1. Le Sous-Comité pour le lac Tanganyika du Comité des pêches continentales pour l'Afrique (CPCA) a tenu sa deuxième session les 20 et 21 octobre 1983 à Rome (Italie). Y ont assisté des représentants des quatre pays membres: Burundi, Tanzanie, Zaïre et Zambie, ainsi qu'un observateur de l'Ouganda. La liste des délégués et des observateurs figure à l'annexe A au présent rapport.
2. La session a été ouverte par M. E.D. Muyanga, Directeur des pêches de la Zambie et Président de la première session du Sous-Comité. Après avoir souhaité la bienvenue aux participants il a attiré leur attention sur l'importance des pêcheries du lac Tanganyika dans l'économie des quatres pays membres, ainsi que sur la nécessité de protéger et d'exploiter ces ressources de manière à assurer un maximum d'avantages aux pays riverains. Etant donné qu'il s'agit de ressources partagées, une coopération régionale s'impose d'urgence pour les mettre en valeur et les aménager.
3. M. H.F. Henderson, Chef du Service des ressources des eaux intérieures et de l'aquaculture, s'est adressé aux participants au nom de M. Edouard Saouma, Directeur général de la FAO, et de M. J.E. Carroz, Sous-Directeur général (Département des pêches). Il a rappelé les efforts soutenus qui ont été déployés dans cette région en vue d'instaurer le dialogue et la coopération. Il a informé le Sous-Comité que le Secrétariat était favorable à l'idée de faire entreprendre une étude en vue d'examiner les problèmes que soulèvent les fluctuations des stocks dans les grands lacs africains et les effets de ces fluctuations sur la viabilité des projets d'investissement. Cette étude revêtira un intérêt immédiat, non seulement pour les pays eux-mêmes à qui elle facilitera la détermination de leurs politiques de pêche, mais aussi et plus particulièrement pour les institutions de financement qui devront évaluer leurs investissements sur une période beaucoup plus longue.
4. M. T.M. Salea, Chef de la Division des pêches au Département de l'agriculture, du développement rural et de l'environnement du Zaire, et M. B. Nyakageni, Directeur des eaux et forêts au Ministère de l'agriculture et de l'élevage du Burundi, ont été élus, respectivement, Président et Vice-Président de la session.
5. L'ordre du jour reproduit à l'annexe B a été adopté. La liste des documents présentés à la session figure á l'annexe C.
6. Le Secrétariat a présenté un document (CIFA:DM/LT/83/2) résumant la situation de la pêche industrielle et de la pêche artisanale dans chacun des quatre pays, ainsi que les conclusions dégagées à ce sujet par le Sous-Comité CPCA pour le lac Tanganyika et les initiatives qu'il a proposé de prendre. Ces suggestions ont trait à la nécessité de donner une base régionale à la recherche halieutique, d'introduire un système normalisé de collecte et d'analyse des données statistiques, et de diversifier les méthodes de pêche, afin de rendre la pêche artisanale moins tributaire des disponibilitiés et de l'abondance des ressources de clupéidés. D'autres suggestions concernent la nécessité d'informatiser le traitement des données statistiques et des données de recherche, d'assurer la traduction en français ou de refondre dans un contexte plus régional le rapport final du Programme PNUD/FAO de recherche et de développement dans le domaine des pêches, et de le diffuser plus largement. Enfin, il a été proposé que la FAO mette à la disposition des quatre pays les ressources dont ils ont besoin pour développer leurs pêches en collaboration et pour coordonner leurs activités.
7. Au cours du débat qui a suivi, les délégués des quatre pays ont à nouveau souligné qu'il importe de mettre en place un projet régional de recherche sur les pêches, en vue de trouver l'explication aux importantes fluctuations de l'abondance des stocks dans le lac Tanganyika. On a souligné qu'il est de la plus haute importance de rendre disponibles des séries chronologiques de statistiques halieutiques fiables. Un système normalisé plus simple de collecte des données devrait être introduit au plus tôt dans chacun des quatre pays, si possible dans le cadre d'un projet régional financé par un donateur extérieur.
8. Le Fonctionnaire régional principal des pêches de la FAO a indiqué que le Bureau régional de la FAO pour l'Afrique a récemment financé des cours de formation en matière de statistiques des pêches maritimes en Afrique de l'Ouest et qu'il financera un cours analogue en Afrique de l'Est en décembre 1983. Il serait disposé à envisager la fourniture d'une aide semblable au Sous-Comité pour le lac Tanganyika. Cette proposition a été appuyée par tous les participants, qui ont demandé à la FAO de lui donner suite.
9. La FAO dispose de quelques crédits limités pour une expertise-conseil de six à huit semaines au Burundi, en vue de mettre à jour le traitement automatique des données bimensuelles sur la répartition des fréquences de longueur pour les trois principales espèces pélagiques. Un consultant a déjà été choisi pour ce travail qui doit être effectué avant la fin de l'année.
10. La Zambie a déjà commencé de mettre sur ordinateur des données de recherche sur le lac Tanganyika. Un consultant de l'ICLARM se rendra dans ce pays en vue de mettre au point un système de mémorisation de l'information pour l'évaluation des stocks.
11. L'un des principaux problèmes auxquels se heurtent les activités régionales intéressant le lac Tanganyika est le manque de communication entre les quatre pays. Les délégués des quatre pays ont estimé qu'il importe d'instaurer des contacts réguliers pour coordonner les activités et promouvoir les échanges d'idées et de données de recherche. Il n'est pas obligatoire que les renseignements échangés sur une base régionale soient consignés dans un rapport spécial; ils pourraient plutôt, par exemple, faire l'objet d'un rapoort trimestriel dans les pays où ils sont recueillis et être envoyés aux autres pays intéressés, par l'intermédiaire du Représentant de la FAO, ou de la valise diplomatique ou du Siège de l'Organisation.
12. Le Sous-Comité est convenu que la collaboration entre les quatre pays pourrait être facilitée par la nomination de correspondants nationaux dans chaque pays recevant toute la correspondance. Les Directeurs des pêches ou leurs délégués en poste dans la zone du lac seraient logiquement les mieux placés. La liste complète des correspondants nationaux sera communiquée à tous les pays en temps voulu.
13. Les fluctuations des ressources soulèvent un grave problème, car elles rendent difficile de planifier le développement des pêches ou l'aménagement des stocks. Dans le passé la principale stratégie d'aménagement aurait été de tenter de minimiser ces fluctuations, mais on se rend progressivement compte que la chose est à peu prés impossible. Il faudrait donc s'efforcer de diversifier les opérations de pêche, afin d'être en mesure de faire face à cette situation. Pour assurer que les gouvernements, les donateurs et les institutions de financement qui s'occupent des projets dans le domaine des pêches tiennent compte de ces fluctuations lors du travail de planification, en prévoyant par exemple des stratégies de remplacement en cas de moindre abondance des ressources, on a estimé qu'il conviendrait peut-être que la FAO prépare un document pour préciser ces questions.
14. Certains pays (Zambie et Tanzanie) s'efforcent actuellement de mettre au point des méthodes de pêche destinées à rendre la pêche artisanale moins tributaire de ces fluctuations des ressources.
15. Le Secrétariat a présenté le document CIFA:DM/LT/83/3. Le Sous-Comité a rappelé que, comme suite au document de travail CIFA:DM/LT/83/2, les éléments suivants d'un programme de développement et d'aménagement des pêches du lac Tanganyika avaient été définis et nécessitaient des actions régionales menées en coopération:
promotion et coordination de la recherche halieutique dans le lac;
amélioration et normalisation de la collecte de statistiques et coordination de l'analyse des données déjà recueillies;
amélioration des engins et des méthodes de pêche afin de diversifier les pêches et fourniture de crédits aux pêcheurs pour obtenir des engins et des bateaux de pêche;
uniformisation de la législation et des règlements de pêche;
conservation de l'environnement et en particulier lutte contre la pollution de l'eau en ce qu'elle affecte la pêche;
aménagement des pêches du lac: étude des diverses measures d'aménagement traditionnel et étude de la répartition des ressources ichtyologiques entre les pays et à l'intérieur de ceux-ci;
activités régionales de formation, en particulier échanges de spécialistes des pêches entre les pays;
mobilisation de l'aide extérieure et intérieure en vue de financer les activités régionales d'aménagement et de développment.
Le Sous-Comité est convenu que ces éléments devraient figurer dans un programme à long terme de développment et d'aménagement du lac Tanganyika. Jusqu'à ce qu'un tel programme ait pris forme, les délégués ont proposé que plusieurs des activités ci-dessus fassent l'objet d'un plan d'action régional pouvant être exécuté dans un proche avenir avec une assistance nationale et/ou bilatérale. Il s'agit des activités suivantes:
(i) Diversification des engins de pêche utilisés par les artisans-pêcheurs
Pendant les périodes où certains stocks de poisson sont relativement peu abondants, il est difficile aux pêcheurs de continuer à travailler sur une base rentable. Une solution est de diversifier leurs opérations afin qu'ils soient en mesure de tirer parti des stocks qui sont abondants.
Le but de cette activité serait d'évaluer les aspects pratiques (techniques et économiques) de la diversification des engins dans chaque pays et de recommander des engins appropriés. Un expert de la pêche se consacrerait pendant deux semaines à peu près aux probèmes de chaque pays. Un financement et des compétences techniques pourraient être obtenus du projet existant en Tanzanie.
(ii) Uniformisation de la législation et des règlements de pêche
L'une des bases de l'aménagement des ressources partagées du lac Tanganyika sera l'harmonisation et la rationalisation des législations de pêche. Cette activité pourrait, si le Sous-Comité en fait la demande, être soutenue par le programme ZEE. Celui-ci étudierait les possibilités d'uniformisation et les procédures à adopter à cet effet sur la base d'un examen de la législation en vigueur dans chaque pays.
(iii) Formation dans le domaine des statistiques de pêche
L'un des problèmes à résoudre pour aménager les ressources communes du lac Tanganyika est le caractère généralement insuffisant des statistiques, dû au fait que les méthodologies actuelles ne sont pas entièrement appropriées. La difficulté peut être résolue en organisant des activités de formation. Le Sous-Comité s'est à nouveau félicité de ce que le Bureau régional de la FAO pour l'Afrique ait accepté d'organiser un cours de formation en matière de statistiques des pêches, qui pourrait se dérouler conjointement à la prochaine session du Sous-Comité, comme indiqué au paragraphe 8.
Une autre difficulté à surmonter en matière de statistiques concerne la nécessité d'analyser les données en temps voulu, en sorte que les résultats de ce travail puissent être utilisés aux fins de l'aménagement et du développement. Le Burundi recevra une assistance de ce type dans un proche avenir. Une aide analogue pourrait être fournie aux autres pays membres du Sous-Comité, selon les besoins.
(iv) Etude sur les fluctuations des stocks
L'un des obstacles fondamentaux à l'aménagement et au développement des ressources halieutiques du lac Tanganyika est le manque de connaissances sur les fluctuations à long terme des stocks. Dans une première étape, il est proposé d'examiner les informations disponibles et préparer un rapport à ce sujet. Semblable documentation, quoiqu'incomplète, n'en serait pas moins très utile pour planifier les futurs projets de développement et d'investissement.
Dans une seconde étape, il pourrait être possible de définir plus précisément ces fluctuations en faisant une étude rétrospective des images obtenues par satellite, en vue de déterminer l'évolution saisonnière et annuelle de la production primaire. Le Sous-Comité a demandé que le Secrétariat s'efforce d'entreprendre ce travail.
(v) Proposition de projet régional
Les quatre pays, conscients de l'impossibilité de mettre en valeur les ressources du lac Tanganyika si l'on n'est pas mieux informé sur leurs fluctuations, ont recommandé qu'un projet régional soit préparé et soumis à des donateurs possibles. Les délégués sont convenus que chaque pays devrait présenter au Représentatnt de la CEE dans le pays une demande particulière, établie selon les grandes lignes proposées à l'annexe D, en vue de la formulation détaillée et du financement du projet régional.
16. Le Sous-Comité est convenu que, étant donné l'ampleur du programme nécessaire pour coordonner les activités de développement et d'aménagement des pêches dans le lac Tanganyika, il se limiterait pour le moment aux questions prioritaires identifiées au cours de ses échanges de vues sur le point précédent.
17. Le Secrétariat a présenté le document CIFA:DM/LT/83/4. Le Sous-Comité a été informé des amendements qui ont été apportés aux Statuts et Règlement intérieur du Comité des pêches continentales pour l'Afrique, conformément aux recommandations formulées à la cinquième session du CPCA, tenu au Caire (Egypte) du 15 au 20 janvier 1983.
18. En ce qui concerne ses propres fonctions, le Sous-Comité a noté que le Comité des pêches continentales pour l'Afrique lui a délégué des responsabilités en matière de développement et d'aménagement analogues à celles qui ont été confiées au Comité lui-même pour l'ensemble de la région Afrique.
19. Le Sous-Comité a en outre noté que, lorsqu'un projet régional pour le lac Tanganyika, auquel participeront les quatre pays intéressés, sera mis en oeuvre, il remplira les fonctions d'organe consultatif auprès de ce projet.
20. Aucune autre question n'a été soulevée
21. Le Secrétariat a informé le Sous-Comité qu'il est prévu de tenir la troisième session en 1985, conjointement à la sixième session du CPCA.
22. Le Sous-Comité a cependant répété qu'il aurait besoin de se réunir plus souvent et il a demandé au Secrétariat d'organiser une session ad hoc du Sous-Comité au cours du troisième trimestre 1984.
23. La Tanzanie a proposé d'accueillir cette session et le Sous-Comité a accepté son offre avec gratitude.
24. La date et le lieu exacts de la session seront fixés par le Directeur général, en accord avec le Président et les autorités du pays hôte.
25. Le présent rapport a été adopté le 21 octobre 1983.