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Discussion
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La lutte des femmes rurales pour faire évoluer favorablement les inégalités entre les sexes

En mars 2018, à l’occasion de la 62ème Commission de la condition de la femme (CSW), les défis et les perspectives pour les femmes et les filles rurales seront à nouveau sous les feux des projecteurs.

Organisée par la FAO en partenariat avec le FIDA, ONU Femmes et le PAM, cette discussion en ligne vous invite à réfléchir sur la compréhension actuelle des rôles respectifs que jouent les hommes et les femmes dans les moyens de subsistance ruraux et à partager des informations, points de vues et expériences en prévision de la CSW62. L’objectif principal de cette activité est d’identifier les principales lacunes et les domaines d’action prioritaires afin d’accélérer les changements nécessaires pour faire évoluer favorablement les inégalités de genre que subissent les femmes rurales. La discussion se concentrera sur trois questions principales, présentées ci-dessous, et sera conduite au cours des trois prochaines semaines.

L’évolution des moyens de subsistance des populations rurales

Depuis le Programme d’action de Beijing de 1995, les besoins et les priorités des femmes rurales sont au cœur du programme de développement et des progrès importants ont été réalisés. Nombreuses sont les femmes qui jouissent aujourd’hui d’un meilleur accès aux marchés, aux informations, aux services financiers, à une participation accrue au secteur privé, aux formations, à l’énergie, aux technologies qui allègent le travail et aux transferts de fonds. Certaines d’entre elles ont réussi à devenir des entrepreneuses influentes dans leurs communautés, mieux respectées dans leur ménage. Les femmes jouent des rôles prépondérants à tous les niveaux des chaînes de valeur agroalimentaires, et sont des éléments clés de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de la gestion des ressources naturelles.

Pourtant, la vie d’un grand nombre de femmes rurales demeure inchangée. Elles travaillent pendant de longues heures et doivent assurer, outre leur travail productif, des tâches domestiques et familiales non rémunérées. L’insécurité foncière et l’incapacité de faire des emprunts sont autant d’obstacles à leur autonomisation. Trop souvent, les femmes rurales ne peuvent pas bénéficier des progrès technologiques, elles sont exposées aux risques liés au changement climatique et connaissent des pertes après récoltes importantes. Leurs vies sont également menacées par l'augmentation rapide de la population qui se traduit par une explosion démographique des jeunes, une émigration, un vieillissement de la population rurale et la dégradation des ressources naturelles.

Approches pour transformer les rapports entre les sexes

Pour atteindre les ODD et « Ne laisser personne en arrière» (leave no one behind), le Programme de développement durable à l’horizon 2030 vise des changements pour renverser la situation actuelle dans les pays et à tous les niveaux. Il est de plus en plus souvent reconnu que les approches adoptées jusqu’à présent pour lutter contre les inégalités entre les sexes sont restées insuffisantes. Bon nombre des initiatives visant à promouvoir l’égalité des sexes se sont concentrées sur l’autonomisation économique des femmes – à savoir, garantir leur accès aux intrants, à des conseils techniques et aux marchés et leur donner une voix dans les organes de prise de décisions et les institutions rurales – ce qui contribue à des gains de productivité à court terme. Cependant, pour obtenir des bénéfices durables et sur le long-terme, les femmes ne veulent pas seulement avoir un travail rémunéré ou participer aux décisions sur les dépenses réalisées avec les revenus qu’elles produisent. Elles veulent aussi voir leur qualité de vie s’améliorer, leur temps de travail domestique et familial non rémunéré réduit et ne plus subir de violences sexuelles.

Il convient de redoubler d’efforts – et d’efforts d’une autre nature – pour obtenir des bénéfices durables à même d’améliorer la qualité de vie des femmes rurales et de leurs familles. Cela demande d’aborder non seulement les symptômes des inégalités de genre, comme l’accès inégal aux ressources et aux bénéfices, mais aussi les causes sous-jacentes de ces inégalités, profondément enracinées dans les normes et les comportements en matière de genre, les relations de pouvoir et les institutions sociales.

Question 1 : Quels sont les principaux défis que doivent relever les femmes et les filles rurales ?

  • Le contexte des moyens de subsistance en milieu rural a profondément changé au cours des 20 dernières années, ce qui a des répercussions importantes pour les femmes rurales. Doit-on mettre à jour nos connaissances sur les défis que les femmes et les filles rurales doivent relever ?
  • En quoi les besoins et les priorités des femmes rurales diffèrent-ils en fonction de leur âge, de leur niveau d’éducation, de la composition de leur ménage, de leurs revenus et de leur contexte culturel ?
  • Pourquoi certaines femmes rurales réussissent-elles à aller de l’avant et à devenir des entrepreneuses tandis que d’autres sont prisonnières d’une situation permanente d’insécurité alimentaire et de pauvreté ?

Question 2 : Sommes-nous en train de suivre les bonnes approches et politiques pour réduire les inégalités entre les sexes ?

  • Comment peut-on combler les lacunes en matière de politiques ? La plupart des pays ont ratifié des instruments internationaux et régionaux pour protéger et renforcer les droits des femmes. Pourtant, nombreux sont les pays où la réalité est bien différente du cadre politique en matière de genre. Par exemple, les problématiques hommes-femmes ne sont pas traitées dans d’autres cadres politiques, comme les politiques relatives à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
  • Pourquoi est-il si difficile de convaincre le secteur privé d’engager les femmes rurales en tant qu’acteurs économiques, quand bien même les résultats positifs d’une telle inclusion ont été avérés ?
  • A l’approche de 2020, quelles nouvelles perspectives économiques se dessinent pour les femmes rurales ? Les programmes actuels de renforcement des capacités ciblent-ils les compétences adéquates pour les femmes et les filles rurales ? Comment pouvons-nous les mettre à jour ?

Question 3 : Quelle est la meilleure manière de générer des changements significatifs en matière de genre ?

  • Que peut-on faire pour renforcer la voix et le bien-être des femmes au sein de leur ménage et de leur communauté ? Un grand nombre d’initiatives sont axées sur l’autonomisation des femmes, aussi bien dans leur travail que dans leur participation en tant que membres ou dirigeantes à des groupes de producteurs et à des groupes communautaires. Une plus forte autonomisation dans la sphère publique ne se traduit pas forcément par l’amélioration des dynamiques familiales et de la qualité de vie.
  • A-t-on accordé suffisamment d’importance à la participation des hommes et des garçons pour modifier positivement les comportements ? Comprennent-ils les liens entre les rôles respectifs des hommes et des femmes et les inégalités, et leurs incidences sur la productivité et le bien-être de leurs ménages ? Leurs besoins sont-ils ignorés, entraînant leur marginalisation et leur désengagement dans le développement du ménage ?
  • Quelles approches se sont-elles avérées efficaces pour aborder les sexospécificités, les relations de pouvoir et les institutions sociales profondément enracinées dans le contexte ?

Je vous remercie et j’espère que la discussion sera riche,

Clare Bishop

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