2.1. Besoins et production de semences pour les programmes de reboisement
2.2. Conservation in situ
2.3. Conservation ex situ: semences, plantations artificielles
2.4. Amélioration
Jusquen 1970, la politique nationale dans le domaine forestier a porté essentiellement sur les actions préventives en vue du maintien de léquilibre écologique général. Cette politique sest traduite par la création préventive des forêts classées, des périmètres de reboisement, de parcs nationaux et réserves de faune totalisant près de 12 000 000 ha de superficie (annexe 5).
A ces conservatoires sont venues sajouter ultérieurement les plantations forestières initiées et réalisées à travers des projets. Ces derniers sont malheureusement récents et peu nombreux et nont pas eu de ce fait des impacts très significatifs dans la reconstitution des ressources génétiques forestières. Cest aussi à travers certains projets quont été initiées des actions pilotes daménagement forestier, de gestion de terroirs et de recherche forestière.
Il nexiste pas de structure nationale spécialisée dans le domaine des semences forestières. Les approvisionnements en semences forestières sont réalisés partiellement par les pépinières des inspections et délégations forestières avec lappui de certains projets. De plus, le service forestier ne dispose pas de structure organisée de recherche forestière. Quelques petits essais de comportement despèce et de provenance ont été effectués dans le cadre de certains projets mais ces essais se sont arrêtés une fois les projets arrivés à terme faute de moyen pour le suivi.
Pour pallier cette situation, un projet de création dun Centre national de semences forestières (CNSF) a été élaboré en 1989 avec le concours de la FAO, du CILSS et de lIUFRO. Ce projet a estimé à plus de 2 000 kg les besoins annuels en semences forestières (exception faite de Borassus aethiopum et dautres semences particulières) des projets, services nationaux et organismes de développement, à partir de la campagne 1990/1991. Ce projet na malheureusement pas été financé jusquà présent.
Jusquen 1989, les espèces exotiques occupaient une place prépondérante dans les besoins en semences pour les programmes de plantations, entre autres Prosopis juliflora, Azadirachta indica, Parkinsonia aculeata, Eucalyptus camaldulensis, Leucena leucocepha. A partir de 1990, les espèces locales ont été de plus en plus privilégiées et largement utilisées en plantation: Acacia senegal, Acacia albida, Acacia nilotica, Khaya senegalensis, Balanites aegyptiaca, Ziziphus mauritiana, etc.
Comme mentionné plus haut, à part les forêts classées, périmètres de reboisement, parcs nationaux et réserves de faune créés préventivement en vue du maintien de léquilibre écologique général et de la protection de certaines espèces de faune du pays, il ny a pas eu dactions spécifiques en matière de conservation in situ des essences ligneuses. Ces conservatoires se trouvent dans un état plus ou moins satisfaisant (annexe 5).
2.3.1. Semences forestières et agroforestières
2.3.2. Plantations
Comme souligné précédent, le service forestier ne dispose pas de structure chargée spécialement des semences forestières. De même, les plantations réalisées à travers le pays nont pas pour vocation première la conservation du matériel génétique forestier mais elles visent généralement la production de bois pour les besoins domestiques divers (bois duvre, bois de feu et de service) et la protection de lenvironnement.
Cest seulement à partir de 1994 que la Direction des forêts et de la protection de lenvironnement, avec laide de projets, a commencé à constituer des stocks de semences forestières et agroforestières en vue dapprovisionner les projets, ONG et services de lEtat intervenant dans le secteur forestier.
Les récoltes sont effectuées essentiellement par le personnel des pépinières forestières souvent sans observation des normes techniques et scientifiques, faute déquipement adéquat. Les stocks sont conservés au magasin de la pépinière centrale de Mélézi (NDjaména) et comprennent entre autres les espèces suivantes: Acacia albida, Acacia senegal, Acacia nilotica, Balanites aegyptiaca, Khaya senegalensis, Anacardium occidentale, Eucalyptus camaldulensis, Ziziphus mauritiana, Azadirachta indica. Ces stocks sont estimés à 1,5 tonnes/an.
Parmi les plantations réalisées à travers le pays, toutes destinées au départ à la production de bois à divers usages et/ou à la protection de lenvironnement, certaines ont servi par la suite de conservatoires ex situ où sopèrent des récoltes de semences pour le ravitaillement des pépinières. Citons par exemple le peuplement de Khaya senegalensis du périmètre de reboisement de Mélézi (NDjaména), le peuplement dAcacia senegal de la station de Tourba du projet Gomme arabique(financement FED) et le peuplement dAnacardium occidentale des jardins privés de Torodjo près de Moundou.
Aucun travail significatif en matière damélioration des ressources génétiques forestières na eu lieu mis à part des essais menés avec lappui de certains projets et restés sans suite sur trois espèces locales et sur le neem.