2. EVALUATION DE LA SUPERFICIE FORESTIERE
2.1 Superficie du territoire national
La République Centrafricaine (RCA) est un pays continental, sans littoral, située entre 2°38’ et 10°20’ latitude nord et 15° et 30° longitude est. Elle couvre un territoire de 623.000 km2 répartie grosso-modo en 4 grandes zones écologiques ou domaines phytogéographiques, notamment :
- le domaine congo-guinéen des forêts denses et humides, et des savanes périforestières ;
- le domaine soudano-guinéen ;
- le domaine médio-soudanais et ;
- le domaine soudano-sahélien.
La carte de végétation ci-après réalisée par TREES (Tropical Ecosystem Environment observation by Satellite) matérialise les différents domaines et végétations.
Selon Boulevert Y. (1986), l’étendue de ces domaines toutes occupations des terres confondues, se présente comme indique le tableau ci-dessus. L’auteur indique que la forêt centrafricaine (l’ensemble forêts denses humides, semi-humides, sèches et galeries forestières) couvre 92.500 km2 soit prés de 15% du territoire national.
Tableau 1 : Domaines écologiques et phytogéographiques de la RCA
|
DOMAINE ECOLOGIQUE |
VEGETATION |
SUPERFICIE (km2) |
OBSERVATIONS |
|
Congo-Guinéen |
Forêts denses humides, - Sud-est - Sud-ouest Savanes périforestières |
10.000 37.500 56.400 |
Forêt de production |
|
Soudano-Guinéen Médio-Soudanais |
Savanes boisées et arborées Forêts denses semi-humides et galeries forestières |
(290.000 + 170.000) 460.000 |
Toute la partie centrale, orientale et occidentale de la République Centrafricaine, plus de 2/3 du territoire |
|
Soudano-Sahélien |
Savanes arbustives, savanes herbeuse sur cuirasseset steppes |
58.000 |
Extrême Nord-Est du pays |
|
TOTAL DOMAINE |
621.900 |
Source : Boulvert, Y. 1986
L’étendue de ces domaines est estimée à 621.000 km2, approximativement la superficie totale du territoire national, qu’il convient de désagréger selon les différentes occupations (forêts, agriculture, pâturage, hydrographie, ville et village, etc.). Selon une enquête nationale du Service des Statistiques du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage (1988), la forêt telle que définie en RCA représente 57,5% du territoire national ; cependant, l’agriculture, les pâturages, le réseau hydrographique, le réseau routier, l’urbanisation (villes, villages) se partagent 42% restant.
2.2.1 Définitions
a) Définition juridique en RCA
Le Code Forestier Centrafricain appelle forêt "toutes superficies supportant des formations végétales. Font parties des forêts … les savanes, les steppes, et toutes autres végétations ne résultant pas d’activités agricoles."
b) Définitions et Classification FRA 2000
La définition juridique proposée par le code forestier est plus extensive que celle proposée dans le cadre de l’étude FRA 2000. En effet dans le cadre de FRA 2000 est définie comme forêt une "terre avec un couvert arborée (ou une densité de peuplement) supérieure à 10% et une superficie supérieure à 0,5 hectares. Les arbres doivent être capables d’atteindre une hauteur de 5 m à maturité..." Cela comprend soit les formations forestières fermées où les arbres de différents étages et sous-étages couvrent une grande partie du terrain (plus de 40%) ou les formations forestières ouvertes avec un couvert végétal continu dans lesquels le couvert excède 10% pour une hauteur de 5 mètres.
Les jeunes peuplements naturels et toutes les plantations établies dans un objectif forestier, qui ont déjà atteint une densité de couverture de 10% ou une hauteur de 5 mètres, sont inclus dans la catégorie des forêts.
En outre, sont considérées autres terres boisées les terres ayant soit un couvert arboré (ou une densité de peuplement) de 5 à 10% d’arbres capables d’atteindre une hauteur d’au moins 5 mètres à maturité..., ou d’une hauteur inférieure à 5 mètres à maturité c’est à dire des arbres nains ou rabougris ou de 10% d’arbustes ou de formations arbustives.
On distingue, également :
- les autres terres, (autres que forêts et autres terres boisées) incluent les terres agricoles, prairies et pâturage, zones construites et terres stériles, etc.
- les eaux continentales regroupent les superficies occupées par les lacs, réservoirs et rivières ;
- forêts naturelles et les plantations.
2.2.2. Forêts naturelles
Les forêts naturelles au sens large (Code Forestier Centrafricain) occupe plus de la moitié du territoire centrafricain. Cependant, la physionomie, la composition, les vocations, etc. distinguent les superficies forestières entre elles.
2.2.2.1. Forêt fermée
On retrouve les forêts fermées dans les limites :
- du massif forestier du Sud-Ouest du pays
- de la forêt de Bangassou (Sud-Est)
- du domaine soudano-guinéen et médio-soudanais (secteur de la forêt dense semi-humide, de la forêt claire, et des forêts galeries).
a) Le massif forestier du sud-ouest
Le massif forestier du Sud-Ouest du pays couvre une superficie de 3.800.000 ha (sensiblement 3.787.769 ha). Du fait que toutes les activités d’exploitation forestière et industrielle sont concentrées dans cette partie du territoire, plusieurs études y ont été consacrées. Des études et actions d’aménagement sont en cours dans cette partie du territoire ECOFAC, WWF et PARN. Le dernier inventaire de reconnaissance, également le plus important, a été réalisé dans le cadre de la mise en œuvre en 1990 du PARN. Cet inventaire devait permettre :
- de connaître et de visualiser les potentialités forestières du massif ;
- de connaître la distribution des essences commerciales et secondaires, leur volume sur pied disponible et la possibilité d’exploitation qu’elles offrent.
- d’établir un zonage du territoire proposant la délimitation du domaine forestier de l’Etat et un plan d’affectation de ce domaine selon les différentes vocations (forêts de protection, périmètre de reboisement, périmètre de protection, forêt récréative, parc, réserve, etc.), lequel pourra être intégré à un futur plan national d’aménagement du territoire.
Le massif a été stratifié ou subdivisé en 3 régions écologiques puis en 7 districts écologiques comme indique la carte des unités d’aménagement ci-après annexée.
i) Les Régions écologiques
La région écologique correspond à :
"une portion de territoire caractérisée par un climat régional distinctif tel qu’exprimé par la végétation (Jurdant et al, op.cit.)", ou
"une portion de territoire caractérisée par un climat relativement homogène responsable de réactions écologiques qui lui sont distinctives". On distingue alors 3 régions écologiques dans le sud-ouest :
- la région écologique de la forêt dense humide semi-caducifoliée
Elle englobe la presque totalité du massif forestier du Sud-Ouest soit 90% de la superficie et contient prés de la moitié du domaine forestier de la RCA. Elle est composée des essences suivantes : OHIA, BOMBA, DAMA, AYOUS et FRAKE.
- la région écologique de la forêt dense humide sempervirente
Faiblement représenté en RCA, cette région se confine dans le sud-ouest, région de Bayanga. Les essences les plus communes de la forêt dense humide toujours verte (forêt ombrophile) sont : ILOMBA, MONGHINZA ARGENTE, AZOBE, ESSESSANG, ESSIA, et DIBETOU. Cependant, ce sont les peuplements de Limbali qui particularisent le milieu. Elle représente 10% du massif forestier du Sud-Ouest du pays.
- la région écologique de la forêt dense semi-humide
Très faiblement représentée dans le massif forestier du Sud-Ouest du pays, soit moins de 1% de la superficie, elle représente des lambeaux de forêts denses à la limite de la savane. Son importance est plus ou moins grande dans le massif forestier du Sud-Est (forêt de Bangassou), et dans le domaine soudano-guinéen. Elle comprend les espèces caractéristiques des savanes comme Burkea africana, Lophira lancéolata, Daniella oliveri et Terminalia laxiflora.
ii) Les Districts écologiques
Ensuite un deuxième niveau de stratification plus inférieure est le district écologique définit comme :
"une portion de territoire caractérisée par un pattern propre de relief, de géologie et de végétation régionale" (Jurdant et al., 1977).
C’est en fait une subdivision de la région écologique qui possède un climat régional uniforme, et l’ensemble des districts appartenant à une même région écologique partagent sensiblement les mêmes conditions climatiques.
Le massif forestier du Sud-Ouest appartenant presque entièrement à la région écologique de la forêt dense semi-caducifoliée comprend dés lors 7 districts écologiques, encore appelés unités d’aménagement (notées en lettres capitales et chiffres romains, UAII par exemple) présentées ci-après (carte des Unités d’Aménagement).
¨ Les Basses terres de la Lobaye (UA VII)
Ce district forestier se caractérise par les essences ci-après : AYOUS, FRAKE, OHIA et se particularise par les essences suivantes : SAPELI, ACAJOU, ILOMBA ET ANINGRÉ. C’est le district forestier où la couverture végétale a été la plus profondément perturbée par suite des coupes forestières et de cultures itinérantes sur brûlis. Quarante-trois pour-cent de l’unité est occupée par la forêt secondaire comme en témoigne la table de contenance ci-après.
¨ La Plaine de Sangha (UAIII)
Les essences les plus importantes sont constituées de OHIA PARALLELE, AYOUS, BOMBA. Parmi les essences constantes moins abondantes, on note : FRAKE, OHIA, ESSIA, SAPELI, SIPO, PADOUK ROUGE.
¨ Le Plateau de Boukoko (UA VI)
La forêt est secondarisée à plus de 60%. Aux cotés des essences de la forêt secondaire telles le Parassolier et le MEPEPE persistent, OHIA, AYOUS, FRAKE, PONGUI et ESSIA
¨ Le Plateau de Bilolo (UA I)
La forêt primaire occupe prés de 60% de l’unité tandis que la forêt secondaire fait 27%. Les essences FRAKE, BOUMBA, et BETE comptent parmi les espèces les plus importantes. Moins abondantes, on trouve AYOUS, EMIEN, OHIA, PONGUI et ESSIA.
¨ Le Plateau de Gadzi, Bassin versant de Bodingué (UA IV)
Les essences les plus abondantes sont : MONGHINZA ARGENTE, ESSIA, NIOVE, MODIENGUE, SIPO, OHIA et DIANA PARALLELE. D’autres essences demeurent constantes mais peu abondantes telles que : SAPELI et TCHITOLA
¨ Le Plateau de Gadzi, Bassin versant de Mbaéré (UA V)
La forêt primaire tout faciès confondus, occupe trois quarts de l’unité alors que les forêts secondaires marécageuses forment à parts égales 15%. Les essences les plus abondantes sont : ESSIA, MONGHINZA ARGENTE, et OHIA.
¨ Le Plateau de Gadzi, Bassin versant de la Mambéré (UA II)
La forêt est dominée par les essences suivantes : ESSIA, OHIA, DOBANGO, PONGI, MONGHINZA ARGENTE, ESSESSANG, MOSSOME et MOBAI.
Une liste des essences (nom pilote et nom scientifique) de forêt dense de la RCA est fournie en annexe.
Chacune des UA est ensuite stratifiée selon une description des strates forestières basée sur des critères simples..., notamment le milieu, le comportement du feuillage (sempervirente ou caducifoliée), le stade de développement (stade primaire, de régénération adulte ou jeune), la hauteur, la densité, la perturbation, l’origine (feu, coupe totale, chablis total, cultures, recrues en savanes).
Dans le cadre de cette étude certaines typologies suivantes méritent d’être reprises pour faciliter l’établissement de la relation entre d’une part la classification FAO et d’autre part la classification nationale.
- Stratification forestière
La typologie utilisée dans le cadre des travaux du PARN comprend :
- terrains forestiers (de terre ferme ou de sol hydromorphe) ;
- terrains agroforestiers ;
- terrains boisés ;
- terrains non boisés ;
- terrains urbanisés et
- Origine.
Une carte d’occupation du territoire présentant les différentes affectations apparaît ci-après.
Les terrains forestiers :
Sont considérés forestiers, les terrains portant un ‘couvert forestier’ dont la densité est supérieure à 20% et dont l’utilisation est principalement forestière (FAO, 1967).
Forêt primaire dense
Il s’agit de forêts à l’intérieur desquelles toute trace de l’action de l’homme est effacée (Letouzey, 1968). Les cimes se répartissent selon plusieurs strates qui se superposent ou s’entremêlent les unes aux autres. La hauteur des arbres varient entre 10 à 50 mètres.
Forêt dense humide typique (DHC)
La densité du couvert reste supérieure à 60%. Les cimes sont plus ou moins jointives et la hauteur des tiges peut atteindre 50 mètres.
Forêt dense humide perturbée
A l’occasion de certains événements particuliers tels le passage d’ouragans soit dans des groupements non perturbés ou dans des groupements déjà affaiblis par le passage du feu, il peut arriver que les trouées deviennent coalescentes laissant apparaître au niveau des strates supérieures des densités qui peuvent s’abaisser jusqu’à 20 pour cent.
Forêt secondaire
Elle résulte essentiellement de perturbations d’origine anthropique.
Forêt secondaire Adulte (SA)
C’est un ensemble de peuplements de transition précédent l’établissement de la forêt primaire. L’étage principal peut atteindre facilement 35 mètres alors que le diamètre moyen des tiges doit avoir au moins 50 cm.
Forêt secondaire Jeune (SJ)
Les cimes demeurent de faible envergure, les diamètres généralement inférieures à 50 cm et les hauteurs ne dépassant guère 25 mètres.
Les terrains agroforestiers :
Les complexes retenus sont les suivants :
FR-CU forêt régénérée + culture
SJ-CU secondaire jeune + culture
SA-CU secondaire adulte + culture,
Quand la proportion de la partie culture est inférieure à 50% de la superficie totale de l'unité et inversement quand la proportion forestière est inférieure à 50% (exemple CU-FR).
L’origine :
C’est le cas de groupements où plus de 80% du couvert du peuplement forestier a été enlevé. L’origine explique le statut actuel du peuplement forestier en voie de formation. Les origines retenues sont : feu, coupe totale, chablis total, plantation, cultures (fiche), recrus en savane.
Les terrains boisés :
Cette appellation regroupe la forêt claire, la savane boisée et la savane arborée.
Forêt claire : elle peut afficher une densité de l’ordre de 80% et des hauteurs
pouvant atteindre 20m.
Savane boisée et arborée : la densité demeure inférieure à 50% et la hauteur des
arbres varient entre 4 et 20m. La synusie herbacée est importante et parcourue
annuellement par les feux.
Savane herbeuse ou arbustive : il s’agit d’étendues herbeuses piquées ou non
d’arbustes pouvant atteindre 5m de haut et une densité variant entre 2 et 20%.
Dénudés humides : stations humides caractérisées par la présence d’herbacées et
dépourvues d’arbres.
Dénudés secs : Groupements ouverts avec quelques arbres.
Les terrains agricoles :
Ils comprennent les cultures itinérantes sur brûlis suivies des jachères de durées variables, de cultures abandonnées (vieilles jachères et friches), complexe cultural et les plantations (café, élaeis).
iv) Estimation de la superficie de la forêt fermée du Sud-Ouest
Fort des définitions qui précédent, on peut établir valablement une relation entre la classification de la FRA 2000 et celle utilisée dans le pays. Le tableau suivant indique cette relation, la superficie de la forêt fermée du Sud-Ouest et sa désagrégation selon les différentes strates forestières.
Tandis que la savane arborée est reléguée dans la catégorie de la forêt ouverte, les terrains mixtes à dominance forêts sont considérés forêts fermées.
L’exploitation forestière a commencé en République Centrafricaine dans les UA VI et UA VII, ce qui justifie la très forte sécondarisation de la forêt.
La superficie de la forêt fermée du Sud-Ouest est ainsi estimée à 33 458 soit 88 % de la superficie totale des unités.
Tableau 2 : Table de contenance (agrégation/désagrégation de la forêt fermée) par unité d’aménagement
|
CLASSIFICATION FAO |
CLASSIFICATION OU STRATIFICATION NATIONALE |
SUPERFICIE (KM2) |
|||||||
|
UA I |
UA II |
UA III |
UA IV |
UA V |
UA VI |
UA VII |
TOTAL |
||
|
a) TERRAIN FORESTIER |
|||||||||
|
¨ Productif (Forêt dense) |
|||||||||
|
*Forêt primaire |
|||||||||
|
1)semi-caducifoliée |
|||||||||
|
1a)typique |
3 635 |
2657 |
1 340 |
1504 |
942 |
233 |
601 |
10 912 |
|
|
1b)perturbée |
468 |
716 |
1 114 |
1956 |
1 494 |
37 |
- |
5 785 |
|
|
1c)jeune |
308 |
603 |
468 |
1 307 |
1 029 |
145 |
- |
3 862 |
|
|
2)sempervirente |
|||||||||
|
2a)peuplement de limbali |
- |
- |
399 |
9 |
- |
2 |
- |
410 |
|
|
2b)marécageuse |
405 |
302 |
358 |
338 |
368 |
123 |
1 138 |
3 033 |
|
|
3)Forêt secondaire |
|||||||||
|
3a)adulte |
1 592 |
294 |
851 |
225 |
83 |
1 098 |
1 650 |
5 793 |
|
|
3b)jeune |
442 |
132 |
274 |
118 |
276 |
726 |
971 |
2 937 |
|
|
FORET |
4Origine |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
FERMEE |
4a)Forêt en régénération |
- |
14 |
25 |
75 |
36 |
- |
- |
151 |
|
Total Productif |
6 850 |
4 719 |
4 830 |
5 533 |
4 227 |
2 364 |
4 361 |
32 889 |
|
|
¨ Improductif (Forêt claire) |
|||||||||
|
1)Savane herbeuse |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
2)Savane arborée |
- |
- |
<
TD WIDTH="9%" VALIGN="TOP">
- |
- |
- |
- |
- |
||
|
3)Dénudée sec |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
4)Raphiale |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
5)Dénudé humide |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
Total Improductif |
|||||||||
|
TOTAL TERRAIN FORESTIER |
|||||||||
|
b) TERRAIN MIXTE |
|||||||||
|
Forêt secondaire adulte et culture |
45 |
42 |
4 |
- |
3 |
0 |
47 |
141 |
|
|
Forêt secondaire jeune et culture |
84 |
32 |
16 |
3 |
27 |
142 |
124 |
428 |
|
|
Culture et Forêt secondaire adulte |
|||||||||
|
Culture et Forêt secondaire jeune |
|||||||||
|
TOTAL TERRAIN MIXTE |
129 |
74 |
20 |
3 |
30 |
142 |
171 |
569 |
|
|
TOTAL FORET FERMEE |
6 979 |
4 793 |
4 850 |
5 536 |
4 257 |
2 506 |
4 532 |
33 458 |
|
|
TOTAL DES UA |
7 512 |
5 539 |
5 314 |
6 003 |
4 568 |
3 096 |
5 846 |
37 878 |
|
|
Superficie Relative (%UA) |
93 |
86,50 |
91 |
92 |
93 |
81 |
93,50 |
88 |
|
Source : PARN, 1994
a) Le massif forestier du Sud-Est : Forêt de Bangassou
Situé au Sud-Est de la RCA, le massif de Bangassou couvre 1,5 millions d’hectares et appartient en grande partie au domaine Congo-guinéen caractérisée par la forêt dense semi-caducifoliée et semi-humide. La partie nord du massif est caractérisée par de mosaïques forêts sèches et forêts-galeries qui pénètrent en réseaux denses dans la savane. La plupart des arbres de la strate supérieure sont décidus, tandis que l’étage arbustif est dense et sempervirent.
Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de données statistiques désagrégées sur ce massif. L’utilisation des terres est limitée à la culture du café et des vivriers tandis que l’exploitation industrielle y est presque inexistante. On peut estimer qu’il appartient en grande proportion à la forêt fermée.
b) Les domaines soudano-guinéen et soudanien : secteur des forêts denses,
semi- humide et sèches et des forêts-galeries
Ces formations peuvent être assimilées aux forêts claires (Trochain, 1980) telles que définies ci-dessus (PARN, 1994). De ce fait on peut les classer dans la catégorie de forêt fermée. Boulvert Y. (1986) estime la superficie des forêts denses semi-humides, sèches, ainsi que les galeries des zones correspondantes à 38.200 Km2, en zone soudano-guinéenne et à 6.500 km2, en zone soudanienne : soit 44.700 km2 pour les deux zones. Il n’existe pas de données désagrégées, à l’heure actuelle sur ces formations voire sur leur évolution.
2.2.2.2 - Forêt ouverte
Cette classe de formation végétale occupe prés de la moitié du territoire centrafricain. Les superficies et les stratifications ne sont pas connues avec précision. Aucun inventaire n’a concerné cette formation de peu d’importance du point de vue économique. On peut désagréger cette classe en :
- terrain boisé : savane boisée et arborée
- terrain non boisé : savanes herbeuses ou arbustives, tels que définies ci-dessus dans le cadre des activités par le PARN (1994).
On distinguera ici deux régions : le Sud-Ouest ou domaine congo-guinéen et le domaine soudano-guinéen et médio-soudanais.
a) Le massif forestier du Sud-Ouest : domaine congo-guinéen
Le massif forestier du Sud-Ouest ayant fait l’objet d’un inventaire de reconnaissance, la superficie de la forêt ouverte y est bien circonscrite et apparaît dans le tableau ci-dessous. La superficie de la forêt ouverte du Sud-Ouest est estimée à 1893 ha soit 5% de la superficie totale des UA.
Tableau 3 : Désagrégation de la Forêt Ouverte du massif Sud-Ouest Centrafricain
|
CLASSIFICATION FAO |
CLASSIFICATION OU STRATIFICATION NATIONALE |
SUPERFICIE (KM2) |
|||||||
|
UA I |
UA II |
UA III |
UA IV |
UA V |
UA VI |
UA VII |
TOTAL |
||
|
a) TERRAIN FORESTIER |
|||||||||
|
Forêt Fermée |
¨ Productif (Forêt dense) |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
¨ Improductif (Forêt claire) |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
Forêt Ouverte |
1)Savane herbeuse |
51 |
18 |
202 |
41 |
13 |
69 |
108 |
503 |
|
2)Savane arborée |
144 |
443 |
13 |
252 |
73 |
166 |
299 |
1390 |
|
|
3)Dénudée sec |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
4)Raphiale |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
5)Dénudé humide |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
TOTAL FORET OUVERTE |
195 |
461 |
215 |
293 |
86 |
235 |
407 |
1.893 |
|
|
SUPERFICIE TOTAL DES UA |
7.512 |
5.539 |
5.314 |
6.003 |
4.568 |
3.096 |
5.846 |
37.878 |
|
Source : PARN, 1994
b) Forêt ouverte des domaines soudano-guinéen et médio-soudanais
La partie centrale du pays, domaine soudano-guinéen et domaine médio-soudanais, est dominée par les savanes boisées, appelées parfois forêts claires (Trochain 1980) et les savanes arborées, à tapis graminéen de plus en plus abondant, aux arbres dont la taille et la densité baisse considérablement, au fur et à mesure qu’on progresse du sud vers le nord. La superficie des formations a été estimée à 271.760 km2 (CPCI, 1999) dont il faudra déduire 44.700 km2 de forêt fermée. La forêt ouverte est ainsi estimée à 227.060 km2.
2.2.2.3. Autres terres boisées
En République Centrafricaine, cette catégorie de forêt naturelle appartient au domaine soudano-sahélien. Elle est localisée dans la pointe nord du pays entre 9° et 11°, latitude nord. Quelques arbustes typiques sont parsemés à travers le tapis graminéen qui reste encore abondant. On retrouve également la steppe. À cela il faut ajouter les terrains dénudés secs, les terrains dénudés humides, les raphiales et les formations herbeuses hygrophiles. Cette catégorie se retrouve dans les autres domaines (soudano-guinéen et médio-soudanien), mais on ne dispose pas de données statistiques sur les étendues.
a) Massif forestier du Sud-Ouest : superficies des autres terres boisées
L’inventaire ci-dessus mentionné a permis d’estimer les superficies des différents types de formations naturelles qu’on pourrait regrouper sous la typologie autres terres boisées. Les terres dénudées humides bien que non boisées ont été considérées dans cette catégorie.
Tableau 4 : Désagrégation de autres terres boisées du Sud-Ouest
|
CLASSIFICATION FAO |
CLASSIFICATION OU STRATIFICATION NATIONALE |
SUPERFICIE (KM2) |
|||||||||
|
UA I |
UA II |
UA III |
UA IV |
UA V |
UA VI |
UA VII |
TOTAL |
||||
|
¨ Improductif (Forêt claire) |
|||||||||||
|
Autres Terres |
Dénudée sec |
13 |
- |
9 |
- |
- |
- |
- |
22 |
||
|
Boisées |
Raphiale |
85 |
19 |
119 |
9 |
3 |
- |
114 |
348 |
||
|
Dénudé humide |
3 |
1 |
- |
4 |
1 |
1 |
- |
48 |
|||
|
TOTAL Autres Terres Boisées |
101 |
20 |
119 |
13 |
4 |
1 |
114 |
418 |
|||
|
SUPERFICIE TOTAL DES UA |
7.512 |
5.539 |
5.314 |
6.003 |
4.568 |
3.096 |
5.846 |
37.878 |
|||
Source : PARN, 1994
b) Superficies des Autres terres boisées du nord du pays
La superficie des autres terres boisées telles définies par la FAO et dans la classification nationale (PARN, 1994) a été estimée à 31.150 km2, pour l’année 1994 (CPCI, 1999).
2.2.3. Plantation
En République Centrafricaine, les programmes de plantations mis en place par le Ministère chargé des forêts restent à une échelle expérimentale et les superficies plantées sont ainsi marginales. On estime ces superficies à environ 9.000 ha (soit % 0,012 territoire national). Des essences exotiques à croissance rapide, avec une prédominance de Eucalyptus spp, ont fait l’objet de ces essais de croissance.
2.2.4. Evolution des formations forestières
a) - Concessions forestières
Les superficies concédées à l’exploitation forestière concernent le massif forestier du Sud-Ouest et sont estimées à 1.761.506 hectares en 1997 réparties entre une dizaine de sociétés forestières dotées d’unités de transformation. La superficie attribuable du domaine forestier productive accessible est estimée à 2.985.000 ha soit 1.200.000, ha environ, du domaine forestier productif accessible adulte reste disponible. Les essences dites de valeur (Sapelli, Sipo, Aniéngré) sont destinées à l’exportation sous forme de grumes tandis qu’une partie de la production est transformée.
L’exploitation forestière est désormais régie par un nouveau code forestier mis en application en 1990. Ce code prévoit l’octroi pour une durée indéterminée d’un type de permis dit Permis d’Exploitation et d’Aménagement (PEA) de superficie pouvant atteindre 300.000 ha par concession forestière, et rend l’exploitant responsable de l’aménagement de la forêt...
b) - Déforestation
Les plus graves menaces qui pèsent sur les forêts centrafricaines sont la pression démographique urbaine, la crise économique, la pauvreté, l’agriculture itinérante sur brûlis, et les feux de brousse ; l’exploitation forestière ouvre l’accès à la colonisation des zones jadis inhabitée et facilite les défrichements intensifs des forêts grâce à l’introduction de tronçonneuses et au développement des professionnels de l’exploitation du bois (de feu). Le recul de la forêt dense humide autour de Bangui a été estimé à 1200 ha/an entre 1982 et 1989 et de 2400 ha/an entre 1989 et 1992 (PARN, 1994). Ce processus devra se poursuivre sinon s’accélérer sous l’effet conjugué des causes ci-dessus citées.
La dégradation du couvert forestier due à l’exploitation industrielle est mise en évidence dans la description des UA ci-dessus.
c) - Accès aux ressources forestières
À l’exclusion des concessions forestières et des zones protégées, l’accès à la terre est libre. La grande disponibilité en ressources forestières du pays, la faible densité de population (6 habitants/km2) indiquent que l’accès de la population aux ressources forestières ne pose aucun problème, si cela ne se fait dans les limites des aires soustraites à toutes activités humaines. En effet, un problème d’utilisation conflictuelle fréquent en République Centrafricaine est le braconnage dans les limites des parcs et réserves. Cependant, le taux de couverture des besoins énergiques (biomasse) des populations est satisfaisant, à l’exception de certaines villes où la déforestation est poussée.
2.2.5. Qualité des résultats d’inventaire (massif forestier du Sud-Ouest)
Les caractéristiques de cet inventaire sont :
- une stratification ayant permis de découper le massif de 3.800. 000 ha en 7 unités relativement homogènes selon leurs composantes biophysiques, constituant ainsi des Unités d’Aménagement (UA) ;
- un taux de sondage de 0.1% de chacune des unités d’aménagement ;
- toutes les essences de 10 cm de diamètre et plus de 300 ont été identifiées et mesurées ;
- la réalisation de trois mille (2955) études d’arbres a servi à la confection de tarifs de cubage ;
- pour la stratification forestière du massif, les photographies aériennes datant de 1989 et de type panchromatique, à une échelle de 1:50.000 ont été utilisées ;
- la carte forestière produite par photo-interprétation montre les grands types forestiers. L’aire minimale des plages cartographiques a été fixée à 400 ha, soit la précision d’une cartographie à l’échelle de 1:200.000 adapté à un inventaire de reconnaissance.
Les résultats obtenus sont :
- 3.800.000 ha inventorié à une intensité de 0.1% ;
- photo-interprétation à l’échelle de 1:50.000 de la couverture forestière et cartographie sur support géomatique (ARC/INFO) ;
- constitution d’une banque de données géoréférencées sur un grand nombre de paramètres descriptifs du massif forestier pouvant être utilisée par d’autres projets.
- formation du personnel centrafricain...
- une vingtaine de rapports