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VII. Contenu de la formation


I. Les investigations
II. Les productions

Les ateliers de Thiès et de Saint-Louis ont été conçus distincts l'un de l'autre parce qu'ils ne s'adressaient pas aux mêmes stagiaires. Ils étaient, pourtant, du fait de la similarité des thèmes préconisés, dans la continuité l'un de l'autre.

Thiès a, certes, mis l'accent sur le traitement des ordures ménagères et des déchets halieutiques et divers, tandis que Saint-Louis s'est spécialisé sur la généralisation du Brise-Vent, la mise en défens, la gestion du terroir.

Mais, envisagé avec le recul nécessaire à une stratégie globale de sensibilisation nationale, ces différents thèmes sont, en fait, des aspects d'une même problématique, à savoir "La protection de l'environnement".

Dans cette perspective, les deux ateliers ont été l'occasion d'une accumulation progressive d'informations complémentaires les unes des autres, induisant une appréciation relativement juste des situations et autorisant, par cela même, la conception d'une campagne de sensibilisation et de mobilisation sociale.

L'atelier de Saint-Louis a donc été structuré sur le modèle de celui de Thiès-Dakar:

· 1ère quinzaine: formation théorique et investigations

· 2ème quinzaine: réalisation des programmes (magazine, jeux publics, microprogrammes, l'accent étant mis sur ces derniers).

I. Les investigations

14 au 27 août 1995

Participants et formateurs ont bénéficié d'un avantage, à savoir, la tenue préalable de l'atelier de communication de proximité de Saint-Louis qui a rapporté du terrain une manne d'informations concernant les problèmes particuliers aux populations riveraines des Réserves Forestières. Lors de la présentation de ces documents par les Consultants nationaux, ils sont apparus suffisamment complets pour ne pas nécessiter, dans l'immédiat, d'investigations supplémentaires, tandis que les réticences des populations à l'égard de la plantation du brise-vent devaient être élucidées. En conséquence, les nouvelles investigations ont été axées sur le rôle du brise-vent dans la région de Saint-Louis en s'intéressant aux cultivateurs, aux éleveurs, aux agro-pasteurs.

La réflexion s'est déroulée comme suit:

1. Elaboration d'une Fiche Technique sur "le Brise-Vent" à partir de l'expérience professionnelle de certains participants.

2. Elaboration d'un canevas d'enquête sur le terrain.

3. Elaboration de jeux publics suscitant une prise de conscience favorable au reboisement: "Mon frère s'occupe mal de sa famille. Sa première femme meurt d'épuisement. Les autres femmes s'inquiètent. De quoi s'agit-il?" Posée à deux reprises, une fois dans un village de cultivateurs, une fois parmi des éleveurs, l'énigme n'a pas manqué d'amener des candidats à évoquer le rôle primordial de l'arbre, première épouse sans laquelle ne peuvent s'épanouir ni l'agriculture, ni l'élevage. Au cours de la seconde épreuve, les candidats, qui ont eu à persuader leur entourage de planter des Brise-vent, ont révélé des dissensions entre agriculteurs et éleveurs.

4. Sortie d'enregistrements à Gaé: Jeux Publics, Table Ronde, Reportages.

5. Analyse du contenu des enregistrements.

6. Rédaction de Fiches Techniques à partir des informations recueillies, complétées par des documents de la Radio Rurale de Saint-Louis (enregistrements effectués préalablement à l'atelier sur les mêmes sujets).

7. Elaboration d'un nouveau canevas d'enquête complétant le premier, en vue d'une seconde sortie d'enregistrements sur le terrain.

8. Deuxième sortie d'enregistrements (Madina)

9. Analyse du contenu des nouveaux enregistrements.

10. Perfectionnement des Fiches techniques, analyse et conclusions.

Le processus d'investigations (qui a légèrement débordé sur la seconde phase: points 8, 9, 10) s'articule autour de deux moments forts, particulièrement révélateurs des progrès de la formation: l'analyse du contenu des enregistrements, points 5 et 9.

Pour diverses raisons, par ignorance, lorsqu'il s'agit de débutants, par routine, lorsqu'il s'agit de professionnels, la première expérience d'enregistrements sur le terrain est quasiment toujours décevante et la sortie de Gaé n'a pas échappé à la règle. Plusieurs facteurs se sont d'ailleurs conjugués pour rendre le travail difficile:

· la participation de débutants instaurant des dialogues décousus, superficiels;

· le choix (par le Directeur de PROWALO), du fait de son importance stratégique pour le Projet, d'un site, Gaé, trop souvent fréquenté par des agents d'encadrement ainsi que par la Radio Rurale;

· le déplacement d'une délégation trop lourde composée, d'une part des 14 membres du stage, d'autre part des responsables et animateurs de PROWALO soucieux de participer à l'événement;

· la pauvreté de l'équipement, caractérisé par une mauvaise sonorisation et par le manque de micros, la RTS Saint-Louis estimant, depuis 1993, que la Radio Rurale doit se contenter d'un petit magnétophone de reportage;

· des intempéries obligeant public et animateurs à poursuivre les jeux publics dans une salle de réunion;

Malgré ces complications, la sortie à Gaé n'a pas été vaine:

· les intervenants se sont exprimés librement, de façon parfois trop crue pour être diffusable, mais apportant des informations capitales sur les motifs de mésentente entre cultivateurs et éleveurs ainsi que sur les modalités d'une saine concertation.

· Une stratégie de conciliation entre les deux communautés a pu être esquissée.

· Des déclarations exemplaires ont servi à la réalisation de microprogrammes.

· L'audition des bandes sonores défectueuses (jeux publics sans ambiance, ensembles orchestraux presque inaudibles) a été suffisamment éloquente pour que la RTS Saint-Louis s'engage à fournir, désormais, à chaque sortie, le matériel adéquat.

· L'analyse critique des enregistrements par les participants a fait ressortir les défauts des reporters: les conseils donnés lors de la formation théorique ont pris une signification nouvelle; les stagiaires se sont trouvés "sensibilisés", au sens fort, aux règles de conduite de l'enquête radiophonique.

En particulier, la forme radiophonique la plus usuelle, parce que la plus facile à mettre en oeuvre, la Table Ronde, a montré ses limites. Les participants ont convenu que la forme d'investigation à privilégier est le reportage à base de témoignages effectués sur le lieu même des activités évoquées.

La première phase du stage a été également l'occasion, en présence du Directeur de PROWALO, M. Diouf, d'une importante mise au point concernant l'esprit des programmes.

Plusieurs documents font état d'une situation conflictuelle entre communautés Wollof et Peul, ces derniers n'ayant pas été intégrés dans le plan d'aménagement des casiers rizicoles de Gaé. Faute d'abreuvoirs dans leurs secteurs et de pistes de parcours du bétail dans le secteur aménagé, en saison sèche, les bergers ravagent les champs, les brise-vents et les diguettes. L'aspect rationnel de la gestion du terroir se heurte donc à des réactions émotionnelles.

Dans un tel contexte aucun enregistrement n'est anodin.

Chaque document doit être examiné, puis présenté de façon adéquate tantôt accompagné de témoignages complémentaires, tantôt suivi d'un débat arbitré par des spécialistes, tantôt adressé, par écrit, aux Projets concernés par l'information.

La diffusion n'est envisageable que dans le cadre d'une programmation d'ensemble dont les différentes rubriques se complètent, suscitent une réflexion positive grâce à la diversité des informations (Magazine "Les yeux rouges") et par la sagesse des synthèses (microprogrammes, jeux publics).

Les enregistrements effectués pendant le stage sont donc tous étudiés puis montés "prêts à diffusés". Mais il a été décidé qu'aucun d'entre eux ne sera programmé avant la mise au point de la gamme complète des trente-six microprogrammes accompagnant et "encadrant" les reportages, décision qui pose un sérieux problème les participants n'ayant pas encore suffisamment de maîtrise pour faire face à des productions aussi élaborées.

Les ateliers de Thiès et de Saint-Louis ont abouti à la réalisation de vingt-quatre microprogrammes en wolof. C'est un très bon score mais un tiers de la production, en wolof et en pular, reste en suspens et dans un contexte aussi perturbé, l'élaboration de ces émissions ne peut être considérée à la légère.

Or, il n'était pas possible d'accélérer davantage la formation. C'est pourquoi, à mi-parcours de l'atelier de Saint-Louis, un prolongement de la phase Formation/Production sous forme d'un troisième atelier a été suggéré. Ce document est à l'origine d'une Recommandation.

II. Les productions

29 août au 8 septembre 1995

Une constatation s'impose. Plusieurs enregistrements consacrés aux causes de conflits entre éleveurs et agriculteurs n'ont pas été retenus pour diffusion afin de ne pas attiser les tensions entre communautés. Ils n'ont pas pour autant été dédaignés des participants qui les ont, au contraire, scrutés pour en tirer des enseignements introduits dans les fiches techniques, puis pour en tirer partie tantôt à l'occasion de nouvelles investigations, tantôt sous forme de microprogrammes.

BILAN DES ENREGISTREMENTS

THEME

JEU PUBLIC

MAGAZINE (15' à 20')

MICROPROGRAMME

GESTION DU TERROIR

Gaé

Elevage à Goumel


Madina

Agro-Pasteur à Gaé

Le Niaygal à Gaé.

COMITE LOCAL DES CONFLITS


Comité des Sages à Madina (Poular)

Les Sages de Madina.


Conflits à Gaé (Wolof)

Pour une concertation.


Conflits à Ngambou (Poular)

Vers des solutions

Le BRISE-VENT


Fedior, planteur modèle.

Le vent de sable à Gaé



Eucalyptus et oiseaux



Eucalyptus et récolte

TRAITEMENT DES DECHETS


Sachets plastiques à Saint-Louis.

Les sachets plastiques à Saint-Louis.


Diverses techniques du compostage.

Le compost à Gaé.

AIRES PROTEGEES


Ngeumbel.


ENREGISTREMENTS NON DIFFUSES

THEME


GESTION DU TERROIR

Table ronde à Gaé.

Table ronde à Madina.

COMITE LOCAL DES CONFLITS

Table Ronde à Gaé.

BRISE VENT

Table ronde à Gaé.

Le pourcentage d'enregistrements programmés est tout à fait appréciable ainsi que le nombre de déclarations intégrées dans des microprogrammes. La seconde sortie a démontré les bienfaits de l'analyse du contenu des enregistrements et de l'auto-critique qui en résulte: maints reporters ont amélioré leurs performances. La destination des enregistrements "à diffuser puis à archiver", ou "à archiver" directement, a été décidée collectivement.

Quant à la réalisation des douze nouveaux microprogrammes correspondant aux trois nouveaux thèmes traités, elle a été effectuée à partir d'une maquette proposée par le Formateur, affinée, traduite, interprétée en atelier sous la conduite du réalisateur, M. Pape Sane, technicien de la R.T.S. Dakar, choisi en raison de son haut professionnalisme.

Six développements ont pu être extraits de déclarations prises sur le terrain, ce qui, outre l'intérêt didactique de la formule (des paysans sensibilisent d'autres paysans), présente un avantage technique spectaculaire: la simplicité et la rapidité de la production.

En résumé, l'atelier de Saint-Louis s'achève sur un score de production d'autant plus honorable que l'originalité et la complexité des thèmes recommandés par le MEPN ne permettait pas de se référer à des expériences passées. L'atelier a du innover, prendre des initiatives, et, par conséquent, prendre des risques. Heureusement, l'excellente entente entre stagiaires et la compétence des consultants nationaux et des responsables du Projet PROWALO ont compensé ces difficultés.

PRODUCTIONS DE L'ATELIER DE SAINT-LOUIS

Magazines: 8 x 15' à 20'
Jeux Publics: 2 x 60'
Microprogrammes: 12 x 2'


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