Consultant international en radio rurale - Termes de mandat
Questionnaire d'évaluation de la session
Les réalisations
Sous la supervision générale des divisions de la FAO ayant la responsabilité technique du projet, sous la supervision directe de la représentation de la FAO à Dakar et du coordonnateur national du projet et en étroite collaboration avec les consultants nationaux associés au projet, le consultant en radio rurale devra préparer et animer deux ateliers de formation/production en radio rurale sur les thèmes de la protection de l'environnement et la gestion des ressources naturelles, au bénéfice d'agents du Ministère de l'environnement et de la protection de la nature, de communicateurs de l'ORTS et de Sud Communication et d'agents engagés dans des projets environnementaux.
Il sera particulièrement chargé d'assurer la formation ou le recyclage des participants:
· à la méthodologie d'utilisation de la radio rurale au service de la protection de l'environnement et la gestion des ressources naturelles dans le cadre d'une stratégie globale de communication pour l'environnement· à l'analyse des thèmes retenus et à la préparation d'un dossier technique d'enquête sur le terrain
· à la mise en uvre d'animations publiques villageoises sur les thèmes retenus au cours de sorties sur le terrain
· au décryptage, à l'analyse et à l'évaluation des éléments sonores recueillis sur le terrain
· à la production, à partir de ce matériau sonore, d'émissions publiques, de magazines et de microprogrammes relatifs aux thèmes choisis.
Le consultant préparera un programme décrivant les différentes phases d'activité de ces ateliers et effectuera, à l'issue de chaque atelier, une évaluation des acquis des participants. En outre, il préparera, à l'issue du deuxième atelier de formation un cahier des charges pour la continuation régulières d'émissions radiophoniques sur les thèmes environnementaux.
Il rédigera, après chaque atelier, un rapport de mission contenant ses principales conclusions et recommandations.
Durée: 2 x 4 semaines + 2 jours de debriefing à Rome à l'issue de la deuxième mission
Dates:
30 juin/28 juillet (1ère mission Sénégal)
11 août/8 septembre (2ème mission Sénégal)
11/12 septembre (debriefing final Rome)
Lieux: Dakar, Cayar, Saint Louis
1. Résumer l'action spécifique de la radio rurale par 2 verbes.
2. Citer 6 Règles d'or de l'interview.
3. Caractéristiques des degrés 0, 1 et 2 de la communication?
4. Préciser quels sont les 2 aspects complémentaires dont il faut tenir compte pour la rédaction d'un canevas d'enquête.
5. Citer les 4 avantages principaux d'une analyse du contenu d'un enregistrement.
6. Citer les 3 catégories de classement d'informations lors d'une analyse de contenu.
7. Citer les 5 éléments constitutifs d'une Fiche technique.
8. Citer 5 étapes de production précédant la réalisation d'un microprogramme.
9. Différence entre "microprogramme" et "message utilitaire"?
10. Différence entre "Interview" et "Reportage".
Dossier Thiès, Dakar - Fiche technique
Dossier Saint-Louis - Fiche technique
THEME
Généralisation du Brise-Vent.
OBJECTIFS
Amener les cultivateurs à planter des rideaux d'arbres contre le vent. Amener les éleveurs à les respecter.
AUDITOIRES
Maraîchers.
Riziculteurs et cultivateurs.
Charbonniers clandestins.
Arboriculteurs fruitiers.
Bergers et éleveurs.
Associations villageoises.
Groupements.
Commissions locales chargées des conflits.
Agents d'encadrement.
Chefs coutumiers.
Chefs religieux.
Autorités administratives et politiques.
ANALYSE DU CONTENU DES ENREGISTREMENTS
1. ELEMENTS MATERIELS
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DEFAVORABLES |
FAVORABLES |
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Coût des plants. |
Possibilité de produire ses propres plants en pépinière et disponibilité de plants dans certaines zones. |
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Présence d'oiseaux granivores. |
L'eucalyptus n'attire pas les oiseaux |
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Présence des termites et des rats. |
Des traitements simples éliminent les termites et les rats. |
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Choix d'espèces inadéquates: réduisent les superficies cultivables, pompent l'eau, attirent prédateurs. |
Les espèces adéquates arrêtent le vent qui fendille les feuilles, fait tomber les fleurs, emporte la terre arable. Elles fertilisent le sol, accroissent les rendements. |
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Risque de déstabilisation des cavaliers des canaux par les racines. |
Faire respecter les normes techniques. Des tranchées peuvent arrêter les racines. |
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Manque de rentabilité avant plusieurs années. |
La gestion est l'art de prévoir l'avenir. |
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Menace de destruction par du bétail venu boire (manque d'abreuvoirs) ou qui broute dans les champs, après la récolte. |
Délimitation de parcelles séparées |
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Gardiennage difficile. |
Le gardiennage est difficile mais possible. |
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Problèmes fonciers. |
Gestion du terroir. |
2. ELEMENTS PSYCHOLOGIQUES
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DEFAVORABLES |
FAVORABLES |
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Désintérêt par ignorance. |
Existence de plantations modèles prouvant l'intérêt du brise-vent. |
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Résistance au changement. |
Urgence d'agir pour lutter contre la désertification. |
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Découragement à cause de la rentabilité différée des plantations (5 ans). |
Idem. |
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Découragement devant les méfaits des troupeaux. |
La coexistence est indispensable. |
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Frustration d'éleveurs non consultés par les promoteurs des aménagements du delta et minoritaires dans les commissions de gestion des conflits. |
Espoir grâce à la concertation. |
3. ELEMENTS SOCIAUX-CULTURELS
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DEFAVORABLES |
FAVORABLES |
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Isolement des communautés. |
Dynamisation de la concertation. |
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Inaptitude des enfants-bergers. |
Responsabilisation des bergers. |
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Manque d'harmonisation des interventions de l'encadrement. |
Concertation nécessaire. |
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Problème foncier. |
Gestion du terroir: complémentarité des activités. |
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Pesanteur sociale. |
Promotion d'entreprises pilotes. |
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Manque d'efficacité de la commission locale des conflits. |
Redynamisation de la commission locale des conflits. |
CONCLUSION
Dans la zone de Saint-Louis, comme dans de nombreuses autres régions du Sénégal, les tentatives de reboisement - mise en défens, pépinières, brise-vent, haie vive - avortent trop souvent des suites d'un manque de concertation, successivement, entre concepteurs de projets et populations, puis entre collectivités rurales, entre cultivateurs et éleveurs particulièrement, ces derniers n'étant qu'exceptionnellement consultés sur la répartition des parcelles et sur leur gestion. Il en résulte une absence notoire de zones vouées aux pâtures, d'abreuvoirs et de pistes de parcours du bétail. Les champs cultivés et les arbres sont les premières victimes de cette imprévoyance qui suscite, par ailleurs d'inévitables conflits, des affrontements et des rancunes tenaces.
Cette absence de concertation concerne également des familles de pêcheurs qui n'ont même plus un pouce de terrain pour étendre leurs filets.
Préservation du couvert végétal existant, multiplication des brise-vents et des haies vives, dépendent de la prise en considération de ces différents facteurs:
· la mise en oeuvre d'aménagements techniques complémentaires (abreuvoirs, pistes de parcours) dont les Pouvoirs Publics doivent prendre l'initiative;· l'instauration rapide d'un climat de concertation inter-communautés aboutissant à l'exercice d'une véritable Gestion du Terroir par les usagers.
ESQUISSE D'UNE STRATEGIE
1. Les populations des zones sensibles de la région de Saint-Louis sont avisées par des messages utilitaires que la Radio Rurale, consciente des bouleversements provoqués par les grands travaux d'aménagement dans la vie quotidienne des populations, se veut la gardienne des traditions rurales de bon sens et d'entraide entre collectivités.
Elle demande aux auditeurs de la mettre au courant de toute initiative individuelle ou collective destinée à favoriser la concertation entre les habitants de leurs localités afin de faire connaître leur expérience aux autres auditeurs et servir de modèle.
2. Des reportages, accomplis dans le cadre d'un magazine, assurent le suivi des actions engagées: la Radio Rurale se fait l'intercesseur des différentes communautés.
3. Des Microprogrammes ne cessent de rappeler avec bonhomie, en dédramatisant la situation et en traitant le sujet sous ses principaux aspects, la nécessité d'une concertation aboutissant à une véritable gestion du terroir.
L'accent est mis sur le rôle essentiel que doit jouer dans ce processus, la Commission locale de règlement des conflits, assemblée de Sages, simultanément héritiers de la tradition et gages de la bonne entente et de la prospérité du Sénégal de demain.
4. Par des Rapports écrits, la Radio Rurale informe les cadres administratifs et politiques, la presse, les responsables des Structures de Développement, de la nécessité de faire accélérer les travaux d'aménagement indispensables à la cohabitation des collectivités rurales.
THEME
Redynamisation des Commissions locales des conflits entre éleveurs et agriculteurs.
OBJECTIF
Sensibiliser la Commission locale pour qu'elle soit efficace dans son action pour une bonne intégration des communautés.
AUDITOIRE
Président de la Communauté Rurale.
Membres de la Commission locale.
Elus locaux.
Chefs religieux.
Chefs coutumiers.
Populations: éleveurs, agriculteurs, pêcheurs etc.
Services administratifs.
ANALYSE DU CONTENU
1. ELEMENTS MATERIELS
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DEFAVORABLES |
FAVORABLES |
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Des aménagements ne tiennent pas compte des éleveurs et des pêcheurs. |
Implication de la Commission locale. |
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Non matérialisation ou empiétement des voies de parcours. |
Idem. |
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Surpâturage, exiguïté des terres exploitables, manque d'abreuvoirs. |
Diminution du nombre de têtes. |
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Sécheresse. |
Forage. |
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Période de soudure. |
Transport des résidus des récoltes par charrettes sans déplacement des troupeaux. |
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Inaccessibilité des magazins d'approvisionnement. |
Création de G.I.E. |
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Problème foncier. |
Recours à la Commission locale. |
2. ELEMENTS PSYCHOLOGIQUES
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DEFAVORABLES |
FAVORABLES |
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Manque de confiance dans la Commission locale. |
Rendre crédible la Commission locale. |
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Préjugés inter-communautés. |
Ouverture d'une concertation. |
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Résistance au changement. |
Amélioration du cadre de vie. |
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Affection pour le bétail. |
Valorisation du bétail bien portant. |
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Attachement au lieu d'origine. |
Valorisation de nouveaux lieux de pâturage. |
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Aveuglement par rapport aux conséquences du surpâturage. |
Idem. |
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Sentiment d'exclusion. |
Intégration dans les Commissions. |
3. ELEMENTS SOCIAUX-CULTURELS
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DEFAVORABLES |
FAVORABLES |
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Le nombre de têtes symbolise la richesse. |
Polyvalence des éleveurs aptes à d'autres professions. |
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Manque de formation des petits bergers. |
Sensibilisation des parents et des éleveurs. |
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Isolement des collectivités. |
Interdépendance des activités. |
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Analphabétisme. |
Existence de Centres d'alphabétisation |
CONCLUSION
La redynamisation, ou la création, de Commissions locales des conflits entre éleveurs et agriculteurs peut avoir une action préventive en veillant à l'intégration des diverses communautés locales ainsi qu'au respect des règlements. A court terme, la Radio Rurale doit tenter de rendre ces structures efficaces. La sécheresse et l'amenuisement des pâturages laissent supposer que l'éleveur sera amené, tôt ou tard, à adopter de nouveaux comportements: élevage intensif, par exemple, ou émigration vers des espaces libres, réservés aux troupeaux. A moyen et long terme, la Radio Rurale doit préparer les esprits à de tels changements en faisant découvrir, d'une part, des éleveurs modernes, d'autre part les nouveaux territoires confiées aux pasteurs.
STRATEGIE
La Radio Rurale réalise des Reportages apportant des informations sur les Commissions locales, les éleveurs modèles, les nouveaux territoires confiés aux pasteurs etc.
Elle réalise des Jeux Publics révélant, d'une part, l'inconséquence des contrevenants aux règlements définissant le terroir (non respect des couloirs de passage et des berges); valorisant, d'autre part, l'esprit d'initiative de pasteurs dynamiques s'adaptant avec succès aux circonstances nouvelles.
Microprogramme 4 - Bonne gestion du terroir
MESSAGE D'INTRODUCTION
- Le mil rejette la sauce!
- La sauce mange le mil!
- La sauce et le mil mangent le plat!- Que devient le repas du chef?
Mode a
- Je peux expliquer cette énigme.
Quand un agriculteur ne s'entend pas avec un éleveur, quand il l'empêche d'amener ses vaches, après la récolte, dans son champ, ou, pis encore, quand il brûle les résidus de sa récolte, que fait-il? "Il rejette la sauce de son repas".
En revanche, quand un éleveur laisse paître son bétail dans un champ cultivé, avant la récolte? Aye, "la sauce mange le mil"!
Ce n'est pas tout! Nous savons que, trop souvent, agriculteurs et éleveurs empêchent les arbres de pousser. Ils détruisent les jeunes plants. Ils détruisent les brise-vent. Ils coupent les branches des [... ] arbres...
Est-ce que, tous deux ensemble, ils ne cassent pas le plat qui contient leur repas?
Mode b
- La vue ne peut supporter le poids que la tête peut supporter. Nos parents éleveurs sont fatigués par les problèmes de l'eau et des pâturages. A cause du manque d'eau, ils se rapprochent autant que possible des zones de culture où il y a de l'eau. Et, partout au Sénégal, ça crée des problèmes, tantôt avec les cultivateurs, tantôt avec les forestiers... Un berger négligeant, des vaches entrent trop tôt dans un champ. C'est le drame. Les vieux se sont résignés à ce qu'il y ait des conflits, même des bagarres, parce qu'ils ne savent pas quoi faire.
Nous les jeunes, nous pensons que la tête peut supporter plus que la vue. C'est à dire: nous apprenons à gérer cette nouvelle situation. Nous nous formons. Nous nous unissons entre éleveurs. Nous demandons à parler avec les élus locaux, avec les cultivateurs avec les forestiers. Nous savons que nous devons changer nos méthodes de travail pour vaincre la sécheresse. En particulier, nous devons cohabiter avec les agriculteurs et devenir des agro-pasteurs nous-mêmes! Les jeunes éleveurs, nous avons deux mots d'ordre: bonne entente, bonne gestion.
Mode c
- Ousseynou Diop. Cette énigme, je vais vous expliquer: c'est une famille où l'on se dispute. Le père frappe sa femme qui part chez sa mère. Les enfants n'ont plus rien à manger.
- Djiby Fall. Pour moi, c'est un jeune qui rejette son village. Il part en ville. Il n'apprend rien. Il ne trouve pas de travail. Il devient un voyou. Il finit en prison.
- Moustapha Diop. Pour moi, le repas du chef, c'est le Sénégal. Au lieu de s'entendre, agriculteurs et éleveurs se disputent et deviennent de plus en plus pauvres.
- Vous avez vraiment bien répondu tous les trois. Il s'agit bien d'une dispute qui tourne mal. Mais, c'est Moustapha qui a trouvé la meilleure réponse. La Radio Rurale pense, en effet, que c'est très dangereux pour l'avenir de notre pays si agriculteurs et éleveurs ne trouvent pas rapidement un terrain d'entente.
Mode d (Extrait du témoignage de Ousmane Gueye à Gaé)
- Je me trouve à Gaé, en compagnie de Ousmane Gueye.
- C'est à la période du "Niaygal" que nous rencontrons le plus de problèmes. Les arbres plantés sont détruits. Les aménagements aussi alors qu'ils doivent durer 20 à 25 ans. Il faut éviter la divagation. Comment? Là où les animaux pâturent pendant 11 mois et 25 jours, ils peuvent continuer à pâturer pendant les 5 autres jours de l'année au lieu de venir en 5 jours détruire tout un capital. C'est pourquoi les cultivateurs sont bien d'accord à ce que les propriétaires de bétail viennent ramasser le fourrage. Si c'est le troupeau qui entre, il détruit tout sur son passage!
- Comment le transporter?
- Par charrettes. Les Peuhls disposent toujours de charrettes avec lesquelles ils transportent de l'eau dans le Diéri. S'ils transportent l'eau, ils peuvent transporter le fourrage. C'est ce que font, déjà, les éleveurs qui habitent à proximité.
MESSAGE FINAL
- Le mil rejette la sauce?
- La sauce mange le mil?
- La sauce et le mil mangent le plat?- Pour sauver le repas du chef engage deux bonnes cuisinières:
- Bonne entente.
- Bonne gestion.
Microprogramme 5 - Redynamisation des comtes locaux de gestion des conflits
MESSAGE D'INTRODUCTION
- Quand le Comité Local des Sages s'endort,
- Le Mauvais Oeil te regarde.- Quand le Comité Local des Sages se réveille,
- Le Mauvais Oeil s'en va.
Mode a - (Extrait du témoignage de Aliou Hamadi Ba en poular)
- Je m'appelle Aliou Hamadi Ba. Je suis vieux. Ce que j'ai constaté jadis, en matière d'élevage, n'existe plus aujourd'hui.
Même les vaches ne savent plus où aller boire. Même les lieux de vaccination sont entourés par les champs. On ne peut vacciner qu'après la récolte. Pour que le bétail passe le long des champs, on ne laisse que des couloirs de 15 mètres de large au lieu de 400 mètres comme autrefois. Quand il y a divagation d'animaux, il faut que ça soit réglé par une concertation! L'idéal serait qu'il existe une commission composée d'agriculteurs et d'éleveurs. Malheureusement, ça n'existe pas!
Mode b - (Extrait reportage en wolof sur la divagation des animaux à Gaé)
- Abdoulaye Bodian. L'élevage, l'agriculture, la foresterie, sont apparentés. Mais leur cohabitation n'est pas toujours facile. Pour qu'elle soit bonne, il faut se dire la vérité. L'autre aspect est qu'il faut savoir surveiller l'agriculture et ne pas l'abandonner. J'ai vu les champs des rapatriés de Mauritanie, dès qu'ils sèment la tomate, ils confient le gardiennage aux Peulh en leur concédant une parcelle à côté pour le pâturage. Actuellement leurs arbres ont atteint une certaine hauteur et ils sont en train de les vendre et de gagner beaucoup d'argent.
Mode c
- Mes frères, mes soeurs, j'ai une terrible nouvelle: le Mauvais Oeil voyage au Sénégal: on le signale un peu partout. La Radio Rurale l'a rencontré dans une région paisible où personne ne soupçonne sa présence...
- Bonjour.
- Grrrrrrr.
- Mauvais Oeil, que viens-tu chercher dans cette région?
- Ne m'appelle pas "Mauvais Oeil"! Grrrrr! Appelle moi "Le Généreux".
- Quel que soit ton nom, malgré le devoir d'hospitalité, personne, ici, ne veut te recevoir! Que viens-tu faire?
- Partout où il y a mésentente, je suis chez moi!
- Ici? Il y a mésentente?
- Entre agriculteurs et éleveurs, grrrrr, ils ne s'entendent pas!
- As-tu signalé ta présence au Comité local des Sages?
- Ne me parle pas des Sages! Ce sont mes plus grands ennemis! Heureusement, jusqu'à aujourd'hui, ils n'ont pas fait attention à moi! Je vais m'installer dans ce village.
- Quel village?... Dans quel village tu vas t'installer, Mauvais Oeil?
- Hélas, le Mauvais Oeil n'a pas voulu répondre... C'est peut-être ton village?
Mode d - (Extrait du témoignage en Pulaar de Yéro Maïram Bâ, chef de village à N'Gambou Thillé)
- Je m'appelle Yéro Maïram Bâ, chef du village de N'Gambou Thillé.
Il y a des gens qui n'obéissent pas aux recommandations des conseillers ruraux et qui cultivent dans des endroits où ils ne doivent pas cultiver. C'est un casse-tête pour les éleveurs. Si quelqu'un, sans chercher à comprendre, vient cultiver autour d'une mare! Ca étonne les éleveurs!
- Les conseillers ne peuvent rien faire?
- Ils laissent ces champs en dépit des plaintes des éleveurs. La Commission dit: celui qui ne respecte pas le partage des terres sera sanctionné: mais il n'y a pas encore de délimitation!
- N'existe-t-il pas chez vous une commission locale de gestion des conflits?
- Nous avons notre commission à nous. Mais si un "Badolo" refuse de se soumettre à l'autorité administrative il le fera encore moins devant un "badolo" comme lui! Mieux vaudrait que le gouvernement se saisisse de l'affaire!
MESSAGE FINAL
- Quand le Comité Local des Sages s'endort,
- Le mauvais Oeil te regarde.- Quand le Comité Local des Sages se réveille,
- Le Mauvais Oeil s'en va.- Chez toi, comment ça va?
Microprogramme 6 - Promotion du brise vent
MESSAGE D'INTRODUCTION
- Le Brise-Vent?
- C'est un guerrier.
- C'est un drapeau.- Il brise le vent desséchant du désert.
- Il annonce les villages où règne la bonne entente entre éleveurs et agriculteurs
Mode a - (Extrait du témoignage de Ousmane Gueye en wolof à Gaé)
- Je m'appelle Ousmane Gueye, je suis le président de la fédération des A.S.C. Vous savez, le plus grand problème qu'il y a au niveau des périmètres, c'est le problème du brise-vent. On est à la porte du désert.
Toute la partie superficielle de nos terres de culture, celle qui représente la tranche fertile, s'est envolée sous l'action du vent. Il faut donc fixer le sol qu'on cultivait dans le passé, sans avoir besoin d'engrais, en plantant des brise-vent qui amoindrissent, voire, qui annulent l'action du vent.
Mode b - (Extrait témoignage de Ousmane Gueuye en wolof à Gaé)
- Concernant le Brise-Vent, Ousmane Gueuye, que pensez-vous de l'eucalyptus?
- L'eucalyptus que je connais bien a trois avantages qui font que les oiseaux ne le fréquentent pas beaucoup. Le premier, c'est que c'est un arbre sans épines, fréquenté par les serpents que les oiseaux n'aiment pas. Deuxième avantage: c'est un arbre qui est secoué par le vent et ça dérange les oiseaux. Troisième avantage: sa hauteur. Les oiseaux destructeurs volent bas. L'eucalyptus les gêne. J'ai constaté que sur deux terrains, l'un avec brise-vent, l'autre sans, ce dernier a des problèmes. La distance qui les sépare est de 1.500 mètres. Or, les oiseaux du premier terrain, gênés par le brise-vent, volent plus loin, sur le terrain non protégé!
Mode c
- Voici une énigme: "En quatre ans, ce petit gamin tout faible fait l'admiration des maraîchers, des planteurs de vergers, des agriculteurs. De qui s'agit-il"?
- Yéro Diallo. Tu prends un cactus. Tu lui enfonces un pied dans le sable. Il prend racine. Il se gonfle d'eau. Il se multiplie. Il forme une haie. Il arrête le sable. Il arrête les animaux. Tu l'admires!
- Moné Biop. Tu prends un acacia mellifera. Tu le plantes autour des parcelles de tomates ou de riz. A lui tout seul, il remplace un grillage!
- Mamadou Seydi. C'est comme le Filao. Il arrête l'avancée des dunes.
- Abdoul Mbate. Moi, je pense à l'eucalyptus. Il devient tellement grand qu'il arrête les oiseaux en même temps que le vent!
- Bravo. La Radio Rurale pense justement à ces quatre espèces qui sont les meilleurs alliés de l'homme en cette période de sécheresse...
Mode d - (Extrait du témoignage en wolof de Fédior à Dagana)
- Je suis Ibrahima Fedior de Dagana. En m'installant ici, ma première idée a été de faire une bananeraie. En 1988, j'ai fait les aménagements. Ensuite, j'ai clôturé lé champ avec des eucalyptus pour une valeur de cent cinquante mille francs. Il faut savoir que les racines de l'eucalyptus sont envahissantes. Pour les contrôler, j'ai creusé une tranchée entre les arbres et les bananiers. On dit que l'eucalyptus a des effets de bordure, que les bananiers proches ne produisent pas. Moi, je constate le contraire: ils sont plus productifs que les autres! Nous sommes à notre première récolte. On m'a dit que ma variété de bananes aurait un rendement de 20 à 25 kg par régime. Mon frère peut en témoigner: on a obtenu des régimes de 40 kg.
MESSAGE FINAL
- Le brise-Vent?
- C'est un guerrier.
- C'est un drapeau.- Il brise le vent desséchant du désert.
- Il annonce les villages où règne la bonne entente entre agriculteurs et éleveurs- As-tu ton Brise-Vent?