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LA FIÈVRE DE LA VALLÉE DU RIFT

La fièvre de la Vallée du Rift menace les revenus des éleveurs dans la corne de l'afrique

L'Arabie saoudite a interdit les exportations de bétail en provenance de la corne de l'Afrique entre février 1998 et avril 1999 suite à un foyer de FVR éclos au Kenya et en Somalie, et l'échelle des pertes économiques laisse présager l'ampleur des dommages à venir. Les éleveurs de Somalie, de la zone V d'Ethiopie et d'Erythrée, d'où viennent la plupart des importations du Golfe, ont vu s'effondrer le volume et la valeur des exportations de bétail.

Pour la deuxième fois en moins de trois ans, les producteurs et commerçants de bétail de la région de la corne de l'Afrique font face aux conséquences dévastatrices de la fièvre de la vallée du Rift (FVR). Un foyer de FVR dans le sud de l'Arabie saoudite et du Yémen (le premier signalé hors d'Afrique) en septembre et en octobre 2000 a causé des douzaines de victimes parmi la population et infecté des centaines de personnes. En conséquence, six Etats du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, Qatar, Yémen et Emirats arabes unis) ont maintenant imposé un embargo sur les importations de bétail en provenance de neuf pays africains, principalement de la corne de l'Afrique. Bien que la FVR soit endémique dans les pays touchés (voir carte ci-après), aucun n'a signalé d'épidémie récente. Même si ces pays ne souffrent donc pas des effets directs de la maladie, l'embargo frappant le commerce du bétail va compromettre la sécurité alimentaire déjà précaire dans la région.

Les conséquences économiques de cet embargo seront probablement énormes. L'Arabie saoudite a interdit les exportations d'animaux en provenance de la corne de l'Afrique entre février 1998 et avril 1999, suite à un foyer de FVR éclos au Kenya et en Somalie, et l'échelle des pertes économiques observées à l'époque laisse présager l'ampleur des dommages à venir. Les éleveurs de Somalie, de la zone V d'Ethiopie et d'Erythrée, d'où viennent la plupart des importations du Golfe, ont vu s'effondrer le volume et la valeur des exportations de bétail. Celles en provenance du port de Berbera en Somalie, où s'effectue la majorité des échanges, sont tombées, passant de près de trois millions de têtes en 1997 à un peu plus d'un million à peine en 1998, soit environ 100 millions de dollars EU de pertes d'exportations. On estime que la moitié de ces animaux venait de Somalie et l'autre moitié de la Zone V d'Ethiopie. Les prix des animaux ont chuté de 30 pour cent environ en Erythrée, Ethiopie et Somalie à la suite de l'embargo. Les autres pays concernés de la corne de l'Afrique n'ont été que légèrement touchés, le Golfe n'étant pas un gros importateur à partir de ces pays.


Commerce de bétail entre la corne de l'Afrique et la péninsule
arabique (Port de Berbera, Somalie du nord)

PHOTOS FOURNIE PAR M. BLEICH

L'embargo actuel risque de provoquer des pertes économiques encore plus importantes. Auparavant, les pays de la corne de l'Afrique pouvaient orienter leurs exportations vers d'autres marchés du Golfe - une solution désormais à exclure vu qu'un nombre plus élevé d'Etats du Golfe se sont ralliés à l'embargo sur les importations. Le Soudan, qui normalement exporte des centaines de milliers d'animaux vers le Golfe, a aussi été inclus dans cette mesure. Nombre des régions touchées sont aussi des zones très vulnérables qui souffrent d'insécurité alimentaire et reçoivent actuellement une aide d'urgence.

Il est improbable que l'embargo soit levé rapidement, le dernier ayant duré 18 mois. L'embargo actuel pourrait couvrir les trois ans recommandés par l'OIE, même si l'épidémie s'atténuera d'elle-même avec l'arrivée de la saison sèche dans le Golfe. Les possibilités d'orienter les exportations d'animaux vers d'autres pays sont limitées par un certain nombre de facteurs, y compris la faible compétitivité économique, les normes de qualité et la préférence régionale pour la viande de races locales. Dans ces conditions, il paraît difficile de parer à la diminution des revenus des éleveurs.

Les pays de la corne de l'Afrique devront mettre en place des systèmes de diagnostic permettant de confirmer l'absence de FVR chez les animaux destinés à l'exportation. Bien que cette mesure ait été recommandée après le dernier embargo, aucune initiative n'a été prise à cet effet. Il existe pour la FVR un excellent test d'immunocapture dénommé ELISA. Ce type de test peut être pratiqué en routine par les laboratoires locaux (y compris les laboratoires somaliens privés) et est en général facile et fiable.

Source: Système FEWS d'alerte rapide en cas de famine; plus d'informations disponibles sur le site web: www.fews.net


Test de détection de la brucellose menés sur les
petits ruminants avant leur exportation (Puntland, Somalie)

PHOTOS FOURNIE PAR M. BLEICH


2 Note de l'éditeur: Dans certains écosystèmes probablement, mais il faudrait affiner le système pour en faire un dispositif d'alerte rapide performant.

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