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La Chine possède une flore particulièrement riche de Salicaceae, et en particulier de peupliers. Sur plus de 100 espèces de Populus signalées dans le monde, 53 sont présentes en Chine (Xu, 1988; Zhao et Cheng, 1994), et 37 sont réparties en Chine du Nord4 (Ibidem; voir Tableau 1). Parmi elles, trois espèces indigènes se trouvent dans les zones arides du nord du pays: Populus simonii, présent dans toutes les zones sèches du nord de la Chine, P. euphratica dans le nord-ouest et P. nigra le long du lit de quelques fleuves du nord-ouest du Xinjiang. Le peuplier baumier P. cathayana, présent dans les bassins fluviaux du centre nord et du nord-ouest de la Chine, exige beaucoup d'humidité et des sols en meilleures conditions (Weisgerber, 1995; Yang et Wang, 1995). Ces peupliers indigènes en Chine du Nord constitent un patrimoine génétique unique, qui subit par endroits une pression anthropogénique, et plusieurs auteurs ont insisté sur la nécessité de les conserver (Xu, 1988; Commission nationale du peuplier, 1996; Weisgerber, 1995). Maintenir cette ressource précieuse en bon état et l'utiliser correctement déterminera la durabilité de la populiculture à long terme dans les zones sèches de la Chine du Nord, comme on l'explique ci-après.
Peu développée, la Chine du Nord possède un paysage vaste et ouvert comprenant des écosystèmes fragiles et un environnement difficile. La zone située entre 35º et 45º N est caractérisée principalement par un climat continental semi-aride. Localement, les climats vont des conditions semi-humides dans la plaine du nord-est et près de la mer Jaune, à une aridité extrême dans les déserts froids du Taklimatan et du Mu Us. Les principaux obstacles à la croissance des végétaux sont notamment les précipitations irrégulières (été), le vent qui souffle en permanence, des hivers très froids et secs et des sols de modérément à peu fertiles. L'érosion éolienne et hydrique de la couche arable fragile, particulièrement sous la forme de tempêtes de sable dans les steppes de la Mongolie et le plateau de loess du fleuve Jaune, ont provoqué de graves dégâts écologiques et favorisé la désertification.
Selon des données historiques, la grande partie de la Chine du Nord, actuellement une steppe se transformant peu à peu en prairies, était couverte d'une végétation dense (Bureau des Trois Nord, 1988; Menzies, 1994). L'expansion démographique et les pressions sur la terre ont conduit périodiquement à des coupes excessives, au défrichement pour l'agriculture et au surpâturage, exposant la terre et ouvrant la voie à la désertification. Les périodes de forte pression sur les terres ont été suivies régulièrement de périodes de redressement écologique partiel, après que les populations locales aient fui pour échapper à la faim.
Les conditions écologiques difficiles expliquent pourquoi la végétation peut être aisément perturbée et détruite. Toutefois, après une brève période de protection des terres, du fait d'abondantes réserves d'eaux souterraines, les espèces pionnières se reprennent assez rapidement dans les plaines, en particulier saules et peupliers.
Durant ce siècle, on a tenté à plusieurs reprises de développer la Chine du Nord pour y installer des colons. Toutefois, les directives de développement et les pratiques culturales ont trop peu tenu compte des limites imposées par les conditions du milieu.. Les préoccupations croissantes relatives aux pertes économiques dans les cultures et l'élevage et les dégâts causés aux villes et aux infrastructures par le sable et l'eau partout dans le nord de la Chine sont à l'origine d'initiatives nationales, provinciales et locales en faveur de la conservation des sols et de la remise en état des zones dégradées, en particulier à l'aide du boisement.
Dans le nord-est, l'attention s'est rapidement concentrée sur l'utilisation des peupliers pour la restauration des sols. Pendant des siècles, les peupliers ont été étroitement associés aux activités humaines et utilisés dans les systèmes agro-forestiers et sylvo-pastoraux. Avant 1950, les peupliers indigènes (presque exclusivement P. simonii et l'espèce apparentée P. pseudosimonii) et les saules, avaient été plantés partout le long de routes et des lignes de chemins de fer, en utilisant du matériel végétal local (Zheng et Ren, dans Zhou et Weisgerber, 1997). Dans les années 50 et 60, un rang de priorité élevé a été attribué à la conservation et à la restauration des sols dans le nord-est du pays et dans le centre de la Mongolie intérieure, et des campagnes publiques ont encouragé la protection des champs mis en culture, des terres de pacage, des villes, des villages et des maisons, par l'établissement de ceintures vertes. Ces initiatives ont débouché sur des programmes de plantation systématique pour créer des brise-vent le long des rues, des routes, des champs, des canaux et des lignes de chemins de fer, et l'emploi des arbres dans les jardins privés. Les caractéristiques uniques des peupliers noirs et des peupliers baumiers (multiplication végétative facile, croissance initiale rapide et disponibilité de matériel de reproduction local) ont rendu ces arbres très populaires. La multiplication végétative était utilisée communément pour les peupliers indigènes, complétée par la récolte et l'échange de semences lorsqu'il n'y avait pas assez de matériel végétal sur place. De grandes quantités de semences (P. simonii et P. pseudosimonii) ont été récoltées dans les années 60 dans le centre du Liaoning et envoyées dans les fermes forestières de la plaine du nord-est. De jeunes plants ont été cultivés et sélectionnés dans des pépinières locales. On n'a guère fait attention à l'adaptation des provenances aux sites ni à l'entretien des plants après la plantation.
| Tableau 1: Répartition des espèces de peupliers en Chine du Nord (D'après Xu, 1988) | ||||||||||||
| ESPECES | Nord-Est | Centre-Nord | Nord-Ouest | Altitude (m) | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Heil | Jil | Liao | Mon | Heb | Shan | Shaa | Gan | Nin | Qing | Xinj | ||
| P. afghanica | X | 1400 - 2800 | ||||||||||
| P. alba | X | 450 - 750 | ||||||||||
| P. amuyensis | X | X | 600 - 800 | |||||||||
| P. canescens | X | 600 - 700 | ||||||||||
| P. cathayana | X | X | X | X | X | X | X | X | 800 - 3200 | |||
| P. charbinensis | X | 300 - 500 | ||||||||||
| P. davidiana | X | X | X | X | X | X | X | X | X | X | X | 200 - 3800 |
| P. euphratica | X | X | X | X | X | 2500 - 2900 | ||||||
| P. gansuensis | X | 1800 - 2000 | ||||||||||
| P. girinensis | X | X | 300 - 400 | |||||||||
| P. hopeiensis | X | X | X | X | X | X | 700 - 1600 | |||||
| P. hsinganica | X | X | X | 300 - 700 | ||||||||
| P. iliensis | X | 600 - 750 | ||||||||||
| P. jrtyschensis | X | 200 - 2000 | ||||||||||
| P. koreana | X | X | X | 400 - 1100 | ||||||||
| P. lasiocarpa | X | 1300 - 3500 | ||||||||||
| P. laurifolia | X | 1200 - 1700 | ||||||||||
| P. maximowiczii | X | X | X | X | X | X | X | 400 - 2000 | ||||
| P. nakaii | X | X | X | X | X | 600 - 900 | ||||||
| P. nigra | X | 400 - 800 | ||||||||||
| P. ningshanica | X | X | 600 - 1000 | |||||||||
| P. pamirica | X | 1800 - 2000 | ||||||||||
| P. pilosa | X | 1600 - 2300 | ||||||||||
| P. pruinosa | X | 300 - 1500 | ||||||||||
| P. przewalskii | X | X | X | 500 - 1500 | ||||||||
| P.pseudomaximowiczii | X | X | 1000 - 1600 | |||||||||
| P. pseudosimonii | X | X | X | X | X | X | X | X | X | 300 - 2300 | ||
| P. pseudotomentosa | X | 300 - 1400 | ||||||||||
| P. purdomii | X | X | X | 700 - 3300 | ||||||||
| P. simonii | X | X | X | X | X | X | X | X | X | X | X | 600 - 2300 |
| P. suaveollens | X | X | 200 - 400 | |||||||||
| P. szechuanica | X | X | 1100 - 4000 | |||||||||
| P. talassica | X | 500 - 1800 | ||||||||||
| P. tomentosa | X | X | X | X | 200 - 1800 | |||||||
| P. tremula | X | 700 - 2300 | ||||||||||
| P. ussuriensis | X | X | X | 300 - 1400 | ||||||||
| P. wilsonii | X | X | 1300 - 3300 | |||||||||
| NOMBRE PAR PROVINCE | 12 | 8 | 8 | 11 | 10 | 8 | 14 | 12 | 5 | 6 | 16 | 37 |
| Légende: Heil: Heilongjiang; Jil: Jilin; Liao: Liaoning; Mon: Mongolie intérieure; Heb: Hebei; Shan: Shanxi; Shaa: Shaanxi; Gan: Gansu; Nin: Ningxia; Qing: Qinghai; Xin: Xinjiang | ||||||||||||
Alors qu'ils poussaient bien dans de bonnes conditions écologiques et lorsqu'ils étaient cultivés dans des jardins privés, les peupliers indigènes ont affiché dans le nord de la Chine des résultats à peine satisfaisants. Compte tenu de la grande quantité de ressources consacrées à ces premières plantations à grande échelle, les taux de survie des jeunes plants étaient inférieurs à ceux qui pourraient être considérés acceptables. Sur les sites les plus difficiles, on a commencé à appeler les plants qui avaient survécu "petits vieux arbres". Cela a permis entre temps d'acquérir une expérience précieuse et unique concernant les techniques de pépinière et de plantation, la répartition naturelle et les exigences écologiques des espèces indigènes.
On a introduit dans le passé des peupliers exotiques, dont P. nigra var. italica et P. nigra var. thevestina, P. x canadensis, et P. deltoides (des hybrides de P. deltoides étaient connus localement sur la côte du Hebei comme P. x shanhaiguan depuis le début du XXe siècle); toutefois, l'utilisation des peupliers introduits a été limitée aux plantations d'agrément dans les villes et les jardins botaniques (Zhang Jie et Zhang Qi Wen, dans Zhu et Zhang, 1991). P. nigra, présente dans l'ouest du Xinjiang, aurait même été introduite dans des temps anciens par des marchands sur la route de la soie. Un arboretum a été créé à Gaixian, dans le Liaoning, en 1930, comprenant plusieurs espèces de peupliers.
Les introductions systématiques n'ont commencé qu'après 1949. De 1950 à 1960, environ 60 clones ont été importés par l'Académie forestière de Chine et le jardin botanique de Beijing en provenance de l'Allemagne de l'Est, de la Pologne, de la Roumanie et de l'ex-URSS. Au début des années 70, la Chine disposait de clones tels que "I-214", "Pioneer", "Polska-15", "Robusta", "Ruskii", "Sacrau-79", "Serotina" et "Stalinetz", avec du matériel de P. x canadensis, P. x berolinensis, P. laurifolia et P. nigra (Zhang et Zhang, 1981).
La disponibilité de nouveau matériel génétique et les attentes concernant l'hétérosis potentielle des descendances hybrides (F1) ont poussé à élaborer des programmes dynamiques d'amélioration des peupliers. Certaines des premières initiatives concernant la pollinisation contrôlée ont été enregistrées pour le peuplier blanc, P. tomentosa, par M. Xu Weixin en 1947 (Zhang et Zhang, 1981). Ces initiatives ont été suivies d'activités menées par l'Académie forestière de Chine, l'Université forestière de Nanjing et d'autres instituts de recherche en Chine du Nord, jusqu'au début des années 70.
Plusieurs combinaisons ont été testées dans des croisements contrôlés, y compris P. nigra x P. simonii ou P. simonii x P. nigra (distribuées plus tard sous les noms de P. x simonigra, P. x xiaozhuanica, P. x opera, P. x popularis, P. x simopyramidalis, etc.), P. nigra x P. cathayana (P. x beijinensis), et beaucoup d'autres espèces et clones. Les activités de l'Institut de recherches sur le peuplier de Gaixian, dans le Liaoning, sont résumées en détail dans Zhang et Zhang (1981). Certains programmes de sélection, par exemple à l'Institut forestier de Baicheng, dans le Jilin, ou dans les pépinières forestières de la compagnie des chemins de fer, ont utilisé la sélection massale fondée sur des semences mélangées issues de pollinisation libre récoltées sur des arbres mères de P. simonii; les descendances ont affiché une vigueur hybride. Les semences ont été semées en pépinière ou en serre, les jeunes plants ont été sélectionnés en fonction de leur vigueur et de leur résistance à la gelée et les familles ont été testées sur le terrain. On a donc pu produire plusieurs hybrides ayant des caractéristiques précieuses telles qu'un port droit et une croissance initiale rapide, lorsqu'on les compare avec des peupliers baumiers indigènes. En Chine du Nord, les combinaisons les plus prometteuses comprenaient P. simonii x P. nigra, P. cathayana x P. nigra, et P. pseudosimonii x P. nigra.
Ces premiers programmes ont été mis en oeuvre d'une manière totalement empirique, en utilisant principalement des sources de semences disponibles localement, et en tablant sur quelques arbres apparentés. On pense que la base génétique des nouveaux matériels était très limitée et que plusieurs clones pourraient avoir été étroitement apparentés (voir Tableau 2). La nécessité d'une approche rationnelle de l'amélioration des peupliers, à partir de la prospection, de la collecte et de l'évaluation systématique des arbres apparentés, a été progressivement reconnue, et les activités de prospection et de conservation ont commencé pour P. nigra dans le Xinjiang et P. simonii dans le Jilin par l'Institut de recherches forestières de Baicheng.
Les résultats des travaux de sélection et de propagation effectués par les scientifiques dans les années 60 et 70 et les informations à leur sujet sont peu à peu parvenus aux gestionnaires et aux techniciens des forêts. Toutefois, de nombreuses activités de recherche, notamment l'amélioration des arbres et plusieurs programmes de boisement ont été considérablement réduits ou complètement abandonnés durant la révolution culturelle. La période a vu également une progression des abattages et de la déforestation à la suite de la politique du Grand Bond en avant. Dans le nord de la Chine, l'accroissement démographique spectaculaire a contribué à aggraver les dégâts causés à l'environnement.
La recherche scientifique a redémarré dans les académies forestières, les universités et les instituts de recherche après la révolution culturelle, vers la fin des années 70, à un moment où les orientations politiques ont mis de nouveau l'accent sur la nécessité de mobiliser au maximum les efforts et les ressources pour lutter contre la désertification, améliorer ou restaurer les capacités agricoles et augmenter la production de bois. Plusieurs programmes nationaux, régionaux et locaux ont été lancés et un organisme spécialisé chargé du reboisement en zones arides, le Programme de reboisement des Trois Nord, a été mis en place par le Ministère des forêts5.
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Depuis sa mise en place en 1978, le Programme de reboisement des Trois Nord du Bureau des Trois Nord (Sanbei en chinois) a lancé et coordonné un programme de plantation systématique mis en oeuvre avec l'aide des autorités forestières nationales, provinciales/régionales et locales. Le Programme, responsable devant le Conseil d'Etat, englobe 551 comtés/districts/villes de 13 provinces, régions autonomes et municipalités dans le nord-ouest, le centre-nord et le nord-est de la Chine, couvrant 4 069 millions de km2, soit 42,4% de la superficie totale du pays. Il s'agit du programme écologique le plus important du monde; il a commencé en 1978 et devra se terminer avant 2050, sur une superficie prévue de 35,08 millions d'hectares, dont 23,03 millions d'hectares de plantations. En 1994, plus de 13 millions d'hectares avaient été plantés au titre de la première et de la deuxième phase du programme. L'objectif est de planter 6,18 millions d'hectares durant la période 1996-2000 et 4,04 millions d'hectares durant la période 2001-2010. Le programme vise aussi actuellement à améliorer la qualité et la valeur marchande du bois produit et à augmenter les bénéfices tirés des plantations. D'autres programmes liés à la foresterie comprennent les Programmes de reboisement sur les bords des fleuves Liaohe, Yangtze et Jaune, le Programme de boisement des plaines, le Programme de boisement des monts Taihang et le Programme national de lutte contre la désertification (Shi et al, 1997). La majorité des programmes sont situés en Chine du Nord. Le peuplier reste le genre préféré pour le boisement. Sur les 33 millions d'hectares de forêts plantées en Chine, la superficie sous peuplier est estimée à 6,7 millions d'hectares (y compris les forêts commerciales et de protection). Dans le Programme de reboisement des Trois Nord et le Programme de boisement des plaines, les peupliers constitueraient 60% de tous les arbres plantés (Commission nationale du peuplier, 1996). 80% du réseau de brise-vent des Trois-Nord sont constitués de peupliers (Han et Grosscurth, in Zhou et Weigerber, 1997).
Carte 1. Situation du Programme de reboisement des Trois Nord. Source: Bureau des Trois Nord, 1989.. |
Pour atteindre ses objectifs ambitieux, le Programme des Trois Nord, comme d'autres projets similaires, a identifié des genres, des espèces et des variétés dont l'adaptabilité et la fiabilité avaient déjà été démontrées en Chine du Nord. Dans les types de site où des eaux souterraines étaient facilement disponibles (plaines et bassins fluviaux, terrains sableux, plateaux de loess, dunes de sable), on a donné la priorité au peuplier, en particulier aux clones obtenus dans les années 50 et 60, pour lesquels la sélection était terminée. Sur les sites les plus difficiles consacrés à la populiculture, des hybrides de P. simonii x P. nigra ont été sélectionnés sur la base de l'expérience locale.
Grâce à la nouvelle politique d'ouverture du pays, les contacts ont été rétablis entre obtenteurs de peupliers du monde entier. La Chine a adhéré officiellement à la Commission internationale du peuplier en 1980. Les contacts accrus avec le monde extérieur ont permis d'introduire une quantité exceptionnelle de matériel génétique de peuplier (plusieurs centaines de clones sont maintenant enregistrés; par comparaison, 80 clones seulement avaient été importés dans les années 70, et de deux pays seulement, l'Italie et la Yougoslavie). Ceux-ci comprenaient des provenances méridionales de P. deltoides, une vaste collection de P. x euramericana provenant d'Europe occidentale, et plusieurs clones belges P. deltoides x P. trichocarpa.
Depuis le début des années 80, les travaux de recherche menés par les académies et universités forestières ont été axés en grande partie sur l'importation, l'évaluation et la sélection de matériel exotique de peuplier, principalement sous la forme de clones déjà sélectionnés dans des programmes des pays d'origine, et en croisant ceux-ci avec des peupliers locaux ou leurs hybrides. On a noté une forte hétérosis et un grand potentiel chez les familles P. deltoides x P. cathayana, qui ont affiché une bonne adaptation aux conditions de la Chine centrale (Tong et Han, 1991).
Concernant les activités de suivi des travaux de sélection génétique chez les peupliers indigènes, du début des années 60 et des années 70 pour la Chine du Nord, une série de P x euramericana "Zhonglin" et d'autres hybrides "ZJ" et "ZX" ont été créés à la fin des années 70 à Beijing. Des clones de P. x popularis ont été croisés avec une variété de matériel génétique exotique (y compris "Polska-15" et divers clones de P. nigra et P. deltoides) en 1983 et on a trouvé des possibilités d'obtenir un gain génétique important. Les résultats de plusieurs essais comparatifs récents en Chine du Nord ont confirmé que dans les meilleurs sites, peu de clones étrangers donnent des résultats meilleurs que les hybrides P. simonii x P. nigra (Wang, 1995). Une évaluation à grande échelle des performances des peupleraies en Chine a été effectuée à l'aide de 23 clones. Cela a abouti à une typologie pour la croissance des peupliers dans le pays (Chen, Zhao, Xu et Yang, in Wang, 1995). Des travaux ont aussi été menés sur les peupliers blancs (Section Leuce) qui ont affiché une bonne adaptation au site et une faible incidence des ravageurs. Les difficultés techniques rencontrées pour multiplier végétativement les espèces de cette Section ont toutefois limité leur emploi dans des programmes de boisement à grande échelle. Le manque général de continuité dans les programmes d'amélioration génétique mis en oeuvre dans les années 70 explique pourquoi peu de nouveaux clones ont été obtenus en Chine du Nord, et pourquoi la plupart des programmes de boisement s'appuient encore aujourd'hui sur un matériel génétique peu diversifié (voir Tableau 2).
| Tableau 2: Trois clones de peuplier performants utilisés dans des programmes de boisement en Chine du Nord (d'après Zhu & Zhang , 1991) | |||||
| Nom générique | Parents (F x M) | Nombre d'accessions* | Année de création | Superficie plantée (ha) | Nombre d'arbres plantés |
| P. x popularis | simonii x nigra | 10 | 1956 | 1,000,000 | 51 millions |
| P. x beijinensis | cathayana x nigra | 13 | 1954 - 1957 | 66,000 | 200 millions |
| P. x xiaohei | simonii x nigra | - | 1960 | 1,000,000 | - |
| *: nombre de génotypes différents, bien qu'étroitement apparentés (probablement demi-fratries ou fratries entières). | |||||
Peu de programmes d'amélioration permanents ont été exécutés en Chine du Nord, mais la situation est différente en Chine centrale. Dans les zones centrales tempérées du sud de la Chine (latitude de 30º à 35ºN), plusieurs peupliers euraméricains, en provenance d'Europe, ont un bon comportement en bordure des plaines inondables et sont devenus une composante importante d'un système agroforestier très productif depuis les années 80.
La grande valeur et la rareté du bois dans les plaines centrales encouragent beaucoup à développer les peupliers à haut rendement, et les systèmes sylvicoles mis au point par les scientifiques sont rapidement adaptés par les exploitants agricoles. Toutefois, la diversité génétique des plantations est encore extrêmement réduite: le Groupe de la génétique de l'Université forestière de Nanjing estime qu'environ 60 pour cent des plantations en Chine centrale, couvrant une superficie totale de quelque 600 000 kilomètres carrés, consistent aujourd'hui en clones "I-69", en provenance d'Italie (Farmer, 1992).
Avec le concours de plusieurs institutions, dont l'Académie forestière de Chine et l'Université forestière de Nanjing, des obtenteurs et des gestionnaires de forêts travaillent pour élargir la base génétique du programme de boisement. La zone a un climat semblable à celui de la vallée inférieure du Mississipi et plusieurs missions de prospection et de récolte par des obtenteurs chinois dans le sud des Etats-Unis ont permis de créer un réservoir différent de clones de peuplier occidental, qui sert maintenant de collection de base. Depuis 1980, les chercheurs de l'Université de Nanjing se sont également lancés dans un programme d'amélioration en utilisant par exemple P. deltoides introduit et P. simonii indigène provenant de la Chine centrale.
En Chine du Nord, les premières plantations forestières comprenant les peupliers indigènes P. simonii et P. pseudosimonii, ormes, chênes ou pins, ont atteint depuis longtemps l'âge d'exploitabilité et une fois abattus, ils sont remplacés par des peupliers hybrides. En Chine du Nord, la diversité génétique des nouvelles peupleraies est souvent limitée à un seul clone (principalement l'hybride P. simonii x P. nigra). L'incorporation originale des caractères de P. nigra dans le patrimoine génétique local a permis aux forestiers d'étendre l'aire écologique couverte par les espèces indigènes P. simonii, P. pseudosimonii et P. cathayana, jusqu'à des sites plus secs, hors des lits des fleuves et des vallées. Toutefois, une gestion sylvicole laissant beaucoup à désirer (forte densité de plantation, élagage grossier) et des phénomènes climatiques extrêmes périodiques ont contribué récemment à affaiblir l'état des peupleraies dans des conditions ambiantes difficiles.
La plus grande menace à l'effort de boisement à grande échelle décrit plus haut, qui table sur un petit nombre de génotypes seulement, réside dans le risque de parasites et de maladies. On a recensé en Chine plus de 200 insectes nuisibles au peuplier et leur impact a considérablement augmenté ces dernières décennies à mesure que les peupleraies s'étendaient. Les dégâts causés par les foreurs sont la menace la plus grave aux forêts commerciales et de protection. Pour endiguer la diffusion des coléoptères longicornes comme le capricorne d'Asie Anaplophora glabripennis, on a coupé et brûlé 24 millions d'arbres à Ningxia, dans le centre nord de la Chine, durant l'hiver 1991 et le printemps 1992 (Commission nationale du peuplier, 1996). L'incidence des maladies du peuplier serait faible en Chine du Nord, sans doute parce que l'hiver y est rude tandis que l'automne et le printemps sont secs, situation défavorable à la diffusion des champignons (Schmutzenhofer, Mielke, Luo, Ostry et Wen, 1996). Alors que les techniques de protection intégrée sont encouragées, on se rend aussi compte de plus en plus que la sélection de matériel végétal résistant aux insectes et aux maladies a une importance vitale pour la durabilité des grandes plantations. Des caractères liés à la tolérance ou à la résistance aux facteurs biotiques ont été pris en compte dans les programmes d'amélioration des peupliers.
Décideurs et forestiers sont de plus en plus conscients de l'importance de l'enjeu, et diverses mesures ont été prises pour assurer la durabilité des peupleraies en Chine du Nord. Ces mesures ont porté sur deux questions principales: d'abord, mieux connaître les peuplements et les espèces indigènes restantes et leur diversité génétique, et procéder à la prospection et la récolte, et ensuite s'efforcer de diversifier les plantations forestières, en augmentant à la fois la diversité des espèces et celle du matériel génétique des peupliers utilisés.
Les questions ci-dessus ont été abordées par le biais de diverses initiatives encourageant une meilleure utilisation du matériel génétique local. Des missions de prospection et de récolte ont été effectuées dans 6 provinces et régions de 1985 à 1987 (Han, Wu et Wang, in Zhu et Zhang, 1991). En 1987, Le Ministère des forêts a chargé l'Académie forestière de Chine d'une prospection dans tout le pays de P. cathayana (Li et Yang, 1997). En même temps, on a commencé à caractériser la diversité chez des provenances de P. ussuriensis. Une étude approfondie de la botanique, de la répartition, de l'écologie, de l'utilisation et du potentiel de P. euphratica a abouti à une monographie de l'espèce en Chine du Nord (Wang, 1996).
Un projet coopératif sino-allemand a démarré en 1984, et par le biais de ce projet, d'importantes opérations de prospection ont été menées, particulièrement dans le nord-ouest de la Chine. On a récolté et établi 650 clones de peupliers indigènes et 170 clones de peupliers exotiques (dont 22 clones de P. simonii et 230 clones de P. cathayana) dans des peuplements ex situ à Shanxi. Des croisements contrôlés intra- et interspécifiques ont été effectués à l'aide de 400 combinaisons différentes (1984-1995) et en se concentrant sur les peupliers blancs et les peupliers baumiers du Nord. On continue d'étudier sur le terrain de grandes quantités de nouveau matériel génétique, après l'achèvement du projet en 1997 (Weisgerber, Konwnatzki et Musson, 1995).
Vingt nouveaux clones ont été produits entre 1990 et 1997 dans le cadre d'un projet de développement financé par le PNUD et exécuté par le gouvernement chinois avec le concours de la FAO. Le projet a aidé les spécialistes du peuplier de l'Académie forestière de Chine à transférer un gène unique de Bacillus thurigensis dans plusieurs variétés de peuplier (dont une variété P. nigra), pour les rendre résistantes à la spongieuse. Des sites d'essai de peupliers transgéniques ont été établis dans le Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. D'autres activités se poursuivent dans divers instituts pour créer la résistance aux foreurs et étudier la tolérance à la salinité (PNUD/FAO, 1998).
Le projet GCP/CPR/009/BEL est cofinancé par les Gouvernements belge et chinois, supervisé par le Bureau des Trois Nord, et mis en oeuvre par la FAO. Situé dans l'est de la Mongolie intérieure, le projet a entrepris depuis 1991 la prospection et la conservation de P. simonii et d'espèces apparentées, a mené un programme d'amélioration des peupliers pour les terres sableuses du Korqing, et récolté plus de 652 clones de peupliers nationaux et étrangers à des fins de conservation et d'évaluation. Les études du projet ont confirmé les résultats précédents sur le potentiel d'amélioration élevé de P. simonii en Chine du Nord. L'espèce semble au premier rang parmi les peupliers indigènes tolérant le froid et la sécheresse, et on étudie sa variabilité sur sa vaste aire de répartition naturelle. Des gains génétiques supplémentaires pourraient facilement être obtenus chez les hybrides de P. nigra et P. deltoides par le biais de la sélection attentive des parents et de la sélection récurrente. On entreprend également une hybridation intraspécifique chez cette espèce (Tableau 3). Outre qu'il travaille sur P. simonii, le projet a également commencé à introduire du matériel documenté de peupliers noirs de Xinjiang (P. nigra) et P. deltoides provenant du nord des Etats-Unis et des Prairies canadiennes. Les résultats des premiers essais à l'âge de 2 ans, en pépinière, confirme la vigueur hybride des descendances de P. deltoides x P. simonii. Les collections ex situ (principalement de P. simonii et ses parents proches) comprennent plus de 2 380 clones (Figure 1) et sont répliquées pour plus de sécurité. La deuxième phase du projet devrait s'achever en 2002. Entre temps, le personnel du projet coordonne la préparation et la publication d'une monographie de P. simonii et souhaite recevoir des informations et des contributions de scientifiques, chercheurs et forestiers du monde entier.
Les différents projets de coopération sont parvenus à coordonner leurs activités et travaillent en étroite collaboration, ainsi qu'avec d'autres instituts nationaux, par le biais de visites et d'échanges de données d'expérience et de matériel de reproduction.
| Tableau 3: Croisements contrôlés entrepris (indiqués entre parenthèses) et prévus au titre du projet GCP/CPR/009/BEL (août 1999) | |||
| Femelle | Mâle | Populus nigra | Populus simonii |
| Populus simonii | ( 35 ) 59 | ( 29 ) 45 | |
| Populus deltoides | ( 5 ) 9 | ( 9 ) 51 | |
Les programmes de boisement lancés en Chine du Nord dans les années 50 et intensifiés depuis 1978 ont contribué à la mise en place d'un réseau de brise-vent pour réduire l'érosion des sols et la désertification. L'importance des plantations forestières pour la fourniture d'une vaste gamme de biens et de services a des chances d'augmenter dans l'avenir. L'approvisionnement intérieur en produits ligneux et bois d'oeuvre dépendra probablement encore plus des plantations étant donné qu'une réduction des abattages est en cours dans les forêts restantes de tout le pays depuis 1998. Le Gouvernement chinois s'est fermement engagé à conserver la diversité biologique et à lutter contre la désertification, et le boisement pourrait jouer un rôle important à cet égard. En Chine du Nord, les programmes de boisement donneront en outre des revenus économiques directs.
Utilisant à l'origine une courte liste d'espèces et de variétés indigènes, y compris des peupliers locaux, et accordant peu d'attention à la qualité génétique du matériel, les programmes de boisement sont devenus plus sophistiqués et comptent aujourd'hui sur un petit nombre d'espèces et de clones sélectionnés et éprouvés, desquels on attend une très forte production. Au coeur de la sylviculture moderne, le peuplier est un élément clé du développement rural et peu de genres pourraient le remplacer.
Les peupleraies monoclonales ont néanmoins déjà subi de graves dégâts causés par des maladies et des insectes et des pertes de production considérables dans plusieurs régions des Trois Nord. Le nombre limité de clones disponibles pour des programmes de grande échelle et leur base génétique étroite justifie que l'on poursuive l'amélioration des peupliers en Chine du Nord pour assurer la durabilité des gains génétiques obtenus jusqu'ici. Ces programmes sont également nécessaires pour l'utilisation correcte des biotechnologies qui sont mises au point dans le secteur forestier.
Un programme ne saurait être durable sans l'entretien d'une vaste base génétique pour les activités d'amélioration et de sélection. L'expérience acquise en Chine démontre l'importance et le caractère unique du matériel génétique local, non seulement à des fins de boisement, mais aussi et principalement pour l'incorporation de matériel génétique dans des programmes d'amélioration "à la carte". Etant donné que le patrimoine génétique local s'amenuise rapidement, il est nécessaire d'intervenir au plus vite pour le conserver, en particulier pour P. cathayana, P. euphratica, P. nigra et P. simonii.
L'introduction de clones de peuplier mis au point dans d'autres pays dans des conditions différentes, peut seulement compléter les efforts d'amélioration à long terme. En Chine du Nord, peu de clones exotiques se sont révélés adaptés, et le principal intérêt du matériel génétique de peuplier étranger réside dans le fait qu'on peut le croiser avec des espèces et provenances indigènes bien adaptées (issues de provenances septentrionales, continentales). Parmi les meilleurs candidats figurent P. nigra, P. deltoides et P. simonii.
La superficie de la région des Trois Nord est un facteur important et plusieurs projets et initiatives complémentaires de brève durée ont déjà commencé à aborder les questions de conservation et d'amélioration du peuplier. Les travaux devraient être poursuivis sur le long terme et bénéficier d'un engagement politique ferme pour réussir.
Sensibiliser décideurs, forestiers, chercheurs et le grand public aux niveaux national, provincial/régional et local est un point fondamental. Des ateliers internationaux, comme celui organisé par le projet de coopération sino-allemand en 1997, ou celui prévu par ce projet en 2002, peuvent concourir à ce but. Ils pourraient aussi aider à faire connaître l'expérience chinoise en matière d'amélioration des peupliers, expérience qui pourrait être utile à d'autres pays ayant des conditions écologiques et climatiques semblables, comme les Prairies canadiennes, les plaines de l'Asie centrale et le sud-ouest de la Russie.
Pour plus d'informations sur le projet GCP/CPR/009/BEL, veuillez vous adresser à:
The Manager
Project GCP/CPR/0089/BEL
Afforestation, Forestry Research, Planning and Development
in the Three-North Region of China
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028000 Tongliao, P.R. of China
Tel: +86 475 8315009 Fax: +86 475 8315827
E-mail: [email protected]
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