Le Rwanda, avec une superficie de 26.338 km2, une population d'environ 6,5 millions d'habitants et un taux d'accroissement de 3,8 % par an, est l'un des pays africains à plus forte densité démographique, environ 220 habitants/km2.
La population est à 94 % agricole, mais les terres cultivables deviennent de plus en plus rares.
Les pâturages d'antan ont été cultivés par les agriculteurs et l'élevage du gros bétail a régressé avec comme conséquence la diminution des protéines animales disponibles.
Le lac Kivu, à la frontière avec le Zaïre, a une surface de 2.700 km2 dont environ 1.000 km2 appartenant au Rwanda.
Sa potentialité piscicole est faible et la diversité d'espèces est très réduite (Tilapia, Haplochromis, Limnothrissa, Barilius, Barbus, Clarias, etc…).
Ce n'est qu'en 1959–1960 que deux espèces de “sardines”, le Limnothrissa miodon et le Stolothrissa tanganicae, présentes dans le lac Tanganyika, furent introduites. Des deux espèces, le Limnothrissa miodon s'est bien adapté et sa présence fut remarquée dans les années 1970.
Lors d'un premier projet de 1976–1977 pour l'introduction de la pêche artisanale au lac Kivu, 18 pêcheurs des zones de pêche de Gisenyi, Kibuye et Cyangugu (Nord, Centre et Sud du lac) furent envoyés à Bujumbura pour se familiariser à la pêche à la lumière à l'aide d'un filet à soulever. Par manque de suivi, manque de pièces de rechange et manque de marché, l'expérience n'a pas eu de succès.
En 1979 un autre projet PNUD/FAO-RWA/77/010 a été mis en route pour la recherche du potentiel piscicole exploitable, la mise au point et la vulgarisation de techniques et méthodes de pêche appropriées et la formation des pêcheurs.
Les chefs d'équipes ont été envoyés en stage à Bujumbura au lac Tanganyika. Au début, il y avait 12 trimarans dotés de moteurs hors-bord, successivement transformés en catamarans, et sans moteurs, parce que non rentables.
Jusqu'ici (9août 1987) le projet a contribué à la création de 42 unités de pêche (catamarans) à travers le système location-vente, dont 32 unités au Centre de pêche de Gisenyi, 8 unités à Kibuye et 2 unités à Cyangugu. Des 42 unités créées par le projet, 39 unités ont déjà remboursé le prêt leur accordé.
Les trois Centres de pêche crées par le projet à Gisenyi, Kibuye et Cyangugu sont dotés de séchoirs, de bâtiments avec bureaux et salle de vente (le bâtiment à Kibuye va bientôt être achevé). Des séchoirs ont été construits.
Le projet a aussi un bateau de recherche utilisé aussi pour la pêche semi-industrielle à la senne tournante.
En général les objectifs du projet sont:
l'augmentation de l'apport en protéines animales au profit de la population,
la création de nouveaux emplois et l'augmentation du revenu monétaire de la population riveraine du lac,
Dans l'actuelle phase le projet vise à :
assurer la transformation des unités catamarans existantes en unités trimarans 2 à 3 fois plus productives,
assurer la formation et le recyclage des pêcheurs,
améliorer les techniques de pêche,
diversifier et améliorer les méthodes de transformation du poisson,
restructuration du système existant de commercialisation des apports de la pêche vers l'intérieur du pays et l'établissement de nouveaux marchés,
promotion et vulgarisation nutritionnelle auprès des consommateurs en milieu rural,
continuer le programme de recherche halieutique et biologique pour l'évaluation du stock de clupéidés au lac Kivu,
former une structure de contrepartie,
voir la possibilité de créer des Centres communautaires de pêche appuyés par un service technique de vulgarisation.