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2. LES MOTEURS DU CHANGEMENT ET TENDANCES ATTENDUES

2.1 LES INDICATEURS SOCIAUX

2.1.1 Population

Tendances:

Au rythme de sa croissance actuelle qui est de 1,6%, la population continuera à augmenter sensiblement et atteindrait 33,2 millions en 2010 puis 39 Millions vers 2020 pour se stabiliser au tour de 45 millions d’âmes à l’horizon 2050. La baisse notable du taux de croissance de la population prouve que le Maroc a bien entamé la seconde phase de sa transition démographique.

Analyse par groupe d’âges:

L’examen de la population par tranche d’âges fait ressortir que le groupe de personnes âgées de 15 à 59 ans qui constitue la population active verra son effectif, par rapport à la population totale, passer de 55,0% en 1994 à 65,2% en 2010. Durant la même période, la proportion des personnes âgées de 60 ans et plus passerait de 7% à plus de 8% et atteindrait même les 24% à l’horizon 2050. Le Maroc devra alors se préparer, dès 2010, à faire face aux conséquences économiques et sociales du vieillissement de sa population. En revanche, la part relative des jeunes baissera.

Il est certain que la baisse de la population jeune favorisera l’accélération du rythme de la scolarisation et en améliorera la qualité; mais en attendant les besoins demeurent importants en matière de satisfaction des besoins sociaux.

Mortalités et espérance de vie:

La mortalité globale au niveau du pays connaît une baisse sensible vu qu’elle est passée de 15,7% durant la période de 1970-1975 à 6,3% en 1997 mais demeure malgré tout influencée par la mortalité infantile (36,6 pour mille en 1997). Malgré les insuffisances, des progrès notables ont été accomplis dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant et la situation ne cesse de s’améliorer.

L’espérance de vie à la naissance s’est également améliorée en faisant un bond de 7 points passant de 61 ans en 1982 à 68 ans en 1994 et atteindrait 72 ans en 2010.

Distribution de la population entre milieu rural et urbain:

La population rurale, majoritaire avec 70% au début des années soixante, ne représente plus que 46% et les projections à l’horizon 2010 évaluent la proportion des ruraux à 38%. La population rurale, en dépit de son taux de croissance de 1,8% en 1998-1999 verra ses effectifs se consolider durant la période de 1994 à 2010 avec même une légère diminution de 0,01% par an à partir de 2002. Dans ces conditions, on peut prédire une légère baisse de la pression sur les ressources forestières sauf peut être dans quelques provinces forestières défavorisées.

Niveau de vie:

D’après les résultats de l’enquête de 1990-1991 sur le niveau de vie des ménages, la part de la population qui a une consommation inférieure au seuil de pauvreté est de l’ordre de 13% contre 21% en 1985. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant qui était de 10.8155 Dh en 1991 s’établit à 12.800 Dh en 1998.

La pauvreté sévit particulièrement dans la campagne défavorisée par des sécheresses fréquentes et par des insuffisances en matière d’accès aux équipements sociaux. L’indice de pauvreté varie selon les performances des années agricoles fortement influencées par le niveau des précipitations enregistrées. C’est ce qui explique également que la pauvreté est plus accentuée dans les zones sud et orientale du pays, plus arides, que dans le centre, plus humide, bien doté en infrastructures socio-économiques et fortement urbanisé, où le taux de pauvreté ne dépasse guère 12%.

Les populations vivant à proximité des forêts généralement d’un niveau de vie modeste, prélèvent sur les ressources forestières une bonne partie des besoins nécessaires à leur subsistance. Autrement dit, la conservation des ressources forestières et leur développement passent avant tout par l’élévation du niveau de vie de cette couche de la société.

Les pouvoirs publics prêtent une attention particulière à la lutte contre la pauvreté et les disparités sociales et régionales en dépit des besoins occasionnés par la démographie galopante des décennies écoulées. Les programmes en cours sont en plus appuyés par un élan de solidarité nationale envers les handicapés et les plus démunis.

Alphabétisation:

De 1960 à 1998, le taux global d’analphabétisme a perdu 40 points en passant respectivement de 87% à 47%. Cette baisse a plus profité aux urbains qui comptent 32% d’analphabètes qu’aux ruraux avec 66% d’analphabètes. Le programme en cours a pour objectif de ramener le taux d’analphabétisme chez les adultes à 35% en 2004 puis à 25% en 2010...

Emploi:

La poussée démographique des dernières décennies, la baisse de la fécondité et l’amélioration de l’espérance de vie sont à l’origine de la croissance de l’effectif de la population active, particulièrement en milieu urbain. En effet dans les villes, l’offre de travail devient de plus en plus importante à cause, d’une part, de l’augmentation de la population urbaine, notamment par la migration intérieure, et d’autre part, de l’entrée des femmes dans la vie active.

L’emploi figure parmi les préoccupations majeures des pouvoirs publics qui espèrent réduire le taux de chômage à 12% d’ici 2004 puis à 7% vers 2014. L’effort sera concentré sur des secteurs considérés être des gisements de croissance et d’emploi, comme les NTI, la pêche, le tourisme et le bâtiment, sans négliger les secteurs traditionnels (agriculture, industrie, artisanat etc.).

Au plan de l’emploi dans le secteur forestier, plus de 15.000 personnes sont employées par des entreprises ayant plus de 10 ouvriers et beaucoup d’autres travaillent à temps plein ou à temps partiel dans les nombreuses petites scieries disséminées dans les zones de production. De leur côté, les chantiers forestiers de divers travaux d’équipement et, de mise en valeur offrent quelques 100 millions de journées de travail par an.

Dans les régions forestières où vit une partie importante de la population dont les revenus sont très modestes, la distribution de salaires revêt une valeur sociale particulièrement importante.

 

2.2 LES PERFORMANCES ECONOMIQUES GLOBALES

2.2.1 La production

L’analyse sectorielle de l’évolution de l’activité économique, pour les vingt dernières années indique que le secteur de l’agriculture, des forêts et des pêches qui représente près de 17% du PIB, a réalisé une croissance de 3,5% et 4% par an en moyenne mais d’une manière tout à fait erratique à cause des sécheresses récurrentes alternant avec des années humides. Le secteur des mines, avec 3% du PIB, a connu une croissance quasi- stagnante.

Par contre, les secteurs de l’énergie (8,5% du PIB) et de l’industrie (17% du PIB) ont enregistré, respectivement, une croissance relativement régulière de 5,5% et 3,6% par an. Pour sa part le secteur tertiaire (commerce, transport, communication et autres) qui pèse 38% du PIB s’est accru de 3,7% en moyenne annuelle.

Au bout du compte le PIB au prix courant qui était de 318 milliards de DH en 1997 s’établit à 341 milliards de DH en 1998 soit une progression de 6,5% par rapport à l’année précédente.

2.2.2 L’épargne et l’investissement

Le taux d’épargne qui approche 22% est en continuelle amélioration depuis 1996 en raison de la diversification des instruments de placement ce qui a permis de soutenir l’effort d’investissement et de limiter les pressions sur les comptes extérieurs.

Pour sa part l’investissement fixe, chiffré à 76,7 milliards de dirhams en 1998, affiche une augmentation de 16,6% et représente 22,5% du PIB contre 20,7% une année auparavant. Plus de la moitié des investissements réalisés ont concerné l’acquisition de biens d’équipement.

Par ailleurs, la stagnation des investissements publics découlant de la politique de rigueur qui vise la sauvegarde des équilibres macro-économiques a eu un impact négatif sur le financement du secteur forestier dont le budget est passé de 350 millions de DH en 1987 à 195 millions de DH en 1998.

2.2.3 Déficit budgétaire, dette publique et inflation

Après avoir plafonné à 18,4% du PIB en 1976, le déficit budgétaire est ramené à 2,6% (1998). Pour sa part la dette publique extérieure chiffrée à 186 milliards de DH (58% du PIB) en 1997 contre 176 milliards en 1999 a enregistré une baisse de 5% ce qui dénote la volonté des pouvoirs publics de réduire le coût de l’endettement extérieur.

L’inflation traditionnellement modérée au Maroc est contenue dans des limites raisonnables n’excédant pas 1 à 2% (0,7 en 1999).

Ces résultats remarquables sont l’aboutissement de la politique d’assainissement des finances publiques et de la consolidation des grands équilibres macro- économiques entamées depuis la mise en place du PAS, en 1983.

2.2.4 Commerce extérieur et flux financiers

En raison de la relance de l’activité productive, en 1998, et de la reprise de la demande d’investissement et de consommation, les importations globales se sont inscrites en hausse de 8,6% par rapport à 1997 et ont représenté 28,9% du PIB. En revanche les exportations globales n’ont que peu progressé à 3,9% et ont pesé 20,4% du PIB. Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations s’établie à 70,7% contre 73,9% en 1997.

 

2.3 IMPACTE DES POLITIQUES DE LIBERALISATION ECONOMIQUE

2.3.1 La situation antérieure et son évolution

De 1969 à 1985, l’économie marocaine était fortement administrée, l’état contrôlait plus de 65% du capital de 221 entreprises et établissements publics (EEP) dans d’importants secteurs de l’économie. Il réalisait près de 60% des investissements et intervenait pour plus de 25% du PIB.

L’adhésion du Maroc au GATT en 1987, la signature de l’acte de naissance de l’OMC, à Marrakech en 1994, suivie de la conclusion d’un accord de partenariat avec l’union européenne en 1995, ont engagé le pays dans un vaste programme d’ajustement structurel. Les mots clés sont restructuration, déprotection, privatisation, assainissement et mise à niveau.

Dans ce contexte, un vaste programme de réformes institutionnelles, administratives commerciales, monétaires et financières à été mis en exécution depuis 1983, dans le cadre du PAS, et vise entre autres à promouvoir l’économie nationale, à accroître sa compétitivité et à lever les contraintes qui entravent son épanouissement pour mieux réussir son ancrage dans l’économie du monde en concurrence.

Les changements de politiques économiques réalisés notamment en matière de libération des prix et des échanges commerciaux, par le démantèlement progressif des barrières font que l’économie marocaine est plus qu’avant, ouverte au commerce international et aux investissements étrangers. Ainsi, en 1998, les échanges commerciaux du Maroc avec l’extérieur ont concerné plus de 30 pays et les investissements étrangers reçus entre 1990-1991 et 1996-1997 ont enregistré une hausse de plus de 113%.

Suite à cet ensemble de réformes, l’économie marocaine est aujourd’hui différente de ce qu’elle était avant. Elle est plus ouverte avec un marché développé, de nouveaux acteurs et de nombreux organes d’intervention au niveau national, régional et local.

2.3.2 Implications sociales

La mise en œuvre des politiques de libéralisation de l’économie nationale a donné lieu à un certain nombre d’implications sur le plan social dont les plus en vue sont:

La réduction des recrutements et le gel des salaires publics dus à la baisse du niveau des dépenses publiques. L’offre publique d’emploi qui se situait entre 33.000-45.000 emplois nouveaux par an n’est plus actuellement que de l’ordre de 10.000 à 20.000. Le secteur privé qui doit prendre la relève réagit lentement. Les jeunes diplômés dont l’Etat était l’employeur quasi exclusif doivent patienter longtemps pour trouver une activité

Un relatif allégement des charges fiscales et une équité vis à vis des assujettis

La hausse des prix de certains biens de consommation finale (blé, sucre, beurre, lait) ou intermédiaire (ciment, engrais, quelques produits pétroliers), due à la suppression des subventions dont bénéficiaient ces produits ce qui représente des charges nouvelles pour le consommateur

Le relèvement du plafond de la dotation en devises allouée aux marocains se rendant à l’étranger

La baisse des prix des biens de consommation importés et diversification de l’approvisionnement du marché local. Le consommateur a plus de choix au meilleur prix-qualité

La relance de la consommation en raison de la baisse relative des taux d’intérêt bancaires et des facilités d’octroi de crédits

La sauvegarde du pouvoir d’achat du consommateur par le contrôle de l’inflation et son maintien dans des limites raisonnables, moins de 2%

La création d’opportunités d’emploi dans le secteur privé en raison de l’afflux de capitaux étrangers que ce soit par le biais d’investissements directs ou par voie de sous-traitance

2.3.3 La libéralisation du commerce

Les premières réformes entreprises en 1984 ont abouti à partir de 1986 à la levée progressive des barrières douanières: suppression de la liste C (produits interdits à l’importation), renforcement de la liste A (produits libres à l’importation) au désavantage de la liste B (produits soumis à restriction). Ces réformes auront certainement un impact sur les échanges commerciaux du Maroc avec l’extérieur en matière de produits forestiers ainsi que sur la production locale des propres produits.

Le Mar oc est importateur net de bois d’œuvre et de sciages résineux. Comparé aux grands producteurs mondiaux, le pays produit une qualité inférieure ou équivalente à des coûts équivalents ou plus élevés, sans perdre de vue la modestie des quantités produites. Néanmoins les forêts nationales ont tout de même un grand intérêt compte tenu de leurs usages multiples (production, socio-économique, protection, tourisme…).

Le degré de compétitivité du Maroc dans ce domaine peut être appréhendé à travers le déficit chronique de la production nationale pour certains assortiments et la concurrence des pays gros producteurs de bois de qualité à faible coût d’exploitation. Toutefois, le pays vise comme objectifs la satisfaction, autant que possible, du marché local en sciages résineux et en bois de trituration en mettant l’accent sur les reboisements à base des essences à croissance rapide, la modernisation des filières, la valorisation de la production, l’intensification de la sylviculture et enfin l’obtention de gains au niveau de la récolte et de la première transformation.

La libéralisation des échanges commerciaux et l’ouverture de l’économie nationale offrent des perspectives encourageantes pour le liège que le Maroc produit et exporte en quantité importante à l’état brut, de produits semi-finis et finis. Le marché est porteur à en juger par la hausse de 33% du prix de la tonne exportée entre 1997 et 1998. La baisse du coût des importations de bois soulagerait la pression sur la ressource nationale et accroîtrait les capacités locales de transformation des bois importés qui pourraient profiter encore plus de la baisse des prix attendue sur le marché international de bois.

L’arrivée d’opérateurs étrangers, interdits de participation aux adjudications avant la libéralisation, a dopé les prix du liège qui sont passés de 5290 Dh/t en 1996à 7278 Dh en 1997. Même si globalement les recettes des ventes ont augmenté, la situation est préoccupante pour les industries locales de transformation que les acheteurs étrangers ont privées d’une partie du liège de qualité servant à la bouchonnerie. Or, c’est cette qualité qui, transformée localement, génère une plus forte valeur ajoutée et procure des emplois. D’où la nécessité de trouver des solutions pour satisfaire les uns et les autres sans léser le producteur.

Les échanges commerciaux de produits forestiers:

En matière d’échanges commerciaux de produits forestiers, la moyenne des exportations pour la période de 1990 à 1998, s’élève à 806 millions de DH contre 3,28 milliards de DH pour les importations. Le taux moyen de couverture des importations par les exportations se situe à 36% si l’on ne tient pas compte du poste papier, carton et ouvrages en papiers et seulement à 25% si ce poste entre en ligne de compte. Les principaux produits exportés sont le liège, la pâte à papier à fibre courte, les produits non ligneux et accessoirement les papiers et cartons; tandis que les importations intéressent particulièrement les bois d’œuvre et d’industrie, la pâte à papier à fibre longue et les papiers et cartons.

Les bois importés proviennent de l’Afrique, de l’Amérique Latine, de la Communauté Européenne et de l’Europe de l’Est, tandis que les exportations s’effectuent principalement sur les marchés de la Communauté Européenne.

Les produits forestiers marocains, à l’instar de ceux des forêts méditerranéennes, sont de qualité moyenne et peu compétitifs. Le Maroc ne peut influencer le marché international ni exporter une partie significative de sa production, très peu diversifiée, par ailleurs. Tout au plus, il peut concentrer ses efforts à reconquérir son marché local en sciages résineux et en bois de trituration.

Le libre échange s’il se traduit par une baisse des prix des matières premières, serait en faveur des industries locales de transformation et dans ce cas il faut s’attendre également à une baisse des pris des bois locaux et par voie de conséquence à une baisse des recettes forestières. Il sera davantage favorable au liège et aux produits non ligneux que le Maroc exporté en quantités importantes.

 

 

Tableau 1: Demande et ressources actuelles et futures pour les principaux postes de consommation:

Année

1992

2022 (prévisions)

Consommation annuelle

-Bois d’œuvre (résineux)

-Rondins et perches

d’eucalyptus

-Panneaux à base de bois

-Papiers et cartons

500.000 m³

450.000 t

160.000 m³

280.000 t

1.000.000 m³

550.000 t

580.000 m³

550.000 t

Volumes annuels des importations substituables

-Bois d’œuvre (résineux):

70% du marche

-Eucalyptus de trituration: 100%du marche

 

 

350.000 m³ sciages

250.000 m³ sous écorce

 

 

700.000 m³ sciages

350.000 m³ sous écorce

Source: Plan directeur de reboisement (1997)

L’analyse des échanges commerciaux de bois durant la période de 1992 à 1998 montre que les exportations ont enregistré une croissance de 3%/an alors que les exportations n’ont évolué que d’environ 1,6%/an. Le taux de couverture des importations par les exportations se détériore d’année en année à cause notamment de la demande sans cesse croissante en bois et dérivés.

Cependant, l’entrée en production des plantations de pins réalisées à partir de 1970 et pouvant fournir annuellement 100.000 m³ de sciages de qualité équivalente à celles des importations des mêmes produits, pourra satisfaire 70% du marché en bois d’œuvre résineux. D’autre part, le programme en cours de réalisation concernant la reconversion des anciennes plantations d’eucalyptus au profit de cultures clonales à forte croissance, couvrira à 100% la demande en bois de trituration à base d’eucalyptus.

 

2.4 ROLE DES DIFFERENTS SECTEURS ET CHANGEMENTS ATTENDUS

2.4.1 Climat et désertification

Aléas climatiques et ressources naturelles:

Le Maroc se situe dans une zone géographique où domine un climat semi-aride à aride souvent ponctué de sécheresses plus ou moins prolongées. Certes, le phénomène n’est pas nouveau pour le Maroc mais c’est surtout sa fréquence qui devient source d’inquiétude. Des observateurs avertis estiment que la sécheresse actuelle, plus liée au réchauffement de la terre qu’à des cycles climatiques naturels, tend à revêtir un caractère structurel qu’il faut prendre en considération dans tout projet de développement.

Les conséquences des sécheresses à répétition enregistrées au cours des 20 années écoulées sont multiples et leur degré de gravité diffère selon les régions et les secteurs. Pour les écosystèmes forestiers, elles se manifestent par:

Un état physiologique déficient rendant les peuplements vulnérables aux incendies et aux attaques parasitaires

Une régression des populations de la faune sauvage terrestre et piscicole par suite de la détérioration de leurs conditions de vie

Une baisse de la production forestière, sachant qu’elle est modeste en situation normale

Une perturbation des programmes de reboisement et des échecs de reprise des plants mis en terre

Un dérèglement des plans d’aménagement

Une aggravation des processus d’érosion et de désertification.

Pour atténuer les effets de la sécheresse des dispositions ont été prises à l’échelle nationale en attendant le retour des années humides. Des mesures d’urgence sont mises en place. Parmi ces mesures, celles qui concernent le secteur forestier consistent à:

Débarrasser les forêts des arbres dépérissant qui constituent des foyers de propagation des maladies

Elaborer un plan de prévention et de lutte contre les incendies

Traiter les peuplements infestés, par voie aérienne, en utilisant des insecticides chimiques et biologiques

Réduire le nombre de journées de chasse

Encadrer de près les éleveurs pour minimiser les dégâts que peuvent causer à la forêt les troupeaux en surnombre venus des zones sinistrées

Ces mesures complètent les actions menées par les autres départements et aident à sauvegarder les écosystèmes forestiers plus exposés à la dégradation en période de sécheresse qu’en temps normal.

 

Désertification:

L’aridité du climat accentuée par des sécheresses récurrentes aggrave le processus de désertification de plus en plus marquée dans les provinces du Sud où elle menace plus de 250.000 ha. Des projets d’action contre la désertification ont été réalisés avec des succès techniques remarquables, dans un milieu complexe et difficile à gérer. Leur impact a été, cependant, limité à cause de l’insuffisance des ressources financières qui n’ont pas permis de mener des interventions à grande échelle.

La convention des Nations Unies pour la lutte contre la Désertification à laquelle adhère le Maroc (C.C.D) a conduit à l’élaboration du Programme d’Action contre la désertification (PAN-Maroc), commencé en 1998 et présenté, pour validation, au forum qui s’est tenu à Rabat les 15 et 16 juin 2001. Le contenu du PAN s’articule au tour de deux types d’actions:

Des actions transversales permettant aux opérateurs publics et privés d’avoir une vision cohérente de la désertification

Des actions ciblées concernant la gestion durable des ressources naturelles, l’atténuation des effets de la sécheresse et l’incitation à l’économie d’eau

Les Programmes prioritaires retenus sont nombreux et diversifiés: renforcement des capacités des intervenants, mise au point de technologies adaptées aux zones arides, constitution d’un référentiel sur le développement local durable et participatif, la valorisation des produits non-ligneux de la forêt, la promotion du tourisme local, la lutte contre l'érosion par la foresterie villageoise et les brise-vents, le développement des zones forestières et péri forestières, le développement agro-sylvopastoral, la promotion des énergies alternatives etc.

2.4.2 Ressources naturelles et environnement

Environnement:

La croissance démographique, l’urbanisation rapide, le développement touristique et industriel prête à penser que les problèmes de dégradation de l’environnement prendront de plus en plus d’importance, à l’avenir, si des mesures appropriées ne sont pas prises rapidement pour maîtriser la situation. C’est dans cet esprit que le Maroc a crée le Ministère de l’Environnement et le Conservatoire National de l’Environnement qui lui est rattaché avec comme missions principales de coordonner les actions menées dans ce domaine par les divers intervenants du gouvernement et de la société civile et de définir des programmes de prévention et de lutte contre les sources d’agression envers l’environnement.

L’Etude Nationale sur la Biodiversité concerne tous les aspects de la diversité biologique et débouche sur des stratégies et des plans d’action. Les stratégies retenues sont spécifiques à chaque composante et abordent les aspects de la conservation, du contrôle des exportations des espèces, de la sensibilisation du public etc.

En complément de ce travail, le Ministère Chargé des Eaux et Forêts a réalisé en1996 une étude sur les aires protégées qui a permis de retenir un réseau de 150 sites d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) pour lesquels divers statuts sont proposés: Parc National, Parc Naturel, Réserve Naturelle, Réserve Biologique Domaniale. Cette étude a également défini 3 niveaux de priorité:

Première priorité: Création de 51 parcs et réserves avant 5 ans

Deuxième priorité: 59 unités à créer à une échéance de 10 ans

De leur côté les ONG et la Société Civile sont également actives dans ce domaine. En effet, de nombreuses associations se sont constituées pour militer en faveur de tel ou tel aspect de l’environnement (forêts, sol, la nature en général, la propreté des plages et des villes etc.).

Stratégie de l’eau:

Le potentiel hydraulique national a été sérieusement affecté par la rareté des pluies consécutives aux sécheresses récurrentes des dernières années. Par contre, la demande globale continue de croître à un rythme rapide en raison du développement économique et social du pays.

Au rythme de sa croissance moyenne annuelle de 4% par an, la demande globale en eau doublera à l’horizon 2020 pour atteindre 20 milliards de m³ au lieu de 13 milliards actuellement. Cette tendance à la hausse nécessite la mobilisation de 7 milliards de m³ supplémentaires par la construction de 60 nouveaux barrages et la réalisation de 100 km de forage et de puits pour mobiliser une partie des eaux souterraines.

Le Maroc possède un réseau hydrographique assez dense malgré sa position dans une zone géographique semi-aride. Depuis les années soixante le pays ne cesse d’œuvrer pour la maîtrise de ses ressources en eau dans un triple objectif:

Irriguer 1 million d’ha pour assurer la sécurité alimentaire et améliorer les revenus des agriculteurs

Assurer l’alimentation de l’eau potable des populations et des industries

Réguler le régime des cours d’eau pour prévenir les crues dévastatrices.

Le potentiel des ressources en eau mobilisables évalué à 20 milliards de m³ comprend 16 milliards de m³ d’eau de surface et 4 milliards de m³ d’eau souterraine. Globalement les eaux mobilisées pour les deux catégories et qui représentent 67% du potentiel mobilisable sont destinées à 80% pour l’agriculture et le restant pour l’eau potable et l’industrie.

En dépit des efforts consentis, le déficit hydrique consécutif aux sécheresses à répétition nous rapproche du seuil critique de 950 m³ par habitant et par an qui pourra tomber à 750 m³ à l’horizon 2020. A la question le Maroc connaîtra-t-il une pénurie d’eau à cette échéance, la réponse sera apportée par la mobilisation du potentiel d’eau encore inexploité (7 MDS de m³), le dessalement de l’eau de mer que le Maroc possède en abondance et par les mesures prises pour économiser l’eau.

Pour ce qui est des mesures de conservation et d’économie d’eau mises en œuvre, elles sont nombreuses:

Intensification de la lutte contre l’érosion à travers l’aménagement intégré des bassins versants pour protéger les ouvrages hydrauliques des apports solides. Le Plan National d’Erosion (PNE) en cours d’exécution prévoit que le reboisement et les techniques de conservation des sols peuvent réduire l’érosion de 300 t/km2/an

La sauvegarde des forêts en tant qu’élément indispensable à la régulation des débits des cours d’eau, au maintien des sols en place et à l’infiltration des eaux de pluies alimentant les nappes phréatiques

La réutilisation des eaux usées pour l’irrigation; une station d’épuration vient d’être mise en service à Agadir

La généralisation des technologies modernes d’irrigation à faible consommation d’eau (pivots, goutte à goutte, aspersion etc.….)

La sensibilisation du consommateur à l’économie d’eau et au bon usage qu’il doit en faire

Dans l’ensemble, la qualité de l’eau est préservée même si quelques cas de pollution isolés sont signalés; des contrôles sont régulièrement effectués par des organismes étatiques: Ministère de la santé, office national de l’eau potable ou encore par la direction de l’hydraulique.

Qualité de l’air:

La pollution de l’air commence à devenir source d’inquiétude dans les grandes agglomérations comme Casablanca et Rabat mais n’a jamais atteint des seuils de gravité alarmants. Un laboratoire spécialisé dans le domaine, récemment installé à Casablanca, devra suivre régulièrement, par des mesures, l’évolution de la qualité de l’air.

D’après le rapport du Groupe Intergouvernemental sur l’évolution du climat (1995), l’émission par le Maroc de gaz à effet de serre est évaluée à 1,7 tonnes équivalent de gaz carbonique par habitant en 1990. Ce chiffre est nettement inférieur à ceux de nos voisins maghrébins (Algérie 7 t/h; Libye 12,9 t/h; Tunisie 2,1 t/h) et nous nous situons encore très loin par rapport aux autres pays industrialisés (28 pour les USA et 16 pour la France). Des experts estiment que ces émissions vont augmenter de 50% à l’horizon 2010 mais demeurent insignifiantes. Le Maroc ne peut d’aucune manière avoir une influence sur le changement climatique.

Le captage du gaz carbonique par la forêt marocaine est estimé à 15% des émissions de ce corps soit 32000 géogrammes (bilan de 1990). Ce taux sera amélioré quand seront réalisées les 500.000 ha de reboisement programmés au cours des 10 prochaines années, dans le cadre du Plan Directeur de Reboisement (1997).

Dégradation des sols et lutte contre l’érosion:

Les variations climatiques, l’action de l’homme, la surexploitation des terres, la déforestation, le surpâturage, l’urbanisation sont des facteurs de dégradation des sols et d’aggravation de la désertification.

On estime que chaque année 22000 ha de terres agricoles (0,2% de la SAU) perdent leur couche arable tandis que le surpâturage et le défrichement abusif des zones de parcours affectent 65000 ha annuellement (0,4% des terres de parcours naturels). Pour leur part les espaces boisés perdent chaque année près de 31000ha (0,3% du domaine Forestier).

L’érosion menace 13 millions d’ha de terres de cultures et de parcours au Maroc septentrional. L’envasement des barrages augmente chaque année de 50 millions de m³ soit l’équivalent d’une perte de 5000 ha de surface irriguée.

Les prélèvements de sable pour la construction dénaturent les sites, déstabilisent les dunes et accentuent l’érosion éolienne.

Les premières interventions de lutte contre l’érosion hydrique et de conservation des sols datent du début des années cinquante et même au-delà pour l’érosion éolienne. Progressivement, la prise de conscience de l’ampleur des dommages dus à l’érosion, en parallèle à une politique dynamique de construction de barrages, les actions se sont organisées au sein d’aménagements globaux de bassins versants, avec comme objectifs principaux:

La protection des sols contre l’érosion hydrique et éolienne

La conservation des eaux et l’amélioration de la productivité des terres menacées d’érosion

La protection des infrastructures socio-économiques

Le développement local et l’amélioration des revenus des paysans

Les modalités d’intervention étaient assorties de mesures d’encouragement en faveur des propriétaires des terrains concernés (prêts, indemnités, subventions, contrats de travaux…). Les 500.000 ha ainsi traités font ressortir un bilan modeste comparativement à l’ampleur de la mission. Les contraintes recensées se résument à:

Un contexte socio-économique guère favorable

Une approche de planification impérative qui débouche sur une banalisation des choix techniques

Ce n’est qu’à partir de 1980 que l’élaboration des schéma-directeurs d’aménagement dans le cadre des bassins versants est devenue la stratégie recommandée pour planifier les actions anti-érosives.

Le Plan National d’Aménagement des Bassins Versants (PNABV):

Le PNABV adopté en 1996 a permis d’arrêter les priorités d’intervention sur les bassins versants en amont de 22 barrages et évalué les superficies à risque à plus de 11 millions d’ha dont 3 millions d’ha à aménager pour un coût annuel estimé à 150 millions de Dh sur 20 ans.

Le PNABV privilégie l’approche de planification stratégique qui travaille à petite échelle et sur une longue période à l’approche impérative qui travaille à grande échelle sur une courte période. Ce changement d’échelle va entraîner des mesures touchant de près les acteurs locaux (sécurisation foncière, valorisation des connaissances locales économes, mesures d’incitations). Il induira des modifications institutionnelles pour une application optimale de la politique d’aménagements intégrés basée sur une gestion décentralisée et participative avec comme implications:

Le redéploiement des moyens de l’Etat vers les activités en amont

L’institutionnalisation de procédures de participation par des relations de type contractuel entre autorités locales et celles de tutelle

La mise en place de systèmes de suivi-évaluation conjoint

Dans ce cadre, 15 bassins versants couvrant une superficie de 3,3 millions d’ha ont fait l’objet de Schéma-directeurs anti-érosifs; Cependant, leur exécution est subordonnée aux ressources financières qui pourront être mobilisées notamment par les bailleurs de fonds. Actuellement, 5 projets d’intervention sont mis en œuvre avec la collaboration d’organismes internationaux (PNU/FAO; BIRD; GTZ; UE; Coopération maroco-belge). Il est prématuré de faire le bilan de ces interventions qui sont à leurs débuts.

Lutte contre l’érosion éolienne:

L’érosion par le vent est particulièrement active dans les provinces du littoral atlantique et certaines provinces continentales du Sud-Est du pays où la désertification menace près de 250.000 ha. Dans ces zones continentales, le dépôt de sable devient inquiétant pour les palmeraies et pose également de sérieux problèmes aux niveaux des canaux d’irrigation, des voies de communication et des agglomérations rurales. On estime qu’actuellement 15.000 ha de palmeraies sont déjà couverts de sable et autant menacés. L’effort des 30 dernières années de lutte contre l’ensablement s’est traduit par la stabilisation de 21.000 ha de dunes littorales et 1000 ha de dunes continentales.

Au niveau du littoral, la protection des villes côtières est maintenant assurée grâce aux travaux effectués depuis les années 1950. En revanche, en milieu continental les besoins sont encore grands. Dans ce milieu hostile à la végétation, la tâche est difficile. Cependant, des plantations adaptées pour la fixation des dunes à base de Tamarix aphylla et la protection de la végétation naturelle permettent de diminuer l’impact des vents transporteurs de sable.

Le niveau des réalisations bien que modeste ait permit néanmoins des acquis techniques et une contribution au développement des réflexions sur l’aménagement et la gestion des zones arides et désertiques ainsi que la protection de 22 agglomérations (10.000 habitants), 26 km de canaux d’irrigation (plus de 300 ha), 25 km de routes et 8500 ha de palmeraies. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Plan National de lutte contre la désertification élaboré en 1986 qui a permis une meilleure connaissance du problème, dégagé les besoins et les priorités. Mais la réalisation des projets d’envergure reste tributaire des disponibilités budgétaires.

Pour les années à venir, la stratégie adoptée privilégiera la mise en place de projets intégrés d’intervention à l’image du projet pilote de lutte contre l’ensablement et la désertification dans les provinces du Sud d’Agadir. Lancé en 1997, ce projet, concerne une zone de 7000 km² et vise la conservation de la capacité productive des sols et d’amélioration des revenus des agriculteurs.

Bois- énergie et énergies alternatives:

Le bois énergie est la deuxième source d’énergie au Maroc et couvre 30% des besoins nationaux. La demande est évaluée à 11 millions de m³ et l’offre à 4,5 millions de m³ toutes origines confondues. Dans ces conditions, les prélèvements de bois de chauffe en forêt excèdent 3 à 4 fois la possibilité de celle-ci et se traduisent par une perte d’une partie du capital. Dans l’hypothèse où la consommation moyenne annuelle par personne se maintient à son niveau actuel (0,67 m³ en ville; 4 m³ à la campagne) et où l’urbanisation absorbe le surcroît de la population, la demande de bois de feu d’origine forestière devra s’accroître au rythme de 0,4% par an d’ici 2010. Dans ces conditions, la pression sur les forêts aura tendance à baisser mais à un degré moindre dans les provinces à caractère rural prononcé.

Consommation d’énergie et conséquences sur les forêts:

Le bilan énergétique national est caractérisé par une très grande dépendance vis-à-vis des produits pétroliers. La consommation des énergies commerciales qui s’est établi à 9,6 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 1999 est dominée par les produits pétroliers à hauteur de 69%. Le charbon occupe la deuxième place avec 23%. La consommation des énergies traditionnelles, principalement à base de bois énergie, est estimée à 3,5 millions de TEP, soit près de 30% de la consommation nationale globale en produits énergétiques. Cette source d’énergie, largement utilisée dans le monde rural, est également utilisée pour la satisfaction de certains besoins énergétiques des agglomérations urbaines et périurbaines (bains collectifs, fours à pain, …).

Tableau 1: Evolution de la consommation énergétique nationale

Type de produit

1995

(1000 TEP)

%

1999

(1.000 TEP)

%

Produits pétroliers

6.140

51,82

6.642

50,80

Charbon

1.970

16,62

2.209

16,89

Electricité hydraulique

160

1,35

212

1,62

Electricité importée

63

0,53

480

3,67

Gaz naturel

15

0,13

33

0,25

Biomasse

3.500

29,55

3.500

26,77

Total

11.848

100

13.076

100

Source: Direction de L’Energie, MEM, mai 2000

Orientations stratégiques:

Durant ces dernières années, le secteur de l’énergie a connu d’importantes mesures qui ont permis de stabiliser l’approvisionnement énergétique du pays et d’adopter des réformes visant la réorganisation et la restructuration du secteur et son adaptation au nouvel environnement macro-économique national. Les orientations stratégique s de la politique énergétique nationale se fondent sur une vision globale et peuvent être exprimées autour des axes suivants:

Assurer un approvisionnement énergétique suffisant et régulier, pour les différents usages et qui soit compatible avec la maîtrise de la demande et la sauvegarde de l’environnement

Fournir l’énergie dans les meilleures conditions de coût et de sécurité

Développer l’énergétisation du monde rural, notamment par la promotion de l’utilisation des énergies renouvelables

Ressources en énergie renouvelable:

Solaire photovoltaïque:

Au Maroc, on estime la puissance photovoltaïque totale installée à 4 MW dont une grande partie pour l’électrification de foyers ruraux (plus de 20.000 foyers), l’alimentation d’électro-pompes pour l’eau potable et de systèmes professionnels (télécommunication, émetteurs-récepteurs TV, signalisation en sites isolés, etc.). Cette technologie est particulièrement adaptée à la demande importante, mais diffuse, en petite électricité de foyers ruraux non concernés à moyen terme par l’extension du réseau électrique interconnecté. Une proportion importante des ménages ruraux habite dans des douars très isolés ou dans des habitations dispersées rendant plus difficile leur électrification par extension du réseau.

Une importante expérience a été développée par le Centre de Développement des Energies Renouvelables (CDER) avec l’équipement de milliers de foyers ruraux en systèmes solaires photovoltaïque et micro-centrales hydroélectriques pour leur électrification. Plus généralement, le Maroc a mis en œuvre, souvent dans le cadre d’initiatives privées, une très grande variété de projets tant sur les aspects techniques que sur les aspects organisationnels et financiers et qui concernent actuellement 10% des villages du Maroc.

Solaire thermique:

Au Maroc, la substitution des chauffe-eau électriques par des chauffe-eau solaires (CES) constitue des moyens d’économie d’énergies (jusqu’à 650 kW/m2 et par an). L’offre commerciale dans ce domaine s’est considérablement développée avec la création de plusieurs sociétés de distribution, l’implantation d’importantes unités de fabrication et la réduction des prix (8 à 10 mille dirhams le CES de 150 litres). La demande en CES est estimée à près de 400.000 m2 comme potentiel englobant les besoins individuels et collectifs. Au niveau des réalisations, le bilan en terme de mètres carrés installés est de 35.000 qui reste modeste avec un marché annuel ne dépassant pas 3.500 m2.

Biomasse:

Le bilan offre/demande en bois énergie fait apparaître un déficit de 3,1 millions de tonnes par an, la consommation totale étant estimée à 6,36 millions de tonnes par an. Les postes de consommation de bois énergie les plus importants sont:

Les usages des ménages ruraux avec 87,6% répartis entre la cuisson du pain (55%), la cuisson des repas (27%), le chauffage hivernal (15%) et les hammams individuels (4%)

Les établissements en milieu rural (hammams et fours boulangerie) avec 0,4%

La consommation urbaine avec 12% (ménages, hammams, fours boulangeries…)

L’ensemble des technologies développées montre des possibilités importantes d’économie de bois énergie variant de 40 à 50% pour les Hammams, 50% et plus pour la cuisson du pain et des repas, et jusqu’à 80% pour le chauffage de l’eau. Plusieurs projets de diffusion de technologies améliorées ont été initiés dans différentes régions du pays et un projet pilote d’économie de bois énergie a été récemment identifié, dont une partie concernant les Hammams dans la wilaya de Casablanca est soumise au financement du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM).

Les besoins qui ne pourraient pas être substitués seraient satisfaits par la mise en œuvre de programme de reboisements à vocation énergétique (essence à croissance rapide: eucalyptus, acacias etc.) dans le cadre du Plan Directeur de Reboisement donnant la priorité aux zones déficitaires. Ces programmes peuvent être réalisés par les collectivités locales ou par les privés avec l’appui de l’Etat (FNF, encadrement technique)

Diffusion de digesteurs pour la production de bio gaz:

Dans l’objectif d’une meilleure maîtrise de la technologie biogaz, le CDER avec l’appui de la GTZ, a par ailleurs initié de nombreux programmes de diffusion des digesteurs qui ont porté sur la distribution et l’installation de plus de 400 unités. Les actions mises en place et les outils développés notamment au niveau de la région de Souss Massa pour la promotion de digesteurs de petites et moyennes capacités (20, 50 et 100 m³) permettent actuellement de dégager les enseignements nécessaires à la définition d’une stratégie précise pour une large diffusion de cette technologie au niveau national.

Energie éolienne:

L’application traditionnelle de cette forme d’énergie concerne essentiellement le pompage d’eau par le biais d’éoliennes multi-pâles. Des transferts de technologie dans ce domaine ont été réalisés notamment avec la coopération belge et hollandaise.

La production d’électricité à partir de l’énergie éolienne est une filière prometteuse. Le Maroc développe actuellement des parcs éoliens importants grâce à l’existence de sites disposant de vitesse moyenne du vent supérieur à 10 m/s. Il faut noter à ce sujet, l’installation dans le Nord du Maroc du Parc Eolien de Koudia Al Baïda considéré comme le plus grand parc éolien en Afrique, constitué de 84 éoliennes d’une puissance totale de 50,4 MW.

Les énergies de substitution au bois en milieu rural.

Le Maroc œuvre pour une diversification des sources d’énergie dans un triple optique:

Répondre aux besoins énergétiques des populations notamment en milieu rural

Alléger le coût de la facture pétrolière

Protéger l’environnement des émissions de gaz à effet de serre et réduire les prélèvements de bois de feu qui sont source de dégradation des forêts

Les projets réalisés ou en cours d’exécution, dans ce domaine, ne négligent aucune forme d’énergie susceptible d’apporter une solution appropriée aux besoins exprimés. Cependant, l’accent est mis sur le gaz naturel et les énergies alternatives.

Le gaz naturel qui a un pouvoir calorifique élevé (9000 kcal/m³) et peu polluant se prête à de multiples usages de manière économique et performante (chauffage, cuisson, éclairage etc.). Son coût d’éclairage comparé aux autres sources d’énergies consommées en milieu rural pour les mêmes usages est nettement avantageux. Au plan de la combustion, le gaz est encore une fois, plus économique que le bois de feu et le charbon de bois. Les prix réels comparés exprimés en Dh/kg équivalent pétrole le place largement en tête. Le gaz est incontestablement la forme d’énergie à développer en milieu rural. D’ailleurs son utilisation se répand de plus en plus du fait de son avantage en coût comparé et du faible coût d’investissement à l’installation.

Les énergies renouvelables sont coûteuses à l’installation mais en revanche produisent de l’énergie propose à faible coût d’exploitation. Leur contribution à l’économie de bois n’est pas négligeable. Les exemples de ce type d’énergie installées au Maroc sont nombreux; On peut citer le cas de 75 digesteurs d’une capacité de 2000 m³ installés à proximité de la forêt d’arganier produisant 800 MWH/an de bio gaz, ce qui s’est traduit par une économie de 1000 t de bois de chauffe et une réduction de 1650 t de gaz carbonique.

La diffusion en milieu rural, du gaz et des énergies alternatives, conjuguée à l’usage de technologies d’économie d’énergie (foyers améliorés, isolation etc.…) pourront, sans aucun doute, diminuer sensiblement la consommation de bois de feu.

Tableau 2: Comparaison des types de combustibles:

Type d’énergie

Prix de détail Dh/Kg

Pouvoir calorifique inférieur équi-pétrole

Rendement des foyers

Prix réel Dh/kg équit-pétrole

Bois de feu

0,4 – 0,6

0,36

5 %

22-23

Butane

2,4 - 2,8

1,08

30%

8,3-8,6

Charbon de feu

2,5 - 3,8

0,43

10%

58-88

Pétrole lampant

4,5 – 5,8

1

30 %

15-19

Source: ELABID 1998

Le reboisement complément aux rôles des forêts naturelles:

Le Plan National de Reboisement

Des peuplements artificiels, constitués notamment d’essences à croissance rapide, destinés à compléter et à parfaire l’action bénéfique de la forêt naturelle, ont été installés depuis plus d’un demi-siècle au Maroc et couvrent actuellement près de 500.000 ha dont 46% de conifères, 41% d’eucalyptus et 13% d’autres feuillus. Les plantations se poursuivent au rythme de 15.000 ha par an en moyenne.

Depuis 1970, tous les reboisements ont été intégrés dans un vaste programme économique et social appelé «Plan National de Reboisement» dont l’objectif principal était de satisfaire, aux alentours de l’an 2000, les besoins du pays en bois grâce à un programme de plantation de 660.000 ha étalé sur 30 ans. Le PNR visait essentiellement à renforcer et compléter le rôle des forêts naturelles dans leur triple fonction de production de bois, de protection du sol et des infrastructures socio-économiques et de récréation. Dans sa mise en œuvre, le PNR s’est confronté à quatre grands types de contraintes:

Ressources financières limitées

Concentration dans le temps des aléas climatiques pénalisants

Réticences accrues des populations et des usagers (contestations foncières, limitation temporaire des droits d’usage)

Faible engagement du secteur privé et des collectivités locales bénéficiaires des recettes forestières, dans le reboisement

En dépit de ces contraintes des réalisations remarquables ont été faites.

Le Plan Directeur de Reboisement:

A la veille de l’expiration du PNR, le Département des forêts a élaboré en 1997, le Plan Directeur de Reboisement (PDR) qui vient confirmer que la politique de reboisement du Maroc est soutenue, continue et pérenne. De ce fait, le PNR et le PDR constituent, sans rupture, l’expression d’une même ambition.

Le PDR s’articule autour de quatre priorités stratégiques:

Le contrôle du régime des eaux et de l’érosion dans les principaux bassins versants et la lutte contre l’envasement des barrages et contre l’ensablement

L’établissement d’un équilibre sylvo-pastoral durable, favorable à la forêt et bénéfique aux populations dans les zones de parcours

La consolidation et le développement du potentiel de production forestière, en quantité et en qualité, en vue d’accroître la valeur ajoutée de la filière bois du pays et de mieux maîtriser l’économie du bois énergie

La prise en compte des espaces boisés comme facteur d’équilibre social et culturel dans le développement de l’urbanisme, des infrastructures et du tourisme

Le PDR préconise une nouvelle stratégie de travail basée sur:

La coordination des départements administratifs (forêts, agriculture, intérieur, hydraulique)

L’intervention des collectivités locales et ethniques, du secteur industriel et du privé dans le reboisement

La conception du reboisement comme un élément du développement rural d’où une démarche participative engageant les populations et les usagers avec des mesures d’accompagnement

Le renforcement des moyens et leur modernisation: techniques de négociation et de communication, logistique, pépinières, entreprises de reboisement etc.

Le PDR aboutit à la nécessité, à très long terme, de reboiser 5 millions d’ha pour arriver à un équilibre écologique et économique optimum soit 1,8 millions d’ha en production, 2 millions d’ha sylvo-pastoraux et 0,8 millions d’ha en reboisements récréatifs. Pour les 30 années à venir, le Maroc devra reboiser 1,5 millions d’ha dont 950.000 ha en production, 300.000 ha en protection, 250.000 ha en reboisements sylvo-pastoraux et 45.000 ha en plantations récréatives.

Le PDR a également défini un plan d’action d’urgence, de 500.000 ha à reboiser, au cours des 10 prochaines années, comprenant 46% de plantations de production, 42% pour la protection du sol et des ouvrages hydro-agricoles, 9% de sylvo-pastoralisme et 3% pour le loisir.

Les projets programmés sont regroupés en 129 grands ensembles de reboisement (GER) de plusieurs millions d’ha chacun représentant l’unité de programmation. Les GER sont eux-mêmes subdivisés en 772 périmètres qui, avec plusieurs centaines d’ha chacun, constituent l’unité de chantier. Les GER et les périmètres serviront de cadre de référence et d’action pour le personnel forestier. L’enjeu du PDR à l’échéance de 10 ans correspond: à la création de 12.000 emplois permanents, la production de 25 millions d’unités fourragères par an, l’obtention de 250.000 m³ de bois énergie par an, la production de 1 million de m³/an de bois d’œuvre et d’industrie et enfin à la réduction de 20% du rythme d’envasement des principaux barrages.

Ces objectifs ambitieux mais réalisables seront atteints si les programmes sont conçus et réalisés avec l’appui et la compréhension des autres partenaires.

L’investissement privé en forêt

L’Etat encourage les particuliers qui se proposent de créer des plantations sur leurs propres terrains en leur octroyant des subventions en nature et en espèce. Depuis qu’est née l’activité de reboisement au Maroc, le privé a planté quelques 35.000 ha de manière dispersée. C’est peu par rapport aux besoins du pays. En vue d’associer davantage le privé aux efforts de reboisement de l’Administration, l’Etat offre désormais aux promoteurs qui le souhaitent la possibilité de créer des plantations en domaine forestier. Cette formule qui existe pour la première fois, depuis la récente réforme du Fonds National Forestier (FNF), vise à créer des filières forêt-industrie.

Dans ce cadre le département des forêts a conclu un contrat avec la Cellulose du Maroc (D.D.M) qui a reçu en location de longue durée (30 ans) des terrains forestiers étatiques. Une filiale de la C.D.M réalise les reboisements durant une période de 10 ans et livre les produits à la C.D.M. Au total 25.000 ha sont concernés par le contrat dont 7.300 ha sont déjà plantés en eucalyptus clonal et 4.000 autres ha sont en voie de réalisation. L’Etat subventionne ces reboisements à raison de 2.500 Dh/ha. A terme, ces 25.000 ha devraient couvrir 60% des besoins de la C.D.M.

La formule de gestion contractuelle pourrait être étendue à certaines forêts particulières qui approvisionnent les industries locales en matière première. Elle a déjà donné ses preuves en matière d’amodiation de territoires de chasse et de pisciculture continentale.

 

2.4.3 Le Tourisme

Importance:

Pour le Maroc aux potentialités multiples, le tourisme doit constituer une activité, plutôt une industrie, à même d’insuffler une réelle dynamique à son développement global en drainant des devises et en créant des emplois. Au titre de l’année 1998, il a contribué pour plus de 16 milliards de dirhams en devises, dans la balance des paiements, dépassant les phosphates (14 milliards) et les transferts des résidents marocains à l’étranger (17,5 milliards). Il représente 7% DU PIB et emploie 6% de la population active.

Stratégie pour les années à venir:

L’objectif affiché par les responsables de ce secteur est d’atteindre 10 millions de touristes à l’horizon 2010 au lieu de 3,250 millions en 1998, sur la base des tendances actuelles (plus de 12% de croissance/an). Dans cette perspective, le tourisme représentera 20% du PIB et assurera plus de 1,200 millions d’emplois directs et indirects (15% de la population active).

Pour réaliser cet objectif ambitieux mais faisable, la stratégie tracée consiste à conquérir des parts du marché mondial, en plein ressort, et à restaurer la capacité concurrentielle du Maroc, notamment par l’amélioration de l’environnement du secteur, la modernisation des équipements, l’augmentation de la capacité d’hébergement, la diversification du produit (tourisme balnéaire, culturel, éco-tourisme…) et enfin par des mesures d’accompagnement.

Le tourisme de nature: un secteur peu valorisé

Le Maroc dispose d’atouts favorables au développement du tourisme de nature dont l’un des points forts est d’être compatible avec un auto-développement des régions rurales et de leurs populations. Le patrimoine touristique naturel est très riche et diversifié mais guère valorisé: Paysages de montagne captivants, flore et faune originales, 3500 km de côtes, vaste désert, folklore varié, monuments historiques...

En 1980, le département du tourisme a tenté, avec succès, une opération de tourisme de montagne dans le Haut Atlas avec comme objectifs dynamiser l’économie locale et acquérir une expérience dans le domaine. Les résultats ont été surprenants et les retombées ont suivi: création d’emplois pour les jeunes ruraux, plus de 300 guides et accompagnateurs ont été formés dont 100 spécialistes à ski, sport nautique, escalade etc. Les possibilités d’accueil ont été développées chez les habitants qui se sont montrés très réceptifs, dans les auberges, dans des refuges et des gîtes si bien qu’en moins de 10 ans le nombre de touristes est passé de 15.000 à 60.000.

L’éco-tourisme est un moyen de valorisation et de conservation des sites naturels et de la biodiversité sans compter son impact sur l’économie locale. De son côté, le département des Eaux et Forêts a élaboré à travers le Plan Directeur des Aires Protégées (PDAP) une stratégie de développement de l’éco-tourisme, parallèlement à l’extension et l’équipement du réseau des parcs nationaux et réserves biologiques. Le PDAP concerne 10 parcs nationaux et 144 réserves pour une superficie totale de 3,277 millions d’ha soit l’équivalent de 5,2% de la superficie du territoire national.

Tourisme et forêt:

Au regard de la forêt, l’économie du tourisme doit être développée sur la base d’un aménagement spécifique basé sur une infrastructure d’accueil adaptée, des tracés d’itinéraires riches et variés et des actions de vulgarisation et de sensibilisation des promeneurs qui doivent profiter des avantages offerts par le site sans dégrader la forêt ni nuire à la salubrité des lieux. Par ailleurs, le développement rapide des centres urbains nécessite davantage d’espaces récréatifs pour accueillir un public de plus en plus nombreux. Le niveau de 2,5 m² par habitant est rarement atteint dans les grandes agglomérations alors qu’une moyenne de 10 m²/habitant est jugée nécessaire. En dehors des centres urbains, c’est le loisir non-organisé qui prédomine vu le manque d’infrastructure d’accueil. Le déplacement en forêt devient de plus en plus fréquent et met en évidence la nécessité d’intervention dans ce domaine.

Ces données sont prises en considération par le Plan Directeur de Reboisement, élaboré en 1997, qui consacre tout un chapitre aux «ceintures vertes et forêts périurbaines».Le plan d’action prévoit l’insertion de la forêt dans le plan de développement urbain pour éviter que l’extension des villes ne se fasse au détriment de la forêt. Il vise également la création par plantation de 15.000 ha d’espaces verts de loisir, en 10 ans. L’enjeu est à la fois social et touristique:

L’enjeu social: création d’espaces verts de promenade et de loisir pour les citadins, amélioration de la qualité de l’air

L’enjeu touristique: embellissement et valorisation des sites et paysages, ornementation des axes routiers et entrées des villes

La mise en œuvre de ce plan d’action a commencé par une enquête qui doit déterminer l’état des lieux et le niveau des besoins

2.4.4 Agriculture et sécurité alimentaire

SAU et structure foncière:

Le recensement général de l’agriculture effectué en 1996, après celui de 1994, indique que la surface agricole utile (SAU) a augmenté de 21% en 22 ans passant ainsi de 7,231 millions d’ha en 1994 à 8,732 millions en 1996. Ce gain de superficie s’est fait aux dépens des forêts et des terres collectives, de parcours notamment. Les défrichements des espaces boisés sont estimés à 4.500 ha/an et s’opèrent particulière dans les forêts, non encore délimitées, du Nord du pays et dans les nappes alfatières. Les prélèvements, au profit de l’agriculture, de terrains forestiers et de parcours, situés dans des zones marginales, semblent avoir atteint les limites de ce qui est possible et auront tendance à diminuer à l’avenir.

Le nombre d’exploitations agricoles a diminué de 22% durant la même période (1994-1996) passant de 1,927 millions à 1,496 millions. Ce recul a concerné surtout les exploitations sans terre (-85%) et celles dont la taille est inférieure à 1 ha (-30%). Il trouve son explication dans la migration des ruraux de conditions sociales précaires vers les centres urbains à la recherche de meilleures conditions de vie. Les sécheresses des années 80 et 90, ont accentué les flux migratoires vers les villes où le nombre de migrants est passé à 200000/an de 1994 à 1998 contre 167000 par an entre 1982 et 1994.

Près de 70% des exploitations ont moins de 5 ha et n’occupent que 24% du total de la SAU, alors que 13% des moyennes et grosses exploitations (10 ha et plus) en détiennent plus de 54%. Le nombre élevé de petites exploitations limite l’emploi de techniques et moyens performants susceptibles d’améliorer la productivité.

Le statut juridique des terres, le plus répandu, est de type «Melk» (76% de la SAU), sans que la propriété ne soit contestée (melk signifie non immatriculé).

Occupation des sols

Les céréales (blés, orge et Maïs) occupent environ 65% de la SAU et représentent 7% des terres en bour (non irriguées), 35 à 40% des terres irriguées et 50% de la valeur de la production végétale, sans les fruits et les légumes.

Les cultures maraîchères (3% de la SAU) forment avec les agrumes les principales productions réalisées dans les périmètres irrigués et sont destinées essentiellement à l’agro-industrie et à l’exportation, contribuant ainsi à l’équilibre de la balance commerciale. La Jachère et les autres spéculations (plantations, légumineuses, fourrages, cultures industrielles) occupent le restant de la SAU (30%).

La superficie irriguée a atteint 1,252 millions d’ha en 1996, enregistrant une progression de 526.400 ha par rapport à 1994 soit une augmentation moyenne annuelle de 24.000 ha, ce qui signifie l’effort important déployé en matière de mobilisation des eaux.

l’élevage:

L’élevage apporte un complément de revenu appréciable notamment pour les petites exploitations et les sans terre. En général, l’élevage pratiqué est de type extensif qui s’effectue sur les terres de parcours collectives ou en forêts dont la contribution au bilan fourrager national est respectivement de 35% et 17%.

Les races locales détenues par les petites exploitations ont encore un poids important dans la constitution du cheptel. Les races pures et les produits de croisements sont essentiellement du sort des moyennes et grosses exploitations mais leur généralisation à l’ensemble des exploitations ne cesse de progresser.

Production agricole et sécurité alimentaire:

D’importants efforts sont déployés par les pouvoirs publics en faveur du développement agricole tels que l’aménagement de périmètres irrigués, la diffusion du progrès technique par voie de vulgarisation, les mesures de soutien à la production, la régulation du marché intérieur, la possibilité d’accès au financement. Dans l’ensemble, ces efforts sont couronnés par des succès indéniables comme l’amélioration des rendements (42% pour les blés entre 1970 et 1998), l’augmentation des revenus des agriculteurs surtout dans les zones irriguées, la création d’emplois etc.

Cependant, les performances de la production agricole restent tributaires des aléas climatiques. Selon les quantités de pluies reçues, les niveaux des productions peuvent considérablement varier d’une année à l’autre et faire subir d’importantes fluctuations au PIB national où l’agriculture représente 12 à 20%, selon les résultats de la campagne. En dépit des contraintes climatiques, la production locale a atteint des taux d’autosuffisance pour les denrées alimentaires de base, de 79% pour les céréales, 58% pour le sucre, 35% pour l’huile, 100% pour les viandes et plus de 55% pour le lait. L’autosuffisance recherchée au début des années 60 ne semble plus constituer le fondement de la politique agricole nationale.

La sécurité alimentaire figure parmi les fondements de l’actuelle politique agricole mais selon une conception qui prend en considération les avantages comparatifs des productions locales sans perdre de vue l’intérêt que représentent les échanges avec le marché extérieur pour le renforcement de cette sécurité. L’avancée de la mondialisation fait que l’agriculture marocaine ne peut être tenue à l’écart de ce processus. C’est d’ailleurs dans ce cadre que le Maroc a entrepris des mesures de libéralisation du marché intérieur des céréales, du sucre et des oléagineux.

2.4.5 Développement rural durable

La mise à niveau du monde rural:

Le but recherché est de rehausser le niveau d’accès des populations rurales aux services sociaux et d’améliorer leurs conditions de vie d’une manière générale. Des programmes de développement, étalés sur plusieurs années, comme le BAJ, le PAGER, le PERG ou encore le PNCRR, sont mis en œuvre depuis le milieu de la dernière décennie. Les rythmes des réalisations ont été accélérés, ces deux dernières années pour atténuer les effets de la sécheresse et la rareté de l’eau.

L’originalité du PAGER et du PERG réside dans leur cofinancement par l’état, les collectivités locales et en partie par les bénéficiaires selon une approche participative. Parallèlement à ces programmes d’envergure nationale, d’autres projets de développement socio-économique sont mis en œuvre par des départements ministériels, des collectivités locales et des ONG. L’ensemble de ces projets vise la promotion de l’emploi en milieu rural, la diversification des revenus, la protection de l’environnement et la mise en valeur durable des ressources naturelles.

Le développement intégré des zones forestières:

Les nouvelles orientations stratégiques définies dans le secteur agricole accordent une priorité particulière à l’éco-développement intégré et participatif en milieu rural. A ce titre des projets de développement intégré (P.D.I) sont mis en œuvre dans les zones forestières et péri-forestières.

L’approche est intéressante puisqu’elle intègre toutes les composantes de la gestion de l’espace par la population rurale dans un schéma global qui tient compte de la complémentarité entre les trois espaces: forêts-parcours collectifs–terrains agricoles. Vient également d’être lancée l’étude de développement de sept zones reparties dans différentes régions du pays.

Le développement intégré des zones forestières et péri-forestières est donc un choix stratégique important pour soulager la forêt. A ce propos plusieurs actions sont proposées concernant notamment:

La réhabilitation des zones arides et la lutte contre la désertification

La protection des sols contre les diverses formes d’érosion

La création de groupements et coop& eacute;ratives sylvo-pastorales

La promotion de la diversification de l’activité économique

Le désenclavement des populations et leur intégration dans une économie ouverte avec l’extérieur

La hiérarchisation des activités forestières en concertation avec les collectivités locales

Les réalisations en cours et celles qui les ont précédées témoignent de la ferme volonté des pouvoirs publics et avec eux la société civile, les ONG et tous les partenaires concernés par le développement rural, d’œuvrer ensemble pour la promotion du monde rural. Les efforts déployés actuellement sont 7 à 10 fois plus importante que ceux consenti depuis l’indépendance si bien que dans les années à venir on doit assister à une nette amélioration du bien être social et économique des populations rurales et à un prompt resserrement de l’écart qui les sépare de celles vivant en milieu urbain.

Les changements attendus auront inéluctablement un impact sur les espaces boisés dans le sens d’une diminution de la pression qu’exercent les populations sur les forêts en particulier et les ressources naturelles en général. En effet, la régression des signes de pauvreté et le déclin du système de vie rurale traditionnelle au profit d’un mode de vie moderne ouvert sur la civilisation et le progrès auront pour conséquence une modification du comportement des populations à l’égard de la forêt qui ne sera plus considérée comme une simple source intarissable de produits et de services gratuits mais comme un bien économique et un cadre de bien être social.

2.4.6 Les infrastructures économiques de base

Les nouvelles technologies de l’information (NTI):

Le Maroc est entrain de réaliser son décollage dans le domaine des NTI, à en juger par les progrès importants accomplis en peu de temps. Ainsi, après l’Afrique du Sud, c’est le pays d’Afrique où les NTI sont les mieux implantées. L’usage du téléphone portable se répand très rapidement. Le commerce électronique n’est qu’à son début mais se développe rapidement surtout depuis la mise en service, récemment, du WAP qui a vite été adopté par les médias, les banques et d’autres opérateurs privés pour accéder à Internet via le GSM.

Les progrès enregistrés dans le domaine des NTI sont le fruit d’une volonté politique d’insertion du pays dans la société de l’information et de la nouvelle économie compte tenu des avantages que procurent ces nouvelles technologies sur les plans de la production, de l’e-commerce, du télétravail, de la recherche scientifique, de la création d’opportunités d’emplois etc.

Les infrastructures de transport:

Le secteur des transports participe pour environ 6% dans le PIB et pour 10% dans l’emploi global. Les transports routiers s’effectuent à travers le réseau de routes nationales constitué de près de 60.000 km dont la moitié revêtue et de 500 km d’autoroutes réalisées récemment dans le cadre de la mise en œuvre du plan autoroutier qui prévoit la construction de 1200 km. En milieu rural où domine le transport mixte, le réseau de pistes forestières qui totalise à lui seul près de 15000 km contribue, en plus de ses usages forestiers, au désenclavement des populations rurales et à l’amélioration de leurs conditions de vie.

En matière de transport ferroviaire, le Maroc dispose de 1907 km de lignes dont 1612 km à voie unique et 295 km à double voie.

S’agissant du transport aérien, le pays compte une trentaine d’aéroports dont douze sont de dimension internationale. Pour ce qui est du transport maritime, celui-ci se déroule au niveau des six grands ports aménagés le long des côtes, sans compter les petits ports de pêche. Le transport des bois importés se fait par voie maritime puis ces bois sont acheminés vers les unités de transformation soit par des grumiers soit par train. Les bois nationaux sont transportés par camions ou par voie ferrée, pour les longues distances.

2.4.7 Industrie

Processus de renaissance industrielle:

En vue d’étendre l’activité économique à l’ensemble des régions et permettre à celles-ci de percevoir leur part de la croissance réalisée, les pouvoirs publics ont opté pour une nouvelle conception du développement régional basée sur l’aménagement du territoire et la constitution de pôles de développement. C’est ainsi qu’à partir de 1976, a été mise en œuvre une politique de décentralisation des services administratifs et de déconcentration des activités industrielles. De cette manière plusieurs villes moyennes ont accédé au statut de chef lieu de province ou de préfecture et ont bénéficié de moyens importants en équipements sociaux, en infrastructure publique de base ainsi que d’un encadrement administratif adéquat et de zones industrielles aménagées et équipées.

De nombreuses villes moyennes et même de petits centres urbains ont pu alors accueillir des unités industrielles et déployer des activités qui leur ont permis de devenir des pôles de développement créant des emplois et produisant des effets périphériques.

 

Répartition régionale de l’activité industrielle:

La politique de l’Etat en matière de décentralisation de l’activité industrielle par le biais du code des investissements, la réalisation de grands complexes industriels régionaux et l’aménagement de zones industrielles, a abouti à une certaine répartition territoriale des implantations industrielles. Malgré tout, des disparités inter et intra régionales subsistent.

Importance de l’industrie dans l’économie nationale:

Au titre de l’année 1997, le PIB industriel s’est accru de 11% par rapport à l’année 1996 contribuant ainsi à 17% du PIB national. La production industrielle qui a progressé de 10% durant la même période, est l’œuvre de près de 6400 entreprises, chiffre en évolution de 3% par an en moyenne de 1995 à 1997.

Les branches qui contribuent le plus à la production industrielle sont l’agroalimentaire (35%), la chimie et la parachimie (33%), le textile et le cuir (17%); les autres activités se partagent le reste. En matière d’emploi, le secteur industriel occupe près de 477.000 personnes dont 385000 permanents et 92.000 saisonniers.

Pour ce qui est des exportations industrielles, celles-ci ont atteint plus de 36 MDS de DH en 1997 réalisant le même taux de croissance de 6% que l’année précédente. La part des produits manufacturés à destination du marché extérieur a représenté à la même année près 70% de l’ensemble des exportations.

Industries forestières dans le tissus productif national:

Au Maroc, il y a environ 300 entreprises forestières dont l’activité est directement liée aux produits de la forêt (produits ligneux et non ligneux), celles à caractères artisanaux non compris.

Tableau 3: Caractéristiques des entreprises forestières

Activités

Nombre

%

Effectifs

%

Sciage, rabotage industriel de bois

34

11,2

587

5,8

Placage contre plaqués et panneaux

4

1,0

1486

14,7

Bois amélioré ou artificiel

1

0,3

4

0

Menuiserie pour bâtiment

153

50

2806

27,7

Articles d’emballage en bois

20

7,0

1145

11,3

Meubles non rembourrées en bois

41

13,5

1337

13,2

Mobiliers et accessoires en bois

13

4,3

844

8,3

Matelas, sommiers et coussins

5

2,0

480

4,7

Restauration, réparation des meubles

1

0,3

11

0,1

Articles divers en bois

19

6,0

424

4,2

Articles divers en liège

20

3,1

506

5,0

Article divers en rotin, vannerie

2

1,0

10

0,1

Pâte à papier

1

0,3

500

4,9

TOTAL

304

100

10140

100

Source: Ministère du Commerce et de l’Industrie 1998

Si on tient compte, en plus, des entreprises de travaux forestiers (125 unités), d’exploitation (500 unités) et des unités de valorisation des produits non ligneux, autres que le liège (plantes industrielles et médicinales, champignons etc.), le nombre d’entreprises forestières atteindrait plus de 400 unités employant quelques 20.000 personnes.

Excepté le sciage, les entreprises de transformation sont en générale bien encadrées et disposent d’équipements performants leur permettant d’atteindre les standards des marchés internationaux.

Les industries forestières participent pour environ 2% des exportations nationales. Les plus performantes d’entre elles sont représentées par la fabrication de la pâte à papier et la transformation de liège qui totalisent 65% des exportations des produits forestiers.

Perspectives pour les années à venir:

Le Maroc accorde une importance particulière au développement de son secteur industriel notamment pour diversifier son système productif et améliorer la compétitivité de ses produits sur le marché international afin de réussir son intégration dans l’économie mondiale. Dans ce contexte, les réformes entreprises ces dernières années et celles en cours visent la mise à niveau du tissu productif national en vue d’améliorer sa productivité et la qualité de ses produits, le tout dans un environnement serein.

Les industries forestières ne connaîtront pas d’évolution importante à cause du déficit structurel de la production de matière première. Déjà, les entreprises existantes travaillent en grande partie avec des bois importés. L’évolution, s’il y aura, elle concernera davantage la valorisation des produits non ligneux de la forêt et l’alfa, pour lesquels des projets sont envisagés.

Les produits non ligneux peuvent incontestablement jouer un rôle important dans le développement local par les revenus qu’ils peuvent apporter au niveau des villages et des populations de zones marginales. Dans cette optique, il est nécessaire de mieux organiser les circuits de collecte et de commercialisation, d’améliorer les techniques de récolte, de transport et enfin de gérer ces ressources de manière durable et de leur assurer une valorisation locale pour n’exporter que les produits finis qui ont une grande valeur ajoutée.

2.4.8 Les institutions

Depuis son indépendance, le Maroc n’a cessé d’accomplir des progrès en matière de démocratisation de ses institutions et de construction d’un état de dr oit. La première constitution qui remonte à 1962 a subi, depuis, de nombreuses révisions dont la dernière date de 1997. Cette dernière réforme a introduit des changements institutionnels importants qui consolident les acquis et relancent les aspirations du pays à un avenir meilleur pour mieux préparer son intégration à l’économie mondiale.

Décentralisation, déconcentration et régionalisation:

Le processus de décentralisation déconcentration, entamé au milieu de la décennie 70, a connu au fil des ans des progrès indéniables dans le sens du rapprochement de l’Administration des citoyens et la prise en charge par les élus locaux de la gestion des affaires locales. Pour accomplir leurs missions, les collectivités locales sont dotées de moyens humains et financiers.

Le dahir de septembre 1976 relatif à la participation des populations au développement de l’économie forestière attribue les recettes des ventes aux communes et investit leurs conseils de prérogatives en matière de gestion du domaine forestier. Ainsi, les conseils communaux règlent par leurs délibérations les demandes d’occupations temporaires, les amodiations des droits de chasse et pêche dans les eaux continentales, les programmes d’exploitation, l’exercice des droits d’usage. Le même dahir (loi) a crée le conseil national des forêts où siègent tous les départements concernés par la conservation et l’exploitation des forêts et le développement rural en général. Le conseil a pour missions principales de:

Réunir les éléments de définition de la politique du gouvernement en matière de développement économique intégré des zones forestières et de parcours Coordonner les programmes et les budgets se rapportant aux différentes actions qui concourent au développement des zones en question

La réforme constitutionnelle de 1997 est allée plus loin encore dans ce processus puisqu’elle a promu la région en institution d’initiation, de conception et d’exécution de la politique régionale de développement.

Pour se mettre au diapason des évolutions intervenues en matière de décentralisation, de déconcentration et de régionalisation, le Ministère Chargé des Eaux et Forêts a crée 9 régions forestières avec comme objectifs principaux:

Renforcer la représentativité du Ministère sur le terrain, non seulement à des fins de contrôle mais surtout pour améliorer la qualité technique des interventions et promouvoir un dialogue permanent avec les populations.

Simplifier et alléger le fonctionnement de l’Administration en rapprochant la gestion de l’exécution.

Gerer la forêt par les grandes régions écologiques afin de faire prévaloir une vision cohérente de chaque écosystème et de moduler les approches et les techniques en fonction des milieux.

Planifier les actions forestières selon une vision plus large qui tient compte non seulement des critères administratifs mais également des besoins des populations concernées, des projets des collectivités locales et des autres départements ministériels et autres intervenants

Le mouvement associatif:

Grâce à la démocratisation de la société, le mouvement associatif connaît un développement remarquable. Les ONG sont pratiquement présents dans tous les domaines de la protection de l’environnement à la santé en passant par le micro crédit, la lutte contre l’analphabétisme à l’entraide nationale. Les ONG n’auraient pas atteint une telle prolifération, sans l’encouragement de l’Etat qui découvre en eux un allier sûr et efficace en matière de développement socio-économique et culturel du pays, de protection de l’environnement et de conservation des ressources naturelles. Leur nombre est estimé actuellement à plus de 30.000 associations dont 10.000 étrangères. Les ONG qui opèrent dans le domaine de l’environnement et des forêts sont au nombre de 300. En général, il s’agit d’un mouvement jeune, concentré dans les grandes villes, enthousiaste mais peu structuré et sans gros moyens pour entreprendre des actions de grande envergure.

Pour l’instant leur rôle se limite au plaidoyer, à la sensibilisation et à la consultation lors des prises de décisions. Les ONG pourraient être plus efficaces, à l’avenir, moyennant des moyens suffisants et une meilleure organisation en matière de gestion, de communication et de coordination de leurs actions. En matière de forêt, les ONG peuvent soutenir et compléter l’action de l’Administration dans de nombreux domaines comme:

L’organisation des usagers de la forêt en ce qui concerne l’exercice des droits d’usage (parcours, bénéfice des produits secondaires de la forêt…)

La prise en charge de la gestion de sites protégés et de projets ou programmes d’éducation environnementale

La valorisation des produits non-ligneux de la forêt au profit des populations locales

L’organisation de campagne de sensibilisation du public à la conservation des ressources forestières et de la biodiversité en général

L’animation de débats autour de la forêt et de l’environnement dans ses divers aspects

La promotion de projets ciblés de développement local en faveur des populations riveraines de la forêt

La diffusion des énergies alternatives et de technologies d’économie de bois (foyers améliorés, isolation des sources de chaleur, méthodes de cuisson etc.)

La formulation d’avis et de propositions sur les études et les grands projets forestiers

La promotion de la culture de l’amour de l’arbre, la création de bosquets familiaux et de plantations villageoises à vocation récréative ou de production de biomasse

Les pouvoirs publics accordent une attention particulière au rôle que peuvent jouer les ONG en matière de conservation de développement et de mise en valeur des ressources forestières.

 

 

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