5. EVALUATION DES DONNEES COLLECTEES ET DES METHODOLOGIES UTILISEES
Selon l’étude de la filière bois au Bénin, août 1997,les statistiques disponibles sur les produits forestiers au Bénin sont souvent fragmentées en ce sens qu’elles ne couvrent pas toujours l’ensemble des départements du pays. De plus les données enregistrées à la main et qui plus est, ne sont conservées sur aucun support informatique augmentent ainsi les risques d’erreur dus à toute manipulation manuelle. La fiabilité de ces données existantes est quelquefois douteuse.
Les canevas de rapport ne sont pas toujours les mêmes d’un service à l’autre et le même paramètre peut être apprécié différemment d’une année à l’autre. Même la superficie totale du pays varie 112 622 km2 à 114 525 km2 d’un auteur à l’autre ou d’une méthodologie d’évaluation à l’autre.
Le fait que les données relatives à la production, à la consommation, à l’importation et l’exportation des produits forestiers procèdent des analyses et des extrapolations de données d’inventaires à différentes dates et dans des méthodologies différentes ne peut que fournir des informations peu fiables. Il faut ajouter à tout cela, le fait que la gestion des données statistiques soit confiée à du personnel souvent contraint de le faire, un personnel n’ayant toujours ni la formation ni la motivation.
Les différentes méthodologies utilisées pour la collecte, le traitement et la diffusion de l’information ont beaucoup affecté la qualité des données. Par exemple, la plupart des superficies boisées du pays avaient été évaluées à partir des levés topographiques à la boussole peignée et au cheminement puis reportées sur fonds de carte établi à l’époque sans aucun équipement informatique. Mais de nos jours, les mêmes forêts cartographiées à partir des photographies aériennes avec le Système d’Information Géographique ne donnent plus les mêmes superficies.
Il est important de rappeler que depuis plus de 20 ans, aucun inventaire forestier National n’a été réalisé pour évaluer les produits forestiers disponibles pour le Bénin. L’évaluation des données actuelles sur les disponibilités en bois fut réalisée à partir de données (souvent anciennes, partielles) d’inventaire ne couvrant que des superficies forestières très limitées, par exemple à l’échelle d’une forêt classée ou d’une partie de forêt. Les nombreuses suppositions et hypothèses utilisées pour compléter les données affectent donc la précision et la fiabilité des résultats obtenus. La manipulation et l’extrapolation des données déjà biaises au départ ne peuvent que dépouiller les résultats escomptés de toute leur fiabilité.
La conséquence de cette situation est que les données actuellement existantes sur les produits forestiers sont incomplètes, et empreintes d’erreur et requièrent une revue progressive mais certaine des données relatives aux produits forestiers.
5.2.1. Points faibles
Méconnaissance des besoins réels en informations relatives aux produits forestiers
Collecte de données confiée à des personnels non motivés
Négligence coupable des archives
Méconnaissance de la ressource forestière,
Absence d’enquête/consommation sur les produits forestiers toutes catégories confondues devant permettre une connaissance actuelle meilleure des ressources.
Méconnaissance de l’évolution des essences forestières exploitées
Absence d’argumentation pour convaincre les décideurs de l’importance économique du secteur forestier,
Mauvaises planifications du secteur,
Impossibilité d’apprécier les essences menacées et de prendre des décisions conséquentes à temps,
Méconnaissance de contribution du secteur forestier à la constitution du PIB
Pilotage à vue dans la Planification et la gestion à vue des forêts,
Difficultés d’obtenir des ministères des résultats financiers qui auraient permis une meilleure évaluation de l’impact économique des produits forestiers
Statistiques fragmentaires ne couvrant soit pas tout le pays ou toutes les années
Les données, si elles existent, sont compilées manuellement sans être fixées sur support informatique et faciliter les manipulations. Elles sont donc sujettes à des erreurs et en définitive douteuses.
Aussi, les données relatives à l’exploitation et l’importation du bois rond de même que les statistiques afférentes aux produits vendus sur les marchés locaux ou à l’exportation sont inexistantes sinon incomplets.
5.2.2. Les points forts sont :
En dépit de tout ce tableau sombre des statistiques forestières au Bénin, l’on peut retenir cependant que :
Dans leur état actuel ces données basées sur l’inventaire forestier de la FAO de 1980 constituent une base solide suffisante pour identifier les grandes tendances, et définir les axes stratégiques de développement de politique pour le secteur forestier,
Intérêt de plus en plus marqué par l’administration forestière de disposer d’un Service Etudes, Planification de Suivi Evaluation plus efficace et plus compétitif (cf, SEPSE du nouvel organigramme en cous d’adoption a MDR )
L’existence d’une volonté politique à développer un système de statistique forestier.
L’une des grandes lacunes dont souffre la gestion des informations relatives aux produits forestiers se trouve être les mauvaises conditions de distribution des données vers les autres agences et la presse.
Ainsi que cela a été souligné dans le texte, les informations disponibles sur les forêts dans les diverses agences intervenant dans le secteur forestier sont tenues comme au secret à diffusion quasi restreinte. Il n’est pas rare d’entendre que tel rapport est une version non officielle et qui ne peut par conséquent pas être diffusé. Demeurant ainsi interne à cette structure, l’information ne sert plus à rien et est <<perdue>>
Ou encore plus souvent, les différentes structures évoluant dans le secteur ne perçoivent pas l’utilité ou la nécessité de partager l’information en raison du fait justement de l’absence de cadre de concertation formel entre ces structures.
Vis à vis de la presse, le constat jadis plus triste, commence par être plus positif. En effet, les projets de ces dernières générations aux fins de montrer leurs réalisations physiques aux populations et dans un esprit d’Information Education et Communication assurent de plus en plus une couverture médiatique de leurs réalisations. Il s’ensuit que la planification et la budgétisation des programmes tiennent de plus en plus compte du développement d’un volet IEC.
Par ailleurs au cours des foires agricoles ou des manifestations de la Journée Mondiale de l’Alimentation les statistiques agricoles sont exposées y compris les statistiques forestières. Un tel principe devra être étendu à toutes autres manifestations touchant l’environnement de façon plus globale comme la Journée Internationale de la Terre le 22 avril, la Journée Mondiale de l’Environnement le 5 juin …etc.
Actuellement, le tableau social de bord publie les statistiques qui lui parviennent. L’établissement d’un nouveau plan de développement doit être assorti des résultats du plan écoulé.