Il a été estimé par Ahmed et Rustagi (1987) que plus de la moitié des coûts de commercialisation plus élevés en Afrique comparée à l'Asie est due à des déficiences en infrastructures: routes, services de transport, marchés de gros et de détail.
Les marchés de gros, qui font l'objet du document, peuvent jouer un rôle important dans l'amélioration de l'approvisionnement et de la distribution alimentaires des grandes villes, surtout pour les produits périssables, mais aussi pour les non périssables. Leurs avantages se situent au niveau de la formation des prix qui est favorisée et facilitée, créant la transparence dans la chaîne de commercialisation, et au niveau de la réduction des coûts de commercialisation: réduction des coûts de transport et de manutention, économies d'échelle, réduction des pertes, facilitation du triage et classement pas classes de qualité, utilisation de poids et mesures standards favorisée. Avec un marché de gros, le volume traité par chacun des intervenants peut augmenter et la vitesse de rotation («turnaround times») devient plus grande dans la chaîne de commercialisation. Bien sûr, un marché de gros n'a un sens qu'à partir d'un certain volume des transactions et de niveau de développement économique où la production pour la vente devient courante. A un niveau de développement économique élevé, les marchés de gros perdent de leur importance à cause de la production intégrée dans la commercialisation au moyen des contrats de production et d'autres mécanismes d'intégration verticale.
La plupart des marchés des grandes villes d'Afrique ont des insuffisances qui augmentent les marges de commercialisation, qui détériorent la qualité des produits et qui freinent aussi bien la production que la consommation alimentaire. Des interventions sont nécessaires pour adapter les structures existantes à la situation actuelle et future, pour en créer de nouvelles et pour améliorer la gestion et le fonctionnement des marchés. Un marché de gros existe seulement par rapport à une série de marchés de détail et de magasins et boutiques et un marché de gros est bien plus qu'une infrastructure physique. Les modalités d'organisation et de fonctionnement, le cadre législatif et réglementaire, les services d'appui et les comportements des intervenants sont autant d'éléments qui conditionnent la performance du système de commercialisation. Toute amélioration durable de cette performance exige une concertation entre les participants et les autorités publiques (municipales, régionales, nationales). La création d'un vrai marché de gros n'entraîne pas ipso facto l'amélioration du fonctionnement des circuits d'approvisionnement des produits vivriers, mais peut être un outil important dans une stratégie globale de mise en place d'un meilleur approvisionnement et distribution alimentaire des villes.