Gestion Durable des Forêts (GDF) Boîte à outils

Gestion des produits forestiers non ligneux

NWFPs market ©FAO/Vasily Maksimov

The Management of non-wood forest products (NWFP) module is aimed at all actors – such as local communities, the private sector, governments, traders and consumers – involved in the management, use and marketing of NWFPs. The module provides basic and more detailed information on the process of NWFP management, including planning, harvesting, marketing and trade.

The module also provides links to tools for NWFP management and case studies of effective management.

En quoi consistent les PFNL ?

Les produits forestiers non ligneux (PFNL) sont des biens d’origine biologique autres que le bois et tirés des forêts, autres terres boisées et arbres hors forêt. Ils peuvent être récoltés dans les forêts et les systèmes agroforestiers ainsi  que dans les arbres hors forêt. Les exemples de PFNL comprennent les aliments et les additifs alimentaires (noix comestibles, champignons, fruits, baies, viande de brousse, herbes, épices et condiments, plantes aromatiques et insectes, par exemple), les fibres (bambous et rotins, par exemple) et des médicaments, cosmétiques et produits culturels (résines, gommes, teintures, par exemple). Le tableau ci-dessous donne d’autres exemples des différentes catégories de PFNL.

Catégories de PFNL

Catégorie

Exemples de produits

Exemples d’utilisation

Aliments – d'origine végétale

Fruits, feuilles, légumes, champignons, noix/graines, baies

Aliments, huiles, boissons, colorants et teintures

Aliments – d'origine animale

Viande de brousse, gibier,insectes,miel, escargots

Aliments, trophées

Médicaments

Plantes médicinales, herbes, épices

Médicaments, aromatisants, parfums

Fourrage pour animaux

Feuilles, brindilles

Fourrage

Fibres

 Rotin, bambou, lianes, liège

Construction, artisanat, papier, vêtements

Gommes et sèves

Latex, caoutchouc, gommes, résines, produits chimiques

Matières premières chimiques

Plusieurs millions de ménages dans le monde utilisent des PFNL et en sont tributaires, principalement pour satisfaire des besoins nutritionnels, de santé et économiques. Il est estimé que 80 pour cent de la population des pays en développement utilise, d’une façon ou d’une autre, des PFNL pour satisfaire ces besoins (FAO, 1997).

Pour la plupart, il s’agit de femmes, qui sont celles qui collectent et gèrent la majorité des PFNL, même en considérant le produit, le contexte et le pays.

Dans de nombreux pays, les PFNL représentent une part importante des exportations de produits forestiers. Toutefois, malgré leur valeur réelle et potentielle, la plupart des PFNL sont habituellement classés comme produits «mineurs » des forêts. Les PFNL sont souvent associés à des usages traditionnels qui ne sont pas largement connus, ou à la pauvreté et la subsistance. Les transactions liées aux PFNL se déroulent essentiellement dans les familles et les petites entreprises, notamment pour la plupart hors des circuits de commercialisation en place, occupant ainsi une part d’un secteur informel. C’est pour ces raisons que les PFNL sont souvent négligés dans la planification de la gestion des forêts, ce qui peut entrainer des conflits dans l’utilisation des ressources, comme c’est le cas lorsque par exemple l’exploitation de bois entrave la production locale et la récolte de PFNL.

La gestion durable des PFNL, en particulier ceux présents dans  les forêts naturelles, peut être complexe. Néanmoins, l’établissement d’entreprises basées sur les PFNL peut contribuer à accroître la durabilité de la gestion des forêts en augmentant la gamme des avantages offerts par les forêts aux communautés locales, qui peuvent souvent entreprendre les activités de récolte et de transformation elles-mêmes et conserver ainsi une part importante de la valeur des produits finaux, augmentant, par conséquent, leur incitation à gérer la forêt durablement. Toutefois, il y a aussi des exemples où la croissance des marchés pour les PFNL a conduit à la dégradation des ressources forestières ou n’a pas été à même de contribuer à réduire la pauvreté ou à accroître la conservation des forêts (voir Cas).  Les efforts déployés pour gérer les forêts durablement continueront à être entravés si les PFNL ne sont pas pris en compte dans les plans et pratiques de gestion forestière et dans les réglementations qui régissent l’utilisation des forêts. Les gestionnaires forestiers doivent reconnaître l’importance des PFNL pour les moyens d’existence des communautés locales et travailler avec elles pour promouvoir la gestion durable de ces produits.

La gestion durable des PFNL devrait tenir compte des intérêts des divers acteurs impliqués – comme les communautés locales, le secteur privé, les gouvernements, les commerçants et les consommateurs – et garantir la participation des parties prenantes dans les prises de décisions.

Tel est tout particulièrement le cas pour la participation des femmes: celles-ci sont souvent exclues des processus décisionnels sur la gestion des PFNL même si elles sont généralement plus touchées que les autres.


Approfondissement

Le processus de gestion des PFNL est décrit ci-dessous.

Planification de la gestion des ressources

Définir des objectifs et stratégies de gestion des PFNL. Trois critères principaux devraient orienter les gestionnaires forestiers et les autres parties prenantes dans l’établissement des priorités de la gestion des forêts : économiques (viabilité financière, par exemple) ; sociaux (demande de biens et services forestiers, droits d’accès et règles traditionnelles, par exemple); et environnementaux (productivité de la ressources et pertinence écologique). Il faudrait réaliser un examen minutieux des données de base, comme les études existantes, les lois et règlements et les plans de gestion précédents. Des évaluations participatives devraient être entreprises pour tirer parti de l’expérience des communautés locales.

Là où l’expérience locale est limitée en matière de gestion et de production des PFNL, un petit ensemble de PFNL (six au maximum) devrait être choisi pour un développement commercial initial sur la base de leur pertinence économique, sociale et  environnementale . Il faudrait donner la priorité aux produits avec une demande locale ou régionale établie car une telle demande est susceptible de fluctuer moins que la demande sur des marchés internationaux récemment créés. Dans la mesure du possible, une large gamme de PNFL et de produits ligneux et de services environnementaux devrait être établie au fil du temps pour réduire la vulnérabilité des entreprises et des communautés aux changements soudains dans la demande et le prix de produits individuels.

D’autres facteurs, comme la saisonnalité de la récolte et la disponibilité de main-d’œuvre devraient aussi être pris en compte ; des récoltes saisonnières complémentaires de différents PFNL peuvent aider à niveler la demande de main-d’œuvre. Les produits ayant le potentiel le plus élevé pour l’amélioration des moyens d’existence locaux –pour les groupes défavorisés, en particulier – devraient être priorisés.

Divers types d’évaluation forestière peuvent informer et guider le développement et la gestion des PFNL.

Les approches peuvent se focaliser sur:

  • la ressource en PFNL elle-même, y compris son abondance et les possibilités d’approvisionnement futur, par son évaluation; ou
  • l’utilisation des PFNL au marché, comme des enquêtes de marché ou sur des produits, des inventaires de la biodiversité (ou des listes d’espèces) et des études culturelles.

Les évaluations des ressources peuvent être réalisées pour la flore aussi bien que la faune et pourraient comprendre des inventaires d’espèces choisies, des études de leur croissance et de leur rendement et la détermination des niveaux maximaux de récolte annuelle permise.

(voir Outils - Évaluation des ressources en produits forestiers non ligneux)

Généralement, la récolte durable de PFNL dans les forêts naturelles suit des principes proches de la nature. Cela veut dire, par exemple, que les récoltes de bois (où elles ont lieu) devraient être dispersées afin que les peuplements forestiers à proximité soient à différents stades de récupération à la suite de l’exploitation, et que les peuplements adultes ou presque adultes soient proches les uns des autres. Minimiser la fragmentation de la forêt permettrait de maintenir une diversité plus grande des espèces et de réduire au minimum le risque de perte d’espèces de PFNL.

Pour assurer que la récolte de bois peut coexister avec celle de PFNL:

  • La planification de la gestion devrait viser à protéger les espèces de PFNL.
  • La planification des routes et des pistes de débardage pour l’extraction des grumes devrait permettre, et si possible faciliter la récolte et le transport des PFNL.
  • Les communautés locales devraient  être invitées et encouragées à travailler avec les gestionnaires forestiers pour les évaluations avant et après récolte pour garantir que les PFNL et leur utilisation locale soient pris en compte à juste titre.

(voir Cas - Actes du séminaire : La récolte des PFNL, 2000).

Les espèces domestiquées ou cultivées sont des espèces dont le processus d’évolution a été influencé par l’homme pour satisfaire ses besoins (Convention sur la diversité biologique, 1992). Elles offrent la possibilité d’accroître la productivité de certains PFNL et de réduire la pression de l’exploitation sur les forêts naturelles tout en augmentant l’approvisionnement  du marché et en réduisant ses fluctuations. Toutefois, la domestication d’espèces forestières sauvages prévoit généralement un investissement considérable en temps et argent or celui-ci pourrait n’être rendu possible que si le produit a une valeur très élevée et les conditions sociales et politiques sont telles que les investisseurs ont des possibilités raisonnables d’en tirer un bon revenu.

Les étapes clés nécessaires pour domestiquer un PFNL comprennent:

  • l’identification des espèces clés;
  • la collecte de matériel génétique;
  • l’élaboration de techniques de multiplication végétative ou de méthodes d’amélioration génétique;
  • l’intégration des PFNL (végétales ou animales) en agroforesterie ou les systèmes agricoles.

(voir Domestication et commercialisation des PFNL dans les systèmes agroforestiers).

Les forêts et les terres boisées peuvent être gérées à des fins de subsistance ou commerciales. Dans les zones sans accès aux marchés, le bois et les PFNL peuvent encore contribuer, dans une large mesure, à la consommation alimentaire des ménages et ainsi contribuer de manière importante à la sécurité alimentaire des communautés locales. Néanmoins, les entreprises basées sur les PFNL font face à plusieurs obstacles comme le manque d’accès au financement, le caractère dispersé de nombreux PFNL au sein d’une forêt, le risque d’épuiser une ressource dont la population locale pourrait être tributaire pour sa subsistance, les systèmes de taxation et d’autres procédures administratives qui sont peu adaptés aux petites entreprises, le manque d’accès aux marchés et l’absence de contingents de récolte.

La viabilité des entreprises basées sur les PFNL peut notamment être renforcée par les activités suivantes :

  • aider les petits opérateurs à établir des structures organisationnelles adaptées comme les coopératives et les groupes d’utilisateurs de façon que les opérateurs individuels puissent grouper les ressources pour améliorer les liens commerciaux et la commercialisation, ainsi qu' investir dans la transformation à valeur ajoutée des produits;
  • améliorer les infrastructures destinées au stockage, au transport et à la communication;
  • entreprendre des recherches sur la domestication des PFNL;
  • fournir une formation au personnel, aux groupes d’utilisateurs et aux autres parties prenantes.

 (Voir Analyse et développement des marchés des petites entreprises forestières).

L’immense diversité des PFNL a découragé les efforts faits dans le passé pour certifier leur gestion, mais les choses ont commencé à changer – voir par exemple, le FairWild standard, mise au point en 2010. Les principaux critères de sélection pour déterminer si la certification devrait être poursuivie pour un PFNL sont les suivants:

  • Le PFNL a un marché International avec une demande considérable et implique une chaîne commerciale à valeur ajoutée élevée.  
  • La récolte est organisée dans une chaîne bien structurée.
  • La production du PFNL est prévisible et a lieu avec une périodicité bien connue.
  • Le PFNL a une grande importance en termes de conservation.

 (voir noix du Brésil, Bolivie et griffe du diable, Namibie)

Des orientations plus détaillées concernant le soutien à la gestion des PNFL figure dans la section Outils et Cas de ce module.

Il est crucial de reconnaître le rôle joué par les femmes dans le secteur des PFNL. Alors que les hommes se lancent plutôt dans le marché du bois, les femmes dépendent des produits forestiers non ligneux pour leur subsistance et comme source de revenus. Différentes raisons expliquent pourquoi ce secteur est essentiellement dominé par les femmes comme, par exemple, le fait que: (i) les hommes sont généralement intéressés par des activités plus lucratives; (ii) les hommes ont meilleur accès aux marchés nationaux et de l’exportation, ainsi qu’accès au crédit, que les femmes alors que le marché des PFNL est surtout informel; (iii) les femmes sont souvent responsables de l’alimentation des ménages et savent quels sont les PFNL comestibles.

Grâce à l’augmentation de la demande en matière de produits de santé et de beauté naturels, les femmes pourraient avoir des possibilités considérables d’en tirer parti. En effet, au cours des dernières années, un marché important et florissant a émergé pour les PFNL au niveau national et international. Néanmoins, les contraintes sociales et économiques empêchent aux femmes d’y prendre part.

Les femmes pauvres en milieu rural sont confrontées à d’autres obstacles car les communautés sont souvent isolées, ce qui signifie que les femmes qui ont peu de liens avec les marchés ont peu d’accès aux informations utiles comme, par exemple, combien les consommateurs des villes ou des pays développés sont-ils disposés à payer pour le produit final. Dans certains cas, il a été constaté que les femmes reçoivent moins de 10 pour cent du prix final de vente.

Un autre problème, qui touche les femmes et la biodiversité des forêts, concerne la surexploitation des PFNL. La commercialisation accrue des PFNL peut entraîner une surexploitation des ressources, ce qui peut générer une pénurie de biens pour les femmes qui sont les membres les plus pauvres de la communauté. La surexploitation peut aussi provoquer une accélération de la disparition de certains PFNL, notamment des plantes médicinales, ce qui se traduit par la perte d’une importante source de revenus. Les femmes ont besoin d’aide pour entreprendre des activités de diversification des moyens de subsistance, mais elles doivent également contribuer aux efforts pour soulager la pression sur les espèces sauvages et vraisemblablement menacées (domestication participative des PFNL, alors que les femmes en sont souvent exclues).

Il est très important pour les femmes de participer aux processus de planification des forêts. Les gouvernements et les autorités locales devraient entreprendre des analyses sexospécifiques pour intégrer la parité hommes-femmes dans leurs politiques et veiller à ne pas défavoriser les femmes. De plus, pour avoir une influence sur le processus de commercialisation des PFNL, les femmes devraient s’organiser en coopératives et en groupements de producteurs.

Des indications plus détaillées concernant le soutien à la gestion des PNFL figurentdans la section Outils et Cas de ce module.

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Ce module a été développé avec l'aimable collaboration des personnes et/ou institutions suivantes:

Initiateur(s): Christopher Muencke

Contributeur(s): Paul Vantomme, Simmone Rose, Cesar Sabogal - FAO, Département des forêts

Réviseur(s): CATIE; CIFOR

Ce module a été révisé en 2018 afin de renforcer la prise en compte des questions de genre.

Initiateur(s): Équipe Genre en foresterie

Réviseur(s): Giulia Muir - FAO, Département des forêts

Ressources

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