4.1. Les unités du projet et les unités privées : profil socio-économique.
4.1.1. Les unités du projet
Les unités de pêche créées par le projet sont 42, dont 32 à Gisenyi, 8 à Kibuye et 2 à Cyangugu. Elles sont constituées d'un chef d'équipe, le patron et l'équipage. De ces unités 38 sont des catamarans et 4 (2 à Gisenyi et 2 à Cyangugu) sont des trimarans. Au début il y avaient 12 trimarans dotés d'un moteur hors-bord qui a été successivement supprimé, étant non rentable.
Le matériel de pêche, filets, lampes et accessoires ainsi que les pirogues ont été mis à la disposition des pêcheurs sur base du système location-vente.
Le prêt accordé par le projet à chaque unité catamaran se situe entre 175.000 et 215.000 FRW, comprenant deux pirogues en bois lamelle collé (environ 56.000 FRW chacune), le filet (environ 40.000 FRW), des lampes Columbus (environ 21.000 FRW) et les accessoires.
Pour les trimarans le coût global a été autour de 350.000 FRW.
Le patron ou chef d'équipe
Avec le système location-vente, le prêt a été accordé par le projet au chef d'équipe de chaque unité, qui est devenu ainsi le “patron”, propriétaire de l'unité, le seul interlocuteur du projet.
Au point de vue économique ce système a eu du succès auprès des “patrons”, surtout à cause de la garantie de la part du projet d'une absorption de toutes les prises à un prix fixe aussi en haute saison de pêche. Mais ce système contient aussi des contradictions.
En effet, d'après le système location-vente, le prêt accord par le projet à chaque unité de pêche a été remboursé progressivement, à la fin de chaque campagne de pêche par chaque unité, à travers le système de partage de la valeur nette des apports en poissons, par l'unité au Centre de pêche, après déduction des frais d'exploitation : pétrole, pièces de rechange, etc… Ce système de partage est le suivant :
avant remboursement de la dette : 25 % au projet, 15 % au patron et 60 % à l'équipage.
après remboursement de la dette : 25 % au patron et 75 % à l'équipage.
Par exemple cela signifie qu'un prêt du projet de 200.000 FRW a été remboursé par l'unité de pêche petit à petit grâce à l'apport aux Centres du projet d'une valeur nette de poisson de 800.000 FRW. Et le montant reçu par le patron a été de 120.000 FRW, (15 %) tandis que l'équipage, normalement 6 pêcheurs pour les catamarans, a reçu globalement 480.000 FRW (60 %) (80.000 FRW par pêcheur).
Après remboursement du prêt, la même valeur nette des apport 800.000 FRW sera répartie comme suit :
patron : 200.000 FRW (25 %)
équipage : 600.000 FRW (100.000 FRW pour chaque pêcheur).
Cet exemple met en évidence que le prêt de 200.000 FRW en effet a été remboursé 60 % par l'équipage (120.000 FRW) et 40 % par le patron, mais l'équipage n'a aucun droit de propriété sur l'unité de pêche qui “appartient” au patron.
Et le pourcentage de 25 % et 75 % appliqué après le remboursement, comparé avec le pourcentage de 50% pour patron et pêcheurs appliqué normalement par les unités privées de la zone ne peut pas justifier en soi une contradiction qui devient sérieuse si on tient compte que :
l'équipage n'a aucune garantie de travail
plusieurs patrons qui étaient pêcheurs au début, surtout ceux des équipes de Gisenyi, ne vont plus que rarement à la pêche. Souvent ils se limitent à contrôler l'activité de l'équipage et s'occupent aussi d'autres activités dans l'agriculture, le commerce etc…, à l'aide d'une main d'oeuvre souvent mal payée.
Loin de vouloir faire du moralisme on se demande si un tel modèle, proposé par la FAO, soit une solution pour une zone en développement d'autant plus que dans la même zone il y a des initiatives (celle des pêcheurs coutumiers de Tilapia de la Brasserie, celle de la mission Baptiste de Cyimbili, le projet CCF Børnfonden de Gishyita, le projet pêche de Kirambo etc..) qui cherchent des solutions plus participatives visant à créer des nouveaux emplois pour les chômeurs de la zone.
Et dire qu'on ne peut pas changer des situations d'injustice qui existent aussi dans les autres domaines (agriculture, commerce) n'est pas non plus acceptable et ne signifie surtout pas qu'il faut les soutenir. En tout cas le projet peut encore modifier certaines situations, par exemple en donnant la priorité de l'assistance aux unités formées par des pêcheurs à plein temps. Dans ce sens le recensement des pêcheurs commencé par le Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et des Forêts (MINAGRI) est très utile et de ces problèmes il faudra tenir compte si on décide de former des nouvelles équipes, ainsi que pour la rédaction du réglement pour l'adhésion au projet des nouvelles équipes privées.
D'ailleurs un effort doit être fait pour une meilleure vulgarisation et un contact plus constant du projet avec les unités de pêche y compris les équipages.
Caractéristiques des chefs d'équipes
Age: la plupart des chefs d'équipes ont un âge compris entre 25 et 35 ans mariés et avec des enfants.
Education : la plupart ont fait de 3 à 6 ans d'école primaire. plusieurs sont analphabètes.
Autres activités : plusieurs chefs d'équipes ne vont plus pêcher la nuit, particulièrement les chefs d'équipe de Gisenyi. Certains participent aux activités de pêche 1–2 fois par semaine ou quand il y a des problèmes ou pour remplacer un absent. La responsabilité est confiée au sous-patron.
Plusieurs chefs d'équipes s'occupent aussi de l'agriculture. Ils sont souvent propriétaires de bananeraies, plantations de café et autres champs qu'ils cultivent le plus souvent à travers des travailleurs salariés. D'autres s'occupent aussi du petit commerce.
L'équipage
Les catamarans ont normalement 6 pêcheurs à bord, mais les équipages, compte tenu des absents et des patrons pêcheurs à temps partiel, sont généralement constitués de 7–8 pêcheurs.
Le véritable chef d'équipe est souvent le sous-patron, choisi le plus souvent pour ses compétences techniques plutôt que l'appartenance à la famille du propriétaire, il a la confiance du patron pour les opérations de pêche et souvent il est chargé de la commercialisation du poisson. L'équipage comprend souvent 2 ou 3 membres de la famille du “patron” mais surtout des connaissances ou des voisins du patron.
D'après plusieurs sources d'informations, souvent les pêcheurs doivent payer quelque chose au “patron”, on dit 300 à 1.000 FRW, pour être engagés. D'ailleurs les chômeurs sont nombreux et le “patron” n'a que le choix. Mais parfois en saison sèche c'est le patron qui a des difficultés à avoir les pêcheurs, parce que la pêche est peu rentable.
Parfois, suite aux conflits avec le patron, les équipages s'arrangent en vendant du poisson à leur compte si le patron est absent.
Caractéristiques de l'équipage
Age : Le sous-patron est quelques fois plus âgé compte tenu du critère de son choix (expérience).
Les membres de l'équipage sont en général très jeunes, la majorité en dessous de 25 ans et souvent célibataires, sans femmes ni enfants, aussi parce que la pêche au Limnothrissa se fait la nuit. Plusieurs équipages sinon la majorité comptent 3–4 membres célibataires.
Education : la majorité des membres de l'équipage ont fréquenté quelques années d'école primaire, parfois même la 8ème. Mais nombreux sont aussi les pêcheurs qui n'ont jamais fréquenté l'école.
Autres activités : la presque totalité des pêcheurs est d'origine paysane, beaucoup d'entre eux aident leurs familles dans les travaux agricoles surtout en période de pleine lune, entre deux campagnes de pêche. Mais plusieurs unités catamarans créées par le projet depuis quelques temps pêchent aussi pendant cette période, à différence des unités privées qui normalement observent le repos pendant la pleine lune.
Beaucoup de pêcheurs des unités de pêche au Limnothrissa étaient auparavant aussi pêcheurs coutumiers, pratiquant la pêche au Tilapia et Haplochromis, soit à la ligne ou avec des filets ou à la senne de plage.
Plusieurs pêcheurs aimeraient participer à des entraînements techniques de la part du projet.
Système de partage
Comme dit auparavant le système de partage des revenus de l'apport du poisson au projet, après déduction des frais courants pour le pétrole, les pièces de rechange etc.., une fois remboursé le prêt du projet, prévoit 25 % pour le patron et 75 % pour l'équipage.
Toutefois parfois la commercialisation du poisson est faite en dehors du projet (ce qui était officiellement interdit par le projet pendant la période de remboursement de la dette) surtout en saison sèche quand les prix sur les marchés près des lieux de pêche sont plus favorables et permettent à l'unité d'avoir de l'argent “cash”. Dans ce cas le partage est de 50 % pour le patron et 50 % pour l'équipage, ou bien le revenu va un jour au patron et le jour suivant à l'équipage.
Système de paye
A la fin de chaque campagne de pêche le projet donne aux patrons, chefs d'équipes, deux enveloppes, l'une pour lui (25 %) et l'autre pour l'équipage (75 %).
C'est donc le “patron” qui paye son équipage, en tenant compte des jours d'absence, éventuelles avances etc…
Les problèmes ne manquent pas. D'ailleurs le projet ne peut pas s'occuper de ces problèmes, mais il serait souhaitable que l'enveloppe pour l'équipage soit consignée à un représentant des pêcheurs qui ont le droit d'être considérés comme des interlocuteurs du projet.
4.1.2. Les unités privées
Une cinquantaine d'unités privées ont été enquêtées. Elles opèrent surtout dans les zones de pêche de Kibuye et Cyangugu.
Les unités privées sauf exception sont constituées de trimarans, plus performants et plus productifs.
Souvent elles sont dotées aussi d'un bateau chasseur, une plus petite pirogue dotée de plusieurs lampes coleman, qui s'éloigne, attire le poisson et l'amène lentement vers le trimaran avant chaque levée de filet (5 ou 6 fois par nuit si les pêcheurs ne s'endorment pas).
Il est intéressant de remarquer que des 55 unités enquêtées, 31 (56 %) ont démarré leur activité au cours de la dernière année (en 1986), ce qui indique un intérêt croissant pour la pêche au Limnothrissa. Le recensement des pêcheurs en cours de déroulement (par le Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et des Forêts (MINAGRI) permettra donc d'avoir un contrôle de l'évolution de la pêche au Limnothrissa afin de pouvoir la réglementer pour éviter une éventuelle surexploitation de certaines zones de pêche.
Caractéristiques des unités privées
Au point de vue de la production, les unités privées sont nettement plus productives que les unités du projet parce que:
il s'agit normalement de trimarans (formés de trois pirogues), 2 à 3 fois plus productifs que les catamarans (formés de 2 pirogues);
les équipages sont souvent plus efficaces et performants, plus “motivés” à cause de la production plus “rentable”.
Et aussi parce que plusieurs sous-patrons sont des pêcheurs zaïrois avec plusieurs années d'expérience.
Etant plus productives les unités privées attirent les meilleurs pêcheurs dont certains travaillaient auparavant dans les unités du projet,
ils utilisent plus de lampes pour l'attraction lumineuse des Limnothrissa,
ils utilisent très souvent des bateaux chasseurs qui attirent les poissons vers les trimarans,
dans certaines zones, par exemple à Bukavu, dans les marchés près des lieux de pêche ils obtiennent des prix plus élevés, surtout en saison sèche (tandis que le prix payé par le projet est fixe pendant toute l'année).
Le “patron”
Sur une cinquantaine d'unités privées interviewées moins de 20 % des “patrons” sont aussi pêcheurs. Et parmi les patrons pêcheurs la plupart vont à la pêche une ou deux fois par semaine.
Presque tous les patrons ont aussi des intérêts en agriculture (bananeraies, plantations de cafés, champs de haricots, etc..) et dans le commerce.
Un phénomène dont le projet doit tenir compte est que de plus en plus il y a des privés, agriculteurs ou commerçants ou même fonctionnaires, qui se mettent ensemble (2 ou 3, normalement amis ou de la même famille) qui investissent leur argent dans des unités de pêche, avec des jeunes chômeurs de leur connaissance. Au début, pour essai, ils louent souvent des pirogues et du matériel. Et ils vont pêcher dans des zones parfois très éloignées et de leur village. Et le comble est que souvent ils se qualifient comme “Coopérative” du seul fait qu'il y a plus d'un propriétaire.
Le projet peut intervenir simplement en ne donnant pas d'assistance à ces “patrons” non pêcheurs (soit ceux du projet ou les “privés”) dont le but est seulement la spéculation. Le projet doit plutôt favoriser des groupes de jeunes et les former techniquement. Des nouvelles formules devraient être essayées pour ce qui concerne la propriété de l'unité, afin d'assurer à l'équipage (sauf en cas de faute grave) une meilleure sécurité et continuité de travail. Par exemple en améliorant la formule location-vente appliquée par le projet mais en distinguant entre la propriété et le chef d'équipe. La propriété devrait être reconnue à l'unité indivisible. Les pêcheurs devraient être formés ou “recyclés” par le projet.
Le chef d'équipe devrait être nommé par les pêcheurs et serait responsable de la bonne marche de l'unité et pour cela, devrait avoir une meilleure rétribution.
En tous cas le projet doit, dans un bref délai, établir avec toutes les unités une convention écrite en précisant les conditions d'adhésion au projet:
pour les apports en poissons le prix, l'approvisionnement en équipement et matériel de pêche, assistance technique et formation, la réglementation pour la pêche au Limnothrissa (par exemple l'interdiction de la pêche sur le littoral et l'utilisation de filets à petites mailles, un danger pour la reproduction de l'espèce), le système de partage, le système de paye etc…
La transformation des catamarans en trimarans peut aussi donner l'occasion pour “redresser” certains inconvénients des unités du projet.
Par exemple en donnant la priorité de crédit aux unités formées par des vrais pêcheurs. A la limite, si le projet pouvait contrôler une telle situation, “redresser” la situation pourrait signifier que l'équipage ait du crédit pour achéter au patron “absentéiste” ses 40 % de propriété de l'unité. Le projet à titre expérimental pourrait assurer l'assistance comptable à l'unité. Le chef d'équipe serait responsable et mieux payé, mais la propriété serait pour l'unité et indivisible.
L'équipage des unités privées
Les équipages des trimarans sont normalement composés de 10–12 pêcheurs dont au moins neuf pêchent chaque nuit.
Presque 30 % des pêcheurs sont membres de la famille du “patron”. Plus de 40 % des pêcheurs sont célibataires; l'âge des pêcheurs est compris entre 14 et 48 ans mais la majorité a moins de 25 ans.
Comme dit auparavant, plus de 50 % des sous-patrons sont de nationalité zaïroise, mais sur l'ensemble des équipages les pêcheurs zaïrois ne représentent que 10 % (tandis qu'il n'y a pas normalement de zaïrois dans les unités du projet, sauf exception
Système de partage
Dans les unités privées le partage des revenus de la vente de poissons est fait à la fin de chaque campagne. La somme restant après déduction des frais d'exploitation pour le pétrole, les pièces de rechange etc.., est répartie de la façon suivante:
50 % pour le patron et 50 % pour l'équipage. Le sous-patron reçoit une récompense par le patron d'après la production réalisée par l'unité.
Evidemment dans le cas des unités privés les équipages, en contact avec les unités du projet, voudraient que le partage soit le même qu'au projet (25 % et 75 %), tandis que les “patrons” des unités formées par le projet voudraient appliquer le système de partage des privés. Mais parmi eux il y en a aussi qui acceptent le système du projet comme une sorte de récompense de l'équipage pour sa contribution (60 %) au remboursement du prêt.
Périodes de pêche et quantité pêchée
Normalement la pêche au Limnothrissa miodon se fait pendant une “campagne” de 22 jours par mois, on ne pêche pas pendant la pleine lune quand le poisson est très dispersé. Mais plusieurs unités du projet, depuis cette année (1987) continuent à pêcher tout le mois.
Toutefois en saison sèche (basse saison de pêche), surtout en juillet-août, plusieurs unités réduisent le nombre de sorties par campagne, parce que les coûts d'exploitation (pétrole etc.) dépassent les revenus de la pêche.
En général, les pêcheurs considèrent 3 saisons de pêche:
haute saison : mars - avril - mai (3 mois)
basse saison : de juin à septembre (4 mois)
moyenne saison : d'octobre à février (5 mois)
Captures par sortie
Catamarans du projet
en haute saison : de 40 à 120 kg. En moyenne 80 kg
en basse saison : de 10 à 60 kg. En moyenne 25 kg.
moyenne saison : de 20 à 80 kg. En moyenne 40 kg.
Unités privées (trimarans)
en haute saison : de 200 à 600 kg (moyenne 300kg/sortie)
en basse saison : de 50 à 200 kg (moyenne 80 kg)
en moyenne saison : de 100 à 300 kg (moyenne 150–200 kg)
Prix d'achat du poisson dans les centres du projet: prix fixe de 50 FRW.
Prix sur les autres marchés.
en haute saison : de 20 à 60 FRW (moyenne 40 FRW)
en basse saison : de 60 à 100 FRW (moyenne 80 FRW)
4.2. Les problèmes prioritaires et les souhaits des pêcheurs
Les problèmes communs aux unités de pêche formées par le projet et aux unités privées sont les suivants:
4.2.1. Problèmes techniques
- Approvisionnement en matériel
Les unités du projet souhaitent avoir du crédit pour la transformation des catamarans en trimarans, pour une troisième pirogue et bateau chasseur, un plus grand filet, lampes, cordages, etc.
Les unités privées souhaitent avoir accès à l'approvisionnement auprès du projet en matériel de pêche dont le coût et la qualité sont appréciés ainsi qu'une meilleure garantie de disponibilité du matériel.
Plusieurs unités souhaitent une formation ou un recyclage sur les techniques de pêche par le projet (technologiste des pêches).
On demande aussi que le projet, à travers ses recherches (biologiste) puisse conseiller aux unités les zones plus productives, surtout en saison sèche (problèmes de migration du poisson).
Certaines équipes de la zone de Cyangugu demandent des moteurs hors-bord leur permettant d'aller pêcher plus loin dans des zones plus productives.
4.2.2. Commercialisation
Toutes les unités demandent des facilités (par exemple une pirogue du projet dotée d'un moteur hors-bord) pour le transport quotidien du poisson des lieux de pêche aux centres du projet.
On demande aussi des nouveaux sites de débarquement plus près des lieux de pêche.
les unités du projet, se plaignent du prix fixe payé par le projet (50 FRW) aussi en saison sèche, mais elles savent bien qu'en haute saison le prix sur les marchés en dehors du projet, descend parfois à 20–30 FRW le kg. Dans ce sens le système de prix “dégressif” (prix d'achat) par rapport à la quantité apportée, proposé par l'expert en commercialisation, peut améliorer la situation.
les unités privées qui opèrent dans des lieux de pêche éloignés de grands marchés considèrent positivement le prix payé par le projet parce que souvent elles n'ont pas suffisamment de clients, d'autant plus que ça leur permet d'avoir accès à l'approvisionnement en matériel de pêche.
Observations sur le rapport entre le projet et ses unités de pêche.
Le système location-vente a crée dans les chefs d'équipes particulièrement ceux de Gisenyi une mentalité de patrons malgré qu'ils ne le sont qu'à 40 %. En outre, on constate que la plupart des patrons des unités de Gisenyi, une fois remboursé le prêt accordé par le projet se sentent dégagés de toutes obligations envers le projet surtout pour les apports à la pêcherie si les prix sur les autres marchés (appelés “marchés parallèles”) sont meilleurs.
Mais ils veulent les avantages du projet, tels que l'absorption de toutes les prises en période de haute production et à un prix (50 FRW) plus haut que sur d'autres marchés, et surtout l'approvisionnement en matériel de pêche à des prix convenables. Et en basse saison ils viennent apporter quelques kilos de poissons s'ils ont besoin de pièces de rechange et s'il n'ya pas de contrôle ils en font du commerce. Tandis que la pêcherie de Gisenyi en basse saison n'a pas suffisamment de poissons frais pour satisfaire sa clientèle.
D'ailleurs les unités se plaignent aussi de la distance de Gisenyi des lieux de pêche et souhaitent des sites de débarquement plus près. Mais c'est aussi vrai que la vente “à côté” leur permet d'avoir de l'argent “cash” tandis que le projet paye seulement à la fin de chaque campagne.
Mais c'est vrai aussi que les patrons, quand la vente est faite en dehors du projet, appliquent le système de partage de 50 %, donc plus convenable pour eux.