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introduction

 

Objectifs du rapport

Lors de sa Onzième Session à Dakar en 1998, la commission de la forêt et de la faune a approuvé la réalisation d'une étude régionale approfondie des perspectives du secteur forestier. A travers cette importance initiative, il s'agit d'examiner la situation, les tendances et les perspectives du secteur à l'horizon 2020. La Commission a souligné qu'il était important d'analyser le secteur forestier dans un contexte macro-économique et social élargi, en accordant une attention particulière aux relations avec les secteurs étroitement liés comme l'agriculture et l'énergie, et en tenant compte de paramètres tels que la substitution et l'évolution des prix. Elle a également indiqué que l'étude devrait laisser apparaître un juste équilibre entre les questions liées à l'environnement et au développement, et mettre l'accent sur les perspectives futures du secteur forestier.

A cette fin, le document présente les principaux facteurs du changement, fait l'analyse critique pour prévoir leur influence probable sur le secteur. Elle précise les hypothèses qui sont formulées en ce qui concerne les changements politiques institutionnelles et technologiques. Elle tient également compte des liaisons sectorielles.

La FAO a coordonné l'étude et s'est occupée de la préparation de ce document national de prospective. Ce processus qui ira en l'an 2002, fera des études thématiques et aboutira à la préparation d'un document de rapport de synthèse régional.

 

Contexte

Brèves présentations du Togo

La République du Togo, avec les diversités et contrastes qu'on lui reconnaît, sur seulement 56 785 km² de superficie - en bordure du Golfe de Guinée - est l'un des pays africains les plus "miniaturisés" en surface. Sa population est de 4,4 millions d'habitants avec un taux d'accroissement annuel de 2,6 % (tableau 1 de l'annexe 1).

Sa forme - "en bande longitudinale" - entre les territoires du Ghana (à l'ouest) et du Bénin (à l'est) ne s'étire que sur près de 600 km du nord au sud, contre 50 km (sa façade maritime) à 120 km (de largeur maximale) d'est à l'ouest

Cette étroitesse territoriale dissimule cependant d'une façon "épatante" une grande diversité tant au plan hydromorphologique que géomorphologique. Sur une échelle aussi petite, le Togo recèle une assez riche connexion d'environnements distincts à plusieurs points de vues physiques, économiques et même socioculturels.

Une chaîne de montagnes, qui atteigne par endroits plus de 500 mètres d'altitude, et dont le point culminant est le Mont Agou (986 mètres), traverse le pays en le subdivisant d'une façon obliquo-horizontale en deux territoires physiques (bloc sud et bloc nord) distincts mais liés par une zone "charnière" constituée par la région des Plateaux, et une partie de la région "dite" Centrale.

Le bloc sud du pays qui abrite la façade maritime et la capitale (Lomé) est de type subéquatorial, alors que le bloc nord, continental, revêt quant à lui un caractère de type soudanien en déperdition.

Du nord au sud, on distingue douze (12) subdivisions "physiques" réparties entre cinq (5) régions administratives et territoriales.

Deux climats majeurs se partagent le pays :

Le climat guinéen et ses variantes dans le Sud avec 2 saisons sèches et 2 saisons de pluies et ;

Le climat soudanais dans le Nord caractérisé par une saison sèche et une saison pluvieuse.

La température moy. annuelle varie de 22 à 27°C avec des amplitudes thermiques de 12 à 17 °C.

Etat actuel du secteur forestier

La faiblesse générale des précipitations, comparativement aux voisins immédiats du Togo (Ghana, Côte-d’Ivoire), ne fait pas du Togo un pays naturellement forestier aux sens économique et industriel du terme. En dehors de quelques formations forestières denses dans le moyen sud-ouest dues à des conditions orographiques favorables, il persiste des îlots plus ou moins vastes de forêts semi-décidues, dans le sud-est et le centre, et des galeries forestières le long des principaux cours d’eau. Le reste du territoire est couvert dans son ensemble de savanes à des degrés variables de dégradation d’un endroit à l’autre.

En bref, le Togo est un pays qui ne dispose pas de grandes étendues de forêts. La surface totale de forêt naturelle dense est estimée à 1 443 200 ha en 1995 (Tableau 2 de l'annexe2) avec un taux de dégradation moyen annuel de 3,5%. A cette situation viennent s'ajouter les particularités suivantes :

L’inexistence de forêt dense naturelle de plus de 500 ha d'un seul tenant ;

La proportion faible de forêt de production ;

La non élaboration d'un plan d'ensemble d'affectation ou d'utilisation des terres ;

L'existence d'un régime foncier essentiellement régi par le droit coutumier traditionnel en vigueur dans le pays dont la conséquence est l'insécurité foncière des domaines forestiers de l'Etat.

Toute cette situation fait que le Togo ne dispose de domaine forestier permanent avec toutes les garanties possibles. Les seuls domaines à considérer comme tels sont les domaines forestiers de l'Etat constitués essentiellement de Forêts Classées et pouvant accueillir les reboisements. Ces forêts classées et périmètres de reboisement dont la surface totale s'élève à 793 288,81 ha (le tableau 3 de l'annexe 2). Ils sont constitués en grande partie de savanes. Ils sont très envahis et ne sont pas tous protégés ni aménagés.

A ces domaines forestiers de l'Etat à considérer comme domaine forestier permanent, il faut ajouter, les forêts reliques des zones accidentées (flancs de montagnes), vallées encaissées des montagnes, les forêts denses servant de couverture aux cultures de café - cacao des régions Centrale et des Plateaux, les forêts sacrées ou forêts "fétiches" qui ne sont que des îlots de forêts protégées dans lesquels prédominent les Antiaris et les Iroko (tableau 1 de l'annexe 1).

La surface totale estimée des plantations réalisées fin 1999 se chiffre à 34 733 ha (Tableau 4 de l'annexe 3). Le rythme moyen annuel des reboisements ne permet pas de couvrir les besoins du pays en produits ligneux surtout en bois d'œuvre. La situation socio-économique actuelle difficile du pays ne nous permet pas d'envisager à court terme des solutions rapides à ce problème de reboisement. Cependant deux projets de reboisement et d'aménagement de l'OIBT (Haho-Baloé et Missahoé) permettent de résoudre de façon très partielle le problème.

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