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Algérie

Année: 2015 Date de révision: -- Type de révision: --

Rapport régional: --

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Géographie, climat et population

Géographie

L’Algérie est située au nord-ouest de l’Afrique sur la côte Méditerranéenne. Elle possède une superficie de presque 2.4 millions de km², ce qui en fait le pays le plus étendu du continent. C’est un pays de montagnes d’une altitude moyenne de 800 m environ, avec les massifs de l’Atlas Tellien et Saharien au nord et l’Hoggar au Sud. Le Sahara occupe plus de 2 millions de km², ou 87 pour cent de la superficie totale du pays. En 2012, les forêts couvrent environ 1.5 millions d’ha et sur les 41.4 millions d’ha de superficie agricole, les terres cultivées ne représentaient qu’environ 8.5 millions d’ha essentiellement concentrés dans la région du nord. Les prairies et pâturages permanents s’étendent sur près de 33 millions d’ha (tableau 1).

Climat

Trois ensembles fortement contrastés climatiquement caractérisent le territoire:

  • Le littoral et les massifs montagneux occupent 4 pour cent de la superficie totale et dispose d’un tiers des superficies cultivées du pays très menacées par la concentration excessive de la population et des activités, ainsi que par l’urbanisation anarchique. Ces terres sont fragiles et peu résistantes à l’érosion. Le climat est de type méditerranéen, avec des pluies très violentes en hiver provoquant une forte érosion. En été, les précipitations sont extrêmement rares et les chaleurs très fortes. Les pluies pouvant atteindre 1 600 mm/an sur les reliefs sont irrégulières d’une année sur l’autre et inégalement réparties.
  • Les hauts plateaux qui occupent environ 9 pour cent de la superficie totale sont caractérisés par un climat semi-aride (pluviométrie comprise entre 100 et 400 mm/an). Près des deux tiers des superficies cultivées y sont concentrées. Les terres y ont une forte teneur en sel. Le processus de désertification est important du fait de la sécheresse, de la fragilisation des sols soumis à l’érosion éolienne, de la faiblesse des ressources hydriques et de la pratique intensive de l’agropastoralisme.
  • Le Sahara, ensemble désertique aride (pluviométrie moyenne inférieure à 100 mm/an), couvre 87 pour cent du territoire et ses superficies cultivées sont très limitées à 100 000 ha environ. Les terres y sont pauvres, les conditions climatiques extrêmes et les amplitudes thermiques très fortes.

Sur l’ensemble du pays, les précipitations moyennes s’élèvent à 89 mm/an (tableau 2). L’évapotranspiration potentielle varie de 800 mm dans le nord-est du pays à plus de 2 200 mm dans le sud-est.

Population

L’Algérie compte en 2014 environ 39.9 millions d’habitants et connait une forte urbanisation: la population est rurale à 25 pour cent contre 41 pour cent dix ans plus tôt (tableau 1). La densité moyenne est de 16.7 habitants/km², mais la population se concentre à 60 pour cent sur le littoral composé de terres agricoles plus fertiles et riches en ressources naturelles, ainsi que dans les principales villes et pôles d’activités économiques du pays. La croissance démographique de 1.6 pour cent en 2015, s’accroit légèrement puisqu’elle était inférieure à 1.5 pour cent au début des années 2000. L’indice de developpement humain est en progression constante: de 0.509 en 1980 à 0.717 en 2013 (PNUD, 2013), de même que tous les indicateurs de santé et d’éducation. L’espérance de vie à la naissance est de 71 ans en 2013. La mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 17 pour mille en 2013. La scolarisation en école primaire est de 98.4 pour cent pour les garçons et 97 pour cent pour les filles sur la période 2008-2012. Au secondaire, la proportion des filles scolarisées est supérieure à celle des garçons: 64.5 pour cent des filles contre 57.4 pour cent des garçons (UNICEF, 2015). Le taux d'alphabétisation des personnes âgées de plus de 15 ans est de 73 pour cent en 2006, avec un écart selon le genre qui se resserre (64 pour cent chez les femmes et 81 pour cent chez les hommes). L’indice d’inégalités de genre s’est amélioré ces dernières années en passant de 0.552 en 2005 à 0.425 en 2013. Le taux de chômage au sein de la population active est évalué en 2013 à 10 pour cent (16 pour cent pour les femmes et 8 pour cent pour les hommes), chutant depuis 2004 où il était de de 20 pour cent (BM, 2014). La desserte en eau potable régresse cependant de 100 pour cent de la population totale en 1992 à 84 pour cent en 2015 (84 pour cent en milieu urbain, 82 pour cent en milieu rural, contre 86 et 80 pour cent respectivement en 2002) (tableau 1). Au cours de la même année, il est estimé que 95 pour cent de la population a accès aux infrastructures sanitaires (soit 98 pour cent en milieu urbain et 88 pour cent en milieu rural) (JMP, 2014).


Économie, agriculture et sécurité alimentaire

De 2000 à 2014 le produit intérieur brut (PIB) est passé de 42 345 à 214 000 millions de $EU. Le PIB par habitant est estimé à 5 360 $EU par an et la part de l’agriculture reste stable dans la croissance économique nationale depuis les années 1980, mais est très variable d’année en année car très dépendante des conditions climatiques et en particulier des précipitations. En 2014, le secteur agricole représentait 10 pour cent du PIB (contre 6.7 pour cent en 2008) et occupait 20 pour cent de la population active (23 pour cent en 2002), tandis que l’industrie et les services absorbaient 48 pour cent et 42 pour cent du PIB respectivement (BM, 2014), en particulier grâce au secteur pétrolier. Les hydrocarbures représentent en effet 95 pour cent des exportations en 2014.

L’agriculture assure environ 70 pour cent des besoins alimentaires du pays. Les importations agricoles concernent les produits de base (céréales, légumes secs, lait, oléagineux, alimentation fourragère). L’Algérie est ainsi devenue l’un des principaux importateurs de blé. Les exportations agricoles sont essentiellement représentées par les dattes et l’huile d’olive, et depuis peu par les produits de l’agroalimentaire. La dépendance des importations pour la sécurité alimentaire a conduit au Plan national de développement agricole en 2000, et en 2009 à la politique du renouveau agricole et rural. La malnutrition concerne moins de 5 pour cent de la population depuis les années 1990.

Le secteur agricole est maintenant principalement organisé en exploitations individuelles qui ont remplacées les domaines agricoles socialistes depuis la réforme agraire de 1987. La production agricole algérienne est dominée par les grandes cultures, en particulier les céréales, le maraîchage, l’arboriculture, la culture des palmiers et les productions animales (ovins, bovins et poulets). La production agricole pluviale étant très variable du fait de l’irrégularité des précipitations, l’état a donné la priorité au développement de l’irrigation, en particulier depuis les années 2000. Ainsi en 2012, l’Algérie dispose d’un taux d’irrigation de ses terres parmi les plus importants du continent(plus de 14.5 pour cent des superficies cultivées contre seulement 5.2 pour cent pour l’ensemble de l’Afrique). Ce taux reste cependant limité par rapport aux autres pays d’Afrique du Nord (16.7 pour cent pour le Maroc, 21.9 pour cent en Libye, voire 100 pour cent en Égypte et à Djibouti).

Ressources en eau

Le pays est divisé en cinq bassins hydrographiques regroupant les 19 bassins versants du pays (tableau 2).



Hormis le lac de Fetzara dans le nord-est, les seuls plans d’eau existants en Algérie sont les chotts, sebkhas, dayas ou garaet. Ce sont des lacs salés souvent temporaires car résultant de fortes pluies et d’écoulements dans des dépressions désertiques, et pouvant former des marais. Ces divers termes marquent la différence de niveau de salinité et la période plus ou moins longue à laquelle ils s’assèchent. Les sebkhas sont les plus salés et ne s’assèchent qu’en été. Les dayas sont presque permanents. Traditionnellement, l’élevage vient paître dans les marais qui les entourent, mais récemment certains ont été drainés du fait de l’urbanisation, modifiés pour planter des palmiers, ou utilisés pour rejeter les eaux usées domestiques ou industrielles. Certains enfin ont été protégés et ils représentent, avec les oasis et les réserves naturelles, la majorité des 50 sites Ramsar qui s’étendent sur près de 3 millions d’ha en 2013. Les plus importants dans le pays sont les Chotts Ech Chergui, Melghuir, Flehrir et El Hodna, la Sebkha d’Oran et le Garaet d’El Taref.

Les eaux de surface renouvelables internes sont évaluées à 9 760 millions m³/an pour l’ensemble du pays dont le Sahara, le bassin le plus important par la surface, ne renferme que 600 million m³. Les eaux souterraines renouvelables contenues dans les nappes du nord du pays sont estimées à 1 487 millions m³/an. Ces nappes sont alimentées essentiellement par les précipitations dont la répartition demeure irrégulière à la fois dans le temps et dans l’espace. Le sud du pays se caractérise par l’existence de ressources en eau souterraines très importantes provenant des nappes du Continental Intercalaire et du Complexe Terminal, ou le Système aquifère du Sahara Septentrional (SASS), mais faiblement renouvelables. Compte tenu d’une partie commune entre eaux de surface et eaux souterraines estimée nulle, les ressources renouvelables totales internes seraient de 11 247 millions m³/an. Considérant les eaux de surface entrant (390 millions m³/an), par la Tunisie (160 millions m³/an) et par le Maroc (230 millions m³/an), et les eaux souterraines entrant par le Maroc (30 millions m³/an), les ressources en eau renouvelables totales sont estimées à 11 667 millions m³/an, soit 292 m³/an/habitant en 2014 (tableau 3). Ce qui positionne l’Algérie parmi les pays les plus stressé hydriquement, avec des ressources par habitant très inférieur au seuil de rareté absolue de l’eau (FAO, 2014). Environ 420 millions m³/an quittent l’Algérie dont 320 millions m³/an d’eau de surface vers la Tunisie, en particulier 168 millions m³/an à travers le bassin de Medjerda, et 100 millions m³/an d’eau souterraine aussi vers la Tunisie. L’indice de dépendance du pays est égal à 3.6 pour cent. Les ressources exploitables sont évaluées à 7 900 million m³/an.


La capacité totale des 13 barrages existants en 1962 sur les cinq bassins hydrographiques était d’environ 450 million m³; celle des 48 barrages de 2000 s’élevait à plus de 5 030 millions m³ et les 72 barrages de 2014, y compris 2 barrages hydroélectriques, cumulent une capacité de 8 300 millions m³. Cependant les plus anciens étaient déjà envasés à 25 pour cent en 2000. Certains barrages sont interconnectés en systèmes régionaux pour permettre des transferts d’eau et d’équilibrer les besoins en eau concentrés sur le littoral (MRE, 2014b; Ipemed, 2013):

  • Système d’El Tarf: 6 barrages desservant Annaba et la plaine d’El Tarf (transfert de 300 million m³/an)
  • Système Beni-Haroun-Hautes Plaines constantinoises: eaux de l’Oued Kebir-Rhumel vers Constantine et Batna (transfert de 504 million m³/an)
  • Système Tichy-Haf-Bejaia: desservant la vallée de la Soummam (Akbou, Béjaia), les périmètres d’irrigation du Sahel et de la Basse Soummam, et la plaine d’El Esnam (transfert de 150 million m³/an)
  • Système Kedarra-Taksebt-Koudiat Asserdoune vers Alger, Boumerdes et Tizi-Ouzou (transfert de 180 million m³/an)
  • Système Mostaganem-Arzew-Oran (MAO) interconnecte les barrages et les unités de dessalement en vue d’approvisionner en eau les centres urbains du Nord-Ouest de l’Oranie (transfert de 155 million m³/an)
  • Complexe hydraulique Setif-Hodna alimentant les systèmes d’Ighil-Emda–Mahouane (transfert de 122 million m³/an) et de Erraguène–Tabellout–Draa Diss (transfert de 191 million m³/an).

De plus, il existerait environ 524 petites retenues collinaires en 2014, permettant le stockage d’environ 70 millions m³/an additionnels (FAO, 2015).

Le dessalement de l’eau de mer a considérablement augmenté ces dernières années en passant d’une capacité de production de 47 000 m³/jour en 2002 à 1.9 millions m³/jour en 2014, soit près de 695 millions m³/an, par 10 grandes stations. La station d’El-Mactaa, près d’Oran, inaugurée fin 2014 dispose à elle seule d’une capacité de 500 000 m³/jour, soit l’une des plus grandes unités de dessalement par osmose inverse au monde, permettant la couverture à long terme des besoins de cinq millions de personnes en eau potable. Le dessalement a en effet fortement contribué à la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable des villes côtières. Par ailleurs, la déminéralisation des eaux saumâtres est également importante dans les hauts plateaux et le sud: environ 72 000 m³/jour, soit 26 millions m³/an, sont déminéralisés dans les 15 stations de déminéralisation en exploitation (MRE, 2014d).Le volume des eaux usées domestiques produit est estimé à 660 millions de m³ en 1985, 730 millions de m³ en 2010, 820 millions de m³ en 2012 et 1 100 millions de m³ en 2014. Les 185 stations d’épuration existantes en 2014 cumulent une capacité maximale de traitement de 1 100 millions de m³/an. Cependant seuls 324 millions de m³/an étaient effectivement traités en 2012. En 2012, seuls 10 millions m³/an étaient utilisés directement pour l’irrigation de 1 200 ha.

Eaux internationales: enjeux

Bien que l’Algérie soit comprise dans les bassins du lac Tchad et du fleuve Niger, elle n’est membre ni de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), qui ne concerne que le bassin conventionnel du lac Tchad, ni de l’Autorité du bassin du Niger (ABN).

Les écoulements des oueds reçus par l’Algérie à partir de la Tunisie sont de l’ordre de 160 millions m³/an et 230 millions m³/an à partir du Maroc à partir de l’Oued Guir qui constitue une partie de la frontière entre les deux pays. Les écoulements d’eau superficielle vers la Tunisie sont estimés à 320 millions m³/an, dont 168 millions m³ provient du bassin de la Medjerda. De plus, l’Algérie reçoit 30 millions m³/an d’eaux souterraines, mais 100 millions m³/an sortent du pays à travers un certain nombre d’aquifères listés dans le tableau 4. Les plus importants, les bassins souterrains du Continental Intercalaire et de son réservoir de sub-surface, le Complexe Terminal, contiendraient 60 000 km³ en eau commune à la Tunisie, l’Algérie et la Libye. Son taux de renouvellement serait d’environ un km³/an. L’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) a été créé en 1992 pour assurer un dialogue et une coopération entre les 3 pays au sujet de l’aquifère qu’ils se partagent (Ipemed, 2013).


Utilisation de l’eau

Les ressources en eau prélevées en 2012 sont estimées à 8 425 millions m³, dont 4 800 millions m³ provenant d’eau superficielle, 3 000 millions m³ d’eau souterraine, soit bien au-delà du volume renouvelable annuel, 615 millions m³ d’eau dessalée (Eurostat, 2015) et 10 millions m³ d’eaux usées traitées directement utilisées. Les prélèvements attribués à chacun des secteurs n’est pas entièrement connu: la part de l’agriculture semble correspondre à 59 pour cent soit 4 990 millions m³ et la part des industries à 5 pour cent, soit 415 millions m³. Le prélèvement des municipalités est donc estimé à 36 pour cent, soit 3 020 millions m³ (tableau 5 et figure 1).






Irrigation et drainage

Évolution du développement de l’irrigation

Le potentiel d’irrigation algérien varie selon les sources et les méthodes d’estimation. La seule utilisation des eaux renouvelables ne permettrait qu’un potentiel d’irrigation de 510 300 ha à partir des bassins méditerranéens et du Sahara (FAO, 1997). Cependant, les superficies réellement irriguées sont supérieures à ce chiffre depuis le début des années 2000. Le plan de Constantine (1959-1963) de la période coloniale, indiquait un potentiel de 1.3 millions d’ha, et un rapport plus récent indique que 2.2 millions d’ha sont irrigables en ne considérant que la nature des sols dont 137 000 ha dans les régions Sahariennes (ANRH, 2001 dans SOFRECO, 2012). Mais seuls 1.3 millions ha sont aptes à l’irrigation sans travaux d’épierrage, de drainage ou de lessivage) (MRE, MRDA, 2008).

L’irrigation en Algérie est très ancienne et date des berbères à l’époque préromaine, du moins dans les oasis avec des cultures de décrues et de l’irrigation par submersion. Elle s’est développée dans le reste du pays grâce aux techniques romaines de citernes, aqueducs, et petits barrages et plus encore à partir du 7ème siècle grâce à des techniques arabes spécifiques à l’irrigation (chadouf, noria, sequia, foggaras, etc.). Les 7 premiers grands barrages apparaissent avec la politique hydraulique agricole coloniale (2ème moitié du 19ème siècle) et en 1900, 200 000 ha environ sont irrigués en Algérie dont 20 000 ha seulement à partir des barrages (ancêtres des grands périmètres d’irrigation, GPI), le reste étant donc une irrigation traditionnelle, équivalent de la petite et moyenne hydraulique (PMH) actuelle. Une 2ème vague de construction de 23 barrages débuta à partir de 1920, toujours à l’instigation de la politique coloniale qui ne s’intéressait que très peu à la PMH, puis à nouveau à partir de 1945 avec 5 grands barrages additionnels. A l’indépendance en 1962, 105 500 ha sont équipés en 8 GPI: Hamiz, Habra, Sig, Haut-Cheliff, Moyen Cheliff, Bas Cheliff, Mina, K’Sob. Mais seuls 44 000 ha sont réellement irrigués. Il faut également compter en 1962 environ 120 000 ha réellement irrigués en PMH. Il faut attendre les années 1980 pour qu’une véritable politique d’hydraulique agricole relance la création de nouveaux périmètres irrigués, à la fois en GPI et PMH, car les superficies n’avaient que peu augmentées depuis l’indépendance avec 282 000 ha irrigués en 1986, dont 145 120 ha équipés en GPI mais seulement 66 170 ha irrigués en 1987 et 36 180 ha en 1989, et 290 000 ha en PMH (Potin, 2007). Une partie des PMH (notamment les palmiers dans les oasis dans le sud et des cultures saisonnières comme les céréales dans les Al-dhyat (oueds) est irriguée à partir des épandages de crues, estimée à environ 110 000 ha en 1984 et 1992, 56 000 en 2001 et 53 000 en 2008.


Finalement depuis les années 2000, la mise en oeuvre du Plan d’action de l’économie de l’eau et les investissements engagés par l’état ont permis une forte augmentation non seulement des superficies équipées mais également des superficies réellement irriguées qui passent de 350 000 en 2000 à 816 898 ha en 2008 (dont 53 000 ha équipés pour l’irrigation par épandage de crue en PMH; IFAD et al. 2009) et 1 228 111 ha en 2014 (tableau 6). Sur ces 1 229 907 ha équipés en maîtrise totale en 2012 (1 176 907 ha – 53 000 ha épandage de crue), 58 pour cent est irrigué par irrigation de surface, 23 pour cent par aspersion et 19 pour cent par irrigation localisée (figure 3). L’irrigation de surface fait progressivement place à l’irrigation par systèmes sous pression (aspersion et localisée) qui a en effet progressé de 21 pour cent en 2000 à 42 pour cent en 2012 et 49 pour cent en 2014 (FAO, 2015).


Les superficies irriguées se subdivisent en GPI et en PMH (figure 4). Les GPI comprennent, en plus des 8 périmètres anciens pré-indépendance, 22 périmètres récents additionnels d’environ 109 402 ha pour une superficie équipée totale de 229 907 ha en 2012. En 2014, 5 nouveaux périmètres étaient en cours de construction pour atteindre une superficie totale en GPI de 260 600 ha. Cependant, seuls 97 310 ha ont été réellement irrigués en 2012, soit 42 pour cent de la superficie équipée. Cette différence provient pour une part du déficit en eau et de l’autre de la dégradation des réseaux et/ou des sols (salinisation). En 2008, environ 57 000 ha nécessitaient en effet une réhabilitation, alors qu’environ 24 270 ha étaient considérés comme «perdus», c’est-à-dire ou une réhabilitation ne suffisait pas (SOFRECO, 2012). En 2013, le volume d’eau alloué aux GPI était de 663 millions m³ (FAO, 2015) provenant des eaux superficielles stockées dans les grands barrages.

La PMH concerne des superficies inférieures à 500 ha, naturellement verdoyantes qui ont été développées grâce des à des puits, pompages au fil de l’eau, et captage de source. En 2008, un inventaire de la PMH comptabilisait 776 975 ha irrigués à la fois par (SOFRECO, 2012):

  • 993 périmètres collectifs (119 623 ha) dont 182 périmètres oasiens (51 715 ha),
  • une majorité d’exploitations individuelles (576 554 ha)
  • enfin, 80 798 ha étaient également installés sur des terres de GPI non mises en valeurs par l’eau des barrages.

En 2012, la superficie équipée en PMH s’élevait à 1 million ha (MRE, 2014), contre 350 000 ha en 2000 (Ipemed, 2013).


En 2012, sur 69 pour cent de la superficie équipée pour l’irrigation, la source d’eau était l’eau souterraine, provenant des forages (41 pour cent), des puits (26 pour cent) et des sources (2 pour cent) (figure 5). Par ailleurs, 1 200 ha sont irrigués par 10 millions m³ d’utilisation directe d’eaux usées traitées en 2012.


L’accroissement des superficies depuis 1999/2000 est de plus que 8 pour cent par an et est largement dû au développement de la PMH (9.1 pour cent) car les GPI se sont beaucoup moins développés (3.3 pour cent).



Rôle de l’irrigation dans la production agricole, l’économie et la société

Les superficies équipées pour l’irrigation occupent environ 14.5 pour cent des superficies cultivées, cependant les superficies réellement irriguées ne représentent que sur 12.6 pour cent des superficies cultivées. Malgré le taux important de non-utilisation des équipements d’irrigation sur les GPI, l’irrigation contribue à plus de 50 pour cent de la production agricole nationale.

Les superficies en cultures irriguées en maîtrise totale sont dédiées pour plus de 40 pour cent à l’arboriculture, considérées comme «superficies obligées» puisqu’elles sont prioritaires lors de l’allocation de l’eau du fait des risques encourus à long terme pour ces cultures en l’absence d’eau (tableau 7 et figure 6). Les arbres fruitiers, les palmiers, les agrumes, les oliviers et la vigne constituent cette arboriculture. Le maraîchage, à lui seul représente plus d’un tiers des superficies irriguées récoltées et est dominé par les tomates, les oignons, les haricots, les poivrons, les pois et les cucurbitacées (SOGREAH, 2007).


Femmes et irrigation

La collecte de l'eau, et plus rarement l'irrigation, est l'un des deux volets d’actions des diverses agences nationales d'investissements spécifiquement dirigés vers les femmes rurales; l'autre concerne les petits élevages, en particulier l'apiculture et l’élevage avicole fermier. Cependant les femmes sont majoritairement absentes dans la gestion de l'eau, bien qu’elles en soient les principales usagères, et ce malgré l'importance de leur mobilisation pour améliorer la gestion de l’eau (FAO, 2015).

Selon le recensement général de l'agriculture de 2001, parmi les exploitations dirigées par des femmes, seulement 34 pour cent disposent d'une superficie irriguée. Ces exploitations ne couvrent qu’un peu plus de 6 pour cent de la superficie totale des exploitations dirigées par les femmes.

La petite exploitation (moins de 5 ha) est prédominante dans les exploitations irriguées dirigées par les femmes (83 pour cent) (tableau 8). Ces petites exploitations irriguées couvrent environ 45 pour cent des superficies irriguées. Il y a donc une relative concentration des exploitations agricoles irriguées dirigées par des femmes (55 pour cent des superficies irriguées sont détenues par environ 17 pour cent des exploitations).


État et évolution des systèmes de drainage

En 1999, environ 61 000 ha de terres irriguées étaient drainés. Par ailleurs, 100 000 ha nécessitaient alors également des aménagements de drainage.

Gestion de l’eau, politiques et dispositions législatives régissant l’utilisation d’eau en agriculture

Institutions

Depuis 1962, l’administration de l’hydraulique agricole a successivement été rattachée au Ministère de l’Agriculture (1962), Secrétariat d’Etat à l’Hydraulique (1970), Ministère de l’Hydraulique (1977), Ministère de l’Equipement (1990), Secrétariat d’Etat à l’Hydraulique Agricole et au Génie Rural (1992), et Ministère de l’Agriculture (1993). Depuis 2000, elle est rattachée au Ministère des Ressources en Eau (MRE) (FAO, 2015). Le MRE est responsable de l’élaboration et la mise en oeuvre de la politique nationale de l’eau. Ses principales directions concernées par l’irrigation sont:

  • Direction des études et des aménagements hydrauliques (DEAH),
  • Direction de la mobilisation des ressources en eau (DMRE)
  • Direction de l’hydraulique agricole (DHA) qui comprend:
    • Sous-direction des grands périmètres (SDGP)
    • Sous-direction de la PMH (SDPMH)
    • Sous-direction de l’exploitation de l’hydraulique agricole (SDEHA)

Les organisations suivantes sont également sous la tutelle du MRE (MRE, 2014):

  • Office national de l’irrigation et du drainage (ONID), créé en 2005 en intégrant à la fois l’ex-Agence nationale de réalisation et de gestion des infrastructures hydrauliques pour l’irrigation et le drainage (AGID) et les Offices de périmètres irrigués (OPI) chargés de la gestion des périmètres irrigués. L’ONID est donc responsable de la gestion des périmètres d’irrigation de l’état et des collectivités locales, ainsi que de l’efficience hydraulique de ces périmètres
  • Agence nationale des ressources hydrauliques (ANRH), chargée d’étudier et évaluer les ressources en eaux et sols irrigables
  • Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), chargée de mobiliser et transférer les ressources en eau
  • Institut National des Sols de l’Irrigation et du Drainage (INSID)

Au niveau local, le MRE dispose d’une direction des ressources en eau de wilaya (DREW) dans chacune des 48 wilayas du pays.

Enfin, le Conseil national consultatif des ressources en eau créé en 2008, coordonne les différents aspects de la politique de l’eau entre les diverses institutions.

En ce qui concerne l’eau potable et l’assainissement, l’Algérienne des eaux (ADE), créée en 2001, est chargée d’assurer, sur tout le territoire national, la mise en oeuvre de la politique nationale de l’eau potable et industrielle moyennant la prise en charge des activités de gestion des opérations de production, de transport, de traitement, de stockage, d’adduction, de distribution et d’approvisionnement en eau, ainsi que du renouvellement et du développement des infrastructures connexes. L’Office national de l’assainissement (ONA), créé lui aussi en 2001, est chargé d’assurer la protection de l’environnement hydrique et la mise en oeuvre de la politique nationale d’assainissement en concertation avec les collectivités locales. Depuis 2008, l’autorité de régulation des services publics de l’eau créée évalue les services d’eau et d’assainissement fournis aux usagers, et contrôle leurs coûts et les tarifs.

Gestion de l’eau

Jusqu’en 1985, la gestion des périmètres était confiée aux subdivisions rattachées aux directions de l’hydraulique de wilaya. En 1985 ont été créés les OPI, chargés de la gestion, de l’exploitation et de l’entretien des infrastructures hydrauliques des périmètres. Les ressources financières de ces offices proviennent des redevances d’eau au titre de l’irrigation. Il existait 2 types d’OPI:

  • les OPI régionaux pour la gestion des grands périmètres d’irrigation, 5 en total: Mitidja, vallée du Cheliff, Habra-Sig, El-Tarf et Oued R’Hir;
  • les OPI de wilaya pour la gestion des petits et moyens périmètres d’irrigation publics, 8 en total: Béchar, Tlemcen, Saida, Boumerdes, Bouira, Béjaia, M’sila et Tizi-Ouzou.

Cependant depuis 2005, ces OPI ont laissé place à l’ONID pour la gestion de ces mêmes périmètres.

La gestion des autres superficies irriguées en PMH est assurée principalement par des agriculteurs privés de manière individuelle et accessoirement par des associations d’usagers ou d’irrigants (MRE, 2014).

La gestion sectorielle de l’eau des années 1980-90 est remplacée par une gestion concertée par bassin à partir de 1996 grâce à la création des Agences de bassin hydrographiques (ABH) sous la tutelle du MRE, pour chacun des 5 bassins du tableau 2:

  • Algérois-Hodna-Soummam,
  • Oranie-Chott Chergui,
  • Constantinois-Seybousse-Mellegue,
  • Cheliff-Zahrez,
  • Sahara.

Elles sont chargées de développer du suivi des ressources afin de planifier l’allocation des ressources de leur bassin et d’appuient sur des comités de bassins. Ces ABH sont devenues des branches régionales de l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE) qui mutualise les moyens financiers de ces ABH (Ipemed, 2013).

Financement

Depuis le 2ème plan quinquennal 1985-1989, l’état a mis l’accent sur l’hydraulique agricole. Mais le budget public dédié au secteur de l’eau a encore fortement augmenté depuis le début des années 2000. Les investissements dans le secteur de l’eau, dont l’hydraulique agricole, ont doublé pour passer de 1.3 pour cent du PIB en 1999 à 2.6 pour cent en 2006. Cette progression reflète bien l’importance des efforts déployés pour mobiliser davantage de ressources afin de satisfaire les besoins en eau potable et en eau industrielle, de protéger la ressource et de répondre aux besoins de l’agriculture. Ainsi, environ les deux tiers des financements ont été réservés aux grandes infrastructures de mobilisation et aux ouvrages d'adduction et de transfert.

Les redevances de l’irrigation, autrefois perçues par les OPI le sont maintenant par l’ONID. Pour les autres usagers, ce sont les ABH qui perçoivent ces redevances prélèvement afin d’inciter les usagers à préserver la ressource publique. Le système de tarification de l’eau et de l’assainissement a également été révisé en 2005 et 2007 pour tenir compte du niveau de consommation et du type d’usager.

Politique et dispositions législatives

La gestion du secteur de l’eau en Algérie relève principalement de la loi sur l’eau de 2005 (loi n°05-12) (Ipemed, 2013). Elle remplace la loi de 1983 (loi n°83-17) portant Code des eaux, complétée en 1996 (n°96-13). Les autres textes promulgués relatifs à l’eau:

  • Décret n°96-100 de 1996 portant définition du bassin hydrographique et fixant le statut type;
  • Décret n°2000-324 de 2000 fixant les attributions du MRE;
  • Arrêté interministérielle de 2005 déterminant les cahiers des charges-types relatifs à la concession de la gestion, de l’exploitation et de l’entretien des ouvrages et des infrastructures de la petite et moyenne hydraulique agricole;
  • Décret n° 07-270 de 2007 fixant les conditions et modalités d’établissement du système de tarification du service de l’eau d’irrigation.

Concernant les eaux usées:

  • Décret n° 07-149 de 2007 fixant les modalités de concession d’utilisation des eaux usées épurées à des fins d’irrigation ainsi que le cahier des charges-type y afférent.
  • Arrêté interministériel de 2012 fixant les spécifications des eaux usées épurées utilisées à des fins d’irrigation, ainsi que la liste des cultures pouvant être irriguées avec ces eaux usées épurées.

Enfin un certain nombre de circulaires ministérielles ont donné la priorité aux aménagements de retenues collinaires et l’amélioration de la productivité des céréales irriguées.

La principale politique relative à l’hydraulique est le Schéma national d’aménagement hydraulique 2006-2025, adopté en 2007 et intégré au Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT). Il constitue le cadre de référence de la politique de l’eau. Son objectif est de satisfaire tous les besoins en eau du pays en année normale et en cas de sécheresse, l’ensemble des besoins en eau potable et 60 pour cent de ceux de l’irrigation. Il est décliné à plus court terme en Plan national de l’eau (PNE) et Plan directeur des aménagements des ressources en eau (PDARE).

Environnement et santé

L’érosion est l’un des principaux problèmes environnementaux en Algérie. En 2000, près de 0.5 million d’ha de terres en zone steppique étaient en voie de désertification totale et plus de 7 millions d’ha étaient menacés par l’érosion éolienne. L’érosion hydrique menace 12 millions ha en zone montagneuse (MATE, 2002). L’érosion des sols a pour conséquence l’envasement des barrages qui représentait environ 500 millions de m³ en 2000.

Dégradation de la qualité des eaux

La pollution des ressources en eau acquiert des proportions inquiétantes, notamment dans le nord où se trouve la plus grande partie de ces ressources. Au plan de la qualité, sur l’ensemble des eaux inventoriées par les études, 44 pour cent seraient de bonne qualité, 44 pour cent de qualité satisfaisante et 12 pour cent de qualité médiocre. Les eaux utilisées en irrigation sont, en général, de qualité assez moyenne et minéralisées. Le développement de l’agriculture entraîne elle-même des dégradations fâcheuses de la qualité de l’eau destinée aux autres usages (pollution par les nitrates des nappes d’eau douce utilisées pour la boisson humaine). À son tour, l’usage de l’eau par les populations provoque une pollution non seulement biologique, mais aussi, et de plus en plus souvent, physico-chimique. Les cartes de qualité des eaux publiées par l’ANRH montrent que des tronçons importants de cours d’eau dans les bassins de Tafna, Macta, Chéliff, Soummam et Seybousse sont pollués. Le bassin du Chéliff où résident deux millions d’habitants est ainsi exposé à une pollution qui risque de remettre en cause l’alimentation en eau potable de la quasi-totalité des agglomérations desservies par les nappes de la vallée.

Impact de la gestion de l’eau en agriculture sur l'environnement

L’insuffisance des ressources en eau et la surexploitation des eaux souterraines, notamment par la PMH dont le développement s’est encore accru ces dernières années, sont les principaux impacts environnementaux de l’irrigation.

La salinisation touche principalement les plaines agricoles irriguées de l’ouest du pays où certains sols, totalement stérilisés, ont atteint des niveaux de dégradation irréversible, notamment dans les périphéries de la Mina, de Habra de Sig. La salinisation, couplée à un pompage excessif, est également à l’origine de la dégradation des oasis, du fait de sols déjà salés naturellement dans le sud du pays.Les bassins côtiers oranais et celui du Chéliff sont les plus affectés par les sels. La surexploitation des nappes phréatiques côtières se traduit de plus en plus par des intrusions salines irrémédiables (Oran, Alger, Jijel). La nappe du complexe terminal est très salée et celle du continental intercalaire très chaude (50°C°). De même, les nitrates polluent la nappe de Mitidja dans ses parties est et ouest (objet de suivi de 1985 à 1993). Des enquêtes dans le haut Chéliff et dans la nappe de Sidi bel Abbès ont abouti à des conclusions analogues. L’eau du barrage de Keddara est particulièrement dure et il faut la mélanger par moitié avec de l’eau souterraine pour l’adoucir avant de la livrer. Enfin, les taux de manganèse et de chlorures dans l’eau d’alimentation de Constantine sont proches des maxima admis par l’Organisation mondiale de la santé.

Perspectives pour la gestion de l’eau en agriculture

Dans le nouveau programme quinquennal 2015-2019, l’état a pour objectif d’augmenter les superficies irriguées du pays pour atteindre un total supérieur à 2 millions d’ha, soit environ un million d’ha additionnels au 2/3 en PMH et le 1/3 restant en GPI. Pour ce faire, l’état prévoit à la fois de mieux valoriser les superficies équipées existantes et de créer de nouveaux périmètres (FAO, 2015).

Afin d’alimenter ces nouvelles superficies irriguées, il est programmé non seulement d’augmenter les stockages d’eau superficielles, mais d’accroître les ressources en eaux non conventionnelles:

  • En 2016, à la fin du programme de barrages en cours de construction, 84 barrages devraient permettre de stocker environ 8 400 millions de m³ (MRE, 2014b).
  • Un grand projet est de transférer 50 000 m³ d’eau par jour, puis à plus long terme 100 000 m³/jour (i.e. environ 36.5 million de m³/an) du sud du pays (nappe albienne d’Aïn-Salah) à Tamanrasset, soit sur plus de 750 km (Ipemed, 2013).
  • En 2016, 220 stations d’épuration devraient être en fonction pour une capacité de 1 200 million m³/an d’eaux usées traitées (FAO, 2015).
  • La stratégie en matière de dessalement consiste en l’installation d’unités de dessalement de petite et grande capacité pour une capacité de 2.3 millions m³/jour, soit 840 millions m³/an (FAO, 2015).
  • En terme de déminéralisation, 14 stations sont en cours de construction, pour une capacité à terme de 205 560 m³/jour, soit 75 millions m³/an (MRE, 2014b).

Ces objectifs s’intègrent au Schéma direction des grandes infrastructures hydrauliques 2006-2025 dont les priorités sont:

  • L’augmentation de la mobilisation des eaux à 11 000 millions m³/an en 2025 contre 7 400 millions m³/an en 2014 (tableau 3), soit presque la totalité des eaux renouvelables.
  • La réhabilitation du réseau d’eau potable pour atteindre un taux de raccordement de 98 pour cent en 2025, contre 84 pour cent en 2012 (tableau 1)
  • Le développement du réseau d’assainissement pour atteindre un objectif de 98 pour cent en 2025, avec l’augmentation de la part des eaux usées traitées réutilisées en agriculture.

En parallèle à l’augmentation des superficies équipées pour l’irrigation, le Fonds national de développement de l’investissement agricole (FNDIA) promeut l’économie de l’eau en agriculture avec la généralisation des systèmes d’irrigation à économie d’eau. Cependant l’objectif de 977 000 ha équipés en 2014 avec des systèmes d’économie d’eau semblait difficile à atteindre en 2012 où seuls 478 000 ha étaient équipés pour l’irrigation par aspersion et l’irrigation localisée.

Malgré l’accroissement très important des superficies équipées pour l’irrigation ces dernières années, il faut noter que les superficies réellement irriguées sont encore bien inférieures, notamment dans les GPI, en particulier du fait du manque d’eau disponible. L’irrigation en PMH ne semble pas connaitre ce problème, mais ses meilleurs résultats sont au détriment de la surexploitation des nappes souterraines. L’augmentation de l’irrigation et les objectifs cités ci-dessus semblent ainsi difficilement conciliables avec un développement durable des ressources en eaux.

Principales sources d’information

Al Atiri, R.2007. Analyse des politiques hydrauliques. Cas de la Tunisie. In: Salah Bachta, M. Les instruments économiques et la modernisation des périmètres irrigués. CIRAD.

BM. 2014. World Development Indicators. World DataBank. Banque mondiale.

Eurostat. 2015. Euro-Mediterranean statistics. Base de données Eurostat.

FAO. 1997. Irrigation potential in Africa: A basin approach. FAO Land and Water Bulletin 4. Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome.

FAO. 2014. Stress hydrique. AQUASTAT infographie. Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome.

FAO. 2015. Indicateurs sensibles au genre pour l’agriculture et l’eau en Algérie. Rapport interne. Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome.

JMP. 2014. Progrès en matière d’alimentation en eau et d’assainissement – Rapport 2014. WHO/UNICEF Joint Monitoring Programme for Water Supply and Sanitation.

IFAD, Meta, UNESCO-IHE. 2009. Spate Irrigation, Livelihood Improvement and Adaptation to Climate Variability and Change. International Fund for Agricultural Development.

IPEMED. 2013. État des lieux du secteur de l’eau en Algérie. Institut de Prospective Économique du monde Méditerranéen.

MATE. 2002. Plan National d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable (PNAE-DD). Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement.

MRE. 2014. Note de synthèse sur l’hydraulique agricole 2013. Ministère des Ressources en Eaux. Direction de l’Hydraulique Agricole.

MRE. 2014b. Mobilisation et transfert. Ressources conventionnelles. Ressources superficielles. Ministère des Ressources en Eaux.

MRE. 2014c. Campagne d’irrigation de la PMH. Ministère des Ressources en Eaux. Direction de l’Hydraulique Agricole.

MRE. 2014d. Mobilisation et transfert. Ressources non conventionnelles. Ministère des Ressources en Eaux.

MRE, MRDA. 2008. Rapport national Algérie. Conférence de haut niveau sur « L’eau pour l’agriculture et l’énergie en Afrique: les défis du changement climatique » Syrte, Jamahiriya arabe libyenne, 15-17 décembre 2008. Ministère des Ressources en Eaux, Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.

Potin, C. 2007. Cadrage historique de l’irrigation en Algérie.

PNUD. 2013. 2013 Human Development Report. Programme des Nations Unies pour le Développement.

SOFRECO. 2012. Evaluation de la demande en eau agricole et ses besoins estimatifs.

SOGREAH. 2007. Étude d’inventaire et de développement de la petite et moyenne hydraulique PMH. Sous-mission A2 – Définition de la méthodologie d’inventaire et restitution des tests de Tlemcen.

UNICEF. 2015. Statistiques Algérie.

     
   
   
       
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