visant à éliminer le vecteur et la maladie. Un programme d’une durée de dix ans a été établi en 1997 avec pour objectif de réduire la pression de la population humaine sur les montagnes, de promouvoir l’agriculture dans les bas-fonds afin de réduire la pauvreté et d’accroître les moyens d’existence ruraux. Le gouvernement a affecté 3 millions de dollars E-U à ce programme.

Suite à un atelier organisé en juillet 2003 au siège de la FAO, un projet de proposition préliminaire a été mis au point et une version peaufinée a été présentée lors de la réunion du PAG. Quelques 10 500 km2 d’une zone globale de 25 000 km2 ont été sélectionnés. Cette zone est isolée des zones infestées voisines, elle ne comporte qu’une espèce de glossines (G. pallidipes) et son potentiel agricole est élevé. En outre, le gouvernement, soutenu en partie par l’AIEA, s’est engagé à construire une installation d’élevage des glossines (en cours). La collecte des données de base, les activités d’élimination des glossines et la surveillance de base sont maintenant en cours. En outre, des travaux supplémentaires doivent être menés à bien pour atteindre l’objectif ultime, c’est-à-dire une production agricole accrue. Un montant total d’environ 12,5 millions de dollars E-U a été estimé. Ce montant permettra, en termes généraux, de compléter les données existantes, en particulier les données socioéconomiques et écologiques; de développer les ressources humaines nécessaires; de réduire la pression de la maladie; d’assurer une utilisation appropriée des ressources naturelles ainsi que la planification de l’occupation des terres et du régime foncier; et de promouvoir l’agriculture et l’élevage.

Les facteurs améliorant les chances de succès de cette intervention sont: l’engagement actuel du gouvernement et des communautés locales aux activités actuelles contre les glossines et la trypanosomose dans cette zone; la forte pression humaine dans les montagnes environnantes qui pourrait occuper des terres appropriés dans la vallée pour l’agriculture et l’élevage, à condition que la menace des glossines et de la trypanosomose soit éliminée; le fait qu’une seule espèce de glossines soit présente; le fait que la population de glossines est isolée dans cette zone, réduisant donc considérablement le risque de réinvasion après l’intervention; ainsi que le potentiel énorme de production animale et agricole et la réduction de la pauvreté en résultant dans la zone sélectionnée.

Cette intervention pilote servira de modèle pour les projets futurs. La proposition préliminaire sera présentée par le Gouvernement éthiopien aux bailleurs de fonds lors de la huitième réunion du comité de programme du PLTA, prévue en mars-avril 2004 au siège de la FAO.

Le PAG a approuvé la proposition préliminaire et noté la nécessité de réviser le budget qui semble modeste par rapport à la superficie de la zone et aux activités variées qui doivent être menées à bien.

Les glossines et la trypanosomose dans la zone de ceinture du coton du Burkina Faso et du Mali: un aperçu - S. Maiga, I. Tamboura

Le Burkina Faso et le Mali ont commencé un projet transfrontalier d’intervention contre les glossines et la trypanosomose et les arrangements administratifs et techniques ont été mis en place. Au Mali, avec la participation active des communautés rurales, des cibles imprégnées d’insecticide ont considérablement réduit les populations de glossines dans les zones de lutte. Un système de barrières artificielles a été mis en place pour éviter une réinvasion.

Des inquiétudes ont été exprimées au sujet de l’utilisation, de l’entretien et, par conséquent, de l’efficacité ou de la durabilité des barrières artificielles. L’utilisation massive actuelle d’insecticide pour protéger la culture du coton dans cette zone peut déjà avoir pour effet une réduction des populations de glossines. L’expansion et l’intensification prévue de la production animale et de la production agricole pourraient également aider à lutter activement contre les glossines et rendre les barrières initiales une nécessité temporaire seulement.

Une proposition pour harmoniser l’échantillonnage des populations de glossines - U. Feldmann, W. Wint, G. Chizyuka

Des ébauches de cartes de répartition des glossines à une résolution d’1 km ont jusqu’à présent été produites pour les principales espèces de glossines dans six régions ou pays: Afrique de l’Ouest, Afrique australe, Éthiopie, Kenya, Somalie occidentale, Tanzanie et Ouganda. Ces cartes seront affinées ultérieurement. L’exercice de validation au sol sera normalisé en utilisant des transects d’échantillonnage pour toutes les régions à étudier où les répartitions de glossines sont hétérogènes.

En outre, il est nécessaire d’établir des critères pour définir le statut de zone exempte de glossines et de trypanosomose. Un suivi devrait être mené à bien dans toutes les phases mais de la façon la plus intensive pendant deux ans au cours de la phase finale suivant l’intervention. Les méthodes de surveillance des glossines devront être normalisées pour la saison, le type de piège et l’attirant, la densité et l’emplacement des pièges et la durée de l’exercice, sur la base des protocoles statistiques. Les fonds nécessaires sont en train d’être identifiés pour la mise en œuvre de l’exercice de transects/grilles pour les glossines. Des collaborateurs doivent être sélectionnés pour effectuer l’échantillonnage de validation. La FAO, par le biais de son réseau de chargés de liaison pour les glossines et la trypanosomose, pourrait être un partenaire idéal.

Il a été suggéré que le PLTA devrait créer un comité afin d’établir les critères permettant de déclarer une zone exempte de glossines et de trypanosomose.

Cartographier les avantages: premières étapes dans la mise au point d’un nouvel outil de prise de décisions pour une intervention contre les glossines et la trypanosomose - W. Wint, A. Shaw, G. Hendrickx

Une étude a été commencée pour examiner la faisabilité de l’établissement d’un lien entre des variables économiques quantitatives et le cadre spatial d’un système d’information géographique (SIG) afin de fournir de nouvelles perspectives et de renforcer le processus de prise de décisions pour les interventions contre les glossines et la trypanosomose. La première phase du travail a abordé le Bénin, le Ghana et le Togo. Des données initiales ont été recueillies pour des parties du Burkina Faso et du Mali et seront analysées au cours de la deuxième phase. Une gamme de données normalisées sur la production animale et les prix a été rassemblée au niveau national, provincial et de district de chaque pays ainsi que l’information la plus récente sur l’élevage, l’agriculture et la maladie. Ces données ont été amalgamées avec les couches de données correspondantes du Système d’information du PLTA et une nouvelle carte de la répartition des races bovines trypanotolérantes et trypanosensibles a été élaborée pour la zone d’étude. L’information existante sur l’impact de la maladie sur les paramètres de l’élevage de bovins a été incorporée dans les modèles de troupeaux, résultant en des estimations des avantages potentiels des interventions contre les glossines et la trypanosomose. Les résultats peuvent être appliqués aux cartes de densité des races respectives produites pour fournir une carte des avantages estimés par km², 20 ans après l’élimination de la maladie. Même en présence de la maladie, on pense que les populations bovines dans la zone d’étude sont en train de s’accroître, ce qui affectera la répartition du bétail en aval. Ces taux de croissance s’accroissent toutefois en l’absence de trypanosomose et les populations à la fin de la période sont donc plus élevées. Les éléments de la croissance de la population de bovins ont, par conséquent, été cartographiés séparément et ont ensuite été combinés à plusieurs étapes séquentielles: premièrement, les cartes de la croissance du bétail fournissent une estimation de la population de bovins après 20 ans, en supposant qu’il n’y ait pas d’intervention contre les glossines et la trypanosomose; deuxièmement, lorsque les densités dans les foyers de population dépassent significativement les capacités de charge, elles sont réduites en «exportant» des animaux des zones de concentration élevées à des zones voisines comportant moins de cheptel; troisièmement, l’accroissement supplémentaire calculé du nombre de bovins à cause de l’élimination des glossines est ajouté aux populations redistribuées; quatrièmement, ces populations sont de nouveau redistribuées aux zones voisines si la croissance entraîne un dépassement de la capacité de charge nominale. Finalement, un avantage supplémentaire peut être tiré du nombre d’animaux importés dans de nouvelles zones, de leur valeur par tête et du moment du transfert. Une carte finale des avantages est alors élaborée en ajoutant ces deux composants.

Un certain nombre de perfectionnements sont en train d’être examinés afin d’améliorer cette méthode analytique. Les plus importants consisteront à produire des cartes pour des combinaisons supplémentaires de races/systèmes de production. Les données pour le Burkina Faso et le Mali ont déjà été recueillies; elles seront analysées et cartographiées en utilisant la méthodologie décrite ci-dessus. Un autre système de races/systèmes de production sera défini simultanément, sur la base des bovins issus de croisement et de l’utilisation très importante de bœufs de trait, et il sera appliqué à la zone du Burkina Faso et du Mali. Puisque les résultats sont fournis pour chaque pixel de la carte, les valeurs des avantages pourront être facilement résumées pour toute zone d’intérêt et, si on les compare aux coûts potentiels, ils pourraient fournir un rapport coûts-avantages pour toute zone définie. Si elle est couronnée de succès, il peut même être possible de tester cette approche pour d’autres maladies du bétail qui sont endémiques dans de vastes zones géographiques. Il a été suggéré que cette approche technique pourrait être améliorée si les coûts environnementaux des populations en expansion étaient incorporés.

La nouvelle phase de l’ICPTV - M. Eisler, P. Van den Bossche

Une brève vue d’ensemble de la Phase I de l’ICPTV a été fournie. Des propositions pour la deuxième phase ainsi que deux propositions supplémentaires liées à l’ICPTV, soumises à la CE pour financement dans le cadre du programme EU FP6 INCO-DEV (Coopération internationale avec les pays en développement) ont été présentées. Ces propositions constituent un «réseau thématique». Elles consistent en deux programmes stratégiques de recherche ciblée et en une action coordonnée. Le premier programme se concentre sur la trypanosomose du bétail. Il vise à établir l’effet d’un environnement changeant sur l’épidémiologie de la maladie et son impact sur la lutte contre la maladie. On y parviendra en recueillant l’information historique, en évaluant les facteurs environnementaux déterminants et en étudiant l’épidémiologie de la trypanosomose. Le projet a une composante socioéconomique et établira l’impact et l’adoption de différents types d’interventions de lutte dans différentes circonstances épidémiologiques. Le projet sera coordonné par le Centre for Tropical Veterinary Medicine (CTVM), à Édimbourg. Le deuxième programme se concentre sur les glossines. Son objectif principal est d’établir l’effet de la fragmentation de l’habitat sur la survie des populations de glossines et sur l’isolement des populations de glossines. Par le biais de paramètres tels que la dimension des glossines, la répartition par classe d’âge et la diversité génétique, la vulnérabilité et le niveau d’isolement des populations de glossines seront déterminés et des zones prioritaires pour la lutte antiglossinaire seront identifiées. Les résultats de deux programmes contribueront probablement à répondre à des questions importantes sur les décisions stratégiques qui devront être prises dans la lutte contre la trypanosomose transmise par les glossines. Toutes les activités des deux programmes sont le complément de la stratégie du PLTA pour les interventions contre les glossines et la trypanosomose. La deuxième phase de l’ICPTV sera coordonnée par le Département vétérinaire de l’Institut de Médecine Tropicale (ITM), à Anvers. Cette phase aura un champ d’action similaire à la première phase. Elle se concentrera sur la diffusion de l’information obtenue par le biais de la recherche, qui sera réalisée par le biais d’ateliers, d’un site sur le web, de brochures et d’échanges scientifiques. Une attention particulière sera accordée à l’environnement changeant et à la façon dont ces changements peuvent affecter les stratégies de lutte contre les glossines et la trypanosomose. Au cours de quatre années de la seconde phase, des ateliers seront organisés sur les changements environnementaux et sur leur effet sur la lutte contre la trypanosomose ainsi que sur les progrès scientifiques et leur impact potentiel sur la lutte contre la trypanosomose. Les débats ont souligné la nécessité d’améliorer la coordination entre les programmes financés par l’UE et avec les autres initiatives nationales contre les glossines et la trypanosomose en Afrique. La réunion a apporté son appui à la deuxième phase de l’ICPTV et à la poursuite de la collaboration avec le PLTA.

Rapport sur le progrès de la mise en œuvre de l’initiative de la PATTEC - J. Kabayo

L’histoire de la PATTEC depuis l’an 2000 a été esquissée. L’éradication des glossines à l’aide de méthodes appropriées a été soulignée. Elle sera réalisée par le biais d’une approche progressive avec un train de mesures individuelles et des objectifs spécifiques. Le plan d’action de la PATTEC a été présenté de la façon suivante: identifier les zones comportant des populations isolées de glossines; aborder une zone à la fois; appliquer des méthodes de lutte intégrée; élaborer des plans clairs avec des délais à respecter; se concentrer sur les opérations régionales; avoir un objectif à long terme mais viser à obtenir des succès à court terme.

Le rôle de la PATTEC est de catalyser les actions, de coordonner les actions et de servir d’intermédiaire entre les pays et de fournir une synergie aux interventions et d’appuyer la formation et le renforcement des capacités. Depuis la dernière réunion du PAG, le coordinateur de la PATTEC a participé à des réunions avec l’ECOWAS pour discuter des opérations transfrontalières. Des accords ont été conclus avec la Banque africaine de développement (BAD), Ethiopian Science and Technology Commission (ESTC) et le COMESA. Un accord de coopération de grande envergure existe avec 22 pays, dans les quatre régions subsahariennes. Chaque pays doit définir les activités, mobiliser les fonds en préparant des projets pouvant être financés, assurer une exploitation appropriée des terres récemment débarrassées de glossines, promouvoir la surveillance, diffuser l’information aux politiciens et inclure les glossines et la trypanosomose dans les budgets annuels et les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté. Un stage de formation sur le SIG a été organisé et un bulletin d’information et un site web (faisant partie du site web de l’UA) ont été lancés.

Le Coordinateur de la PATTEC a souligné le rôle normatif et consultatif du PLTA dans tous les aspects de la mise en œuvre de l’initiative de la PATTEC et, entre autres, dans l’identification des besoins en matière de recherche et dans la préparation des projets. Les participants ont reconnu le fait que le PLTA est un organe consultatif pour la PATTEC.

Rapports sur le programme de recherche du CIRDES, de l’ICIPE, de l’ITC, du KETRI et de l’OMS/TDR - I. Sidibe, J. Ndung’u, R. Saini, O. Akinbamijo, D. Kioy

CIRDES - I. Sidibe

Le mandat régional du CIRDES couvre le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo. Les programmes de recherche se concentrent sur l’amélioration du diagnostic, l’épidémiologie, l’élevage des glossines, la chimiorésistance et les facteurs socioéconomiques. La plupart des activités de recherche sont appuyées par l’UE par le biais du PROCORDEL (Programme de Recherche et Développement). Une vue d’ensemble de la situation en ce qui concerne la trypanosomose et la lutte contre cette maladie au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali a été présentée.

Les activités futures viseront à évaluer les perspectives et les perceptions des fermiers en ce qui concerne la lutte contre la trypanosomose, à mettre au point des outils de diagnostic sur le terrain qui soient simples, des méthodes encourageant une utilisation rationnelle des médicaments, à évaluer le développement de la chimiorésistance, à évaluer la propriété des activités trypanocides de certaines plantes, à intégrer la lutte contre les glossines et les tiques et à améliorer le transfert de la technologie.

ICIPE - R. Saini

La perspective de l’ICIPE sur une série de problèmes, pouvant faire l’objet de recherches pratiques pour améliorer les interventions contre les glossines et la trypanosomose, a été présentée. On peut distinguer trois domaines principaux: la mise au point d’outils d’intervention améliorés; la conception de programmes de gestion intégrée de la maladie et du vecteur; et le renforcement des capacités.

Les projets proposés incluent une recherche sur les produits attirants et répulsifs, des appâts améliorés pour les espèces de glossines ripicoles et de savane, des études de suppression d’espèces multiples, des systèmes de barrière, des systèmes améliorés d’appâts vivants et leur impact sur certaines maladies transmises par les tiques et des vecteurs réfractaires modifiés génétiquement pour remplacer les vecteurs compétents.

Un autre domaine de recherche se concentrera sur l’utilisation stratégique des médicaments et des insecticides, la normalisation des approches méthodologiques et l’amélioration de l’information sur la dynamique des populations de glossines et leur dispersion afin d’améliorer les technologies d’appât. Finalement, il est nécessaire d’affiner et d’adapter les nouvelles stratégies pour les incorporer dans les services de vulgarisation pour différents systèmes d’exploitation agricole.

ITC - O. Akinbamijo

Le mandat régional de l’ITC couvre la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, le Libéria, le Sénégal et la Sierra Leone, avec des collaborations de recherche à l’intérieur et à l’extérieur de la région de son mandat. L’ITC reconnaît que les glossines et la trypanosomose continuent à constituer un problème majeur. Il n’y a pas d’espoir immédiat de vaccin et la chimiorésistance est en train de s’accroître. Si l’on considère ces problèmes, la trypanotolérance a un potentiel majeur.

Le Centre comporte quatre domaines de recherche principaux: la production de cartes de répartition des glossines; l’évaluation de l’efficacité des produits trypanocides; les programmes de sélection du bétail trypanotolérant; et la caractérisation génétique des petits ruminants.

Quatre piliers ont été identifiés pour assurer l’action de l’ITC: l’amélioration des ressources locales; l’introduction d’actions innovatrices (croisement); la collaboration et l’établissement de réseaux; et la formation.

KETRI - J. Ndung’u

Une liste des facteurs qui peuvent entraver l’application des méthodes de lutte actuellement disponibles contre la trypanosomose a été présentée. Un facteur majeur est l’absence ou l’inadéquation des politiques. En outre, une capacité nationale médiocre, une transférabilité médiocre des technologies, une technologie menée par la science, une mauvaise compréhension du concept de participation communautaire, la longue durée de l’intervention et la mauvaise coordination sont des facteurs contribuants.

Les solutions suivantes ont été proposés: la mise au point de politiques nationales; l’amélioration des liens entre les bailleurs de fonds et les Gouvernements, les institutions, les services de vulgarisation, le secteur privé et les communautés; l’établissement des priorités au moyen d’outils d’appui aux décisions et d’une information adéquate; une affectation de ressources suffisantes; un équilibre entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée; une participation accrue des parties prenantes; et une recherche appropriée à tous les stades.

Il était nécessaire que les projets soient incorporés dans les plans de réduction de la pauvreté. Pour qu’ils soient durables, les parties prenantes pertinentes devraient participer à la mise en œuvre et aux activités du projet. Il a été proposé que la prochaine réunion du PAG se penche sur la durabilité des interventions de façon plus approfondie.

OMS/TDR - D. Kioy

Les priorités du TDR pour appuyer la recherche sur la trypanosomose africaine ont été présentées. La stratégie du TDR pour la période 2000-2005 met l’accent sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, la promotion du développement économique et l’accroissement de l’autosuffisance de la recherche. A cause des nombreux problèmes rencontrés actuellement au niveau de l’utilisation des médicaments, le plan stratégique pour la lutte contre la THA se concentre sur la mise au point de nouveaux outils plutôt que sur la mise en œuvre. En outre, le renforcement des capacités continue à être un domaine particulièrement intéressant. Malheureusement, la diminution des ressources financières entrave la mise en œuvre de plusieurs objectifs de formation du TDR.

La trypanosomose, ainsi que neuf autres maladies, est classée parmi les maladies négligées. Quatre domaines d’activité sont abordés par le TDR: la recherche fondamentale, la recherche et le développement de produits, la recherche sur la mise en œuvre et le renforcement de la capacité de recherche. Une orientation stratégique a été mise au point pour chacune de maladies négligées. D’après plusieurs critères d’établissement de priorités (ex: fardeau de la maladie, persistance du fardeau de la maladie, recherche et développement en cours), trois catégories sont définies. La trypanosomose est classée en tant que maladie de catégorie 1 ou «maladie émergeante et incontrôlée».

Une liste des projets de recherche a été présentée. Elle incluait la bioinformatique et la génomique appliquée, l’impact socioéconomique de la THA, les effets des changements de politiques sur la prestation des soins de santé, et les facteurs influençant la participation communautaire. D’autres domaines de recherche comprennent la mise au point de nouveaux médicaments, l’amélioration des outils de diagnostic ainsi que des essais utilisant différentes méthodes d’intervention pour lutter contre le vecteur et la maladie.

Division conjointe FAO/AIEA

Division conjointe FAO/AIEA des techniques nucléaires en alimentation et en agriculture et Laboratoire FAO/AIEA pour l’Agriculture et la Biotechnologie à Seibersdorf

La Division conjointe est devenue de plus en plus consciente de l’importance de déterminer le moment où il est sans danger de considérer une zone «exempte de ravageurs» après qu’un programme de lutte y ait été effectué et de la nécessité de mettre au point des méthodes scientifiques pour appuyer des décisions de ce type. Une réunion de consultants s’est concentrée sur ce thème. Une procédure a été mise au point: elle implique un modèle de probabilité pour traiter les résultats de piégeage négatifs et un modèle de croissance pour permettre de vérifier que des spécimens de ravageurs n’étaient pas présents lorsque les opérations de lutte se sont terminées. Les modèles aident à calcluer la probabilité de résultats de piégeage négatifs après les opérations de lutte, dans le cas où des insectes étaient en fait présents (mais à des densités tellement faibles qu’ils ont échappé à la détection). De tels modèles dépendent des connaissances sur l’efficacité des pièges et de la zone d’attrait des pièges. La question cruciale est de savoir si une population cible de ravageurse à des densités très basses pourrait se rétablir à des niveaux détectables de nouveau et au-delà de ce niveau. La vitesse à laquelle une population d’insectes pourrait se rétablir à partir d’un ou de deux insectes est examinée. Pour les insectes qui sont des vecteurs de maladie, on propose que la maladie soit surveillée et les résultats incorporés dans un modèle de transmission de la maladie.

La connaissance de la génétique des glossines a progressé de façon impressionnante au cours des six dernières années dans trois domaines principaux: (a) la mise au point d’outils génétiques pour étudier les glossines; (b) la mise au point de glossines en tant que système de modèle pour des études sur l’immunité des insectes et (c) la conclusion que les populations de glossines présentent un degré élevé inattendu de différenciation génétique. De tels progrès sont considérés très pertinents pour l’application réussie de la technique des insectes stérilisés (SIT).

Un projet de recherche coordonné sur le «Contrôle de la qualité amélioré et harmonisé pour la production, la stérilisation des glossines et son application sur le terrain» a été lancé avec succès. Lors d’une réunion à Montpellier, en France, les participants ont convenu de concentrer la recherche pendant les six prochaines années de ce projet de recherche sur trois domaines principaux du contrôle de la qualité concernant (a) le régime alimentaire des glossines, (b) l’élevage des glossines et (c) le comportement des glossines.

Activités passées

Une réunion sur des questions techniques et de gestion du projet de coopération technique MLI/5/017 «Lutte intégrée contre la trypanosomose animale par le biais de la création d’une zone exempte de glossines» a eu lieu du 12 au 16 mai 2003 à Vienne, en Autriche avec la participation du Mali, du Burkina Faso, de la PATTEC et de la FAO/AIEA.

Une réunion de consultants sur «La mise au point de directives pour la vérification des zones exemptes de glossines et sur le problème de la trypanosomose» a été organisée en août 2003 à Vienne, en Autriche (voir ci-dessous).

Un atelier de la FAO sur le thème «Passer des critères de sélection des zones prioritaires à la formulation de propositions de programmes de lutte contre les glossines et la trypanosomose sur le terrain: la vallée du sud duRrift en Éthiopie - Étude de cas» a eu lieu du 2 au 4 juillet 2003 à Rome, en Italie.

Projets de coopération technique

Les projets de coopération techniques suivants présentent un intérêt en ce qui concerne les glossines:

BOT/5/002 Appui à l’éradication des glossines de Ngamiland

BKF/5/003 Application de la technique des insectes stérilisés pour créer des zones exemptes de glossines

ETH/5/012 Intégration de la SIT pour l’éradication des glossines

INT/5/010 Lutte contre les insectes ravageurs au moyen de la technique des insectes stérilisés

KEN/5/022 Gestion intégrée des glossines et de la trypanosomose au niveau régional dans la vallée de Lambwe

MLI/5/017 Lutte intégrée contre la trypanosomose animale grâce à la création d’une zone exempte de glossines

RAF/5/051 La SIT pour la gestion des glossines et de la trypanosomose en Afrique

SAF/5/005 Analyse de la faisabilité et de l’opportunité de l’éradication des glossines

UGA/5/025 Programme intégré d’éradication des glossines au niveau régional dans le bassin du lac Victoria

Évènements à l’Unité d’Entomologie de Seibersdorf: Recherche et développement sur les glossines

(a) Survie de Glossina pallidipes irradiées et exposées à de basses températures. Une série d’expériences a confirmé qu’une stratégie de lâcher de Glossina pallidipes mâles irradiés, qui inclut la réfrigération des mâles pendant 6 heures maximum, peut être développée.

(b) Virus de l’hypertrophie des glandes salivaires. Suite à la purification du virus des glandes salivaires de glossines G. pallidipes infectées, un clonage et un séquençage du virus de l’hypertrophie des glandes salivaires (SGHV) ont été effectués par le Professeur M. Bergoin au Laboratoire de Pathologie Comparée, Université de Montpellier II, en France. Des efforts sont actuellement déployés pour utiliser la méthode de détection très sensible afin de détecter le SGHV chez des glossines infectées de façon non effractive. Des efforts sont en cours pour voir si une colonie de glossines exemptes du virus pourrait être développée.

(c) Déternination du sexe des pupes. Après avoir rencontré des problèmes au départ, des progrès ont été faits dans la détermination automatique du sexe des pupes de glossines. Des accords de collaboration ont été passés avec le Dr F. Dowell, USDA-ARS, par l’intermédiaire du Dr W. Wirtz, à Atlanta. L’objectif ultime est de fournir un système de détermination du sexe des pupes cinq jours au moins avant l’émergence pour permettre une manipulation séparée des mâles et des femelles et pour optimiser le rapport entre les sexes dans les cages d’élevage.

(d) Microsatellites d’ADN. Un contrat a été accordé à une compagnie pour construire des bases de données d’ADN enrichi de microsatellites pour quatres espèces de glossines. Celles-ci assisteront considérablement l’analyse génétique des populations de glossines sur le terrain.

(e) Prototype de conteneurs pour l’élevage des glossines. Des prototypes de conteneurs pour le transport et l’élevage de glossines sont actuellement testés.

(f) Les plans d’une unité de production de glossines 3-2 sont disponibles. Les détails de l’unité de production des glossines la plus récente sont disponibles à http://www.iaea.org.programmes/d4/index.html.

(g) Un nouveau laboratoire d’élevage des glossines. Une nouvelle installation d’élevage des glossines a été ouverte à l’Institut de Zoologie, Académie slovaque de Science, Bratislava. Une colonie de G. pallidipes est en train d’y être établie avec une assistance du laboratoire de Seibersdorf.

Réunion de consultants sur la «Mise au point de directives pour la vérification des zones exemptes de glossines et sur le problème de la trypanosomose» en août 2003 à Vienne, en Autriche.

Puisqu’il est difficile ou impossible de prouver l’absence de glossines ou de la maladie qu’elles transmettent dans une situation donnée (à cause de l’échantillonnage et d’autres contraintes), il reste à savoir quand et d’après quels critères on peut être confiant qu’une zone donnée est exempte de glossines. Les variables pertinentes pourraient inclure une information sur le taux de reproduction connu des glossines dans des conditions climatiques différentes, l’efficacité relative des différents pièges pour différentes espèces de glossines, l’intensité et la durée du piégeage, une information sur l’incidence de la maladie et les facteurs épidémiologiques connexes. La réunion a examiné comment standardiser un processus de décision qui permettrait finalement de déclarer des zones exemptes de glossines et de la maladie qu’elles transmettent. Les conclusions ont été passées brièvement en revue lors de la neuvième réunion du Groupe consultatif du PLTA les 24 et 25 septembre 2003 à Prétoria, en Afrique du Sud.

Matériel de formation: Campagne à Zanzibar

Une vidéo sur l’éradication des glossines de Zanzibar est disponible sur le Web

Il a été annoncé qu’une vidéo intitulée «Combattre les glossines», portant sur le succès de l’éradication des glossines de l’île de Zanzibar est maintenant disponible à: http://adminonline.iaea.org/videoclips/clipgallery.html.

Série Technique et Scientifique No. 4 du PLTA

Facteurs socioéconomiques et culturels dans la recherche sur la trypanosomose et la lutte contre celle-ci. Dr. Mulumba Kamuanga

La FAO (2003) a publié le No.4 de la Série Technique et Scientifique du PLTA: Facteurs socioéconomiques et culturels dans la recherche contre la trypanosomose et la lutte contre celle-ci (pp.67) par le Dr. Mulumba Kamuanga, de l’Institut international de recherche sur le bétail, Nairobi, au Kenya, en partenariat avec le Centre International de Recherche-Développement sur l’Élevage en Zone Subhumide, Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso et l’International Trypanotolerance Centre, à Banjul, en Gambie.

Cet ouvrage entreprend d’examiner le rôle et l’importance des facteurs socioéconomiques et la nécessité d’incorporer les aspects culturels dans la conception et la mise en œuvre de la politique en ce qui concerne la recherche sur les glossines et la trypanosomose et la lutte contre celles-ci. Le Programme de lutte contre la trypanosomose africaine (PLTA) a commandé cet examen en 1998 afin d’amalgamer plusieurs projets de documents sur les impacts socioéconomiques et culturels de la lutte contre les glossines et la trypanosomose dans un document couvrant une large gamme de sujets. Premièrement, le document indique qu’un arsenal de techniques de lutte existe pour combattre la maladie et qu’aujourd’hui on admet qu’une approche intégrée utilisant une combinaison de techniques, appuyée par l’utilisation de médicaments trypanocides, est probablement la stratégie de lutte la plus efficace. Deuxièmement, l’examen souligne le rôle de l’analyse économique pour améliorer la capacité des planificateurs à prendre de meilleures décisions en ce qui concerne la mise en œuvre et la durabilité des programmes de lutte contre les glossines et la trypanosomose. Il est donc nécessaire de distinguer entre la «macro-planification», qui a une vue d’ensemble de la durée totale du programme afin de tirer des mesures quantitatives de sa rentabilité sociale et la «micro-planification» qui traite des opérations au jour le jour et du fonctionnement du programme qui est influencé par les institutions locales, les règles et les normes sociales. Troisièmement, le document indique qu’actuellement il n’existe pas de modèles pour une lutte contre les glossines et la trypanosomose gérée par la communauté. En fait, plusieurs leçons sur la nécessité et l’importance des facteurs socioéconomiques et culturels devraient être tirées du désenchantement avec à la fois les programmes de grande envergure gérés par le gouvernement et la durabilité douteuse de la plupart des programmes à petite échelle, basés dans la communauté. Elles permettront de déterminer quand et comment il peut être approprié d’obtenir la participation d’un village, d’un groupe de villages et de propriétaires de bétail pris individuellement à la lutte contre les glossines et la trypanosomose. Les notions de répartition des bénéfices parmi les parties prenantes, d’exploitation par des personnes autres que les participants, de responsabilisation des communautés locales, de capacité de gestion et d’organisation ainsi que les questions de genre et d’équité doivent être abordées avant la mise en œuvre des programmes de lutte contre les glossines et la trypanosomose.

Après l’Introduction, des chapitres portent sur: Les problèmes économiques dans la recherche sur les glossines et la trypanosomose et la lutte contre celles-ci; Les facteurs socioculturels et la recherche sur les glossines et la trypanosomose et la lutte contre celles-ci; Les besoins en matière de données; Les leçons à tirer du passé pour l’avenir; Les problèmes à anticiper. Ils sont suivis par des Remarques en guise de conclusion et une Bibliographie (97 références).


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