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ANNEXE II
DISCOURS D'OUVERTURE PRONONCE AU NOM DES DIRECTEURS GENERAUX DE LA FAO ET DE L'OMS A L'OCCASION DE LA QUINZIEME SESSION DE LA COMMISSION DU CODEX ALIMENTARIUS PAR M. G.O. KERMODE, CHEF DU PROGRAMME MIXTE FAO/OMS SUR LES NORMES ALIMENTAIRES

Monsieur Le Président, Mesdames et Messieurs,

C'est pour moi un vif plaisir d'avoir le privilège d'ouvrir la quinzième session de la Commission du Codex Alimentarius au nom des directeurs généraux de la FAO et de l'OMS. M. Mahler et M. Saouma ne sont pas en mesure de nous honorer de leur présence aujourd'hui, car ils assistent à une importante session du Conseil économique et social des Nations Unies à Genève. Comme vous le savez, les directeurs généraux des institutions des Nations Unies participent normalement aux sessions ordinaires de l'ECOSOC et en l'occurrence l'ECOSOC est saisi de questions relatives aux substances nocives et à la protection du consommateur qui intéressent votre Commission. Monsieur Saouma m'a chargé de vous souhaiter, de sa part, le succès de votre session et la bienvenue au Siège de la FAO. Je dois aussi excuser le Directeur général adjoint de la FAO, M. West, qui est en voyage officiel.

En entrant ce matin à la FAO, on m'a demandé si votre Secrétariat connaissait la signification du 4 juillet. Comment ne la connaîtrait-il pas? C'est aujourd'hui le vingtième anniversaire de la Commission du Codex Alimentarius. La première session de la Commission s'est achevée il y a aujourd'hui vingt ans.

Cet anniversaire sera le thème de mon discours d'ouverture. Vous-mêmes, Monsieur le Président, parlerez abondamment, je crois, de ce que le Comité exécutif et les organes subsidiaires de la Commission ont fait depuis notre dernière session et nous livrerez aussi vos réflexions sur l'avenir. Pour ma part, j'aimerais retracer brièvement l'histoire de la Commission et vous rappeler pourquoi et comment elle a été créée, de quelle manière elle a procédé. Je voudrais aussi attirer votre attention sur certains aspects tout à fait uniques de sa façon de travailler comme organe de négociation gouvernemental international: elle est, en fait, la seule commission mixte de cette nature au sein du système des Nations Unies.

La première session de la Commission a rassemblé quelque 120 participants provenant de 30 pays et de 16 organisations internationales. Aucun de ces pays n'était membre de la Commission; ils se sont réunis pour en déterminer la nature et les objectifs, élaborer et adopter un règlement intérieur, établir un programme de travail et faire le nécessaire pour entreprendre ses activités. La première session a été pour une large part consacrée à l'élaboration du Règlement intérieur de la Commission. Les débats étaient longs et détaillés, mais l'idée qui a paru primordiale aux “pères fondateurs”, si je puis dire, était la nécessité d'un règlement intérieur de la Commission souple mais précis, démocratique mais permettant la prise de décision, reflétant clairement l'intention des Etats Membres de la FAO et de l'OMS et donnant à la Commission l'autorité d'établir les principes et les objectifs du Codex Alimentarius, de déterminer les procédures de travail pour l'élaboration de normes et codes d'usages internationaux qui soient conformes avec des pratiques commerciales équitables et impartiales à l'égard des intérêts de tous les membres de la Commission.

La méthode de travail de la Commission, adoptéedès sa première session, présente un aspect unique et permanent, en ce sens que ce sont les gouvernments membres qui accueillent et président les organes subsidiaires de la Commission. Un esprit de travail en association s'est établi entre le Secrétariat de la Commission et les secrétariats nationaux des Comités du Codex. Ce concept a évidemment été financièrement très avantageux pour les Etats Membres de la FAO et de l'OMS. Il a permis d'assurer la contribution de nombreuses compétences scientifiques, techniques et économiques aux travaux des Comités du Codex et de la Commission. Le système des gouvernements hôtes a rendu plus facile pour la Commission la création de nouveaux comités et l'ajournement sine die des travaux de ceux qui avaient achevé leur mission.

Les premières sessions de la Commission ont été extrêmement intéressantes. La Commission a passé les trois ou quatre premières années de son existence à semer une grande partie du succès qu'elle a récolté. C'est alors qu'elle a commencé ses travaux sur la normalisation des denrées alimentaires et sur les questions générales applicables à tous les aliments. Des hauts fonctionnaires de nombreux et divers ministères assistaient à ces activités. Certains d'entre eux avaient même participé à la Conférence portant création de la FAO. Quelques-uns étaient ministres, ou l'avaient été, conseillers éminents auprès de cabinets, chefs permanents de cabinet ou de département. Beaucoup avaient eu une expérience directe des problèmes de la faim et de la famine. Ils avaient assisté au lent redressement du monde après les ravages de la guerre mondiale. Ils étaient fortement motivés par le désir de fixer à la Commission l'objectif primordial d'assurer la sécurité et la qualité des denrées alimentaires aux consommateurs, de faciliter le commerce alimentaire international en réduisant les obstacles non tarifaires et d'harmoniser les critères et les définitions de base des denrées alimentaires. Ils souhaitaient dès le début que la Commission soit un organe à vocation véritablement mondiale poursuivant des idéaux et des objectifs acceptables pour tous les peuples du monde. Leur clairvoyance et leur dur labeur ont donné un bon départ à la Commission. Je suis persuadé qu'elle s'efforce d'être à la hauteur de leurs aspirations et j'espère qu'elle poursuivra cette voie. Aujourd'hui, nous avons la chance de compter parmi nous un certain nombre de personnalités qui ont participé à la première session de la Commission: notre éminent Coordonnateur pour l'Europe, le professeur H. Woidich, d'Autriche, le professeur Russel Allen, du Royaume-Uni, M. Richard Wildner, d'Autriche et M. T.F. Jensen, du Danemark, qui collaborent activement aux travaux de la Commission depuis le début de son existence.

J'ai évoqué le caractère mondial des activités de la Commission. Je profiterai de cette occasion pour souhaiter la bienvenue aux représentants de la République populaire de Chine, qui assistent pour la première fois à une réunion de la Commission, en qualité d'observateurs. Je suis sûr de parler au nom de la Commission en formulant l'espoir qu'après avoir assisté à la présente session, la Chine envisagera de devenir membre. C'est certainement le sentiment de la FAO et de l'OMS que, lorsque la Chine sera membre de la Commission, celle-ci pourra véritablement prétendre être un organe mondial.

J'aimerais aussi signaler que nous comptons parmi nous ce matin deux éminentes personnalités. Le Ministre de la normalisation de Cuba, l'ingénieur Roman Darias Rodés, et le Sous-Secrétaire à l'agriculture des Etats-Unis d'Amérique, M. C.W. McMillan. Ces deux personnalités sont très au courant des activités du Codex et s'intéressent étroitement aux travaux de la présente Commission, même si leurs autres fonctions ne leur laissent que rarement l'occasion d'être parmi nous.

Je voudrais conclure mes remarques en vous exprimant notre satisfaction de voir tant de personnes assister à la présente session. Je tiens aussi à vous exprimer, Monsieur le Président, la gratitude de la FAO et de l'OMS. Vos treize années de collaboration au Comité exécutif de la Commission, à des titres divers, ont assuré la continuité des objectifs visés et, en tant que juriste, vous avez incité la Commission et son Secrétariat à respecter strictment leurs règlements intérieurs. La FAO et l'OMS souhaitent faire part de leurs remerciements aux gouvernements qui ont si généreusement soutenu le programme au cours des années en accueillant des réunions des Comités du Codex et des Comités de coordination. Sans ce soutien, le Programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires n'aurait pas pu parvenir à la place de premier plan qu'il occupe dans le domaine de la normalisation internationale des denrées alimentaires et n'aurait certainement pas pu aboutir à la publication finale du “Codex Alimentarius”.

J'ai le grand plaisir, au nom des directeurs généraux de la FAO et de l'OMS, de déclarer ouverte la quinzième session de la Commission du Codex Alimentarius le jour de son vingtième anniversaire.


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