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3. GESTION DES RESSOURCES GENETIQUES FORESTIERES


3.1. Activités de conservation in situ
3.2. Activités de conservation ex. situ
3.3. Amélioration génétique
3.4. Espèces prioritaires

3.1. Activités de conservation in situ

Le gouvernement camerounais avait créé en 1968 quatre parcs nationaux: Waza, Benoué, Bouba Njida,Mozogo-Gokoro. Ces parcs nationaux sont tous situés dans la zone des savanes sèches. Actuellement, il y a plus de 127 réserves forestières dans tout le pays qui occupent 1.904.700 ha (MINEF, 1993). De nombreuses autres sont en cours d'études et pourront étendre les réserves naturelles à une superficie totale de 3.368.500 ha.

Tableau 1: Classement des réserves forestières

Nature de la forêt

Zones écologiques

Nombre

Superficie (ha)

Protection

Savanes

2

367

Sanctuaire

Savanes

2

720

Périmètre de reboisement

Savanes

59

56.650

Forêt de production

Savanes

7

120.000

Réserve de faunes

Savanes

11

694.534

Parcs nationaux

Savanes

6

1.031.000

Totaux


87

1.872.271

3.2. Activités de conservation ex. situ

Ce mode de conservation qui est complémentaire à la conservation in situ consiste en la collecte du matériel génétique (semences, pollen, tissus) de leur site naturel où il est menacé pour le conserver en un endroit plus favorable. On distingue ici deux modes de conservation ex-situ.

Banques de semences

Les semences des ressources sylvo-génétiques des zones de savane sèche du Cameroun sont stockées pour les essences locales et exotiques dans les réfrigérateurs à 5°C. Des mesures ou possibilités de stockage en chambre froide sont en cours. Cependant, plus de 60 espèces locales et introduites sont maintenues en collection vivante sous forme d'arboretum sur une superficie de 27,6 ha à Mouda près de Maroua. La liste de ces espèces se présente comme suit (Peltier, 1988):

1) Eucalyptus camaldulensis
2) Entada africana
3) Cassia singueana
4) Ziziphus mauritania
5) Faildherbia albida
6) Acacia polyacantha ssp campylacantha
7) Anogeissus leiocarpus
8) Acacia gerrardii
9) Hexalobus monopetalus
10) Cassia arereh
11) Mitragyna inermis
12) Phoenix dactylifera
13) Hyphaene thebaica
14) Bombax costatum
15) Acacia hockii
16) Celtis integrifolia
17) Borassus aethiopum
18) Boswellia dalzieli
19) Azadirachta indica
20) Acacia sieberiana
21) Detarium microcarpum
22) Afzelia africana
23) Sterculia setigera
24) Acacia senegal
25) Diospyros mespiliformis
26) Leucaena leucocephala
27) Acacia nilotica
28) Adansonia digitata
29) Cassia sieberiana
30) Piliostigma reticulatum
31) Balanites aegyptiaca
32) Securidaca longepedunculata
33) Daniellia oliveri
34) Pterocarpus erinaceus
35) Prosopis africana
36) Ficus ingens
37) Acacia nilotica var. tomentosa
38) Annona senegalensis
39) Acacia nilotica spp. adstringens
40) Combretum sp.
41) Parkia biglibosa
42) Acacia ataxacantha
43) Piliostigma thonningii
44) Acacia seyal
45) Dalbergia melanoxylon
46) Eucalyptus apodophylla
47) Eucalyptus tereticorni
48) Bauhinia rufescens
49) Tamarindus indica
50) Ziziphus spina-christi
51) Albizzia chevalieri
52) Sclerocarya birrea
53) Terminalia avicennioides
54) Khaya senegalensis
55) Cassia siamea
56) Dichrostachys glomerata
57) Stereospermum kunthianum
58) Ximenia americana
59) Dalbergia sissoo
60) Strychnos spinosa.
Besoins et production de semences dans les programmes de reboisement

Selon le document du projet national de semences forestières (Catinot,1988), en dehors des besoins en semences du Centre de Recherche Forestière (CRF) qui se satisfait lui-même, l'approvisionnement en semences forestières est assuré par l'ONAREF (aujourd'hui l'Office National de Développement des Forêts) à partir de semenciers repérés dans les anciennes plantations. Les graines sont conservées dans la mesure du possible dans des bocaux avant leurs semis.

Ne disposant d'aucune statistique, on ne peut que faire des estimations sur les quantités de graines récoltées chaque année. Si l'on se base sur la moyenne du programme de plantation pour la période de l983 - 1988, on peut avancer les chiffres du tableau suivant avec toutes les réserves qui s'imposent.

Tableau 2: Besoins en semences entre 1983-1988

Espèces

Besoins annuels (kg)

Azadirachta indica

515

Eucalyptus camaldulensis

2,200

Khaya senegalensis

62

Cassia siamea

7,600

Anacardium occidentale

1000

Dalbergia sisso

5,600

Total

1592,4


Les besoins annuels de l'ONAREF en semences forestières entre 1983 et 1988 étaient d'environ 1600 kg soit d'environ 3.000.000 graines/an et si l'on considère ces données à long terme, elles doivent être de 10.000 kg soit 18.000.000 graines/an à moyen terme.

3.3. Amélioration génétique

Les activités d'amélioration génétique ont des essais de comportements et de provenances. De nombreux essais ont été conduits par le Centre de Recherches Forestières, Antenne de Recherche Forestières de Maroua (Peltier, 1988):

De nombreux essais de comportements ont été installés dans les différentes zones pédoclimatiques de la région cotonnière du Nord Cameroun et ont permis de fournir une gamme élargie d'espèces ligneuses pour des usages variés: production de bois, de service, de bois de feu, association aux cultures, restauration de la fertilité des sols dégradés, réhabilitation des terres ardues, installation de haies vives, stabilisations des dispositifs anti-érosif (Harmand et al., 1996).

Espèces exotiques

D'après les essais menés par Harmand et al.(1996) sur Eucalyptus camaldulensis, la production de bois de cette espèce est de 7 à 10 m3 /ha/an et sa production de poteaux est envisageable sur sols alluviaux avec l'assistance de nappe et sur sols argileux irrigués ou inondables. La production de perche est possible au-dessus de l'isohyète 650 mm. La diffusion des graines se fait sur peuplement semencier de la provenance 78/2148 et sous le nom CRF Djarengol.

Dalbergia sissoo se développe bien hormis les planosols trop compacts, à condition que le niveau de fertilité soit bon, et dans ces conditions, sa production est bien plus supérieure que celle de Eucalyptus camaldulensis.

Azadirachta indica (neem) est beaucoup plus utilisé par les grands projets de reboisement dans l'extrême Nord-Cameroun. Il se développe bien au-dessus de l'isohyète 500 mm sur sols alluviaux, vertisols, lithosols des montagnes, mais mal adapté aux sols ferrugineux. Il est planté pour l'ombrage, perche, bois de feu et feuille/fruit sont utilisés en pharmacopée et comme insecticides.

Senna siamea se développe bien au-dessus de l'isohyète 800 mm en particulier sur les sols alluviaux et sur sols ferrugineux et même très lessivés, où sa production est d'environ 2,5 m3/ha/an. Elle peut être plantée pour restaurer la fertilité des sols dégradés. Elle produit du bois en plantation d'alignement sur les bandes anti-érosives et en brise vent.

Leucaena leucocephala: Légumineuse fixatrice d'azote, elle se développe bien sur les sols alluviaux avec assistance de nappe. Sa production est acceptable sur vertisols, mais elle n'est pas adaptée aux sols ferrugineux. Il peut être utilisé pour l'instant comme haie vive à vocation fourragère.

De toutes les espèces d'acacias australiens essayées, deux seulement se montrent relativement adaptées à la région. Il s'agit de Acacia holosericea pour la zone soudano-sahélienne et Acacia auriculiformis pour la zone soudano-guinéenne.

Les espèces locales

Il s'agit en particulier des acacias locaux (Harmand et al., 1996) que l'on trouve dans les jachères. Ces acacias jouent un rôle très important dans l'approvisionnement de la région en bois de feu et dans la restauration de la fertilité des sols.

Acacia senegal est adapté à toutes les stations de la zone cotonnière et se présente une bonne capacité à produire de la gomme arabique. La réhabilitation des terres hardées par cette espèce est envisageable. Les productions de gomme arabique en 1993 et 1994 sur le hardé de Maroua-Salack étaient respectivement de 117 et 126 kg/ha. Ce qui correspond à un revenu intéressant quand on considère que le prix d'achat aux paysans est de 800 F CFA/kg à l'achat pour un prix de 1 500 FCFA/kg au départ de Douala.

Anogeissus leiocarpus est traditionnellement exploitée en têtard dans le terroir de culture ou simplement émondée dans les parcours. Cette espèce donne le bois de feu et du charbon très apprécié. Son potentiel se réduit chaque année sous la pression des coupes et des feux de brousse. Sa croissance est plus faible que celle des acacias. Sa productivité est de 1m3/ha/an à Mouda. Des essais de coupes (Peltier, 1988) ont montré que cette espèce se régénère de 15% de son volume 3 ans après la coupe.

Ziziphus mauritiana: Espèce qui se développe spontanément sur presque tous les types de sol. Traitée en taillis fureté dans les champs de monts Mandara, elle fournit des perches intéressantes. Son développement dépend de son entretien. Ceci explique sa production en terroir de culture.

Parkia biglobosa (néré): Dans la zone soudano-guinéenne, elle produit des fruits de grandes valeurs alimentaires.

Borassus aethiopium (rônier): Espèce de croissance lente de départ, présente un grand intérêt; production de fruits, feuilles et bois. Sa diffusion doit être encouragée sur les sols alluviaux, sables et sols ferrugineux, par semis direct de graines pré-germées.

3.4. Espèces prioritaires

La liste des espèces prioritaires des zones de savanes sèches du Cameroun comporte un certain nombre d'espèces ligneuses locales et exotiques identifiées à partir de leur usage/importance, mais fortement menacées. La liste des espèces méritants des actions prioritaires se présente comme suit:

Acacia nilotica
Acacia polyacantha
Acacia senegal
Acacia seyal
Acacia tortilis
Anogeissus leiocarpus
Azadirachta indica
Borassus aethiopium
Celtis integrifolia
Gliricidia sepium
Stereospermum kunthianum
Securidaca longipeduculata
Vitellaria paradoxa
Senna siamea
Dalbergia sissoo
Eucalyptus camaldulensis
Faidherbia albida
Piliostigma thonningii
Parkia biglobosa
Prosopis africana
Ziziphus mauritiana
Diospyros mespiliformis
Khaya senegalensis
Strychnos spinosa
Terminalia avicennioides
Ximenia americana
Sclerocarya birrea


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