Les données analysées jusqu'ici montrent que 8 511 porcs sont morts sur les 10 291 cas présents dans 38 foyers d'infection. Ces foyers sont disséminés sur l'ensemble du territoire, à l'exception de la division de la vallée inférieure du fleuve.
En mars 2000, le Département des services de l'élevage de la Gambie a signalé des foyers de peste porcine africaine dans la région de Banjul et dans la division de l'ouest. L'épidémie s'est propagée vers la rive nord en avril/mai et, en juin 2000, des foyers de peste porcine africaine ont été signalés dans les divisions des vallées inférieure et supérieure du fleuve.
En juin 2000, la FAO a approuvé un projet d'éradication d'urgence de la peste porcine africaine et de renforcement des capacités techniques et logistiques du Département des services de l'élevage (TCP/GAM/0065) pour aider le gouvernement de Gambie à enrayer cette nouvelle épidémie.
Les activités de ce projet, qui sont à différents stades d'exécution, visent principalement à former le personnel, à renforcer les capacités techniques et logistiques du Département des services de l'élevage, à développer le système de notification, de surveillance et de suivi de la maladie pour le rendre plus performant, et à gérer une base de données sur la peste porcine africaine. Le projet prévoit aussi la mise en oeuvre d'un programme de sensibilisation et d'éducation à la maladie à l'intention des éleveurs de porcs gambiens, ainsi que d'autres parties prenantes de l'industrie porcine, afin d'établir un système d'alerte et de réponse rapides.
Une enquête épidémiologique et un recensement de la population porcine ont été réalisés au niveau national du 11 au 29 novembre 2000. Le but de cette démarche était d'identifier les foyers d'infection et de calculer le nombre de porcs présents dans le pays.
La saisie des données est en cours à l'aide du logiciel TADinfo, et plus de 2000 données devraient être enregistrées après l'enquête. Une analyse préliminaire des données déjà saisies a montré un modèle précis de diffusion qui concorde avec les informations recueillies lors des ateliers et des visites de terrain.
Les données analysées jusqu'ici ont montré que 8 511 porcs sont morts sur les 10 291 cas présents dans 38 foyers d'infection. Ces foyers sont disséminés sur l'ensemble du territoire, à l'exception de la division de la vallée inférieure du fleuve.
La région de Banjul a connu la plus forte mortalité, 4 063 porcs étant morts sur 4 666 cas présents dans 8 foyers d'infection. La division de la vallée supérieure du fleuve a été la moins atteinte, avec 8 cas mortels sur 25 cas dans un seul foyer d'infection.
En termes de mois, le plus grand nombre de cas a été enregistré en mars et en août, soit 2 392 et 2 628 cas respectivement. Cependant, c'est en avril que s'est déclarée la majorité des foyers d'infection, neuf foyers différents éclatant au courant du mois. En novembre 2000, un foyer seulement a été enregistré.
Cette enquête a concerné plus de 2 000 unités porcines. La carte montre la situation de la peste porcine africaine en novembre 2000.
LES FOYERS DE PESTE PORCINE AFRICAINE EN GAMBIE

La peste porcine africaine a été signalée pour la première fois au Ghana en septembre 1999. Les foyers sont apparus dans la région d'Accra et dans certaines parties de celle de la Volta. Des mesures d'abattage sanitaire ont été entreprises pour éradiquer l'infection, suivies d'activités de surveillance intensive et du déploiement de troupeaux sentinelles qui s'est achevé fin septembre 2000. En octobre 2000, le gouvernement a déclaré son pays indemne de peste porcine africaine et a levé l'embargo qui avait été imposé. La répartition de la population porcine dans les zones touchées est la suivante: région d'Accra (20 000 porcs), région centrale (16 000 porcs) et région de la Volta (47 000 porcs). Pendant l'éclosion du foyer, environ 600 porcs ont été perdus et 6 927 abattus, et les propriétaires ont été indemnisés. Le Ghana a une population porcine estimée à environ 350 000 animaux.
Bien que la Côte d'Ivoire et le Togo, pays voisins, aient connus des foyers de peste porcine africaine successifs en 1996 et en 1997, respectivement, le Ghana est resté indemne de la maladie jusqu'en octobre 1999. Face à la menace posée par ces deux voisins, les autorités vétérinaires ghanéennes ont pris des mesures pour empêcher l'introduction de la peste porcine africaine dans le pays. Elles ont déployé des efforts considérables pour former leur personnel de terrain et sensibiliser le public. Des contrôles stricts ont été établis aux frontières, et des campagnes de sensibilisation de masse ont été lancées, grâce aux médias et à des ateliers organisés sur les dangers de l'introduction de la peste porcine africaine à partir des pays voisins. Ces activités, ainsi que d'autres, ont été menées dans le cadre du projet FAO/PCT sur la peste porcine africaine qui vise le renforcement des capacités de prévention et d'intervention des services vétérinaires en cas d'urgence en Afrique de l'Ouest (TCP/RAF/7822). De plus, le renforcement des capacités d'alerte rapide de ces services, obtenu grâce au projet, a permis de détecter en temps utile le foyer actuel de peste porcine africaine dans le pays. Ce foyer, qui est le premier dans l'histoire du Ghana, a incité le gouvernement à solliciter une aide extérieure pour faire face à l'urgence. A cette fin, la FAO a affecté un montant de 306 000 dollars EU par le biais d'un projet d'aide d'urgence pour l'éradication de la peste porcine africaine au Ghana (TCP/GHA/8925) mis en oeuvre successivement.
La Banque mondiale est intervenue également en allouant 300 000 dollars EU à partir du projet national des services de l'élevage. Ces financements ont servi, dans une large mesure, à compléter les ressources du projet PCT en cours et à indemniser les éleveurs dont les porcs avaient été abattus conformément à l'ordre d'abattage sanitaire. Cette opération a entraîné la destruction de tous les animaux sur les lieux touchés, y compris les porcs des villages en divagation au sein et autour des zones affectées. Les éleveurs ont été indemnisés au prix courant de 3000 ¢/kg de poids vif (1 $EU = 3 000 cédis). Ces mesures strictes, ainsi que d'autres qui restreignent les mouvements des animaux, ont joué un rôle déterminant dans l'éradication de la peste porcine africaine dans le pays.

Opération d'abattage sanitaire au Ghana
PHOTO FOURNIE PAR D. NYAKAHUMA, EMPRES

Vehicle disinfection during stamping out exercise
PHOTO COURTESY OF D. NYAKAHUMA
Au début de cette phase, on a identifié les fermes indemnes de peste porcine africaine et on a procédé à la sélection, à l'achat et au déploiement de porcs sentinelles.
Dans le cadre de cette opération, 200 porcs ont été achetés, réunis en 20 groupes (10 porcs par groupe) et déployés en des endroits précédemment touchés par la peste porcine africaine. Après une période de six semaines, les sérums ont été prélevés et analysés à l'aide du test ELISA pour la recherche d'anticorps. Tous les porcs achetés étaient encore vivants à la fin de cette phase.
Les mouvements des animaux étant interdits dans le pays, les porcs ont été enfermés dans des porcheries, et l'on a banni la divagation pour éviter de donner l'impression que l'interdiction avait été levée.

Porcs sentinelles pour la lutte contre la peste porcine africaine au Ghana
PHOTO FOURNIE PAR D. NYAKAHUMA, EMPRES
Après l'abattage sanitaire, les opérations de nettoyage, les ateliers de formation et les campagnes de sensibilisation du public, les troupeaux n'ont plus été reconstitués dans la zone infectée. Les communautés locales ont détruit les porcs restants qui s'étaient dispersés dans la brousse. Cette situation de dépeuplement totale dure depuis décembre 1999, et aucun mouvement clandestin n'a été signalé. Les rumeurs selon lesquelles des porcs ou des produits d'origine porcine auraient été introduits dans le pays ont fait rapidement l'objet d'investigations approfondies. Dans les autres régions indemnes, les suspicions signalées de maladies et/ou morts de porcs ont également été enquêtées.
Il est nécessaire de poursuivre les actions de sensibilisation du public après avoir vérifié le statut indemne de maladie et d'infection d'une région. Ces actions aboutiront à la levée de l'interdiction frappant les mouvements des porcs et des produits d'origine porcine actuellement en vigueur.
En janvier 2000, après les opérations d'abattage, deux foyers actifs ont été signalés. Ils ont fait l'objet d'une enquête approfondie et ont été éliminés. Pour alléger la pression qui pèse sur les producteurs des zones indemnes (due à l'augmentation de leurs effectifs causée par la restriction des mouvements imposée depuis 4 mois), une levée partielle a été établie fin janvier 2000. Elle a permis aux éleveurs de vendre leurs animaux sous la supervision rigoureuse des services vétérinaires. Grâce à ces mesures d'abattage contrôlé, les usines de transformation de viande porcine ont acheté, auprès de fermes autorisées par les services vétérinaires, des porcs qui n'étaient abattus qu'à l'abattoir d'Accra. La pression s'est ainsi atténuée pour les producteurs qui subissaient de fortes pertes dues aux coûts élevés du surstockage, et ils ont pu couvrir leurs frais d'exploitation.
Pour maintenir une surveillance stricte, le personnel vétérinaire est pleinement engagé dans le processus de repeuplement. L'objectif est d'orienter les éleveurs intéressés vers des élevages reconnus comme indemnes de peste porcine africaine. Cela donnera l'occasion au personnel vétérinaire de mieux comprendre les mouvements porcins et d'identifier les zones nécessitant un surcroît de surveillance.
L'éradication de la peste porcine africaine au Ghana a montré qu'un service vétérinaire fort et motivé permet d'utiliser de manière rapide et efficace l'aide internationale et les programmes de coopération. Le défi à relever à l'avenir consiste à éliminer définitivement la PPA du Ghana. Grâce aux leçons apprises lors de la dernière épidémie, le Ghana est désormais pleinement conscient de l'importance d'une vigilance épidémiologique permanente, et d'enquêtes et actions de suivi rapides en cas de notification de cas suspects.