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Quelles peuvent être les priorités de recherche dans le domaine de la pathologie des petits ruminants en Afrique? - Which research priorities in African small ruminant diseases?


Résumé
Abstract
Introduction
Importance économique et sanitaire des principales maladies des petits ruminants
Orientation de la recherche sur la pathologie ovine et caprine
Conclusion
Bibliographie

F. Thiaucourt(2), J. Fikre¹ Tulasne², G. Mebratu(1),
C. Guerin(2) , D.M. Antonio(1)

¹ National Veterinary Institute
P O Box 19, Debre Zeit, (Ethiopie)

2 Mission vétérinaire française en Ethiopie
P O Box 1053, Addis-Abeba, (Ethiopie)

Résumé

Les auteurs présentent une synthèse des différentes maladies d'origine bactérienne, virale et parasitaire affectant les petits ruminants en Afrique, en les classant selon leur incidence économique et sanitaire, et propose des priorités de recherche et de développement. Pour illustrer l'exposé, deux exemples seront commentés (peste des petits ruminants et pneumopathies des petits ruminants) ainsi que les perspectives offertes par les nouveaux outils de diagnostic et de prophylaxie médicale.

Abstract

This paper reviews different bacterial, viral and parasitic diseases affecting small ruminants in Africa. Diseases are classified on the basis of their economical and health impact and research and development priorities are also suggested. Two exemples are discussed: (1) peste des petits ruminants and small ruminant lung diseases and (2) the future of new diagnostic and prophylactic tools.

Introduction

La pathologie constitue l'un des obstacles les plus importants à l'amélioration de la productivité des troupeaux de petits ruminants en Afrique. Aborder les problèmes de santé animale des caprins en ovins est cependant difficile pour des raisons liées à:

· notre connaissance de leur pathologie: les informations sont souvent disparates et limitées (surtout pour la pathologie caprine). La présence vétérinaire est souvent insuffisante pour assurer lé contrôle et suivre l'évolution des maladies sur le terrain;

· la pathologie elle-même: il n'y a pas de pathologie dominante par zone OU par pays: existence de syndromes à étiologie multifactorielle plutôt que d'entités pathologiques bien définies;

· l'intervention de nombreux facteurs favorisant et déclenchant: la malnutrition en les carences alimentaires diminuent la résistance des animaux au parasitisme en aux infections. Le parasitisme potentialise à son tour les effets de la malnutrition et favorise ainsi les maladies infectieuses. Des facteurs physiques (climat), mécaniques (poussières), chimiques (balnéations), biologiques (virus, bactéries) peuvent déclencher des pneumopathies;

· nos moyens d'action: souvent limités en Afrique, ils doivent être bien "ciblés" (CIPEA, 1983).

L'Afrique doit faire face à des impératifs économiques souvent contradictoires: sa population progresse à un rythme soutenu, les besoins en protéines animales croissent proportionnellement (ces protéines sont indispensables aux enfants en bas âge qui représentent une fraction importante de la population), mais dans le même temps, les ressources en devises affectées à l'amélioration sanitaire du cheptel stagnent, voire même régressent.

Cette pénurie de moyens financiers justifie des choix drastiques d'affectation des crédits qui doivent avoir des effets maximaux sur la productivité du cheptel dans un minimum de temps.

Ces éléments rendent complexe la proposition de priorités de recherche et de développement. Les thèmes prioritaires et les stratégies proposées devront bien sûr être rediscutés et éventuellement réorientés pour chaque pays en tenant compte des pathologies dominantes et des moyens d'intervention.

Importance économique et sanitaire des principales maladies des petits ruminants

Les tableaux 1, 2 et 3 présentent pour les principales maladies virales, bactériennes et parasitaires des petits ruminants en Afrique une estimation de leur importance économique, de leur gravité pour la santé humaine, et de la priorité qu'elles constituent pour la recherche et le développement. Ces trois éléments seront successivement discutés.

Tableau 1. Synoptique des principales parasitoses des petits ruminants en Afrique.


Importance économique

Zoonose

Priorité recherche

Priorité développement

Helminthes

+ + + +

+/-

-

+ + + +


dont Fasciola

+ + +

+

-

++++


dont Echinococcus

+

+++

-

+++

Gales

+

-

-

+


Coccidia

+

-

-

+


Cryptosporidia

?

?

+++

?


Toxoplasma

?

+

+

-


Trypanosoma

?

-

+

-


Theileria

?

-

+

?

Tableau 2 Synoptique des principales maladies virales des petits ruminants en Afrique.


Importance économique

Zoonose

Priorité recherche

Priorité développement

Peste des petits ruminants

++++

-

+

++++

Clavelée

+ + +

-

+

+ + +

Ecthyma

+

-

-

+

Fièvre aphteuse

+ + ?

-

+

+

Fièvre de la vallée du Rift

+ ?

-

+

+

Maladie de Nairobi

+ ?

-

+

+

Blue tongue

+ ?

-

+

-

Akabane

Maladies mal connues en Afrique

Wesselsbronn

C.A.E.V.

VISNA- MAEDI

Border disease

Rage

Tableau 3. Synoptique des principales maladies bactériennes des petits ruminants en Afrique


Importance économique

Zoonose

Priorité recherche

Priorité développement

Mycoplasmes

+ + + +

-

+ + + +

+

Pasteurelles

++++

-

+

++++

Charbon

+ + +

+

-

+ + +

Corynébactéries

+ + +

-

+ + +

+

Brucella

+

+

-

+ + +

Clostridies

?

-

+

+

Salmonella

?

+

+

+

Chlamydia

?

+

+

?

Dermatophilus

?

-

+

+

Escherichia

+

+/-

+

+

Listeria

?

+

+

-

Campylobacter

+

+

+

?

Cowdria

+

-

+ +?

+ +?

Importance économique

Cette notion est difficile à apprécier étant donné les conditions d'élevage en Afrique. II semble pourtant que l'on puisse dégager quelques "certitudes".

· Les carences nutritionnelles sont certainement, à elles seules, responsables de plus de pertes que l'ensemble de la pathologie infectieuse. Ces pertes peuvent être directes ou indirectes, la malnutrition étant un facteur favorisant pour l'éclosion de syndromes infectieux. L'amélioration des performances du cheptel africain ne peut passer que par une alimentation correcte aussi bien du point de vue qualitatif que quantitatif. Pourtant cette amélioration peut se heurter à des contraintes culturelles qu'il est difficile d'ignorer, en particulier lorsque l'importance du cheptel représente plus un statut social qu'une valeur strictement économique, lorsqu'il existe des prix hautement spéculatifs (à la veille de l'Aïd) qui font passer l'état d'embonpoint de l'animal au second plan.

· Les parasitoses sont elles aussi une dominante du point de vue économique. Elles peuvent avoir un effet néfaste direct mais surtout elles peuvent créer ou favoriser des carences nutritionnelles indirectes par spoliation, par perturbation de la flore intestinale normale. En outre, ces parasitoses favorisent aussi la pénétration de germes pathogènes ou pathogènes opportunistes lorsqu'elles occasionnent des brèches dans le système de défense naturelle de l'hôte.

· En dehors de toute carence il existe pourtant des maladies infectieuses majeures qui sont un frein à l'amélioration génétique cheptel africain. Certaines d'entre elles touchent indistinctement l'ensemble de la population des petits ruminants, d'autres peuvent avoir une cible élective parmi les races exotiques importées pour obtenir une amélioration rapide du cheptel local. Enfin, il faut garder à l'esprit que ces mêmes animaux importés peuvent eux aussi être porteurs de maladies "d'avenir" pour l'Afrique.

Zoonoses

La gravité des zoonoses transmises par les petits ruminants est limitée face aux maladies spécifiquement humaines qui frappent encore l'Afrique et qui sont beaucoup plus meurtrières. Parmi celles dont l'impact est d'ores et déjà certain, nous citerons (IEMVT, 1980):

· la brucellose, due à Brucella melitensis principalement, qui peut occasionner une maladie humaine chez les éleveurs mais aussi chez les consommateurs si les produits lainiers sont appelas à une plus large utilisation (la pénurie de bois rend improbable le chauffage du lait avant consommation);

· l'hydatidose: dans ce cas, les petits ruminants ne sont pas à l'origine directe de la contamination humaine (ce sont les chiens principalement) mais ils sont un maillon essentiel du cycle de Echinococcus granulosus. Comme le traitement de la maladie humaine ne peut être que chirurgical et que la plupart des anthelminthiques utilisés chez les chiens sont inactifs sur ce cestode, l'effort principal doit porter sur l'éducation du public qui doit pouvoir reconnaître les lésions chez les petits ruminants et soustraire celles-ci de la consommation par les chiens;

· la fièvre de la vallée du Rift: les épidémies les plus récentes ont montré (Egypte, Sénégal) que cette maladie pouvait avoir une répartition panafricaine et ne se cantonne plus dans son aire d'origine. Son importance en tant que zoonose n'est plus à démontrer aussi bien que son impact économique lorsqu'elle se déclenche dans une population entièrement réceptive. Néanmoins, son apparition erratique rend difficile toute prophylaxie suivie et demande surtout une bonne information des services vétérinaires pour raccourcir les délais d'intervention en cas d'apparition de la maladie;

· le charbon: les petits ruminants sont des animaux très sensibles à Bacillus anthracis au même titre que les bovins; il faut donc les inclure dans les plans de prophylaxie contre cette maladie;

· la fasciolose, très répandue chez les ovins, peut aussi avoir une certaine importance chez les humains. Le nombre de cas de fasciolose zoonose en Afrique est assez mal connu et mériterait d'être précisé. De toute façon, l'impact économique sur les productions ovines justifie à lui seul des plans de prophylaxie.

Orientation de la recherche sur la pathologie ovine et caprine

Priorités de recherche et priorités de développement

Afin d'évaluer les niveaux de priorité indiquas dans les tableaux 1, 2 et 3, nous avons considéré dans le champ de la recherche les études pouvant, à plus ou moins long terme, aider à combattre les maladies des petits ruminants.

Les études épidémiologiques

Elles indiquent l'importance (prévalence) des maladies à un moment donné, et permettent de déterminer des ordres de priorité d'action. Les études épidémiologiques dynamiques peuvent, elles, aider à élaborer d'autres moyens de lutte qui viseront plutôt à freiner la dissémination des maladies. La mise en place de telles mesures ne pourra toutefois se faire que dans des structures d'élevage bien organisées, ce qui est encore loin d'être le cas dans de nombreux pays.

L'amélioration des moyens de lutte

Cela concerne la création ou l'amélioration de matériel de diagnostic, des antibiotiques, des vaccins, des antiparasitaires, etc.

La sélection génétique d'animaux plus résistants aux différents pathogènes et en particulier aux parasites

Cette vole a pu être explorée pour les bovins (trypanotolérance) et pourrait l'être aussi pour les petits ruminants (hémonchose). Si nous n'avons pas considéré cette approche comme une priorité, c'est pour deux raisons. D'une part, il a été montré qu'il est pratiquement impossible de sélectionner des animaux sur de multiples caractères; les races "laitières" perdent leurs qualités "bouchères" (et inversement). L'amélioration des qualités zootechniques se fait souvent au détriment des qualités de résistance aux infections; il est probable que l'inverse soit aussi vrai. D'autre part, il est possible que nous n'ayons pas utilisé tous les moyens à notre disposition pour éviter l'apparition de parasites résistants aux anthelminthiques.

Les actions de développement sont celles ayant un effet direct sur l'évolution de la maladie considérée. Elles vont au-delà des seules mesures d'ordre vétérinaire. II peut s'agir par exemple d'actions favorisant la plus grande disponibilité d'antiparasitaires et d'antibiotiques à moindre coût: fabrication sur place ou importation de molécules encore actives dont la licence est tombée dans le domaine public, ou encore de la fabrication de vaccins éprouvés, mais surtout de leur diffusion à une échelle la plus large possible. Dans certains cas, l'information du public est capitale lorsqu'il n'existe pas beaucoup d'autres moyens de lutte (exemple du kyste hydatique).

Dans le domaine du parasitisme, il doit être possible de proposer des schémas de prophylaxie avec des molécules déjà existantes mais qui soient mieux ciblés. Cela peut concerner: la date d'intervention en fonction stricte des cycles parasitaires, le nombre de ces interventions car leur multiplication peut rapidement entraîner une chute du rapport bénéfice/coût. Enfin, il est peut-être possible de limiter l'apparition de parasites résistants par un emploi plus raisonné des molécules actives: limitation du nombre d'interventions, respect des doses à prescrire, permutation régulière des classes de molécules utilisées, etc.

Synthèse des thèmes de recherche prioritaires: une approche par syndrome

Sur le terrain on se trouve malheureusement souvent en présence de syndromes à étiologie multiple et non de maladies bien identifiées du point de vue clinique et nécropsique (CTA, 1986; IEMVT, 1980). Très schématiquement, deux syndromes dont l'incidence économique est extrêmement importante représentent actuellement les thèmes majeurs de recherche.

Un syndrome pneumopathies

· des parasitoses pulmonaires;

· la pneumonie "enzootique" d'étiologie complexe: facteurs favorisant (climat, alimentation, parasitoses pulmonaires et/ou digestives). Virus pathogènes les plus fréquents (PPR, parainfluenza III, clavelée, ecthyma, variole caprine). Infections bactériennes et/ou mycoplasmiques (pasteurelles, staphylocoques, streptocoques, corynébactéries, Haemophilus, mycoplasmes d'infections associées),

· pleuropneumonie contagieuse caprine (F 38).

L'étude des pneumopathies des petits ruminants doit être différenciée selon les espèces ovine et caprine.

Chez les ovins

L'étiologie des pneumopathies est assez complexe, mais les pasteurelles jouent sans doute un rôle prédominant. Malheureusement, ces pasteurelles appartiennent non seulement à des espèces différentes (haemolytica et multocida) mais en plus, au sein de chaque espèce, il existe de nombreux sous-types sérologiques qui ne confèrent pas de protection croisée entre eux. La fabrication d'un vaccin efficace bute sur cette difficulté et c'est pourquoi les efforts nous semblent devoir porter sur des actions de développement: amélioration des conditions d'élevage, respect des mesures sanitaires de base que sont la mise en quarantaine avant l'introduction de nouveaux animaux dans un troupeau, la disponibilité d'antibiotiques actifs, etc.

Chez les caprins

II serait tentant de reprendre ici le parallèle fait avec les bovins. En effet, chez ces derniers il existe une espèce de mycoplasme particulièrement pathogène (M. mycoides mycoides) responsable de la péripneumonie. Les problèmes posés par cette maladie ont reçu une réponse satisfaisante par la vaccination, puisque dans les pays où celle-ci est effectuée à grande échelle les foyers de péripneumonie ont disparu.

II existe chez les caprins une souche de mycoplasme particulièrement pathogène, dénommée F 38, responsable d'un syndrome voisin de la péripneumonie: la pleuropneumonie contagieuse caprine (OIE, 1989). Là encore, cette maladie est largement répandue en Afrique (Tchad, Tunisie, Soudan, Somalie, Kenya) et il est probable que son "absence" dans certains pays soit plutôt due à un manque de puissance des moyens de diagnostic. II est donc urgent de trouver une parade à cette maladie et, pourquoi pas, de fabriquer un vaccin efficace. Malheureusement, le parallèle avec les bovins s'arrête peut-être là, car il a été montré que chez les caprins il existe de nombreuses espèces de mycoplasmes qui peuvent être pathogènes. Pour ne citer que les plus imposants: F 38, mycoides mycoides LC, capricolum, agalactiae, ovipneumoniae. Si le tropisme électif de ces souches est assez variable: mamelle, articulations, yeux, il n'est pas rare de les isoler à partir de lésions pulmonaires et même de reproduire un syndrome respiratoire par inoculation endobronchique et passage à des animaux intacts.

C'est pourquoi les mycoplasmoses de la Chèvre nous semblent une priorité de recherche; en effet, les antibiotiques, s'ils sont efficaces (macrolides, tétracyclines), n'empêchent pas la pérennité de l'infection. Enfin, avant la mise au point d'un vaccin efficace, il reste à déterminer si la souche F 38 est bien la cause principale des pneumopathies caprines; si d'autres mycoplasmes jouaient un rôle non négligeable, comme cela semble être le cas, il faudrait alors envisager la possibilité de vaccins multivalents en fonction des souches isolées dans chaque pays. La faisabilité de tels vaccins reste encore à étudier.

Un syndrome digestif (diarrhée-amaigrissement)

II comprend essentiellement des parasitoses digestives (strongylose, fasciolose, cysticercose, echinococcose, coccidiose) les entérotoxémies et les colibacilloses-salmonellose, (surtout chez les jeunes de moins de 1 an).

La peste des petits ruminants semble jouer maintenant, pour les petits ruminants, un rôle tout à fait comparable à la peste bovine en Afrique. Auparavant plus connue dans l'ouest du continent, elle s'est étendue progressivement vers l'est pour atteindre le Proche-Orient. A l'heure actuelle, aucun pays africain ne peut s'estimer à l'abri de cette maladie.

Or il a été montré que, grâce à une communautés antigénique poussée, le vaccin peste bovine pouvait être utilisé chez les petits ruminants et leur conférait une bonne protection. Des vaccins homologues sont d'ailleurs en cours d'essai (Nigéria, IEMVT) et devraient être disponibles dans un proche avenir. C'est pourquoi cette maladie, malgré son impact énorme, n'est pas considérée comme une priorité de recherche mais au contraire, le maximum de ressources disponibles devrait être consacré à son contrôle, à l'instar de ce qui est fait pour la peste bovine.

Deux autres thèmes de recherche importants doivent d'autre part être pris en considération:

· avortements mammites (brucellose, fièvre Q. chlamydiose, campylobactériose), mammites bactériennes diverses;

· affections de la peau et des pieds (ecthyma, varioles ovine et caprine, fièvre aphteuse, corynébacéries, streptotrichose, teignes, gales, tiques, myases, piétin)

Nouveaux outils

II convient de ne pas passer sous silence les progrès de la recherche fondamentale qui vont peut-être révolutionner à la fois les techniques de diagnostic aussi bien que les méthodes de lutte.

Diagnostic

De plus en plus, la recherche fondamentale s'est préoccupée d'élaborer des outils de diagnostic rapide. Les techniques immunoenzymatiques ont été une première voie d'approche (immunofluorescence, méthodes ELISA, techniques d'immunoblotting, mais elles se heurtent à des contraintes techniques pour une plus grande diffusion et à un certain manque de sensibilité.

Une autre technique, dérivée, elle, de la biologie moléculaire, pourrait ne pas avoir les mêmes défauts: il s'agit de la PCR (Polymerase Chain Reaction) ou encore "amplification de gène". Cette technique permet d'amplifier sélectivement une séquence d'ADN (ici spécifique d'un germe pathogène) si elle est présente dans un produit pathologique. Si l'on dispose ensuite de sondes ADN marquées, il est possible de mettre en évidence la présence d'un agent pathogène même si celui-ci n'est présent qu'à quelques exemplaires. Bien entendu, les sondes utilisées devront absolument être "froides", c'est-à-dire non radioactives, pour pouvoir être utilisables largement sur le terrain.

Vaccins

En ce qui les concerne, de nombreuses perspectives sont ouvertes. De nouveaux immunostimulants ont déjà VU le jour (ISCOM, par exemple) qui peuvent permettre la création de nouveaux vaccins inactivés. Le génie génétique ainsi que la biochimie peuvent permettre l'apparition de vaccins à sous-unités. Enfin, il y a la possibilité de créer des vaccins chimères, par recombinaison génétique, le plus souvent avec une souche virale dérivant d'un vaccin "pox".

Ces nouveaux vaccins peuvent offrir un autre avantage par rapport aux vaccins classiques, qui est de pouvoir différencier les réponses sérologiques OU bien les séquences génomiques d'avec celles produites par des agents pathogènes. Cette possibilité pourrait alors réconcilier deux méthodes de lutte qui sont pour le moment souvent antinomiques: les prophylaxies sanitaires et médicales.

Enfin, il faut insister sur le fait que ces techniques ne sont pas encore passées dans l'usage courant et que la lutte contre les maladies infectieuses passe avant tout par des infrastructures d'élevage bien construites.

Conclusion

Cette présentation est forcément schématique et nous souhaitons qu'elle ouvre une large discussion. En particulier, nous n'avons pas insisté sur les "maladies d'avenir" que pourraient être les maladies introduites par les reproducteurs importés pour l'amélioration des races locales; ce sera sans doute un chapitre à développer ultérieurement.

Pour finir nous voudrions insister sur les trois questions fondamentales auxquelles il faut répondre avant d'engager toute enquête.

1) La question vaut-elle vraiment la peine d'être posée ?
2) La question n'a-t-elle pas déjà reçu une réponse ailleurs ?
3) Avons-nous vraiment les moyens nécessaires de répondre correctement à la question posée ?

Des réunions comme celle à laquelle nous participons doivent permettre de confronter des expériences diverses et répondre au moins partiellement aux deux premières interrogations. En ce qui concerne la troisième, chaque institution doit pouvoir apprécier le rapport coût/résultat; en effet, l'affectation de trop peu de moyens pourrait aboutir à l'obtention de résultats biaisés, peu fiables, qui dans une certaine mesure pourraient être pires que l'absence de résultat.

Ainsi, dans tous les cas où un moyen de lutte efficace et peu cher est disponible, nous pensons qu'il faut affecter le maximum de ressources aux actions de développement et réserver la recherche aux problèmes qui n'ont pas encore trouvé de réponse satisfaisante.

Bibliographie

CIPEA (Centre international pour l'élevage en Afrique). 1983. L'élevage des petits ruminants dans les régions tropicales humides. Etude de système n° 3. CIPEA, Addis-Abeba, (Ethiopie).

CTA (Centre technique de coopération agricole et rurale). 1986. La coordination de la recherche pour le développement des petits ruminants en Afrique. Actes du Séminaire tenu à Montpellier (France). 13-17 octobre. 1986. CTA, Wageningen (Pays-Bas). 251 p.

IEMVT (Institut d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux). 1980. Les petits ruminants d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest: synthèse des connaissances actuelles. Ministère de la coopération, Paris (France).

OIE (Office international des épizooties). 1989. Pleuropneumonie contagieuse caprine Série technique n° 9. OIE, Paris (France).


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