Forêts naturelles
Certaines études indiquent que la superficie totale des formations forestières naturelles est estimée à 14 432 km2 en 1995 (26% de la superficie totale du Togo) contre 25 550 km2 en 1979, soit une régression annuelle de 3,5%. L'estimation des tendances futures se présentera en l'an 2020 comme indiqué dans le tableau ci-après.
Tableau 5 : Evolution des réserves forestières
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Indicateur de Tendance |
Unité de mesure |
Tendances passées années de référence : 1979 |
Base actuelle 1995 |
Tendance future Horizon 2020 |
Taux de diminution probable en 25 ans |
|
|
1. Production Superficie Totale par formation |
km² |
25 550 |
- 3,5 |
14 432 |
5 922,5 |
-58% |
|
Forêts denses (semi-décidus) |
km² |
2 931 |
- 1,5 |
2 265 |
1 552,3 |
-9,50% |
|
Forêt de montagne |
km² |
863 |
- 3 |
525 |
245 |
-53,3% |
|
Forêt dense sèche |
km² |
637 |
- 4,8 |
315 |
186 |
-41% |
|
Recru forestier |
km² |
1 159 |
- 3,8 |
.615 |
233 |
-62% |
|
Savanes arborées et Autres |
km² |
12 922 |
- 4,6 |
6 048 |
1 863,5 |
-69% |
|
Savanes arbustives et herbacées |
km² |
5 138 |
- 3,8 |
2 720 |
1 052 |
-61% |
|
Zones de cultures et autres |
km² |
1 840 |
. 0,3 |
1 944 |
2 095 |
7% |
Les principaux indicateurs de cette situation sont caractérisés par une forte réduction des potentialités. Ils sont consignés dans le tableau ci-après :
Tableau 5 : Evolution des principaux indicateurs
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Indicateurs |
Unités |
Année 1979 |
Tendances en %/an |
Base actuelle |
Année de référence |
|
Potentialité |
m3 |
15 820 000 |
- 8 |
5 843 636 |
1991 |
|
Essences principales |
m3 |
2 160 000 |
- 9 |
802 600 |
1995 |
|
Essences secondaires |
m3 |
5 507 600 |
- 2,7 |
3 986 316 |
1995 |
|
Essences complémentaires |
m3 |
8 152 500 |
-12 |
1 054 720 |
1995 |
|
Accroissement /annuel |
m3/ha |
6,1 |
6,7 |
2 |
1995 |
|
Bois exploitables |
m3 |
6 592 375 |
-7,1 |
2 014 249 |
1995 |
Les aires protégées constituant le domaine forestier permanent couvrent une superficie d'environ 773 811 ha dont 628 000 ha de parcs nationaux et réserves de faunes. Ils sont à des différents taux de régression et sont représentés dans le tableau suivant.
Tableau 7 : Evolution des aires protégées
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Indicateurs |
Unité |
Données de 1979 |
Taux de régression |
Données de 1991 |
|
Aires protégées |
km² |
7 933 |
- 5 |
4 284 |
|
Aires protégées sans documents |
km² |
4 344 |
- 3,4 |
2 848 |
|
Aires légalement constituées |
km² |
3 589 |
- 7,3 |
1 436 |
Les tableaux indiquent que les actions entreprises depuis la période coloniale et après les indépendances essentiellement la protection de ces périmètres dégradés ou menacés de dégradation sont restées lettre morte ; le phénomène de dégradation dû au défrichement pour l'agriculture, l'exploitation anarchique, les feux de brousse s'accentue d'année en année.
En ce qui concerne les plantations, les surfaces totales plantées entre 1940 et 1999 avoisinent 35 000 ha (tableau ci-dessous) toutes catégories confondues. Malheureusement, la plupart des parcelles se trouvent entre 1 et 10 ha en superficie et ont manqué pendant longtemps d’entretiens. en dehors des plantations étatiques et contractuelles très peu sont des blocs qui dépassent 100 ha.
Les caractéristiques des plantations sont :
Les premiers reboisements au Togo datent de 1910, date à laquelle le teck fut introduit dans le pays. Du fait de son succès, il est rapidement devenu l’essence exotique forestière la plus utilisée pour la production du bois d’œuvre.
Bien qu’inventorié partiellement, l’ensemble des plantations devrait atteindre 11 375 hectares. Elles sont principalement localisées dans la Région Maritime, des plateaux et Centrale.
Près de 90 % des autres plantations réalisées au Togo correspondent à des essences à croissance rapide, essentiellement des eucalyptus. Elles répondent aux objectifs de la production de bois de feu et de service. Les 10 % restants sont consacrés à la production de bois d’œuvre caractérisé surtout par le Gmélina arborea, le Cedrala adorata et le Terminélia superba. Ces derniers sont pour la plupart à titre de plantation d’essai.
Pour les cinq dernières années les réalisations (toutes essences confondues) se présentent comme suit :
Tableau 8 : Evolution des plantations des cinq dernières années
|
Plantations |
Unité |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
|
Plantations communautaires |
ha |
20,55 |
11,08 |
0 |
0 |
0 |
|
Plantations scolaires |
ha |
71,75 |
56,65 |
43,25 |
38,75 |
36,8 |
|
Plantations privées |
ha |
574,35 |
557,88 |
477,58 |
379,84 |
359,67 |
|
Plantations d'Etat |
ha |
181 |
102,5 |
32 |
1 |
213 |
|
TOTAL |
ha |
847,65 |
728,11 |
552,83 |
419,59 |
609,47 |
Le bilan sur les 60 dernières années correspond à un taux de reboisement annuel d’un peu plus de 400 ha.
Les réalisations des plantations annuelles sont en dent de scie. En 1987 elles couvrent 1926 ha contre 552 en 1997 à peine le 1/3.
On distingue deux catégories de formations forestières artificielles, la forêt de protection environ 6% et le reste la forêt de production.
En 1995 on estime la productivité des plantations 55m3/ha pour les eucalyptus et 70 m3 pour le teck.
La situation précédemment décrite ne favorise pas au plan du développement industriel le secteur forestier togolais, auquel jusqu’à récemment encore, les différentes études économiques n’accordaient qu’un rôle très marginal dans l’économie nationale (1% du PIB). Cependant, ces études n’ont jamais tenu compte de l’utilisation du bois-énergie qui, selon d’autres études, représente 20% des budgets de plus de 80% des ménages togolais moyens et une activité économique de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Ainsi en prenant en compte la production de combustibles ligneux, de sciages, de perches et poteaux et des produits divers de la forêt (plantes médicinales, fourragères, ustensiles ménagers...) c’est à plus de 11% du PIB qu’il convient d’estimer l’apport du secteur à l’économie nationale.
L’exploitation forestière relève pour une grande part de circuits informels. Seule une scierie semi-industrielle de l’ODEF de capacité de 6 000 à 8 000 m3 grumes, spécialisée dans le sciage de teck de petites et moyennes dimensions fonctionne. Les résultats obtenus au niveau de cette unité sont représentés suivant le graphique ci-après.
Graphique 1 : Production
de sciage de teck par rapport aux entrées de grumes
Cependant le secteur regorge de petits artisans scieurs, menuisiers, ébénistes, sculpteurs, charbonniers, etc. La plupart des différents acteurs opérant dans chacune des catégories de produits et sous-produits forestiers sont presque toutes caractérisées par :
Un niveau de connaissances professionnelles très faible et donc de qualification et de compétence limitées,
Une insuffisance ou un manque total d’organisation rationnelle et de réglementation adéquate,
Une insuffisance notoire des moyens d’actions tant techniques que financiers de même que la matière première entraînant l'amenuisement des disponibilités des industries forestières comme l'indique le tableau suivant :
Tableau 9 : Evolution des industries forestières
|
Valorisation/conservation/transformation |
||||||
|
Industries |
Unité |
Situation en 1979 |
Base actuelle |
Tendance future 2020 |
||
|
Scierie |
||||||
|
Unité industrielle |
Unité |
4 |
- 4,2 |
2 |
1995 |
|
|
-Etat |
Unité |
1 |
0 |
1 |
1995 |
0 |
|
-privée |
Unité |
3 |
-6,6 |
1 |
1995 |
0 |
|
Unité artisanale |
||||||
|
-Etat |
Unité |
0 |
- |
0 |
- |
0 |
|
-Privée (scieur de long) |
Unité |
355 |
- |
- |
1995 |
- |
|
Carbonisation |
||||||
|
Exploitant (Etat)1 |
Unité |
750 |
- 12 |
160 |
1990 |
160 |
|
Exploitant (privé) 2 |
Unité |
49 720 |
- 6 |
100 046 |
1990 |
72 000 |
Produits ligneux
Grumes, sciages, placages et contre-plaqués
Avec une production locale de 15 000 m3 de sciage par année, la consommation nationale est estimée à 40 000 m3 par an en moyenne par conséquent 25 000 m3 d'importations par an.
Pour les panneaux, contre-plaqués et feuilles de placage, la consommation nationale était estimée à 225 m3 en 1968, 700 m3 en 1988 et supposée atteindre 1 300 m3 en 2008 (PNUD/FAO, 1975, cité par MDR/PNUD/FAO 1990, P.29).
Les perches et les poteaux
Selon l’étude « Marchés des produits forestiers ligneux au Togo » (Thiam, 1991), la demande de consommation moyenne nationale est de 100 000 perches, de 899 300 unités de coquaires et de 700 000 pieds de bambou.
Cette étude estime la consommation à 2 000 poteaux téléphoniques et celle des poteaux électriques à 12 000 unités.
Bois d’Energie
Thiam 1991 estime qu’en moyenne par an, la population togolaise dans son ensemble consomme 1 273 300 tonnes de bois de chauffe et 216 500 tonnes.
Il estime la demande totale de bois à plus de 2 897 000 tonnes de bois ronds. Il établit également que seulement 24% de la production totale de bois de chauffe est commercialisée ; le reste soit 76% est autoconsommé. Le tableau suivant illustre la demande en bois du pays et présente le déficit qui concerne surtout le bois d'œuvre.
Tableau 10 : Evolution de la demande et l'offre de bois
|
unité |
1979 |
% de croissance/an |
1995 |
2020 |
|
|
Besoin/demande |
|||||
|
-Charbon |
Tonne |
95 000 |
6,4 |
135480 |
638 875 |
|
-Bois de chauffe |
m3 |
1 077 000 |
6,2 |
1742650 |
7 840 127 |
|
-Perches, coquaires et autres |
m3 |
30 000 |
9 |
60000 |
517 385 |
|
-Poteaux |
m3 |
1 500 |
15,6 |
4800 |
179 965 |
|
-Bois d’œuvre 5 |
m3 |
30 000 |
5,1 |
45000 |
156 056 |
|
Import |
|||||
|
-Bois d’œuvre |
m3 |
28 185 |
4,6 |
40520 |
108 020 |
|
-poteaux |
m3 |
2 415 |
3,3 |
3130 |
7 048 |
Production de la faune et des produits non ligneux
Cas des produits végétaux
Il s'agit des produits dont nous ne disposons d'aucun chiffre. Ce sont :
Produits alimentaires (Légumes et fruits)
Ils proviennent de Cola nitida (Kolatier), Bombax costatum (Kapokier), Adansonia digitata (Baobab), Ceiba pentandra (Fromager), Parkia biglobosa (Néré), Butyrospermum parkii (Karité), Blighia sapinda, Borassus aethiopium (Ronier).
Produits fourragères (feuilles)
On les obtient de Griffonia simplicifolia et Leucaena lococephala.
Produits pharmaceutiques et toxiques
Beaucoup de thérapeutes traditionnels utilisent des feuilles, écorces, racines, fruits…d'essences forestières telles que Khaya senegalensis, Rauwolfia vomitoria, Anthocleita nobilis, Alstonia congensis, Bridélia ferruginea, Chloclospermum tinctorium, Securinega virisa, Combretum micrantum, Alchornéa cordifolia, Naucléa latifolia, Guiera senegalensis, etc.
Produits aromatiques et cosmétiques (racines, écorces, feuilles)
Il existe une importante liste d'essences utilisées dont les principales sont Khaya (arôme pour l'alcool), Uvaria chamae, Xylopis ethiopica etc.
Produits biochimiques et autres : (Kapok, Gommes, Résines, Tanin)
Le kapok est essentiellement utilisé pour rembourrer les coussins de meubles et les matelas ;
Le daniellia secrète une gomme comparée à l'encens ;
Bridelia ferruginea, Erythrophleum guineense, Harungana madagascariensis, Hymenocardia acida , Lonchocarpus cyanescens sont utilisés pour teinter soit les cuirs soit les tissus.;
Garcini et terminalia glaucescens comme cure-dents ;
D'autres essences pour éponges végétales ;
Feuilles de rônier et raphia pour les nattes ;
Les branches et feuilles de palmiers pour balais et claies.
Produi ts de la faune
Les statistiques en matière de production de viande ne sont pas disponibles. Cependant quelques chiffres concernant les animaux vivants et part d'animaux produits ou capturés pour exportation sont connus. Des dénombrements d'oiseaux sont organisés deux fois par an mais ne couvrent que partiellement le pays.
La faune sauvage est utilisée comme un attrait touristique, une source de protéine et comme une activité commerciale sur le marché international :
Les réserves de faunes et de parcs nationaux constituent un attrait touristique lié à la diversité de leur faune et flore. Ils renferment une faune riche et variée. Environ 3 000 à 4 000 touristes étrangers visitent annuellement nos Parcs et Réserves malheureusement réduits depuis la crise socio-politique que le pays a connu depuis 1990.
La faune sauvage fait partie intégrante des stratégies de sécurité alimentaire. Son exploitation est réglementée par les textes législatifs nationaux ci-dessus mentionnés. Quarante à cinquante permis de chasse de toutes catégories confondues et autorisation sont délivrées annuellement (1992 - 1994).
La vente sur le marché international des spécimens vivants et leurs produits est une activité régulière. Le volume global des exportations des animaux sauvages vivants de toutes espèces confondues se chiffre à environ 30 à 35 000 dont les 2/3 proviennent des fermes de reproductions agréées. Ces fermes au nombre de quatre (TOGANIM, PAJAR, MARE, FEXAS) reproduisent Python regius, Python sabea, Varanus exanthematicus, Varanus niloticus, Kinixys belliana, Kinixys erosa, Kinixys homeana.
Apiculture
La plus grande partie du miel consommée au Togo est récoltée de façon traditionnelle en saison sèche. Des initiatives sont entamées à travers des actions de communautés religieuses, de certains projets intégrés et des ONG, pour la vulgarisation de l'apiculture.
Les autres produits non ligneux sont difficilement quantifiables mais contribuent de façon énorme à l'économie du pays.
Les thérapeutiques et les exportateurs d'animaux sauvages s'organisent afin de restructurer et organiser le secteur.
Courants économiques associés à la production et ou à l'utilisation du bois
Même si leurs incidences sur la production et l'utilisation du bois restent pour le moment mitigées en l'absence de méthodes d'évaluation adéquates, on a noté au cours de cette décennie qui s'achève certains nouveaux courants économiques et/ou concepts de développement parmi lesquels :
La dévaluation du FCFA de 1994 loin d'inciter à une meilleure production et à une utilisation efficiente du bois a plutôt des effets négatifs sur les ressources ligneuses. En effet, l'augmentation des prix des produits ligneux en général a incité les populations à exploiter abusivement les peuplements forestiers et à exploiter les produits provenant des plantations de teck.
Le programme de désengagement de l’état des secteurs de production rentable au profit de la promotion de l'initiative privée, initié par le Gouvernement avec l'appui de la Banque Mondiale et du FMI a aussi des effets mitigés. Si d'une part ce programme a favorisé l'engouement des opérateurs économiques privés à l'exploitation, à la transformation et à la commercialisation du bois, de l'autre, l'augmentation des surfaces forestières a été freinée car ces privés hésitent encore à investir pour le long terme.
La transparence dans la gestion des ressources du pays à travers la politique de décentralisation vers les communautés de bases, le programme de lutte contre la pauvreté, l'approche participative sont autant de concepts de développement parmi d'autres qui ont été développés mais dont les impacts réels sur la production et l'utilisation du bois ne sont pas à l'heure actuelle très perceptibles
Emploi
La tendance générale des exploitants et commerçant de bois à exporter le brut (les grumes) au détriment de la transformation locale plus poussée, génératrice de valeur ajoutée plus grande n'a pas été de nature à augmenter l'emploi dans le secteur forestier.
Le secteur formel emploie environ 800 agents de l'administration toutes catégories confondues soit environ 2,4% des emplois de la fonction publique où la tendance est à la régression puisque les recrutements nouveaux sont suspendus depuis plusieurs années.
Les entreprises privées du secteur forestier emploient environ un millier de salariés.
Parallèlement, le secteur est à l'origine de près de 90 000 emplois du secteur informel alimenté à partir des filières d'exploitations forestières.
Les réactions revanchardes des populations vis à vis de la politique et des réalisations forestières du pays lors des récents troubles socio-politiques ont fait comprendre la nécessité d'impliquer plus activement les populations locales en les faisant participer aux analyses de situations, aux prises de décisions, à la programmation et à la mise en œuvre des actions forestières. Ceci s'est fait concrètement dans le cadre du PAFN où des Programmes d'Action Forestier Locaux ont été élaborés avec des délégués des populations au cours de séminaires-ateliers préfectoraux et régionaux. Des comités de mise en œuvre de ces programmes sont crées pour leur exécution à travers la définition de programmes d'activités annuelles.
La plupart des avant-projets mis en œuvre au cours de cette décennie en particuliers ceux financés par l'OIBT ont dans une large mesure pris en compte la participation des communautés locales aussi bien dans leur phase de planification que dans celle de la mise en œuvre. La population a été consultée et associée aux différents travaux afin de mieux prendre en compte ses préoccupations. Des ateliers de concertation ont permis de valider les différentes options de techniques et les principes de collaboration retenus par les différentes études effectuées sur le terrain.
L'une des actions prioritaires en ce qui concerne la participation des communautés locales met l'accent sur l'autopromotion des populations. Cette action vise à susciter au sein de la population, le désir de développement en appuyant les Comités Villageois de Développement (CVD) pour l'identification, la planification et la recherche de financement de micro-projets de développement pour pérenniser les actions entreprises dans le milieu
L’administration Forestière togolaise
Depuis 1975 à ce jour, cinq organes publics à savoir :
L’Office National de Développement et de l’Exploitation des Forêts (ODEF),
La Direction des Productions Forestières (DPF),
La Direction des Parcs Nationaux et des Réserves de Faune et de Chasses (DPNRFC),
La Direction de la Protection et du Contrôle de l’Exploitation de la Flore (DPCEF),
La Direction de l’Ecologie Générale et de la Réhabilitation du milieu (DEGRM).
Placés sous la tutelle technique de deux Ministères différents (Ministère du développement Rural et Ministère de l’Environnement et du Tourisme), sont officiellement chargés, chacun pour sa part, de gérer le secteur sans aucune coordination véritable. Ainsi, les Centres de décisions en matière forestière se sont vite multipliés, avec pour conséquence un manque réel de coordination et de mise en œuvre d’un programme fonctionnel et cohérent.
Depuis 1996, avec la disparition du ministère du Développement Rural, tous ces organes publics sont placés sous la tutelle d’un même ministère, celui de l’Environnement et de la Protection Forestière ; ceci s’inscrit dans le sens de l’amélioration du cadre institutionnel de secteur.
Il faut ajouter à l’administration forestière togolaise, un nombre important d’organismes internationaux bilatéraux et multilatéraux qui interviennent dans le secteur avec des programmes et projets spécifiques.
Enfin, il faut aussi ajouter l’action de plusieurs Organisations non gouvernementales (ONG) qui opèrent dans le secteur, quoi qu’on dise que leurs actions ne s’intègrent pas toujours suffisamment à un programme global de développement avec les autres intervenants du secteur forestier.
La formation
Comme relevé ci-dessus, l’une des causes de la faiblesse de l’administration forestière est, outre la dispersion des services, l’insuffisance de cadres qualifiés. Cette situation est due à l’inexistence depuis plusieurs années de programmes et de structures de formations appropriés. Une seule école, l’Institut National de Formation Agricole (INFA) offre sur place des options forestières à partir de la 2ème année à des cadres forestiers moyens. Il n’existe pas localement de possibilités de formation supérieure ni un programme officiel planifié de bourses au niveau des ingénieurs de conception.
S’agissant des stages, recyclages et autres séminaires et atelier, seuls quelques efforts ont été observés à l’intérieur de certains projets financés de l’extérieur et exécutés soit par les organisations non gouvernementales (ONG) ;
En ce qui concerne la formation des paysans, des actions parfois efficaces mais très limitées ont pu être réalisées toujours dans le cadre des programmes de certains projets gouvernementaux et de ONG. Presque pas d’actions de grande envergure nationale n’ont été entreprises à cause du rôle essentiellement répressif joué par une partie de l’administration forestière ces dernières années. La vulgarisation des thèmes forestiers confiée aux encadreurs agricoles avec une optique de l’unicité de l’encadrement dans le cadre d’une nouvelle stratégie du développement rural prônée à partir de 1985, n’a pas non plus donné les résultats attendus aux productions agricoles ciblées.
La Recherche
La recherche appliquée en matière forestière est réalisée à travers des programmes spécifiques intégrés aux différents projets d’assistances forestières jusqu’ici exécutés dans le pays.
Si toutes les actions menées peuvent être considérées comme valables, l’absence d’un organisme de recherche empêche la coordination des travaux, l’assurance d’une rigueur scientifique appropriée et surtout le suivi, l’analyse des résultats et leurs diffusions.
Les aspects politiques
Les orientations politiques sont :
Orienter les actions de développement forestier vers les populations ;
Rechercher et maintenir une couverture forestière au pays ;
Assurer l’autosuffisance énergétique ligneuse tout en réduisant la pression désordonnée sur les formations forestières naturelles ;
Intégrer le secteur forestier aux autres secteurs de développement ;
Promouvoir les rôles scientifiques, culturelles et récréatives des forêts ;
Diminuer la dépendance extérieure du pays ne bois d’œuvre ;
Assurer la sécurité foncière à la formation foncière dans le cadre de l’aménagement du territoire ;
Revaloriser et dynamiser les capacités institutionnelles du secteur forestier.
La législation forestière
Au niveau législatif, un effort important a été fait pour doter le pays d’une législation moderne et adaptée à ses réalités (code de l’Environnement, Réforme Agro-foncière). Mais, la promulgation de textes législatifs n’est pas suffisante, il faut une application réelle sur le terrain. En ce qui concerne le code forestier, le décret du 5 février 1938 reste pratiquement en vigueur quoique dépassé à plusieurs égards. Le projet d'un nouveau code est élaboré et devra être remis au gouvernement.
La réforme agro-foncière promulguée par l’ordonnance N°12 du 6 février 1974 a connu d’énormes difficultés d’application à cause de l’inadaptation des divers textes aux contextes socioculturels et du manque des moyens techniques, matériels et financiers.