4. LA SITUATION ACTUELLE DES STATISTIQUES FORESTIERES NATIONALES RELATIVES AUX PRODUITS FORESTIERS
La situation actuelle des statistiques des produits forestiers du Bénin n’est pas des plus reluisantes. En effet, comme évoqué plus haut, le dysfonctionnement institutionnel qui caractérise le secteur forestier aujourd’hui a une part de responsabilité dans le déficit chronique d’informations fiables sur les ressources forestières du pays, lui-même conséquence logique d’une mauvaise gestion de la collecte, du traitement et de l’utilisation des données sur le secteur forestier.
Il va de soit que la nature des informations, les méthodes de collecte, d’analyse et de dissémination des données, les acteurs impliqués et les sources de production de l’information sont autant de facteurs qui déterminent l’état dans lequel se trouvent les statistiques et méritent tous autant qu’ils sont une évaluation pour voir dans quelles mesures des améliorations possibles pourraient être envisagées à chaque niveau concerné.
La situation forestière du pays est caractérisée par l’absence de données statistiques globales récentes élaborées sur des bases fiables sur l’ensemble des forêts, bien que de façon isolée des inventaires forestiers portant sur des superficies très limitées aient été réalisés dans le cadre ponctuel de divers projets forestiers.
De l’avis de spécialistes des questions statistiques approchés, avis que partage le consultant, il semble que les statistiques sont considérées par des certains responsables comme des activités non productives et plutôt consommatrices de budget avec une forte tendance à les reléguer au dernier rang des activités. A ces préceptes vient s’ajouter l’absence de culture des chiffres chez la plupart des décideurs du secteur public ou privé, il se dégage une impression que les responsables des services publics en général pas seulement de l’administration forestière, affichent une peur bleue des chiffres.
Ces insuffisances pourraient s’expliquer par le fait que la plupart du temps, la collecte des données est laissée à la charge d’un personnel affecté dans les services de statistiques par mesure disciplinaire. Ce personnel n’est pas toujours formé à cette tâche qu’il considère comme un travail forcé. L’intéressé s’estimant en position de garage donc complètement démotivé et manquant de moral pour accomplir sa mission.
Parfois même, l’on se demande s’il existe une volonté politique là gérer les statistiques dans la mesure où les agents responsables se refusant de transmettre des rapports d’activités n’encourent aucune sanction disciplinaire.
Or, un système d’information des données forestières plus centralisé, mieux structuré et faisant appel à des outils informatiques de base devrait être mis en place.
Mais la Direction des Forêts et des Ressources Naturelles en particulier ne semble pas s’intégrer au processus d’amélioration des statistiques en cours au niveau du Ministère du Développement Rural.
L’on serait arrivé au constat négatif que la DFRN n’a pas de système structuré d’information forestière digne de ce nom. Les informations recueillies sont souvent incomplètes et jalousement conservées par différents services et parfois même différents organismes finançant des projets spécifiques dans le secteur. Le traitement et la conservation des données se font de façon manuelle sans aucun support informatique.
Cependant, depuis 1986 le Ministère du Développement Rural a entrepris la mise en œuvre d’un Système National Intégré des Statistiques Agricoles (SNISA). Ce système mis sur pied par arrêté interministériel MDR MECCAG-PDPE a pour mission entre autres d’appuyer les différentes Directions techniques et les CARDER à améliorer leur méthodologie et outils de collecte, d’analyse et de gestion des informations dans leur domaine spécifique. Le SNISA coordonne les programmes statistiques des structures sous tutelle et statue sur la pertinence et la priorité de tout nouveau programme d’enquête statistique à mener.
Cet organe sectoriel est relié au Conseil National des Statistiques basé à l’INSAE au Ministère chargé du plan et du Développement.
Quelles sont les raisons d’une telle situation ?
4.1. La description des différents types d’information collectées sur les produits forestiers
Pour une bonne connaissance des produits forestiers du pays, plusieurs types d’informations ont été collectés dont nous passons en revue l’essentiel. Il s’agit de : i) la superficie des forêts, ii)le volume de bois disponible sur pied et croissance et iii) l’utilisation des forêts (production, consommation, importation et exportation), iv) les besoins en produits forestiers du pays et v) le bilan ligneux.
4.1.1. La superficie des forêts
La superficie totale des forêts s’entend l’ensemble des surfaces boisées c'est-à-dire les formations naturelles, les plantations forestières, les plantations agro-forestières et même des arbres hors forêts. Mais bien que de plus en plus, l’on parle de cette dernière catégorie de sources d’approvisionnement de bois hors forêts, les informations relatives aux produits forestiers au Bénin n’intègrent pas encore cette nouvelle donnée.
Certes, la superficie totale des forêts naturelles et artificielles est connue, mais l’on n’a cependant aucune idée exacte des différentes strates qui la composent. D’abord en raison du fait qu’il n’existe pas d’inventaire récent de ces forêts ensuite, la progression de la ligne de front pionnier des agriculteurs, les intrusions des éleveurs et des exploitants forestiers (charbonniers) clandestins dénaturent le faciès de ces formations.
Pour établir les différentes proportions de ces strates, l’étude filière bois, le tout récent document, a dû recourir à l’extrapolation des résultats d’inventaires forestiers réalisés dans les forêts dans différentes zones écologiques du pays.
Ainsi, pour les forêts classées de la zone à climat soudanien sec, la distribution des pourcentages des superficies a été calculée en établissant des moyennes pondérées à partir des résultats des inventaires des forêts classées de Goungoun et de la Sota (Projet UNSO 1997).
Pour les forêts à climat soudano-guinéen, la distribution des pourcentages de superficie a été calculée de la même façon en utilisant cette fois les résultats des inventaires des forêts classées de Pénessoulou (Trainer, 1996) et de Tchaourou Toui Kilibo (Polansky, 1994).
S’agissant des forêts de la zone à climat subéquatorial, les pourcentages de superficie sont le résultat de divers calculs et choix raisonnés dans la mesure où des données récentes d’inventaire font défaut. Cependant, se basant sur les données de la carte de végétation de CENATEL, les travaux relatifs au Noyau central de la Lama et en prenant en compte les taux de dégradation des forêts avancés par diverses études, les taux ci-après, ont été retenus pour la zone à climat subéquatorial :
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Galeries forestières : |
5 %, calculé pour le feuillet 10 (Abomey) |
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Forêts denses sèches : |
3 %, rapport calculé pour le noyau central |
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Sur le reste de la superficie totale de la forêt : |
2,3% |
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Pour les champs et jachères (en moyenne) : |
10 %. |
C’est donc sur la base de ces hypothèses que les chiffres annoncés dans ce rapport ont été obtenus. L’on se rend compte du biais que doivent afficher ces données. Mais en absence de tout inventaire forestier récent l’on ne peut aller au-delà de ces précisions.
4.1.2. Le volume de bois sur pied et croissance
Les estimations du volume de bois sur pied, qu’il s’agisse du bois d’œuvre ou du bois de service prennent leur assise sur les superficies estimées ci-dessus et des informations relatives à la productivité des différents types de végétation rencontrés dans nos massifs forestiers.
Ces données sont souvent exprimées, en mètres cube (m3), en nombre de madriers, en perches, en planches, en chevrons, en tonnes, ce qui ne facilite pas la synthèse de ces données. Par ailleurs, les informations sont souvent fragmentées entre diverses sources si bien que lorsque l’on tient à présenter un tableau complet d’un aspect des statistiques, l’on est tenu soit de combiner deux sources soit de faire des hypothèses par rapport aux tendances.
4.1.3. L’utilisation des forêts
Il s’agit ici des données de production, de commercialisation (d’importation et d’exportation) et de consommation du bois.
4.1.3.1. La Production de bois
La rubrique production du bois inclut le bois d’œuvre (les grumes, les billes, les produits de sciage, les parquets, les frises, les palettes), et les bois de services (perches, poteaux et équarries).
Les déchets végétaux, les copeaux et sciures des scieries, les meubles, les ouvertures en bois, les mortiers, les pilons, les produits de la sculpture, les manches d’outils (etc.) qui consomment une part non négligeable du bois ne sont pas pris en compte ou du moins ne font pas l’objet de données existantes.
Les unités de collecte sont très variables comme cela a été déjà signalé plus haut allant des unités numériques à des unités de volume ou de masse.
La production totale de bois est la somme des bois produits par les forêts naturelles du domaine protégé de l’Etat et des forêts classées disposant d’un plan d’aménagement, des plantations de l’ONAB, des plantations privées, des plantations réalisées dans le cadre des projets sous tutelle ou des arbres hors forêt. La situation de cette production est déjà faite au chapitre précédent et résumé dans le tableau 6.
4.1.3.2. La Consommation du bois
L’INSAE ne dispose d’aucune donnée statistique sur la consommation globale du bois d’œuvre pour le pays. Cependant, une tentative d’estimation de cette demande en bois d’œuvre a été faite par l’étude filière bois du Bénin à partir des données disponibles.
Cette estimation s’est inspirée du tout récent travail fait par Monsieur Riechert C. (1996) qui est parti de la consommation des scieries, des menuiseries, et ébénisteries (incluant les ateliers de débitages) des grands centres urbains comme Cotonou, Porto Novo et le reste des entreprises ailleurs dans les départements du Sud pour estimer la consommation du bois d’œuvre.
Cette étude qui s’est basée sur un recensement fait par l’ONAB des principaux usagers de produits forestiers dans la région concernée et complétée par des données statistiques du Nord de Bénin, a permis en outre de déterminer la quantité de bois de teck consommé dans le pays. La fiabilité de cette approche réside dans le fait que tout bois d’œuvre devant entrer doit passer par une usine de débitage et peut donc être comptabilisé au niveau des unités de transformation.
Evidemment, cette hypothèse ne prend pas en compte les chevrons et lattes sciés directement sur mesure depuis le chantier en brousse et qui entre directement dans la construction.
Ainsi l’on a estimé que la consommation de bois d’œuvre est de 112 000 m3 par an alors que celle du bois de service tournerait autour de 2,7 millions de m3.
4.1.3.2 L’Importation du bois
Le Bénin importe une part non négligeable de sa consommation en bois d’œuvre sous forme de produits de sciages (premières transformations essentiellement madriers, bastings, chevron, et planches) en provenance du Togo et du Nigeria. En outre, les produits forestiers de deuxième ou troisième transformation tels que les panneaux de particule, les contre plaqués, les papiers et des cartons sont importés d’autres pays d’Afrique et de l’Europe.
En plus d’importantes quantités de poteaux électriques sont également importés par la Société Nationale d’Electricité et d’Eau (SBEE). La situation actuelle se présente comme l’indique le tableau ci-dessous :
Mais dans leur état actuel, les statistiques relatives à ces produits forestiers d’importation sont difficiles à obtenir pour des raisons multiples :
D’abord beaucoup de produits importés échappent aux contrôles douaniers donc aux chiffres officiels fournis par cette institution. Ensuite, même quand le produit entre officiellement dans le pays la nomenclature utilisée n’est pas accessible à tout le monde, ce qui complique l’exploitation des données disponibles.
Enfin, pour échapper à la répression de délit relatif à l’utilisation de la tronçonneuse pour l’exploitation forestière (procédé prohibé par la réglementation forestière en vigueur) des bois exploités au Bénin sont pris pour des bois venus du Togo ou du Nigeria et donc dédouanés. La situation des produits importés est présentée à la page 17
4.1.3.3. L’Exportation
Le Bénin fait également partie des pays exportateurs de bois d’œuvre essentiellement du Teck. L’Office National du Bois a été le principal acteur dans cette forme de transaction. Mais avec l’ouverture faite par le libéralisme économique, des opérateurs économiques se sont peu à peu intéressés à l’exportation. La situation actuelle des volumes de bois exportés figure à la page18 sous le tableau N°8 :
4.1.3.4. La consommation du bois de service
Il n’existe en fait aucune statistique officielle pour la consommation de bois de service. L’étude faite par Riechert (1996) a estimé que la consommation de perche au Bénin avoisinerait 1million m3 par an.
Du point de vue de la disponibilité de bois de service, il a été indiqué plus haut que le volume de bois de service représenterait les 20 % du volume de bois énergie ayant bénéficié de beaucoup d’étude et que ce pourcentage représenterait environs 2,7millions m3 de bois de service par an.
4.1.3.5. Bilan besoins et disponibilités de produits forestiers ligneux du Bénin
Le bilan ligneux est établi en faisant la balance entre la consommation /demande actuelle et future des populations et les disponibilités actuelles et en perspective des sources d’approvisionnement en bois pour le pays.
Pour l’ instant et dans un moyen et long terme, la tendance est à l’optimisme pour le bois d’œuvre, même si par endroits l’on doit redouter des pénuries graves de bois au cas où l’on n’assurerait pas une répartition homogène du bois. En effet, les disponibilités en bois d’œuvre (652 000 m3 de bois par an ) suffisent largement pour couvrir les besoins actuellement estimés à 112 000 m3 de bois d’œuvre. Le taux de couverture est de 5,8.
En ce qui concerne le bois de service, l’étude sur la filière bois au Bénin indique qu’en 1997, la disponibilité en bois de service était de 2,7 millions m3 alors que la consommation serait de 1,5284 millions de m3 soit un taux de couverture de 1,43. La même étude indique qu’au regard de la croissance démographique cette consommation passerait à 2,306 millions de m3 en 2012 alors que la disponibilité resterait inchangée ce qui ramènerait le taux de couverture à 0,95.
L’interprétation qu’il convient d’avoir de cette tendance est que le bilan à long terme s’en va à être négatif.
Et doit par alors appeler à des stratégies conséquentes.
4.2. La description des méthodologies existantes pour la collection des données
Les méthodologies utilisées pour collecter les données relatives aux produits forestiers varient en fonction de la nature du produit forestier et du niveau de la collecte. Ainsi les méthodologies appliquées aux superficies forestières ne sont pas les mêmes que celles utilisées pour recueillir les données sur le bois d’œuvre, le bois de service produit, consommé, importé ou exporté.
Cette méthodologie suit et respecte un certain schéma proche de l’organigramme de l’administration forestière en ce qui concerne les données collectées par la DFRN et ses structures décentralisées. En ce sens qu’elle part de la collecte effectuée par le niveau local (structures villageoises, chef poste forestier, Technicien Spécialisé en Foresterie) en passant par le niveau intermédiaire (Brigade Forestière, Cantonnement Forestier Direction des Forêts et Protection des Ressources Naturelles) pour atteindre les niveaux supérieurs telles la Direction des Forêts et des Ressources Naturelles, Office National du Bois, Ministère du développement Rural et Ministère chargé du Plan.
Les données sur le terrain comme la superficie de forêt exploitée, le nombre d’arbres abattus, le nombre de perches, de poteaux ou de billes coupés, le nombre de madriers ou de planches ou de chevrons sciés, la superficie de terres boisées, le nombre de plantes mis en terre sont fourni par le Chef de Poste Forestier à travers des rapports périodiques ou circonstanciés.
Cependant, certaines données pour être collectées et analysées requièrent des dispositifs et équipements spéciaux. C’est le cas de la régression des superficies boisées sous des effets conjugués des facteurs anthropiques comme le feu, le défrichement, le surpâturage etc.
A ce niveau, c’est le Centre National de Télédétection et de Surveillance du Couvert Végétal (CENATEL) qui intervient par des études diachroniques.
Ce travail est fait à l’aide d’équipements informatiques (ordinateurs, logiciels, Système d’Information Géographique, consommables) et un personnel qualifié. Les supports sont souvent des cartes de végétation, les cartes thématiques assorties de légendes qui renseignent sur les paramètres recherchés (évolution des différents types de végétation, évolution des différentes surfaces de chaque faciès végétatif etc.).
4.3. Les différents acteurs de collecte, d’analyse et de diffusion des données forestières
La collecte, le traitement et la diffusion des données statistiques en matière forestière font intervenir plusieurs acteurs. Il s’agit des structures villageoises impliquées dans la gestion des forêts, des structures gouvernementales dont les principales sont le Ministère du Développement Rural (MDR), le Ministère de l’Environnement de l’Habitat et de l’Urbanisme (MEHU), le Ministère d’Etat Chargé de la Coordination de l’Action Gouvernementale, du Plan, du Développement et de la Promotion de l’Emploi (MECCAG-PDPE) et le Ministère Des Finances et de l’Economie (MFE). Les Organisations Non Gouvernementales notamment à caractère environnemental ou travaillant sur les ressources forestières tels que ECOLO-BENIN, ASSED, BENIN NATURE, PACIPE- BENIN (etc.) pour ne citer que celles-là, sont aussi impliquées. Enfin les organismes internationaux comme, la FAO, la Banque Mondiale, le PNUD, la GTZ
4.3.1. Le Ministère du Développement Rural
Le Ministère du Développement Rural assure pour la plupart l’essentiel de la collecte des données relatives aux produits forestiers à travers justement la Direction des Forêts et des Ressources Naturelles, les Directions Générales des Centres d’Action Régionale pour le Développement Rural (CARDER) par l’entremise des Directions des Forêts et de la Protection des Ressources Naturelles (DFPRN), la Direction Générale de l’Office National du Bois (ONAB), les Projets sou tutelle du MDR.
Pour s’acquitter convenablement de cette tâche, il a été structuré en 11 Directions techniques et 6 Offices conformément au Décret 91-301 du 31 décembre 1991 portant Attributions, Organisation et Fonctionnement du Ministère du Développement Rural. Pour les besoins de l’étude, il sera passé en revue deux de ces Directions et un des offices les plus concernés par la gestion des données statistiques forestières. Il s’agit de :
4.3.1.1 Une Direction des Forêts et des Ressources Naturelles (DFRN)
Conformément à l’Arrêté N° 020/MDR/DC/CC/CP du 27 mars 1992, la Direction des Forêts et des Ressources Naturelles a pour mission d’assurer la gestion durable et rationnelle des ressources naturelles. A ce titre elle est chargée entre autres de la définition des politiques et de l’élaboration des stratégies en matière de forêt et de faune ainsi que du suivi de leur application. Pour accomplir cette mission, la DFRN a été dotée des services ci-après :
Le Service Etudes, Programmation et Suivi-Evaluation (SEPSE) ;
Le Service Suivi de la Gestion des Plantations et des Forêts Naturelles (SSGPFN) ;
Le Service Suivi de la Gestion de la Faune (SSGF) ;
Le Service Administratif et Financier (SAF).
4.3.1.2 Une Direction de la Programmation et de la Prospective
La DPP assure pour l’ensemble du Ministère, une mission de centralisation et de synthèse des informations sur le secteur rural, d’analyse des facteurs de son évolution et d’élaboration de politiques de développement rural. Elle intègre les attributions de la Cellule de Programmation et de Coordination, objet du Décret N°91-267 du 2 décembre 1991 qui sont :
L’élaboration, la circulation, le traitement de l’information (statistiques, banque de données, documentation fiches de suivi d’activités de projets, etc.…) dans le but de suivre l’évolution du secteur rural et des projets, etc.
4.3.1.3. Les Centres d’Action Régionale pour le Développement Rural (CARDER)
Au niveau départemental, les CARDER, sont les premiers responsables de la collecte, de l’analyse et de la diffusion des informations relatives aux produits forestiers par l’entremise des Directions des Forêts et de la Protection des Ressources Naturelles (DFPRN). En effet, la DFRN est représentée par des structures décentralisées dénommées Directions des Forêts et de la Protection des Ressources Naturelles (DFPRN) à ce niveau départemental du processus de gestion des données.
4.3.1.4. Les Directions des Forêts et de la Protection des Ressources Naturelles
Ces directions sont chargées, sous l’autorité hiérarchique des CARDER, de la mise en œuvre des politiques et stratégies du secteur forestier.
Chaque DFPRN dispose pour ce faire, d’un Service Etudes, Programmation et Suivi-Evaluation (SEPSE), chargé entre autres :
De l’élaboration, du suivi et de l’orientation de la politique et des stratégies forestières nationales pour le développement des ressources forestières, de la planification et de la mise en œuvre de ces stratégies ; de l’analyse de l’évolution du sous secteur forestier, du diagnostic, les inventaires et les études nécessaires à un meilleur suivi écologique des écosystèmes forestiers, du suivi et de l’évaluation des activités des services et projets forestiers, de la collecte et du traitement des informations, de la tenue de toute la documentation relative aux statistiques sur la production, la consommation et sur les besoins du pays en produits forestiers et dérivés de même que des archives techniques sur le secteur forestier ;
4.3.1.5. Le Service Etudes, Programmation et Suivi-Evaluation (SEPSE)
Sa mission est structurée en : Une Division Etudes, Inventaire et Synthèse (DEIS) et une autre Division Programmation et Suivi-Evaluation (DPSE).
Les informations collectées par les Chefs poste forestier sous forme de rapports manuscrits sur cahiers manifold subissent un premier niveau de synthèse au niveau du Technicien Spécialisé en Foresterie dans la même forme de présentation avant de s’acheminer vers le RDR où un deuxième niveau de synthèse sur support dactylographié est réalisé avant d’être envoyé à la DG-CARDER.
C’est à ce niveau qu’un tableau synoptique des données est conçu et saisi à l’ordinateur. De la DG CARDER une copie du rapport va directement au Ministère sous forme de rapport périodique et une autre copie est adressée directement au DFRN.
Les rapports des DFPRN, de l’ONAB et des Projets sous tutelle sont compilés par le C/SIARN de la DFRN avant d’être envoyés au MDR.
4.3.1.6. L’Office National du Bois (ONAB)
L’ONAB en tant que structure autonome envoie directement ses rapports au MDR avec ampliation à la DFRN à titre d’information. Ces rapports émanent des chefs secteurs des plantations domaniales d’Agrimey, de Djigbé et de Toffo de même que de la Section Industrielle de Saclo de l’unité reboisement, de l’unité exploitation, de la Division Etude et de section menuiserie. Le niveau d’informatisation assez poussé des opérations au sein de l’ONAB facilite quelque peu les choses.
La collecte des données de base
Au niveau de la collecte des données, les Chefs de Poste Forestier au niveau des DFRN ou les chefs de secteurs des plantations domaniales au niveau de l’ONAB disposent des canevas de rapports qui leur permettent de collecter sur le terrain mensuellement des données sur l’état de la forêt et les activités relatives à la couverture végétale dans leur secteur d’activité.
En outre, au cas où un événement insolite, inhabituel se produirait, ils doivent en adresser un rapport circonstancié à leurs supérieurs hiérarchiques immédiats. C’est ainsi qu’ils peuvent et doivent signaler l’état général de la végétation, le nombre et le volume estimé des essences enlevées pour l’exploitation du bois d’œuvre ou du bois de service. Ils doivent renseigner à travers ces rapports sur les cas de feux de brousse ou d’incendies de forêts ou de plantation, le nombre de perches ou de poteaux enlevés par éclaircie, les nouvelles superficies reboisées ou enrichies, les produits forestiers ayant circulé dans leur secteur munis ou non de laissez-passer, bref de toutes informations utiles touchant la vie des boisements.
Cette collecte à ce niveau local associe souvent tous ceux qui développent des actions sur le terrain. C’est le cas des ONG, des projets sous tutelle du MDR, des particuliers etc. C’est ici qu’il est indispensable d’harmoniser les instruments de collecte, les fiches, les canevas, et les méthodes. Les données sont envoyées sous forme de tableaux tracés à la main remis mains à mains ou par la poste.
Outils de collecte des informations
Plusieurs outils de collecte sont utilisés dans la collecte des données. Il s’agit de :
La fiche de renseignements
La fiche de renseignements comme son nom l’indique et telle qu’elle figure en annexe 5 du document donne tous les renseignements dont le chef cantonnement ou le DFPRN a besoin pour délivrer le permis de coupe aux usagers qui en exprime le besoin.
Permis de coupe
Le permis de coupe est l’autorisation donnée à un exploitant agréé d’exploiter des arbres en âge d’exploitabilité. Il renseigne sur l’identité du bénéficiaire, l’essence, le nombre, la circonférence à 1,30 M du sol, le lieu de coupe les redevances à payer. Il est délivré par le DFRN ou par délégation par le DFPRN. Le modèle est joint en annexe 6
Laissez-passer faisant office de permis de circulation
Il renseigne sur l’identité de l’exploitant, les zones de prélèvement, les essences exploitées, la nature des bois transportés, l’identité du véhicule utilisé pour le transport, l’itinéraire, le volume transporté et restant à évacuer, la date d’embarquement, l’itinéraire et la date probable d’arrivée à destination ainsi qu’il figure en annexe 7 du rapport.
Permis de coupe pour exploitation du bois de feu
Ce permis est délivré pour l’exploitation du bois énergie ou du bois de service. Comme pour les autres formes de permis, il renseigne sur l’identité du bénéficiaire, la nature et la quantité des produits et des moyens utilisés pour le transport des produits. Il figue en annexe 8 du présent rapport.
Permis de circulation des produits forestiers importés
Cette formule est utilisée pour des produits forestiers d’importation. En dehors de tous les renseignements que pourraient fournir les permis ordinaires, mention est faite de l’origine des bois, des pièces de douanes et de la validité des permis de coupe. Le modèle figure en annexe 9 du rapport.
Vu son importance, il est délivré par le DFRN lui-même.
Les papiers de dédouanement
Au cas où les produits proviendraient de l’extérieur, ils sont dédouanés et accompagnés des papiers de dédouanement qui précisent les origines du bois à travers le permis de coupe du leu d’exploitation du bois ainsi que les taxes » diverses auxquelles les produits sont assujettis.
Le traitement des données
Les données ainsi collectées subissent plusieurs traitements ou analyses. En effet, les rapports parvenus au RDR sont affectés au technicien Spécialisé en foresterie qui dressent un tableau pour tout le secteur. Le RDR à son tour achemine ce tableau au Directeur Général du CARDER après un commentaire sommaire.
Le traitement porte souvent sur des aspects comme la baisse ou la hausse des superficies plantées ou du nombre d’arbres mis en place, des superficies brûlées ou encore des recettes issues soit des taxes et redevances forestières ou soit de la cession des produits saisis. Le Directeur Général du CARDER affecte le rapport au DFPRN pour exploita tion. Le DFPRN l’annote pour le Chef Service Etudes, Programmation et Suivi-Evaluation (SEPSE) qui à son niveau fait la synthèse du département à partir des données de toutes les autres sous-préfectures.
Dans les départements plus vastes où existent des cantonnements, ce travail est dégrossi avant d’arriver au niveau de la DFPRN. A la synthèse au niveau départemental, les DFPRN ajoutent aux données communiquées par les RDR donc émanant des Techniciens Spécialisés en Foresterie, les informations en provenance des responsables des projets forestiers en cours d’exécution dans leur département.
Ces deuxièmes niveaux de synthèses sont remontés à la Direction des Forêts et des Ressources Naturelles. A ce niveau, une première synthèse nationale est faite à travers le Service Inventaire et Aménagement des Ressources naturelles (SIARN). Le traitement ici est des plus importants car les données compilées à ce niveau sont non seulement celles des Directions des Forêts et de la Protection des Ressources Naturelles mais également les informations de l’ONAB, des Projets Forestiers intervenant dans les ressources forestières, des brigades de contrôle au port, des gares, des embarcadères, des dépôts et entrepôts légalement approvisionnés de même que des scieries et menuiseries.
Le Centre National de Télédétection et de la Surveillance du Couvert Forestier (CENATEL)
Les informations collectées par le CENATEL nécessitent des outils plus sophistiqués dont la manipulation est réservée aux seuls agents et équipements de ce centre.
Il s’agit des informations données soit par des images spot, des landsat ou des photos aériennes dont l’interprétation permet de se rendre compte de ce qui se passe au niveau de toute une forêt ou de l’ensemble de plusieurs forêts.
Mais les difficultés institutionnelles et même techniques de ce Centre ne lui permettent pas d’assurer pleinement ce mandat dans la gestion des informations relatives aux produits forestiers au sein de la DFRN.
Il convient de signaler que ce troisième niveau de synthèse pour le moment est confronté à d’énormes difficultés à rassembler toutes les informations et c’est cela qui explique en partie que le dernier rapport complet de la DFRN remonte à 1995.
La Direction de la Programmation et de la Prospective du MDR (DPP-MDR)
Les informations relatives aux produits forestiers tout comme aux autres produits du secteur rural sont remontées au Ministère du Développement Rural où elles sont traitées à la Direction de la Programmation et de la Prospective (DPP) qui est la Direction en charge des Statistiques Agricoles au niveau de ce Ministère.
La DPP centralise et analyse toutes les données statistiques de la production végétale du pays et constitue par-là même un niveau non négligeable de dissémination de données. Elle dispose pour ce faire d’un service de statistique et d’un équipement en technologie nouvelle d’information comme un serveur, des ordinateurs, des logiciels appropriés et un personnel qualifié pour mettre en œuvre un programme de collecte, d’analyse et de dissémination de données relatives à tous produits agricoles y compris forestiers.
C’est le lieu de rappeler l’atelier de mise en place d’un Système de Suivi Evaluation du Secteur Rural (SESER) au sein du MDR organisé au CBDIBA à Bohicon, du 20 au 21 janvier 2000 par cette Direction.
L’objectif fixé à travers cet atelier est de permettre aux participants de se familiariser avec le concept d’un Système Suivi Evaluation, de s’informer des différentes étapes de sa mise en œuvre, et des perspectives relatives à la planification et aux outils de mise en œuvre du SSE.
4.3.2. Le Ministère Chargé de la Coordination de l’Action Gouvernementale du Plan du Développement et de la Promotion de l’Emploi (MECCAG- PDPE).
L’Institut National de Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE)
Les informations synthétisées au niveau du MDR (DPP) comme de tous les autres départements ministériels sont acheminées au Ministère d’Etat Chargé de la Coordination de l’Action Gouvernementale du Plan, du Développement et de la Promotion de l’Emploi. Au sein de ce département se trouve l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE). L’INSAE dispose d’un Organe de coordination de la gestion des statistiques à l’échelon national. Il s’agit du Conseil National des Statistiques.
Le MECCAG PDPE assure le secrétariat permanent et les autres ministères en sont membres.
Aux fins d’assurer aux acteurs des capacités adéquates de collecte, du traitement et de la distribution des informations, une Direction de la Coordination des Statistiques, de la Formation et de la Recherche a été créée et mise en œuvre au sein du CNS.
De la même manière que les informations collectées au niveau local du secteur rural (sous secteur forestier) remontent jusqu’au Conseil National des Statistiques, de même les données relatives aux produits forestiers des autres départements ministériels remontent de leur niveau le plus bas à l’échelon du CNS.
Les statistiques les plus réalistes sur l’exportation des produits forestiers sont fournies par les services de la Direction des Douanes et Droits Indirects. Ce qui n’est pas le cas au niveau des importations dominées par l’informel notamment au niveau des produits en provenance du Togo et du Nigeria.
Le Conseil National des Statistiques est équipé en matériels de nouvelle technologie de communication c’est à dire d’un serveur auquel devraient être connectés les Services de Statistiques des différents Ministères afin de faciliter le traitement, le transport la gestion et l’utilisation de l’information.
Mais malheureusement à l’étape actuelle des choses ce serveur n’est pas fonctionnel. Les raisons seraient le manque de formation du personnel en charge.
4.3.3. Le Ministère de l’Environnement de l’Habitat et de l’Urbanisme (MEHU)
Ce département abritant la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de l’Agence Béninoise pour l’Environnement joue un rôle charnière dans la production, le traitement et la diffusion de l’information relative aux produits forestiers dans la mesure où cette institution se dote progressivement de banque de données sur les forêts et autres aires boisées.
4.3.4. Le Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique
Ce Ministère a sous sa tutelle la Faculté des Sciences Agronomiques qui dispose d’un centre d’inventaire et de biométrie lui permettant d’effectuer des inventaires et de ce fait joue un rôle important dans le système d’informations relatives aux produits forestiers du pays.
En tant qu’un centre pédagogique, plusieurs travaux de thèses réalisés par des étudiants en fin de cycle sur des sujets divers touchant la foresterie en fait une véritable banque de données.
Par ailleurs, les professeurs et autres enseignants sont impliqués dans de nombreuses enquêtes de consommation des produits forestiers. Mais seulement le niveau de dissémination de ces informations est faible, se limitant à de la documentation académique. Peu accessible au publique.
4.3.5. La Dissémination ou diffusion des données relatives aux produits forestiers
Les organes de diffusion des données statistiques sur les produits forestiers ne sont pas nombreux. En dehors des rapports de plans de développement, il faudra citer encore les tableaux statistiques du MDR, les données des plans de campagnes et le tableau de bord social au plan local. Au plan international, c’est la FAOSTAT qui est l’outil principal de diffusion.
Comme nous l’avons souligner au point 4.3.4, d’importantes informations sont produites à travers divers travaux de thèse des étudiants finissant à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Nationale du Bénin. Mais malheureusement, ces données ne sont pas accessibles au grand publique et sont consultées en priorité par d’autres étudiants pour d’autres travaux.
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4.4. L’évaluation des plus importants produits forestiers du pays
Les plus importants produits forestiers du Bénin sont répartis en bois d’œuvre et en bois de service. Les bois d’œuvre sont constitués de bois de sciage (première transformation), de produits fabriqués à partir de bois de sciage (deuxième transformation) et les meubles comme les produits de la troisième transformation.
Ces produits sont présentés et conditionnés sous la forme ci-après :
4.4.1. Les grumes ou billes
Ce sont des produits d’exploitation brute sans aucune transformation préalable de bois de la forêt naturelle ou de teck des plantations de teck.
Ces grumes ou billes sont de longueur variable de deux à quatre mètres et de diamètre égal ou supérieur à 20 cm pour le teck et de 45 cm et plus pour les essences de la forêt naturelle
L’évaluation des volumes de grumes de bois se fait par simple calcul alors que 60 billes de teck sont estimées à 20 m3 de bois de teck.
Le niveau actuel de leur extraction est faible du fait de la récupération limitée du houppier avec l’abandon sur le chantier d’importants produits.
Les principales essences forestières exploitées pour le bois d’œuvre au Bénin sont résumées dans le tableau ci-dessous :
Tableau N°9 : des principales essences exploitées
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Nom scientifique |
Nom usuel |
|
Khaya senegalensis |
Caïlcédrat |
|
Milicia excelsa |
Iroko |
|
Antiaris africana |
Faux Iroko |
|
Tectona grandis |
Teck |
|
Ceiba pentandra |
Fromager |
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Bombax coatatum |
Kapokier |
|
Pterocarpus erinaceus |
Bois de vène |
|
Afzelia africana |
Lingué |
|
Isoberlinia doka |
Isoberlinia |
Source : Etude filière bois au Bénin
4.4.2. Les madriers
La production de madriers par la tronçonneuse (non réglementaire) sur le site même d’abattage est au Bénin, la forme la plus répandue de production de sciage de première transformation.
La scie de long et la scie mobile contribuent pour une part encore négligeable à la production du madrier.
Les avantages de ce type de transformation sont :
rapidité d’exploitation de la ressource,
organisation très simple, un chef de chantier, un scieur à la tronçonneuse, un ou deux aides,
un équipement simple une scie à chaîne (tronçonneuse), une lime, un cordeau et un cric)
Les inconvénients de ce type de transformation
Le faible rendement sciage/grume,
Mauvaise qualité du sciage, on estime que seulement 30 % de la bille sont utilisés pour produire des madriers aux dimensions normales, c’est à dire 30 cm x 8 cm x 4m
La nomenclature des sciages distingue :
Les madriers : 30 cm x 8 cm x m
Les madriers dits ¾ : 30 cm x 8 cm x 3 m
Le basting : (la moitié du madrier dans le sens de la longueur) : 15 cm x 8 cm x 4 m
Le chevron : (le quart du madrier dans le sens de la longueur) : 8 cm x 8 cm x 4 m
Les équarries : (perches ou poteaux taillés sur les quatre faces) 30 cm x 30 cm x 4m
Le demi-madrier (dans le sens de la largeur) 30 cm x 8 cm x 2 m
Hormis les planches généralement de bois blancs : 30 cm X 3 cm X 4 m, les scieries modernes et l’ONAB débitent des planches de diverses dimensions destinées à l’exportation et une partie utilisée sur place.
Dans la réalité sur le terrain ces dimensions sont souvent sensiblement majorées surtout par les utilisateurs de la tronçonneuse.
Le bois de service constitue également des produits des plus importants de part leur importance numérique et la tranche de la population qui en dépend.
4.5. La description des plus importantes industries du bois
Le tissu industriel forestier du Bénin est caractérisé par une multitude de petites unités de transformation de bois. Il s’agit essentiellement des ateliers de débitage, des menuiseries et des ébénisteries avec plus récemment des unités de scieries mobiles. Inégalement réparties sur l’étendue du territoire, plus de 840 se trouvent concentrées dans les départements du Sud avec 500 pour Cotonou seul alors que seulement 70 sont implantées dans les deux départements du Nord.
4.5.1 Ateliers de débitage
Les ateliers de débitage s’approvisionnent en bois rouges (Khaya senegelensis, Milicia excelsa, Isoberlinia doka, Afzelia africana et Pterocarpus erinaceus) et en bois blanc (Antiaris africana, Daniellia olivery, Triplochyton scleroxylon). Le teck (Tectona grandis) est aussi une essence de transformation mais beaucoup plus usitée par les scieries industrielles à cause de sa rareté.
Les ateliers de débitage sont des installations de type quasi artisanal dans des bâtiments souvent exigus appartenant ou non aux propriétaires. L’appareillage est souvent constitué d’équipement multifonctions comprenant une à deux scies à ruban avec volant de diamètre variant entre 90 à 110 cm, de lame de 30 à 40 mm, d’une raboteuse et d’une toupie. La plupart de ces équipements sont usagers et de marque allemande ou italienne.
Récemment, des scies circulaires ont font leur apparition dans les ateliers telles que les Woodmizer, le Mobile dimension d’origine américaine et française.
4.5.2 Les scieries fixes
Ces scies ont la caractéristique de posséder tous les équipements leur permettant de fabriquer des produits de qualité standards suffisants pour l’exportation. Certaines d’entre elles disposent des séchoirs de 20 à 40 m3.
La scierie de l’ONAB dans sa branche industrie possède la plus grande capacité de production et de loin la plus sophistiquée.
< P ALIGN="JUSTIFY">L’usine de l’ONAB possède un outillage varié allant du petit outillage de menuiserie ordinaire à la déligneuse, la scie circulaire, la machine multifonctions (raboteuse, dégauchisseuse, toupie et ponceuse etc.).
4.5.3 Menuiseries et ébénisteries
Sur le terrain, il est fort difficile de faire la différence entre les ateliers de débitage et les menuiseries ébénisteries en raison du fait que parfois, les derniers sont quelquefois plus impliqués dans le sciage des grumes et de madriers en débits que dans la fabrication des meubles.
Plusieurs catégories de menuiseries existent dans le pays allant de celles possédant à peine une scie et un rabot à d’autres détenant des machines –outils de grande capacité permettant de fabriquer des articles finis et en grande quantité.
4.5.4. Scieries
Onze (11) scieries seraient officiellement agréées et enregistrées à la Direction des Forêts et Ressources Naturelles.
Il existerait cependant plus Cinq (5) scieries dites modernes dont les caractéristiques est qu’elles transforment le bois de teck qu’elles exportent exclusivement. Ces usines sont :
ONAB (Branche industrie)
Compagnie du Golfe
Bentect S.A.,
SOPACOB et
Société Justin
Pour la plupart, ces usines sont localisées dans le sud Bénin sauf celle de Saclo située à environ 125 Km de Cotonou sur l’axe Cotonou - Parakou.
Les plus importantes de ces unités de même que leur niveau de consommation de bois de sciage et la situation se résume dans le tableau ci-dessous.
Tableau 10 : Estimation du volume de bois d’œuvre utilisés par les ateliers et de débitage, les menuiseries et des ébénisteries du Bénin.
|
Lieu |
Nombre d’entreprises |
Consommation annuelle de bois d’œuvre |
|
|
M3 de grumes par entreprise |
Total m3 de grume |
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|
Cotonou |
200 |
200 |
40 000 |
|
Cotonou |
300 |
50 |
15 000 |
|
Porto Novo |
50 |
100 |
5 000 |
|
Porto Novo |
100 |
20 |
2 000 |
|
Départements du Sud |
40 |
70 |
2 800 |
|
Départements du Sud |
150 |
20 |
3 000 |
|
Départements du Nord |
20 |
70 |
1 400 |
|
Départements du Nord |
40 |
20 |
800 |
|
Total |
900 |
550 |
70 000 |
|
Note : 1-Départements du Sud :Atlantique,Ouémé, Mono, Zou 2- Départements du Nord :Atacora, Borgou 3- Non compris les usagers exportateurs des billes de teck 4-Le total de 70 000 m3 par an comprend 40 000 m3 de bois rouges et 30 000 m3 de teck (tableau 4 .1. 4.)
|
|||
Source : Etude filière bois au Bénin, 1997.
L’ONAB et les scieries modernes usines le bois de teck surtout pour la fabrication de produits de troisième transformation, parquet, frises, et palettes etc.
La production et la capacité installée des cinq principales usines de transformation de teck du Bénin est résumée dans le tableau ci-dessous.
Tableau N° 11 : Situation des capacités installées des principales usines de transformation du bois
|
Nom de l’usine |
Produits fabriqués |
Capacité installée (m3-grume/mois) |
Production courante (m3-grume/mois) |
|
ONAB |
Sciage, parquet, frise à parquet, bois de feu |
4 000 |
2 500 |
|
Cie du Golfe |
Sciage, équarris, parquet, frise à parquet, palettes, meubles |
1 200 |
350 |
|
SOPACOB |
Parquet, frise à parquet |
1 000 |
300 |
|
Benteck |
Sciage, parquet, frise à parquet |
1 500 |
600 |
|
S.A.Justin |
Sciage, parquets, frise, meubles |
1000 |
500 |
|
Total |
8 700 |
4 250 |
Source : Estimation du consultant.
4.5.4.1. Office National du Bois (ONAB)
L’Office National du Bois (ONAB) est un office d’Etat à caractère commercial créé en 1983 et qui a débuté ses activités en 1984. Il est issu de la coopération entre l’Etat béninois et l’ex-République Fédérale d’Allemagne Ses principaux objectifs sont :
la production de bois de sciage, de parquet et de bois de feu,
la protection de l’environnement et le reboisement du pays,
la formation théorique et pratique des menuisiers.
En d’autre terme l’ONAB, a pour mission de développer l’économie forestière du pays à partir de la mise en valeur des plantations domaniales essentiellement constituées Teck.
Elle est actuellement en phase de transition vers sa privatisation dans le cadre de la politique de libéralisation économique dans lequel le pays s’est engagé.
L’ONAB totalise actuellement 12 000 Ha de plantation de teck qui lui garantissent un approvisionnement de la scierie en grume et en bois de feu. La possibilité actuelle de récolte de l’ONAB estimée à 42 000m3 pourrait passer à 100 000 m3 en 2017 dès que les jeunes plantations atteindront l’âge d’exploitabilité.
4.5.4.2. Scieries des sociétés privées
La trop grande rétention de l’information des opérateurs privés probablement par peur de la fiscalité n’a pas permis au consultant d’accéder aux données relatives aux scieries privées
Néanmoins certaines d’entre elles ont accepté de fournir des informations plus ou complètes qui méritent d’être mentionnées dans ce rapport : Il s’agit de la Compagnie du Golfe et de la Société Justin.
La Compagnie du Golfe
Cette usine créée en 1994 a dû observer un temps mort en raison des difficultés d’approvisionnement en bois de teck avant de repartir en 1997 avec pour essences principales le Teck et l’Afzelia africa. Le niveau d’équipement de cette usine est assez complet. Une scie à ruban et une scie circulaire, une scie semi-mobile et une scie multifonnelle. Avec ses deux séchoirs artificiels de capacités 40 m3, elle parvient à maîtriser l’usinage de l’Isoberlinia. Cela représente un gros avantage parce que nos forêts regorge d’énorme quantité de cette essence mais qui travaillée sans séchage n’est pas appréciée sur le marché.
L’usine emploie 120 ouvriers et s’approvisionnerait auprès d’un exploitant forestier situé à environ 350 Km de Cotonou.
L’usine consomme 450 m3 d’Afzelia par mois et produit environ 120 m3 de produits finis (parquets). Le souci majeur du directeur de cette scierie serait comment maintenir sa consommation régulière afin de répondre aux engagements avec ses clients à l’extérieur ?
La Société Justin
Elle est d’installation récente. Spécialisée dans le teck, elle travaille dans une moindre mesure l’Isoberlinia pour la fabrication de meubles. Elle est équipée d’une scie circulaire, d’une scie à ruban, de multifonctions et de deux Woodmizer sorte de scie mobile. Au passage du consultant les multifonctions n’étaient pas encore installées. Avec une vingtaine d’ouvriers, cette unité consomme actuellement 150 m3 environ de grume de teck par mois.