Résumé
Abstract
Introduction
Matériel et méthodes
Résultats
Bibliographie
T. Tangara, M. Doumbia, S.S.B. Ba, T. Kibe et C.F.M. Diallo
Centre de recherche zootechnique de Sotiba
B.P. 262, Bamako (Mali)
Différentes études ont eu pour objectif de cerner les contraintes liées à l'élevage dans les petites exploitations agropastorales de la zone semi-aride de Banamba. Le suivi a porté sur un effectif moyen de 1 200 petits ruminants (700 caprins et 500 ovins) appartenant à 35 unités de production agricole dans 8 villages autour de Banamba La caractérisation des systèmes de production a montré que 95% des animaux sont soumis au régime de la libre pâture pendant la saison sèche. L'apport d'une complémentation alimentaire se fait peu ou presque pas. Les petits ruminants ne font pas l'objet de préoccupations sanitaires de la part des paysans. Le taux d'exploitation du cheptel reste intérieur à 20%. Les traitements sanitaires testés ont considérablement diminué le taux de mortalité: de 14,2% à 9,19% chez les ovins et de 18,6% à 7,69% chez les caprins, et amélioré le taux d'exploitation de 10%. Des observations ont été effectuées pour déterminer les performances de 101 ovins mâles engraissés en stabulation de 1987 à 1989 à l'approche de la fête de Tabaski. La durée moyenne de l'engraissement et le gain moyen quotidien ont été respectivement de 70 jours et de 67 grammes. Parmi les animaux engraissés, 37% ont été prélevés des troupeaux d'élevage personnels et 63% achetés sur les différents marchés.
Various studies have focussed on identifying constraints to livestock production in agropastoral smallholdings of the semi-arid zone of Banamba. A sample population of 1200 small ruminants (700 goats and 500 sheep) from 36 agricultural production units in eight villages around Banamba was monitored. Production system characterization shows that 95% of the animals are roaming freely during the dry season. Supplementary feeding is hardly, if at all, practised. Farmers are not concerned about the health of their small ruminants. Flock offtake is less than 20%. Tested treatments significantly reduced mortality: from 14.2% to 9.19% in sheep and from 18.6% to 7.69% in goats, and increased offtake by 10%. Between 1987 to 1989, the performance of 101 fattening males was recorded as the Tabaski feast was approaching. Mean fattening period and daily weight gain were 70 days and 67 g respectively. 37% of the fattening animals were taken from individual flocks and 63% had been bought on the markets.
Malgré l'importance socio-économique de l'élevage des petits ruminants dans la zone sahélienne du Mali, les connaissances le concernant restent fragmentaires dans de nombreux domaines. Parmi les contraintes à son amélioration, il faut citer les problèmes sanitaires qui restent quasi-entiers, les conditions d'élevage et d'alimentation mal perçues par les techniciens, les possibilités alimentaires qui demeurent incomplètement inventoriées et testées. Les qualités bouchères des races locales restent par ailleurs mal connues.
Le Volet Recherche du Projet sectoriel de l'élevage 1988 au Mali a étudié dans la zone semi-aride de Banamba, où les services vétérinaires estimaient en 1988 l'effectif des petits ruminants à 300 000 têtes, les systèmes d'élevage des petits ruminants, et leur productivité en milieu rural.
Dans huit villages autour de Banamba, 35 unités de production agricole ont été choisies sur la base de leur niveau d'équipements pour constituer un échantillon représentatif de la zone d'étude. Tous les animaux de ces exploitations ont été identifiés. Les entrées d'animaux dans les troupeaux (naissances, achats et animaux gardés pour autrui) et les sorties (morts, abattages, ventes, prêts, dons, sacrifices cérémoniels et animaux rendus aux propriétaires après la période de garde) ont été relevées chaque mois de juin 1987 à juillet 1988.
L'impact de traitements sanitaires prophylactiques sur la productivité des petits ruminants a été étudié sur les 1 200 petits ruminants appartenant à ces 35 unités de production agricole, (700 caprins et 500 ovins). Parmi ces animaux Une moyenne de 750 têtes ont fait l'objet de mesures de poids mensuelles pendant 12 mois.
Les animaux ont été répartis entre 3 groupes de traitement par choix aléatoire pendant toute la durée du suivi.
· T0: lot témoin ne recevant aucun soin vétérinaire· T1: lot vacciné à l'antipasteurellique (juin et novembre), à l'antipeste e à l'antibactéridien (juin).
· T2: lot vacciné (aux 3 vaccins précités) et déparasité au Panacur ND ou à l'Exhelm II. ND. (en juin et en octobre).
Le suivi de l'embouche ovine a concerné de 1987 à 1989 un effectif de 101 béliers, appartenant à 28 des 35 unités de production agricole, en observant l'alimentation, la santé et les performances pondérales.
Systèmes de production des petits ruminants
Taille et composition des troupeaux ovins et caprins
La taille moyenne des troupeaux est de 13,1 ovins et 21 caprins par unité de production agricole (tableau 1). Les caprins appartiennent généralement aux femmes.
Tableau 1. Composition moyenne des troupeaux ovins et caprins
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Sexe |
Femelles |
|
Mâle | |||||
|
Classe d'âge |
0-18 |
18-24 |
>24 |
TOTAL |
0-18 |
18-24 |
>24 |
TOTAL |
|
Ovins |
3,4 |
1,9 |
5,1 |
10,4 |
1,9 |
0,5 |
0,3 |
2,7 |
|
Caprins |
6,2 |
2,8 |
7,8 |
16,8 |
3,5 |
0,6 |
0,1 |
4,2 |
Parmi la population ovine la race Djallonké prédomine (près de 90%). Les autres races ovines élevées en faible proportion sont: le Maure, le Balibali et le Peulh ou Toronké. Les caprins appartiennent à la race naine de Guinée originaire du Fouta-Djallon.
Mode de conduite des troupeaux
Le pâturage naturel constitue l'essentiel de l'alimentation des troupeaux de petits ruminants. Plus de 95% des animaux sont soumis au régime de la libre pâture pendant la saison sèche et conduits SOUS surveillance pendant la saison des cultures. Pour diminuer les problèmes que pose l'insuffisance de la main d'oeuvre, les troupeaux sont regroupés et conduits surtout par des enfants. Sur un échantillon de 1 200 petits ruminants, 9% des pertes enregistrées étaient dues au manque de surveillance régulière. La complémentation alimentaire est distribuée seulement aux animaux malades, lactants et ceux soumis à un régime d'embouche. Les aliments généralement offert sont: son de mil, aliment Huicoma, fanes de niébé ou arachide, paille de brousse, feuilles et fruits d'arbres.
La castration (quand elle est pratiquée) se fait à partir de 18 mois chez les ovins et les caprins. Les possibilités de contrôle des saillies sont limitées et les paysans ne semblent pas avoir d'objectifs précis dans ce domaine.
Santé des petits ruminants
Les paysans apportent très peu de soins sanitaires, pour lesquels moins de 1% du coût total des dépenses liées à l'élevage est alloué.
En fin d'année 1986 la pasteurellose a frappé près de 80% de troupeaux ovins et caprins de l'échantillon d'étude avec un taux de mortalité de 30 à 40%. Des cas de listériose et d'echtyma contagieux ont été confirmés également au laboratoire. Sur des coproscopies effectuées, les trychostrongyloses ont été décelées sur près de 47% des animaux, les coccides sur 18% et les douves sur 5%. Outre ces pathologies la part d'autres infections telles la peste des petits ruminants le charbon bactéridien a été reconnue, suggérant l'expérimentation présentée ci-dessous. La consommation excessive du Zornia glochidiata au début de la saison pluvieuse a aussi été reconnue comme une cause de mortalité chez les ovins.
Evolution pondérale
De janvier à juin, le gain moyen quotidien enregistré pour les animaux de moins de 18 mois était de 52,1 g/j et pour les mâles de plus de 18 mois 37,4 g/j. Jusqu'à l'âge de 18 mois, les ovins gagnaient en moyenne 60,0 g/j tandis que les caprins ne gagnaient que 39,3 g/j.
Exploitation des troupeaux petits ruminants
Le taux global d'exploitation calculé sur des prélèvements d'animaux dans le troupeau a été inférieur à 20%. Le poids moyen à la vente des moutons et des chèvres était respectivement de 29,3 et 19,9 kg. Pendant la fête de Tabaski le nombre de moutons sur le marché est presque doublé et le prix unitaire à la vente des ovins mâles augmente de près de 50%. Une enquête menée à la fin de l'hivernage 1987 a montré que 28% du lait prélevé dans la zone provient des petits ruminants. Sur ce pourcentage 24% sont imputables aux caprins et 14% aux ovins. La part des petits ruminants dans le revenu en espèces des petits exploitants a été de 32,9%.
Impact de traitements prophylactiques (Ba B. Souleymane, 1990).
Des résultats préliminaires sur l'évolution pondérale, l'exploitation et la mortalité ont été obtenus.
Evolution pondérale des animaux
La vaccination et le déparasitage permettent un gain pondéral plus rapide dans les deux espèces (P<0,05) et plus notablement chez les ovins qui croissent plus que les caprins (tableau 2).
Tableau 2. Effet de la vaccination et du déparasitage sur le gain pondéral (g/jour) des petits ruminants suivis en milieu villageois. (Juin 1987-julliet 1988)
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Traitement |
Ovins |
Caprins |
|
Aucun traitement |
42,5 |
26,1 |
|
Vaccination |
43,5 |
28,6 |
|
Vaccination + déparasitage interne |
67 6 |
28 4 |
|
Moyenne |
51,2 |
27,7 |
|
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n = 359 |
n = 289 |
Mortalité et exploitation
AU cours de l'étude, le nombre de sorties s'est chiffré à 35% de la population originelle, se décomposant en 66% pour les prélèvements (vente, abattage, cadeaux) et 34% pour les taux de mortalité.
Les modifications de la structure des sorties imputables aux soins vétérinaires dans cette expérience sont résumés dans le tableau 3. On y voit que les traitements diminuent l'influence de la mortalité au profit des prélèvements, en notant une acuité supérieure du phénomène pour les ovins.
Tableau 3. Effet de la vaccination et du traitement antiparasitaires sur les taux de prélèvement et de mortalité chez les différentes espèces animales
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Traitement |
Ovins |
Caprins |
||
|
Prélèvement % |
Mortalité % |
Prélèvement % |
Mortalité % |
|
|
Aucun traitement |
50 |
50 |
65 |
35 |
|
Vaccination |
65 |
35 |
69 |
31 |
|
Vaccination + traitement antiparasitaire interne |
77 |
23 |
69 |
31 |
Il fut également noté que la mortalité dans les troupeaux SOUS abri permanent a considérablement diminué. Ce taux a chuté de 6% chez les ovins et les caprins (tous traitements confondus).
Embouche
Type animal
Les animaux les plus utilisés au cours des trois campagnes de suivi de l'embouche étaient de race Djallonké (85%) de race Bali-bali (8%); métissages Djallonké/Maure ou Djallonké/Bali-bali (7%).
L'âge moyen de l'ensemble des animaux était de 21 mois avec des variations individuelles de 12 à 36 mois. Celui des ovins de race Djallonké était généralement compris entre 18 et 30 mois. Les ovins engraissés étaient en majorité des mâles entiers.
Alimentation
Les principaux types d'aliments offerts sont: paille de brousse, feuilles etbranchettesd'arbres (Tamarindus indica, Ficus gnaphalocarpa, Pterocarpus erinaccus), graines de mil, son de mil, fanes de niébé, fanes d'arachide, fanes de dolique, gousses de Piliostigma reticula, aliment Huicoma.
Gain pondéral
Le poids moyen de départ a été de 33,25 kg pour l'ensemble des 101 têtes. La moyenne de poids de démarrage des ovins mâles de race Djallonké (race la plus représentée dans la zone de Banamba) engraissés au cours des trois campagnes a été de 29,12 kg.
Le poids à la fin de l'embauche de 37,80 kg toutes races confondues. Le gain moyen quotidien était de 65 9 pour Une durée moyenne de 70 jours (toutes races comprises).
Résultats économiques de l'embouche ovine
Les marchés à bétail locaux constituent des sources d'approvisionnement pour les ovins. Les résultats du suivi de quatre marchés dans la zone de Banamba ont révélé qu'il y a une augmentation de l'offre globale en petits ruminants au cours de la période de janvier à juin, AU cours de cette période le nombre total d'ovins augmente de 1,5% par mois et celui des caprins d'environ 8% par mois (Tangara et Sissoko, 1990).
Quant aux sources de financement, certains paysans procèdent à la vente d'autres animaux (vieilles femelles etc.) pour acheter les ovins mâles d'embouche et d'autres investissements des produits d'exode OU prélèvent sur leur troupeaux d'élevage. La commercialisation des animaux embouchés est beaucoup liée à la fête de Tabaski. Les paysans vendaient directement leurs animaux sur les marchés locaux. Cependant certains d'entre eux acheminent leurs animaux jusqu'au niveau des centres Urbains tels que Bamako où il existe une forte demande.
Parmi les animaux engraissés au cours des campagnes de suivi 37% ont été prélevés des troupeaux d'élevage personnels et 63% achetés sur les différents marchés. Le prix d'achat moyen des ovins mâles était de 9 955 F CFA et le prix de vente moyen a été de 20 598 F CFA.
L'analyse de la structure des coûts d'embouche ovine révèle que les coûts d'alimentation représente 80%. Le coût d'intervention de la main-d'oeuvre familiale dans les travaux (tels que la distribution des aliments, l'abreuvement, le nettoyage des enclos etc.) représente 9% des coûts les frais d'achat et de commercialisation représentent 11% des coûts d'embouche.
Souleymane Ba B. 1990. Etude sur la gestion et la productivité des petits ruminants dans la zone Semi-aride du Mali: Impact de certains traitements sanitaires prophylactiques. Rapport technique.
Tangara T. et Sissoko K. 1990. Suivi de l'embouche ovine paysanne dans la zone semi-aride de Banamba. Rapport technique (Commission Technique Spécialisée des Productions Animales: Session 1990).
Volet Recherche P.S.E. 1988. Investigation zoo-sanitaires des activités d'élevage dans la zone semi-aride du Mali. Rapport technique (Commission Technique Spécialisée des Productions Animales: Session mars 1988).