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SITUATION GENERALE DES PRODUITS FORESTIERS NON-LIGNEUX

Classification des produits forestiers non ligneux

Comme indiqué dans l’inventaire des produits au paragraphe 4, la diversité des produits forestiers non ligneux en Centrafrique tient lieu surtout de l’importance accordée à ces produits d’une part et d’autre part à leur place dans les économies des ménages et à l’échelle nationale. Certains PFNL sont consommés exclusivement à l’intérieur du pays et ne font pas objet d’une exportation à l’extérieur. D’autres par contre, sont exportés et connaissent une forte demande.

La classification des différents produits forestiers non ligneux en Centrafrique se présente de la manière suivante :

è Produits Forestiers Non-Ligneux à vocation commerciale et haute valeur ajoutée

Gomme arabique, Rauvolphia vomitora, Xylopia aethiopica, Miel, Cire d’abeille, Pipper guinesse

è Produits Forestiers Non-Ligneux de consommation courante

Gnetum buchholzianum, Chenilles, Champignons, feuilles de Maranthacées, Huile de palme

è Produits Forestiers Non-Ligneux destinées à l’artisanat local

- Rotin,

è Produits Forestiers Non-Ligneux à usages médicinaux

- Plantes médicinales

è Produits Forestiers Non-Ligneux à vertus protecteurs

Différents acteurs dans la filière de récolte et de commercialisation

Le mécanisme de récolte va de la simple cueillette en forêt en passant par la coupe, l'arrachage, le piochage pour retirer les tubercules et les racines. Les acteurs sont souvent les femmes, les enfants ou les Pygmées. Les hommes s’intéressent souvent aux produits à forte valeur ajoutée et ils mettent toute leur énergie à cette recherche.

Au nord de la Centrafrique c’est la zone de production de miel, de cire et d’huile de karité. Pour récolter le miel, deux méthodes sont utilisées : l’élevage des abeilles dans des ruches et l’abattage des arbres. La première méthode demeure une pratique plus répandue en zone de savane guinéenne ; par contre en zone forestière c’est l’abattage des arbres pratiqué surtout par des Pygmées. L’huile de karité rentre dans l’alimentation des populations autochtones ; elle est aussi vendue au niveau des grands centres urbains.

Au sud, les rotins sont récoltés en forêt ou dans les galeries forestières. On coupe la tige grimpante et on la laisse quelques jours pour que les ‘griffes’ se détachent des branches. Le rotin est destiné pour les travaux de fabrication de sièges et d’objets d’art (vannerie). Les artisans professionnels utilisent ce produit pour écouler leur production, mais ils importent la matière première qui vient souvent en bateau sur le fleuve Oubangui. Les produits finis sont destinés pour la plupart à des fins utilitaires et personnelles. Les Pygmées restent les spécialistes de la vannerie. Il faut ajouter à ce produit toute la gamme et la diversité d’autres plantes de consommation courante comme les branches de Raphia vinifera, les feuilles du ronier

A l’est, les récoltes sont concentrées sur la recherche du Rauvolphia vomitora, du Xylopia aethiopica et de Kilinga erecta. Ces produits sont chèrement vendus en fonction de la pénibilité du travail.

A l’ouest, les produits forestiers non-ligneux récoltés sont surtout les fruits du Parkia bigbobosa (soumbara en malinké) très consommés sur l’ensemble du territoire centrafricain.

Accès à la ressource et droit de possession

L’accès reste toujours conditionné par la demande et l’importance accordée au produit. C'est ainsi que les produits forestiers destinés à l’exportation se vendent cher et font objet de trafic ou de monopole de certains exportateurs.

Les villageois accèdent librement à la ressource pour compenser le manque à gagner au niveau des ménages. Ces ressources peuvent êtres prélevées par les villageois sur le terroir collectif. Lorsque la ressource devient rare, il se met en place un système de possession et de droit d'accès. C'est le cas des produits alimentaires ou d'usage courant situés sur les terroirs agricoles et les jachères. Leur récolte doit recueillir l'aval du propriétaire.

Dans le nord de la République Centrafricaine, l'accès à la récolte des fruits du Butyrospermum parkii est très réglementé. Les arbres sont identifiés et marqués par le clan ou la famille.

Système d’aménagement

Des travaux en cours témoignent déjà d'une prise de conscience au niveau national. Nous citerons pour exemple :

Les travaux de Georges N’GASSE au village Bagbaya sur la culture des chenilles pour identifier et connaître les papillons produisant ces chenilles. Ce travail est un projet de thèse en cours d'élaboration sur 'Coévolution des chenilles comestibles Imbrasia oyemensis (Mboyo en boffi) et de leur arbre hôte Entandrophragma cylindricum’.

Les travaux de Michel BONANNEE au village Kindo sur les essais d’agroforesterie et l’introduction des espèces à usage multiples dans les rotations culturales. Ce sont des essais sur des produits forestiers non ligneux comestibles en traitement de 4 blocs portant différentes espèces : Canarium schweinfurthii, Treculia africana, Xylopia aethiopica, Afrostyrax lepidophyllus, Ces 4 traitements sont associés aux plantes suivantes : Gnetum buchholzianum sous Canarium schweinfurthii, Pipper guinensse sous Treculia africana, Gnetum sous Xylopia aethipica et Afrostyrax lepidophyllus.

La mise en place et la récolte des végétaux utiles au niveau de la pépinière du projet ECOFAC à Ngotto pour la connaissance de leur comportement et de leur utilité.

L’étude du comportement du Gnetum africanum par l'Institut Centrafricain de la Recherche Agronomique (ICRA) à Boukoko (Mbaïki) installé depuis 1996 avec un regarnis en 1998. L'essai conçu en méthode bloc complet aléatoire avec 6 traitements et 4 répétitions dont 1 témoin Les facteurs étudiés sont le comportement du Gnetum sous deux densités de deux espèces ligneuses à croissance rapide. Les résultats à l'analyse montrent un taux de survie de 78% et une hauteur du Gnetum de 21,5 cm.

D’autres travaux ont été réalisés par Michel BONANNEE de 1986 à 1989 sur la plantation et la diffusion de la gomme arabique dans la région de Birao. Les essais ont bien marché et la diffusion au niveau des villages environnants a connu un succès. D'ores et déjà, des paysans ont commencé la récolte sur les gommiers.

 

 

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