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3.6 Proche-orient

Les pays du Proche-Orient envisagent d'utiliser les arbres (aussi bien forestiers qu'horticoles) pour lutter contre les effets de la désertification dans le cadre de grands programmes de plantations d'arbres en sec et irriguées (Syrie, Jordanie, Turquie). Le deuxième objectif consiste à réhabiliter les terres salines en utilisant des espèces résistant au sel et le troisième à créer des réserves locales de bois et de fourrage suffisantes pour alléger la pression sur les ressources naturelles. On estime nécessaire, pour conserver ce qui reste et stopper l'avancée du désert, de prendre en compte la nature de la ressource et son écologie dans le processus de sa restauration. La poursuite et l'extension des travaux de conservation et de protection des sols et de l'eau sont elles aussi jugées indispensables.

3.7 Asie et Pacifique

Cette région comprend la CEI, l'Australie, l'Inde, le Pakistan et la Chine.

Dans la CEI, la stabilisation du sol des terres arides contre l'érosion éolienne, la collecte de l'eau et la conservation des ressources en eau sont des objectifs essentiels pour le développement de l'élevage et de l'agriculture irriguée. En Australie, les objectifs de l'aménagement consistent à améliorer et à maintenir la productivité essentiellement pastorale des milieux arides à semi-arides en ajustant le cheptel et en contrôlant/améliorant la végétation ligneuse qui concurrence ou complète les espèces fourragères herbacées. Dans les ceintures céréalières du sud et du sud-ouest, la réhabilitation des terres salines et la lutte contre la salinisation des terres agricoles représentent des activités importantes. De nombreuses espèces australiennes sont actuellement étudiées en vue éventuellement de leur introduction à l'étranger.

En Chine, l'aménagement des zones arides a pour but de lutter contre l'érosion éolienne et hydrique à la fois au moyen d'ouvrages de protection et de plantations d'arbres et par la fixation des dunes de sable, afin de promouvoir une agriculture irriguée intensive et d'améliorer la gestion du cheptel pour la production vivrière.

L'Inde et le Pakistan, pour leur part, procèdent à la sélection d'espèces d'arbres à usages multiples et à leur introduction dans les systèmes traditionnels agricoles/pastoraux en même temps qu'ils maximisent les avantages que l'on peut tirer des espèces naturelles déjà existantes et des espèces proposées. Le rôle des espèces ligneuses dans la mise en valeur des terres arides et dans la lutte contre la désertification est largement reconnu et l'on cherche maintenant à les améliorer sur le plan génétique. Le Pakistan est très engagé dans une action de réhabilitation des terres salines qui sont une menace grave pour le développement agricole.

3.8 D'une manière générale, on peut dire que l'utilité des arbres et des arbustes pour la mise en valeur des terres arides est désormais reconnue. Dans les pays plus développés à faible densité de population, le couvert ligneux est aussi considéré comme un obstacle au développement optimal à court terme de fourrage au sol. Cependant, il est indispensable dans les zones arides qu'une végétation ligneuse fournisse du feuillage en période de sécheresse et assure un couvert pour le bétail et une protection contre le vent. Un intérêt se manifeste aujourd'hui en faveur de l'écologie de la végétation naturelle à l'égard des effets de sa disparition sur de larges étendues et de sa préservation et de son aménagement par opposition à l'implantation artificielle d'espèces indigènes ou exotiques. Conserver le sol et l'eau et fixer les dunes de sable de façon efficace restent une préoccupation, tandis que l'on s'intéresse de plus en plus à la réhabilitation de zones salinisées.

4. Expériences et résultats


A. Production
B. Conservation
C. Transformation


A. Production


4.1 Aménagement de la végétation naturelle
4.2 Agro-foresterie
4.3 Systèmes sylvopastoraux
4.4 Boisement
4.5A Rideaux-abris et brise-vent
4.6 Parcs nationaux
4.7 Faune sauvage


4.1 Aménagement de la végétation naturelle

4.1.1 Amérique du Nord

Aucun système reconnu d'aménagement de la végétation des zones semi-arides ou arides ne semble avoir été institué jusqu'à présent, mis à part la prévention et l'extinction des incendies.

4.1.2 Amérique latine

Aucun système officiel d'aménagement de la végétation des zones semi-arides à arides ne semble avoir été mis au point jusqu'à présent.

4.1.3 Sahel

Bien qu'on ait encore peu d'expérience de l'aménagement de la végétation naturelle au Niger, un diamètre limite a été imposé à 0,25 m au-dessus du sol pour la récolte de bois de feu dans les peuplements de la forêt de Guesselbodi, limite qui est de 4 cm pour le Guiera et 6 cm pour le Combretum sp. Ces peuplements situés sur des pentes de 3% ou plus font l'objet d'une scarification mécanique pour encourager la régénération.

4.1.4 Afrique au sud de l'équateur

Aucun système officiel d'aménagement n'a été identifié.

4.1.5 Afrique du Nord

Système de dépressage de chênes verts et d'émondage dans les zones semi-arides conjugué à un pâturage contrôlé des rejets de taillis et d'autres végétaux, à la récolte de bois de feu et au réensemencement avec des espèces fourragères basses (Maroc, zones semi-arides plus humides).

4.1.6 Proche-Orient

Aucun système officiel d'aménagement n'a été identifié.

4.1.7 Asie et Pacifique

Le Pakistan semble être le seul pays à posséder un système officiel d'aménagement des types forestiers semi-arides: les forêts d'épineux de zones tropicales et les forêts de feuillus de zones sub-tropicales sèches font l'objet d'abattages sur la base d'un cycle de régénération de taillis de 30 ans. Un système de sélection est appliqué à ce dernier type, complété par des plantations d'enrichissement lorsque la pression du pâturage n'est pas trop grande.

4.1.8 L'absence de connaissance de l'écologie et de l'écologie forestière des espèces ligneuses naturelles dans les diverses régions et le manque de données sur la croissance et le rendement font qu'il est difficile de justifier la dépense d'un aménagement ad hoc. Les inventaires et les études écologiques et de croissance actuellement en cours, du moins aux États-Unis, aideront à surmonter cet obstacle. Lorsque la demande de produits forestiers tels que fourrage, bois de feu, charbon de bois et tanins est forte, il est évident qu'un aménagement (sous la responsabilité des communautés locales ou de l'État) doit être appliqué pour empêcher que les ressources continuent de se dégrader et pour maintenir la production de produits forestiers et les avantages qui en découlent.

4.2 Agro-foresterie

4.2.1 Amérique du Nord

L'utilisation d'espèces fourragères ligneuses actives dans les pâturages peut être considérée comme une pratique agro-forestière de base. Des parcelles de démonstration ont été créées pour l'encourager.

4.2.2 Amérique latine

L'agro-foresterie est courante dans les zones humides mais les seuls exemples dans les zones arides sont des cas de conservation d'arbres indigènes dispersés sur des terres agricoles où l'on cultive le maïs, le sorgho, les haricots, le blé ou l'orge et des arbres fruitiers ou la conservation d'arbres natifs présentant un potentiel économique le long des ravines et des cours d'eau.

4.2.3 Sahel

Il existe des pratiques traditionnelles selon lesquelles les arbres utiles des espèces indigènes sont conservés sur les terres cultivées avec un assez grand espacement, ce qui donne lieu à un système d'aménagement intensif d'arbres individuels conjugué à l'agriculture et au pâturage. Ce système est très répandu mais peu usité dans les zones consacrées aux cultures de rente (par exemple l'arachide). Un système agro-sylvicole appliqué utilise Faidherbia albida espacé de 10 x 10 m sur des terres agricoles ou de pâturage.

4.2.4 Afrique au sud de l'équateur

Des systèmes "Taungya" de cultures associées à la sylviculture sont semble-t-il en cours d'élaboration. Des systèmes d'agro-foresterie sont actuellement réintroduits au Kenya et en Tanzanie, à la suite de recherches de l'ICRAF à Nairobi.

4.2.5 Afrique du Nord

Plantations de variété horticoles (oliviers, amandiers, figuiers, abricotiers, pistachiers) et d'acacias; très souvent, A. cyanophylla le long des ouvrages de conservation du sol et de l'eau: fossés de niveau, gradonis, et murets de pierres sèches ou terrasses selon les courbes de niveau sur les terres agricoles. Des peuplements permanents d'oliviers de 80-85 arbres à l'hectare sont parfois implantés au Maroc sur des terres en pente cultivées en blé.

4.2.6 Proche-Orient

Il existe divers systèmes qui comportent généralement des brise-vent d'espèces productives autour des champs: peupliers ou mélanges d'arbres et arbustes fruitiers et de Juglans (noisetiers). Comme en Afrique du Nord, les arbres sont fréquemment implantés conjointement avec des ouvrages de conservation du sol et de l'eau sur les terres agricoles.

4.2.7 Asie et Pacifique

L'Australie et les Etats de la CEI pratiquent surtout la plantation de brise-vent et l'Australie utilise sur les terres de pâturage des arbres indigènes et exotiques pour servir de fourrage en période de sécheresse et d'abris pour le bétail. Les plantations d'arbres sont courantes dans certaines régions pour la réhabilitation des terres salinisées.

La Chine et l'Inde utilisent beaucoup les arbres sur les terres agricoles à la fois pour la protection et pour la production et, dans une moindre mesure, dans les zones arides en Chine qu'en Inde et au Pakistan où existent des systèmes traditionnels comportant la présence permanente sur des terres cultivées de Prosopis cineraria et Ziziphus mauritiana élagués (40 à 80 arbres/ha) pour la production de bois de feu, de fourrage et de fruits. Au Pakistan, la plantation d'arbres est étroitement associée à l'agriculture irriguée extensive et intensive du bassin de l'Indus. Certains systèmes comportent la plantation de rangées espacées d'Eucalyptus, d'A. nilotica ou de peupliers sur des terres agricoles irriguées, pour la production de bois en association avec les cultures agricoles.

4.2.8 Les systèmes d'agro-foresterie impliquent l'approche générale de l'utilisation des terres que nécessite la réussite d'une production agricole en condition aride. Cette approche est nettement moins populaire dans les pays développés où les objectifs d'utilisation des terres sont plus limités. Il existe déjà dans les zones semi-arides d'Afrique et d'Asie des systèmes bien implantés et raisonnables qui comportent la présence permanente d'arbres gérés sur des terres agricoles. Il semble y avoir de larges possibilités d'étendre ces systèmes à d'autres régions.

4.3 Systèmes sylvopastoraux

4.3.1 Amérique du Nord

En Amérique du Nord, beaucoup de terres arides et semi-arides sont considérées comme des terrains de parcours. Leur aménagement aux États-Unis est principalement axé sur la réduction de la végétation ligneuse pour favoriser la production de graminées fourragères conjuguée à l'utilisation du feu comme outil d'aménagement et au réensemencement périodique en vue d'accroître les volumes de fourrage. On n'a pas encore commencé réellement à adapter des espèces ligneuses appétables qui serviraient de fourrage en cas de sécheresse; il est possible que l'on attende la validation d'espèces jugées utiles comme aliment complémentaire pour le bétail.

4.3.2 Amérique latine

Le pâturage est une utilisation importante de la terre dans les zones de végétation naturelle des régions semi-arides et il existe un certain nombre d'espèces indigènes utiles (Prosopis spp. par exemple) qui assurent un supplément à l'alimentation du bétail en saison sèche. Le travail de rationalisation des systèmes de pâturage est en cours; il est envisagé d'utiliser l'acacia, le cactus et le prosopis sur les terres de pâturage pour fournir du fourrage et de l'ombre.

4.3.3 Sahel

La végétation naturelle est massivement pâturée au Sahel et les espèces ligneuses appétables fournissent un important supplément (au moins 45%) au régime alimentaire du bétail à la fin de la saison sèche. Le nomadisme et la transhumance sont nécessaires pour la gestion du cheptel. Aucun système sylvopastoral spécifique ne semble avoir été mis en place en dehors du brûlage des herbes sèches pour favoriser l'apparition de nouvelles pousses et l'élagage des arbres fourragers.

4.3.4 Afrique au sud de l'équateur

Il n'est fait aucune mention de systèmes sylvopastoraux. L'utilisation du feu pour régénérer les herbes et le surpâturage pose un problème grave en zone aride. Les projets comportant la plantation d'espèces à bois de feu/à fourrage conjugués à des mesures de collecte de l'eau ont révélé des possibilités et des moyens de créer des réserves de fourrage pour les périodes de sécheresse. Les effets bénéfiques de la protection contre le surpâturage ont révélé des possibilités et des moyens de créer des réserves de fourrage en prévision des périodes de sécheresse. Les effets bénéfiques de la protection contre le surpâturage ont été largement démontrés à Hado en Tanzanie.

4.3.5 Afrique du Nord

Environ 75 millions d'ha de terres semi-arides et arides servent de pâturages en Afrique du Nord, les espèces ligneuses fournissant une partie très importante du fourrage consommé. Les systèmes de gestion du bétail sont soit pastoraux, nomades, transhumants, soit plus ou moins sédentaires. Des espèces ligneuses à brouter, Acacia cyanophylla par exemple, sont très répandues. Les efforts visant à sédentariser les nomades et à diminuer la pression sur la végétation naturelle se sont traduits par la création d'une réserve permanente de fourrage et l'aménagement sylvopastoral de la végétation naturelle pour fournir du fourrage et du bois de feu.

4.3.6 Proche-Orient

Il existe des systèmes sylvopastoraux traditionnels qui combinent les arbres élagués (Pistacia spp.) et le pâturage (Syrie). L'amélioration du pâturage comprend l'implantation d'espèces ligneuses à brouter ainsi que le réensemencement. Les zones arides et semi-arides fournissent des ressources importantes en terres pastorales, qui sont généralement exploitées dans le cadre de systèmes de nomadisme pastoral et de transhumance.

4.3.7 Asie et Pacifique

Les terres arides de l'Inde et du Pakistan sont très surpâturées encore qu'il existe certains systèmes traditionnels de conservation des arbres élagués et des arbustes. Une amélioration intégrée des pâturages a été entreprise comprenant l'implantation d'espèces ligneuses fourragères (à la fois indigènes et exotiques) et en plus, au Pakistan, la construction d'infrastructures telles que points d'eau pour le bétail, routes et bâtiments ainsi que surveillance du pâturage. En Australie, comme aux États-Unis, il n'existe pas de systèmes sylvopastoraux très précis autres que ceux décrits au paragraphe 5.4.2.7, en dehors de la plantation d'arbres isolés, en bosquets ou en lignes pour fournir de l'ombre ou un abri contre le vent. L'URSS a entrepris de reconstituer la végétation des parcours à l'aide d'un mélange d'espèces ligneuses (Artemisia spp,) et herbacées (Salsola spp.), et de contrôler avec soin le pâturage.

4.3.8 L'utilité des espèces ligneuses fourragères est largement reconnue dans les régions arides et semi-arides, mais leur conservation pour assurer à long terme la production de fourrage et la protection de l'environnement n'a pas été aussi facilement acceptée dans les pays développés des diverses régions. Il faut de toute évidence être mieux informé de la productivité des systèmes mixtes fourrage/brout et tenir compte des autres avantages (bois de feu, charbon de bois, miel, tanins, protection contre le vent, ombrage). Le contrôle du pâturage et la densité du cheptel se révèlent être des facteurs essentiels de la réussite d'un système quel qu'il soit.

4.4 Boisement

4.4.1 Amérique du Nord

Le boisement n'a pas une grande priorité dans les zones arides et semi-arides d'Amérique du Nord. Là où il est pratiqué, il implique une préparation intensive du site à l'aide de moyens mécaniques, avec labour en profondeur, construction de terrasses, aménagement de cuvettes le long des courbes de niveau trouaison et installation de systèmes de collecte de l'eau. Des plantations sont effectuées et les arbres peuvent ou non être arrosés après plantation. On utilise des sujets à racines nues et en conteneurs.

4.4.2 Amérique latine

Aucune plantation à grande échelle n'a eu lieu dans les zones arides bien que des techniques spéciales aient été mises au point pour Prosopis tamarugo dans la pampa tamarugal du Chili. La plantation d'arbres pour la protection du sol, le bois de feu et le fourrage a progressé dans les régions semi-arides des Andes, où l'on utilise Eucalyptus sideroxylon et Atriplex nummularia. On utilise également entre autres des espèces indigènes de pins et de prosopis ainsi que d'acacias et d'atriplex, presque toujours en conteneur.

4.4.3 Sahel

L'installation d'arbres soit isolés, soit en plantations ou en bosquets se pratique très couramment dans la région sahélienne. La moitié environ des espèces utilisées sont exotiques (généralement Eucalyptus et Acacia) et plantées à l'état de jeunes plants en conteneurs de 3 à 6 mois ou de plants effeuillés et de "stumps" de 8 mois à 2 ans. L'espacement est important (4 x 4 m) et les trous creusés pour la plantation (en général largement à l'avance) sont habituellement importants (60 cm3). Il est extrêmement important pour la survie des arbres que leur plantation coïncide exactement avec les pluies. De grandes plantations irriguées de E. microtheca ont été installées dans le secteur soudanais pour la production de bois de feu mais la majorité des autres plantations relèvent essentiellement de la foresterie communautaire et utilisent des espèces d'arbres à usages multiples.

4.4.4 Afrique au sud de l'équateur

La plantation d'arbres, souvent accompagnée de la préparation de micro-captages, de fossés et de terrasses selon les courbes de niveau, est en augmentation dans la région. Les plantations visent surtout à assurer la protection du sol et de l'eau et une production à usages multiples. Eucalyptus, Acacia, Faidherbia albida, Prosopis sp., Cassia sp., Olea africana et Dodonea sp. y jouent un rôle important.

4.4.5 Afrique du Nord

Le boisement pour la stabilisation et la protection du sol est jugé extrêmement important et souvent effectué en même temps que les ouvrages de conservation du sol et de l'eau comprenant les fossés et terrasses de niveau et de grands trous de plantation pour faciliter l'absorption et la concentration des précipitations à proximité des arbres. Les conifères (P. halepensis, P. pinea, Cupressus sempervirens) constituent une forte proportion des plantations en zone aride, suivis d'Acacia cyanophylla et Eucalyptus. Sur les terres agricoles, les arbres plantés comprennent des oliviers, des abricotiers, des amandiers, des figuiers, des pistachiers et des caroubiers. Les arbres sont presque toujours plantés en conteneur, bien que des tentatives de semis de conifères soient en cours.

4.4.6 Proche-Orient

Comme dans le cas de l'Afrique du Nord, les pays méditerranéens et sub-méditerranéens du Proche-Orient voient dans la plantation d'arbres un élément essentiel de la réhabilitation de l'environnement des zones arides et semi-arides, comme en témoignent les grandes plantations de ceinture verte en Syrie et en Jordanie. La plantation d'arbres en conteneur dans les zones très arides s'accompagne d'une préparation intensive des sites, souvent mécanisée: construction de terrasses, aménagement de fossés de niveau, creusement de trous (30 cm3) et arrosage au moins trois à six fois pendant la première saison. Les plans nationaux des six pays du Proche-Orient prévoient l'implantation de 631000 ha entre 1960 et 1980.

4.4.7 Asie et Pacifique

Dans cette région, la plantation d'arbres en zone aride jouit d'une assez grande priorité en Australie, où elle se fait surtout pour l'agrément, l'abri du bétail et la remise en état des terres salines dénudées. Une large variété d'espèces indigènes utiles d'arbres et arbustes poussant bien dans les terres arides d'Australie ont été identifiées, classées selon le climat et du plasma germinatif a été produit pour d'éventuels essais à l'étranger. En URSS, l'attention s'est concentrée sur l'implantation d'espèces ligneuses dans les déserts froids afin de protéger le sol et le bétail du vent et de produire du fourrage. Ces activités s'accompagnent soit de clôtures protectrices basses, soit de bandes répétées stabilisées par tapis chimiques sur les sols sableux, derrière lesquelles des espèces ligneuses et herbacées sont soit plantées (vent fort), soit semées (vent relativement faible). Les espèces implantées sont Haloxylon sp., Salsola sp. Lorsqu'on les plante, les arbustes sont des sujets en conteneur de 30 cm de haut, dont on supprime le tiers supérieur au moment de la plantation.

En Chine, le boisement en terre aride se fait évidemment sur une très grande échelle, accompagné souvent d'ouvrages de conservation du sol et de l'eau. Il a essentiellement pour but de sauvegarder et d'améliorer l'environnement ou de fixer les dunes de sable. La répartition des espèces entre les sites se fait selon les besoins de chaque espèce, son taux de croissance et sa résistance au vent et à l'abrasion par les particules qu'il transporte. Pinus, Populus, Tamarix, Ulmus et Salix sont souvent utilisés avec des sous-étages d'arbustes tels que Amorpha fruticans, Hippophae rhamnoides, Capparis spinosa et Nitaria sibirica. On préfère souvent planter des ceintures étroites en grilles serrées.

Dans le sous-continent indien, le Pakistan est plus spécialisé dans l'implantation et la gestion de plantations irriguées, mais il réussit aussi l'implantation de plantations pluviales pour lesquelles 25 espèces (dont seulement 7 exotiques) ont été identifiées. L'arrosage se fait soit à l'arrosoir soit au goutte à goutte, le semis se pratique dans des micro-cuvettes et l'on utilise aussi des boutures. En Inde, les espèces plantées sont notamment l'eucalyptus, l'acacia, le casuarina ainsi que plusieurs espèces indigènes: Acacia senegal, Albizia lebbek et Tecomella spp. Les méthodes sont essentiellement manuelles et comprennent de grandes cuvettes pour la plantation et l'arrosage (plantations de bord de route, 9 litres/arbre/mois) et des semis d'Acacia nilotica le long des fossés d'irrigation locaux.

4.4.8 La plantation d'arbres ou arbustes est largement admise par la plupart des pays comme faisant partie intégrante de la réhabilitation des terres arides, peut-être de façon moins prioritaire dans les pays développés où les effets de la dégradation sur le bien-être de l'homme sont moins spectaculaires.

Les techniques sont très similaires partout et des raffinements tels que l'irrigation au goutte à goutte sont en cours d'essai et d'introduction pour les ouvrages de grande ampleur car ils peuvent avoir une application dans le conditionnement des espèces arborées à des niveaux élevés de sel et dans leur implantation à l'aide d'eaux saumâtres.

Des techniques particulières ont été mises au point pour la fixation de dunes dans les déserts froids et il se peut que leurs principes s'appliquent pour des besoins similaires dans les régions d'Afrique du Nord et du Proche-Orient aussi bien qu'en Amérique latine. Une plus large application de techniques efficaces de collecte de l'eau pourrait étendre les plantations actuelles à des zones encore plus sèches avec un impact croissant sur le mouvement des vents, l'amélioration de la protection des sols, les paysages et l'environnement animal et humain.

Dans les zones arides de l'URSS, toutes les activités de boisement ont aussi pour but de jouer le rôle de brise-vent. La fixation des sables mouvants à l'aide de néozine (mélange de déchets de pétrole, solutions de sulfite et d'alcool, goudron de coton ...) est indispensable à l'implantation de rideaux-abris et fournit un couvert derrière lequel on peut implanter Calligonum, Haloxylon persicum et Haloxilon aphyllum. Ces espèces peuvent aussi être semées le long d'une série de bandes de 5 m x 1,5 m espacées de 5 à 8 mètres.


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