A. Budget et dépenses du projet
B. Activités et résultats
C. Appui du gouvernement
D. Direction et gestion du projet
E. Appui technique et opérationnel
Le PROWALO a démarré ses activités en Février 1995 pour une durée de 42 mois (achèvement prévu le 31 Juillet 1998.) La contribution des Pays-Bas initialement prévue s'élevait à 3.385.169 $EU et celle du Gouvernement du Sénégal à l'équivalent de 332.241 $EU (en nature).
Un réajustement budgétaire a été opéré en cours d'exécution du projet avec une augmentation du budget des Pays-Bas de 130.135 $EU portant la contribution totale des Pays-Bas à 3.515.304 $EU. Cette augmentation devait couvrir, à la demande du Gouvernement du Sénégal, la prolongation jusqu'au 31.12.1996 des deux experts internationaux (animation/vulgarisation et foresterie rurale/aménagement).
Par ailleurs, la contrepartie du Gouvernement a été réévaluée à 247.507.500 FCFA (contribution en nature) et 75 millions de FCFA (contribution financière), dont le montant a été défini lors de la revue tripartite Gouvernement/Pays-Bas/FAO du 03.05.1995. Cet apport devrait permettre au Gouvernement du Sénégal de respecter l'obligation de contribuer pour au moins 15% du budget annuel à partir de 1997 et conformément à l'article 12 de la partie 1 du document de projet.
En 1995 le budget alloué par les Pays-Bas a connu un niveau d'exécution de l'ordre de 80% tandis que la contribution en nature du Gouvernement a été réalisée à hauteur de 86% nonobstant l'effectif réduit des agents forestiers sur le plan national. En 1996, les réalisations financières sur le budget des Pays-Bas (au 31 Octobre 1996) représentent 78% du budget annuel, taux qui doit être nuancé par le départ anticipé de l'Expert International en Animation - Vulgarisation le 31.08.1996. La contribution en nature du Gouvernement a été quant à elle de 90% et la contribution financière de 100% (correspondant au 25 millions de FCFA). Ces mêmes montants ont été inscrit dans le PTIP pour 1997 et 1998.
Globalement, à mi-parcours, la mobilisation des ressources financières est satisfaisante (51% pour le budget des Pays-Bas et 33% pour la contrepartie financière du Gouvernement) et sont en adéquation avec les réalisations constatées sur le terrain. Cette situation traduit les apports satisfaisants du donateur et du Gouvernement.
Cependant, il convient de souligner que les fonds alloués à certaines lignes budgétaires, notamment les dépenses diverses, les fournitures, le fonctionnement et la formation sont légèrement dépassées. Ceci est justifié en partie par l'importance des besoins en formation du personnel d'encadrement et des populations ainsi que des besoins en matériel et fournitures nécessaires à l'élaboration et la diffusion d'outils de communication qui ont largement dépassé les prévisions. Pour le fonctionnement, le dépassement est dû en partie à l'utilisation de la charrue "Delphine", dont l'acquisition n'était pas prévue dans le document de projet et qui a été acquise sur des reliquats du GCP/SEN/036/NET.
Sur le terrain, les populations ont renouvelé à la mission leurs besoins en formation, les difficultés auxquelles elles sont confrontées dans la mobilisation de l'apport personnel lié à la mise en oeuvre des micros-réalisations identifiées. A cet égard, la mission note que la non disponibilité de ressources financières pour le volet micro-réalisations a constitué une contrainte majeure pour le projet.
Ces considérations sont bien prises en compte dans la révision budgétaire D proposée par la direction du projet, qui utilise une partie des fonds épargnés sur le poste de l'expert international pour permettre un appui financier, soit sous forme de fond de garantie pour le crédit, soit pour l'appui à la réaction de fonds de roulement. La mission approuve cette révision et recommande son approbation sans plus tarder.
Dans le souci de faciliter la lecture, l'analyse qui suit respecte la présentation révisée des résultats par objectif, tels que repris en annexe. L'analyse qui suit se veut volontairement la plus exhaustive possible et se justifie dans un souci de clarté.
D'une manière générale, toutefois, la mission déplore outre la confusion ou le chevauchement de certaines activités, le manque de précision des PTA. Ceux-ci mériteraient une quantification des activités ou au moins un degré de précision plus rigoureux, de manière à permettre un meilleur suivi/évaluation de l'ensemble des activités.
Résultat 1.1: Cadre de concertation entre les différents intervenants opérationnel
Activité n° 1: Appui à la consolidation du cadre de concertation régional
Pour rappel, ce cadre est le résultat d'un processus entamé au niveau national et appuyé au niveau des régions par divers projets forestiers. Au niveau de Saint-Louis, l'IREF a d'abord été appuyée par le PROGONA, puis par le PROWALO.
L'appui du PROWALO consiste en une contribution à la réflexion, à l'organisation d'ateliers ou journées de réflexion, une mise à disposition des moyens du projet et la diffusion des documents nécessaires (photocopies, convocations) et un appui logistique au secrétariat exécutif du CCR, dont l'IREF assure le secrétariat.
Cet appui à l'IREF a permis de:
- élaborer une grille d'identification des activités par structure et de dégager les axes de collaboration dans les différents domaines (décembre 95);- élaborer les rapports introductifs au Plan régional d'action pour l'environnement, en collaboration avec le CONSERE;
- organiser des journées de réflexion à l'intention des chefs de service régionaux et des responsables de projets sur les concepts de l'approche participative et ses limites (mai 96);
- organiser un atelier de formation (mai 96) destinée aux agents de base des services membres du cadre de concertation afin de niveler les connaissances et permettre l'harmonisation des approches;
Le PROWALO appuie également l'IREF dans le processus de régionalisation du PAFS, en concertation avec la DEFCCS et le projet GCP/SEN/045/NET.
Par ailleurs, la collaboration avec les autres structures partenaires appartenant au cadre de concertation, comme la SAED, l'IRA, l'ISRA, l'IRE, le CNFTEIA s'est également concrétisée pour la production d'outils de communication.
L'appui du PROWALO ne s'arrête pas au cadre de concertation de Saint-Louis. En effet, le projet a appuyé le service forestier pour initier la même réflexion au niveau départemental et local dans un objectif d'amélioration de la concertation et de recherche de complémentarité des interventions sur le terrain.
Pour ce faire, des séances de sensibilisation et d'information sur les objectifs, les nouvelles orientations et la stratégie du projet ont été organisées à l'intention des CDD et CLD et de l'ensemble des structures partenaires au niveau des trois départements.
Des cadres de concertation au niveau départemental ont été créés Podor et très récemment à Dagana, où il n'est pas encore opérationnel. A Podor, le "Comité de concertation pour le développement rural" a été créé par arrêté préfectoral du 14 novembre 1995, sur le même mode que celui créé au niveau de la région et considéré comme un instrument du CDD.
A Dagana, le cadre coexiste avec le comité de pilotage du PROWALO et rencontre des difficultés dans son fonctionnement. Ceci peut en partie s'expliquer par le fait que le projet n'intervient qu'au niveau d'un seul site et également en raison des conflits de compétences et d'intérêts qui prévalent dans la cuvette hydro-agricole entre agriculteurs, éleveurs et forestiers.
A Matam, le processus de sa création est, à la demande du Gouverneur, en cours au sein du "Comité départemental de pilotage du PROWALO", regroupant toutes les structures et intervenants concernés.
Activité n° 2: Mise en place d'un cadre de partenariat au niveau local
Au niveau de chaque zone d'intervention du projet, ces cadres ont pris la forme de Comités de pilotage ou de suivi du PROWALO, qui se réunissent à intervalles réguliers sous la présidence du Sous-Préfet.
Pour chaque action concrète dépassant ses compétences, le PROWALO a recherché activement la collaboration des autres structures (CERP, élevage, développement communautaire,...) et partenaires (SAED, PMR/FED, ONG,...). Pour ce faire, plusieurs protocoles d'accord ont été signés, notamment avec le PMR/FED, pour le financement des micro-réalisations identifiées par le PROWALO ou avec le PMR/FED et la SAED, pour les aménagements hydro-agroforestiers en forêt classée (Voir ci-après).
Pour la forêt classée de Diamel (5900 ha - Matam) qui concerne 11 villages riverains, un cadre de concertation inter-villageois a été créé grâce à l'appui du projet, à la suite de l'organisation d'un atelier les 8, 9 et 10 novembre 95. Ce dernier a réuni 130 personnes, parmi lesquels les représentants des villages, les services d'encadrement, les autorités administratives, politiques et religieuses. L'objectif de ce séminaire était de parvenir à un consensus sur la gestion et l'exploitation forestière, agricole, pastorale et aquatique de la forêt classée.
Un certain nombre de recommandations ont été formulées lors de cet atelier, qui doivent servir de base à l'élaboration du plan d'aménagement et de gestion de la forêt classée et des terroirs des villages riverains. Parmi les recommandations, on peut citer la création de comités locaux de concertation pour une gestion concertée de la forêt classée, la mise en oeuvre d'un programme de formation et de vulgarisation de diverses techniques en liaison avec l'aménagement (exploitation forestière, régénération de la fertilité, amélioration des techniques culturales et d'élevage). Ces recommandations devraient être suivies d'une programmation des actions et une application par les autorités, les Eaux et Forêts, le PROWALO, les structures partenaires et les populations.
Le cadre de concertation pour la gestion de la forêt de Diamel, seule action qui a été réalisée, a été créé en 1996 juste avant la saison des pluies. Il réunit 3 représentants par village. Il devrait être redynamisé et rendu opérationnel (définition des tâches assignées aux comités et règles de fonctionnement) dans les plus brefs délais.
Résultat 1.2: Service régional doté d'agents d'encadrement formés et recyclés sur différents thèmes techniques et en approche participative
Activité n° 1: Formation/recyclage local des agents
Le projet a particulièrement développé la formation des agents du projet et du service forestier et des animatrices en 1995 et 1996, et notamment dans les aspects liés à la communication multimédia: celle-ci a été réalisée avec l'appui d'un consultant international et du département spécialisé de la FAO et partiellement en concertation avec le projet TCP/SEN/4454 "Communication pour l'environnement", qui a organisé 3 ateliers au niveau du projet, dont un atelier en communication multimédia (qui a concerné les chefs de zones et les divisions techniques du projet) et deux ateliers de formation en radio rurale, portant sur la "protection de l'environnement", avec production de micro-programmes et sur le thème de "lutte contre les feux de brousse", auxquels l'IREF, les Parcs nationaux, la Radio St-Louis, la SAED et l'IRA ont participé.
Par ailleurs, des séances de formation/recyclage ont également été organisées dans les divers domaines liés aux activités du projet à l'intention des agents du projet, animatrices et agents du service forestier, en liaison avec le Centre FoReT de Thiès. Elles ont porté notamment sur la gestion des terroirs, les techniques de construction des foyers améliorés et pépinières, l'approche participative, la méthode GRAAP et la MARP, etc.
Les agents du projet et animatrices ont également participé à des séances de formation de courte durée organisées par le centre FoReT de Thiès dans divers thèmes, comme la gestion des terroirs (02/95), l'analyse de projet (06/95), les techniques de pépinière (12/95),...
En dehors de ces diverses formations, 3 agents du projet ont été initié aux prises de vue vidéo (mars 96), en liaison avec le projet de Gestion Communautaire des Ressources naturelles (PGCRN). Une initiation au SIG et à l'utilisation du logiciel MAPINFO a été dispensée en mai 96 à 4 agents du projet (CTP, DPFA (2) et Cadre associé) par le CSE.
Le projet a participé également à plusieurs séminaires au niveau national ou régional, parmi lesquels le Colloque national sur la gestion des ressources naturelles, DEFCCS/Dakar (4/95), le lancement du projet de gestion communautaire des ressources naturelles, PGCRN/Dakar (07/95), la journée de réflexion sur la filière riz, SAED/St-Louis (07/95), le forum sur la gestion des ressources naturelles, DEFCCS/Vélingara (08/95), la formation des Equipes Pédagogiques locales, PFIE/Ndioum (02/96), l'aménagement des formations forestières, Centre FoReT/Thiès (06/96), la gestion des micro-réalisations: enjeux et perspectives, Centre FoReT/Thiès (06/96).
En outre, en collaboration avec le BSEFS de la DEFCCS de Dakar, deux ateliers ont été organisés en GRAAP, qui ont impliqué 23 agents du service forestier (avril 1995). Des recyclages en MARP ont concerné une trentaine d'agents. Les membres du cadre de concertation ont bénéficié environ 25 séminaires.
Un journal de liaison a été conçu pour refléter et faire connaître les diverses activités du PROWALO. Il est alimenté par les agents/animatrices et est ouvert à toute proposition. Actuellement, le journal qui en est à son cinquième numéro est largement diffusé. Toutefois, la mission a été informée des difficultés pour la confection de ce journal, suite au départ des experts internationaux qui s'en occupaient.
Activité 2: Visites et voyages d'étude
Le projet a organisé plusieurs visites et voyages d'études pour les agents du projet et des services forestiers au Sénégal et au Burkina Faso.
- Au Sénégal, les chefs de zone et chefs secteur ont visité le PREVINOBA en 02/95. Un voyage d'études a été organisé pour l'ensemble des agents en janvier 1996, avec visite d'une exploitation privée à Sébiponty, de la station d'essai agroforestier de l'ISRA/Bambey, du projet agroforestier de Diourbel et de la Forêt classée de Mbégué.- Un voyage d'étude a été organisé pour 13 agents du projet au Burkina Faso en février-mars 1996. Un groupe de 5 agents a visité le CESAO pour une formation et un perfectionnement en animation rurale, l'autre groupe de 8 agents a effectué une visite notamment au Programme National de Gestion de Terroir (PNGT) et au projet d'aménagement des formations naturelles autour de Ouagadougou (PNUD/FAO BKF/93/003), pour un échange d'expériences dans le domaine de l'aménagement des forêts et la gestion des terroirs villageois.
Résultat 1.3: Infrastructures/équipements opérationnels
Activité 1: Entretien des infrastructures du projet
Plusieurs travaux ont été effectués dans le cadre de l'amélioration et entretien des infrastructures réalisées par le projet dans les phases antérieures, avec: aménagement d'un bureau pour l'expert national en pastoralisme dans les bâtiments de l'IREF; entretien des bâtiments de Podor (bureaux/logements de la zone et du secteur), des postes de Ndioum/Thillé Boubacar; réparation du poste de Semmé, des bâtiments à Ourogossi. Des abris ont été construits pour les véhicules à Podor et Matam.
Activité 2: Appui en moyens de fonctionnement
Le parc automobile s'est renforcé par l'acquisition de 4 véhicules 4 × 4 Land Cruiser double cabine (1 pour Dagana, 2 pour Podor, 1 pour Matam), 1 véhicule de liaison Mitsubishi Pajero pour Saint-Louis, 10 mobylettes pour le déplacement des animatrices dans les villages, 12 motos pour les agents de terrain et brigades forestières.
Le projet continue son appui en carburant, fournitures de bureau à l'IREF et agents du service forestier concernés par les activités du projet.
Activité 3: Recherche d'un système adéquat de gestion du garage et des chambres de passage à Podor
Ces infrastructures et matériels ont été acquis lors de la phase bilatérale Sénégal/Pays-Bas (1984-1988). Ils ont été versés ensuite au PROGONA, avec la FAO comme agence d'exécution, mais qui ne peut en assurer la gestion. Les initiatives entreprises par le projet se sont avérées vaines. L'antenne HCR marquerait son intérêt pour la prise en charge du garage. En attendant une solution, le garage est fermé et la gestion des chambres de passage est assurée conjointement par le Chef secteur et le Chef de zone.
Résultat 1.4: Paquet d'informations techniques et méthodologiques sur la gestion des forêts du Walo mis à la disposition du service forestier
La mise à disposition de paquets techniques et méthodologiques destinés à appuyer et orienter les actions d'aménagement aux services forestiers est un résultat attendu très important.
Activité n° 1: Finalisation de la cartographie thématique de l'ensemble des trois départements et étude de localisation et potentialité des peuplements naturels
NB: Cette activité est à relier aux résultats 1 et 2 de l'objectif 2.
Cette activité démarrée lors des phases antérieures a accusé beaucoup de retards. Elle a concerné surtout l'élaboration de cartes thématiques concernant la vocation et l'utilisation des sols, dont l'élaboration a été sous-traitée avec le CSE. Les dernières cartes (1/50.000eme), concernant Matam et Dagana, ont été remises au projet en décembre 95, ce qui a handicapé certaines activités de reconnaissance sur le terrain liées à l'identification des zones forestières à aménager et l'élaboration de plans d'aménagement notamment pour les forets classées. Ces cartes sont accompagnées d'un "Rapport final sur l'inventaire et l'évolution du couvert végétal dans le Walo pour les départements de Dagana et Matam".
Un ensemble de fonds de carte et de cartes thématiques sur l'occupation des sols et la couverture végétale (1/50.000eme) est actuellement disponible au projet. Ceux-ci ont été numérisés de manière à pouvoir être utilisés dans le cadre d'un système d'information géographique (voir ci-après).
Quant aux études de localisation et des potentialités des peuplements naturels, le projet a également accusé un grand retard, lié en partie à la non-réception des cartes de base fournies par le CSE. Au moment de la mission, les données concernant le potentiel ligneux ne sont disponibles que pour une partie des forêts classées de la zone de Podor (pour laquelle les cartes du CES étaient déjà disponibles lors de la phase PROGONA). Il faut noter que l'estimation du potentiel ligneux à partir des cartes thématiques dans les départements de Matam et Dagana et les inventaires étaient déjà prévus dans le PTA de 1995 et reportée au premier semestre du PTA 1996. L'inventaire pour les forêts de Matam sont incomplets ou inexistants. C'est le cas de la forêt de Diamel, qui constitue la forêt classée de gonakié la plus vaste (5.900 ha).
Par contre, le projet a acquis un matériel informatique performant pour la mise en place d'un banque de données et d'un système d'information géographique. L'acquisition de ce matériel (PC, scanner, imprimante), de GPS (actualisation des données) et du logiciel MAPINFO au niveau du projet permettra d'appuyer l'IREF (qui est ou sera également doté de ce matériel par le projet d'appui à la foresterie rurale - GCP/SEN/042/NET) dans la maîtrise de l'outil et l'acquisition des données de base sur les zones d'intervention. Cet outil informatique a été acquis par le projet en septembre 1996 et 4 agents du projet ont bénéficié d'une formation à l'utilisation du logiciel MAPINFO dispensée par le CSE en mai 96.
Activité n° 2: Identification des besoins en recherche forestière appliquée et élaboration d'un programme d'études en collaboration avec les structures concernées (ISRA/DRPF, PRONASEF,...)
La recherche d'un partenariat avec les structures de recherche concernées avait été prévue dans le document de projet. Un programme de collaboration devait être finalisé avant la mi-1996. Plusieurs thèmes de collaboration et de recherches appliquées avaient été identifiés dans les différents PTA, de manière à appuyer le projet dans le suivi technique et scientifique des diverses expérimentations en cours.
Toutefois, la mission n'a pu que constater la faiblesse des contacts du PROWALO avec les structures identifiées (ISRA/DRPF, ORSTOM, PRONASEF). La seule activité qui ait fait l'objet d'une collaboration avec les structures de recherche (DRPF/PRONASEF) concerne l'installation d'un verger à graines d'Acacia mellifera. Toutefois, même cette activité a pris du retard.
Les autres axes identifiés ont fait l'objet d'un suivi par le PROWALO, mais sans pour autant associer ces structures ou faire l'objet d'un protocole de recherche. Il s'agit du suivi de la croissance d'Acacia nilotica ssp. tomentosa (gonakié) dans une parcelle de la forêt classée de Mama-Togni (Podor). Ce suivi avait été initié lors de la phase PROGONA (données disponibles sur 4 ans); de la mise en place d'essais de plantation d'éclats de souche d'Andropogon gayanus ou d'une vingtaine d'espèces fourragères dans les différents sites; de l'installation de 38 placettes de mesures du potentiel fourrager (installées pour une part en septembre-octobre 1996); du suivi des crues et leur effet sur la régénération de gonakié.
Enfin, un suivi partiel des travaux effectués à l'aide de la charrue "Delphine" introduite à titre expérimental en 1995 pour la confection mécanique de demi-lunes dans les sols compactés et incultes du Walo a été mis en place. Celui-ci ne permet ni de mesurer l'impact, ni d'estimer les coûts de fonctionnement.
Les deux activités suivantes relatives à la synthèse/capitalisation des acquis (3 et 4) n'ont quant à elles fait l'objet d'aucun démarrage par le projet, bien que prévues pour la première à partir de 1996 (synthèse des acquis) et pour la seconde 1997 (synthèse globale pour l'aménagement des terroirs). Le retard dans la capitalisation ne paraît pas justifié, celle-ci devant au contraire permettre une diffusion plus rapide des premiers résultats issus en partie de la phase antérieure.
Résultat 1.5: Cadre organisationnel de gestion des terroirs mis en place et renforcement des capacités techniques d'intervention des populations
Activité n ° 1: Poursuite et accentuation des efforts d'information et de sensibilisation des populations rurales, des autorités et des partenaires
Cette activité est destinée à mieux sensibiliser les différents partenaires et plus particulièrement les populations, les autorités administratives et villageoises sur les orientations nouvelles du projet (approche participative, approche terroir). Elle a fait l'objet de très nombreuses séances d'information et d'animation dans l'ensemble des villages concernés par le PROWALO.
Plusieurs émissions de radio rurale, enregistrées dans les 3 départements ont été diffusées en concertation avec la RTS pour la sensibilisation sur des thèmes liés à la gestion des ressources naturelles, à l'implication des populations dans la gestion des forêts classées (Podor), aux feux de brousse ou à l'introduction de l'arbre dans les aménagements hydro-agricoles (Dagana).
D'autres séances ont été enregistrées dans les villages sur des thèmes maîtrisés, comme l'utilisation des foyers améliorés, l'importance des jardins polyvalents villageois (JPV), le rôle des mises en défens, l'utilité des brise-vent, la gestion des parcours et l'alimentation du bétail, l'épargne villageoise, l'identification de micro-réalisations, etc.
Activité n° 2: Amélioration de la connaissance de la structuration du milieu social et culturel
Une série de MARP avaient été effectuées lors de la phase précédente entre 1992 et 1993. Elles concernent principalement les 6 villages riverains de la forêt de Diamel (Matam) et certains villages de Podor. Une seule MARP aurait été effectuée lors de la présente phase (Cascas), alors que tous les agents et animatrices ont été recyclés en 1995 à cet effet.
Les informations des MARP ont été mises à jour partiellement à l'aide des cassettes audio notamment. Cet outil de communication a permis aux agents d'affiner leurs connaissances des terroirs et des populations et d'établir un dialogue, plus particulièrement là où les MARP n'ont pas été réalisées.
Par ailleurs, plusieurs stagiaires ont travaillé sur la zone du projet sur des thèmes variables, comme la problématique de l'approche partenariale dans le processus de reconstitution des massifs dénudés (Goumel-Niandane), l'approche participative et la gestion des terroirs (Diara), étude de capacités d'intervention des populations (Diara),...
Activité n° 3: Appui à la création/consolidation et légalisation des différents groupements et comités de gestion dans une optique de gestion de terroir
D'une manière générale, le projet s'est appuyé sur la connaissance des organisations existantes pour mettre en place les structures de gestion et de coordination, notamment les comités de gestion des terroirs villageois (CGTV).
A Dagana, le projet s'est appuyé sur l'organisation en Unions et Sections créées pour la gestion des aménagements hydro-agricoles. Le rôle du projet s'est limité à l'encadrement de ces organisations dans le développement d'actions agro-forestière au niveau de la cuvette. Par contre, pour les forêts classées, des groupements et CGTV ont été créés.
A Podor, le projet s'est appuyé sur les 50 organisations recensées et s'est efforcé de les redynamiser et de les structurer.
A Matam, le projet a encouragé la création de CGTV pour assurer la coordination des actions des divers groupements existants ou créés.
Activité n° 4: Préparation de matériel didactique simple pour l'animation/sensibilisation des populations
Cette activité, qui a mobilisé beaucoup de moyens et de temps, constitue un atout et un acquis appréciables pour la mise en oeuvre de l'approche participative/approche terroir. Elle a été appuyée par plusieurs missions de consultation internationale (octobre 95, avril 96) et par la collaboration avec le Centre FoReT de Thiès.
Plusieurs structures, comme la SAED, l'ISRA, l'IRA, l'IRE,... ont été associées à la conception et la production d'outils de communication multimédia, tels que dossiers de sensibilisation et dossiers techniques de vulgarisation, boîtes à images, livrets de sensibilisation, affiches, diapo-langage, etc.
Les dossiers techniques actuellement disponibles couvrent les domaines suivants:
- Brise vent (installation, gestion)
- les haies vives par semis direct
- l'émondage des arbres fourragers
- l'alimentation de bétail
- l'amélioration des forêts classées
- l'utilisation du Balanites aegyptiaca
- la charrue "Delphine"
D'autres dossiers, comme l'exploitation du bois mort et l'enstérage, sont en préparation, par ailleurs, une série de diapositives a été préparée sur l'installation et la gestion des brise-vent et une autre série sur l'utilisation du Balanites aegyptiaca, en vue de l'élaboration de film fixe. Deux documentaires audiovisuels ont été réalisés par l'équipe du PGCRN pour le compte du projet et ont été déjà diffusés à plusieurs reprises par la télévision sénégalaise:
- PROWALO: pour un développement durable dans la Vallée
- Les Brise-Vent: une filière rentable
Activité n° 5: Organisation de séances d'animation/formation en gestion et suivi/évaluation destinées aux membres des groupements et des divers comités villageois, entre autres par le biais de l'alphabétisation fonctionnelle
Cette activité se fonde sur l'identification des besoins de formation des populations de manière à leur permettre la mise en oeuvre et le suivi des actions programmées. L'accent a surtout été mis ici sur les problèmes liés à la gestion des projets.
Toutefois, pour cène activité, le projet se heurte à un taux important d'analphabétisme au niveau des villages encadrés. Des contacts ont été pris par le projet avec diverses ONG, telles que le PIP, le FSD, l'ADEF, DIAPANTE, le BIT-ACOPAM, pour tenter de trouver des solutions durables et élaborer un programme d'alphabétisation fonctionnelle. Dans certains villages, notamment à Podor, cette activité est en cours.
Des formations en gestion des moulins à mil et décortiqueuses ont été dispensées en collaboration avec le Service départemental du développement communautaire de Podor et le PMR/FED pour les moulins acquis avec sa participation.
Des séances de formation ont par ailleurs eu lieu dans divers thèmes techniques (liés à la production/plantation de plants, exploitation du bois, mise en place des brise-vent et haies vives, construction de foyers améliorés, etc.). Cette formation est reprise du résultat 2.3 de l'objectif n° 2.
Activité n° 6: Conduite d'essais de démonstration et visites inter-villageoises
Durant cette phase, le projet a organisé plusieurs visites inter-villageoises, notamment de l'exploitation de Fedior à Dagana à l'intention de divers comités de Podor (Goumel-Niandane, Oualla, Dianguel, Ngaoulé) et de Dagana (à l'intention des responsables des unions et sections paysannes villages de Dagana concernés par l'aménagement de la cuvette) et d'une exploitation privée (Ndouloumadji Dembé) à Matam pour 12 représentants des villages riverains de la forêt de Diamel.
Plusieurs séances de démonstration de cuisine contrôlée ont été organisées à l'intention des populations et plus particulièrement des femmes, dans le cadre d'une sensibilisation à l'utilisation des foyers améliorés. Celles-ci avaient pour objectif de montrer les avantages comparatifs des différents types de foyers améliorés (TPA, fourneaux métalliques).
Résultat 1.6: Système de suivi-évaluation opérationnel
Activité n° 1: Participation au système automatisé de suivi/évaluation de la DEFCCS (MASEFOR)
En ce qui concerne cette activité, l'équipe du projet a été formée à l'utilisation du logiciel MASEFOR (Modèle automatisé de suivi/évaluation de la foresterie rurale), en collaboration avec la DEFCCS et le projet GCP/SEN/042/NET (PDFR) (juillet 96). A cette occasion, le projet a participé à l'élaboration de fiches qui doivent être remplies par les agents de terrain, l'IREF et les chefs secteur.
Activité n° 2: Mise en place d'un système de suivi-évaluation des activités du projet
L'activité liée à la mise en place d'un système de suivi-évaluation opérationnel a accusé un très grand retard, malgré sa programmation dans les PTA successifs et les recommandations de la mission de suivi de la DEFCCS (janvier 96). Ce retard est en partie dû à la non-affectation du personnel national à la division du projet (DSAFSE), chargée du suivi-évaluation.
Toutefois, la prise de fonction en juillet 96 du Chef de la DSAFSE au niveau du projet et son renforcement par un agent en novembre 96 qui va s'occuper plus spécifiquement de ces aspects, ainsi que l'arrivée de cadres associés affectés dans les trois régions (mai 96 -Matam; septembre 96 - Podor; décembre 96 - Dagana) devraient permettre une mise en place rapide de ce système de suivi.
Par ailleurs, l'acquisition de matériel informatique et de logiciel cartographique (SIG), permettra également d'améliorer le suivi spatial. Ces trois zones sont ou vont être incessamment dotées de matériel informatique.
Résultat 2.1: Plans d'aménagement et de gestion pour les zones forestières (classées ou non) élaborés et mis en oeuvre par les populations, précisant les actions sylvicoles, pastorales ou agro-forestières en vue de la production et/ou la restauration des forêts naturelles
Activité 1: Estimation du potentiel ligneux et pastoral des forêts naturelles N.B.: Cette activité doit être mise en parallèle avec le résultat 1.4.
L'estimation du potentiel ligneux dans les sites d'intervention du département se limite aux résultats globaux des forêts de Diara et de Oualla.
A Matam (Diamel), l'inventaire ligneux reste à faire. Un pré-inventaire a été effectué à cet effet sur base des classes de couverture végétale élaborées par le CSE.
L'estimation du potentiel pastoral n'est toujours pas réalisée, bien que des placettes de mesure aient été mises en place à la fin de la saison des pluies (1996).
Activité 2: Parcellaire forestier
A Podor, un parcellaire a été réalisé pour la forêt classée de Goumel-Niandane, ainsi que des propositions pour les forêts de Mama-Togni, Diara et Oualla. Ces parcellaires tiennent compte des aires d'influence des villages riverains. En dehors de ces propositions, aucune action n'a été entreprise par le projet.
Les travaux de topographie et d'étude sur l'aménagement hydro-agroforestier (parcelle agro-forestière de 105 ha) dans la foret de Goumel-Niandane ont permis d'affiner le parcellaire et de délimiter une première sous-parcelle de 20 ha à aménager.
A Matam, la mise en défens dans la forêt villageoise de Gourel Dara/Lobaly a fait l'objet d'une division en trois parcelles pour une exploitation de bois mort dans deux d'entre elles, la troisième ne présentant qu'une très faible quantité de bois mais avec des potentialités de reconstitution.
Activité 3: Détermination des actions forestières et établissement de plans de gestion
Dans la plupart des sites, les activités définies avec les populations en zone forestière sont principalement des mises en défens et travaux d'enrichissement. Les réalisations, dont une partie constitue une consolidation des actions entamées lors de la phase PROGONA, sont les suivantes:
- Dans la zone de Dagana: des semis directs de gonakié ont été effectués dans la mise en défens de la forêt classée de Goumel. Ailleurs, les paysans ont protégé la régénération naturelle lors de l'installation des cultures de décrue. Dans la forêt classée de Bokhol, les villageois de Bélel Gaoudy ont pu réaliser une plantation sur une superficie de 4 ha.- Dans la zone de Podor: des travaux d'enrichissement par rigolage et semis direct d'espèces locales (Acacia nilotica, Balanites aegyptiaca. Acacia raddiana. Acacia albida, Zyziphus mauritiana et Bauhinia rufescens) ont été effectués dans les forêts classées de Goumel-Niandane (9 ha), Diara (33,5 ha) et Ngaoulé (20 ha), auxquels il faut ajouter l'installation de 14 ha de parcelles agro-forestières et 6 ha de plantations massives. Les semences nécessaires aux semis directs ont été collectées par les populations elles-mêmes.
Dans la forêt classée de Mama-Togni, les premiers travaux de régénération assistée en gonakié ont concerné 3 ha, protégés par des clôtures en grillage. Dans la forêt classée de Oualla, des coupes de foin ont été effectuées par les deux comités des villages riverains.
L'arrivée de la charrue "Delphine" en 1995 a permis de mettre au point la confection mécanisée de demi-lunes sur les sols compactés du Walo. En 1996, 175 ha (116 ha à Ngaoulé, 17 ha à Goumel-Niandane et 42 ha à Diara) ont été traités à titre expérimental en forêt classée et 40 ha dans les terroirs.
Les populations ont effectué des semis direct d'espèces forestières et/ou fourragères sur 100 ha en forêt classée, dont la totalité des parcelles dans les forêts de Niandane et Diara. Des cultures intercalaires ont été tentées, mais les conditions climatiques extrêmes de 1996 ont empêché toute récolte. En 1995, les essais sur 2 ha de parcelles agro-forestières avaient permis entre autres la récolte de 1 tonne de niébé et 0,86 tonne de pastèques.
Le travail mécanique du sol à l'aide de la charrue "delphine" associe sous-solage et confection de demi-lunes (2 m de large sur 4 m de long), qui permet d'améliorer de manière substantielle la capacité de rétention en eau des sols, par ailleurs incultivables par les moyens classiques.
- Dans la zone de Matam les activités menées en zone forestière sont également des mises en défens avec enrichissement. Dans le site de Diamel, l'accent a été mis dans un premier temps sur la redynamisation des comités de gestion des mises en défens de 50 ha pour le village de Diamel et 21 ha pour Thioubalel. De l'autre côté de la forêt, le village de Koundel a entrepris des travaux d'enrichissement sur un site boisé hors forêt classée, faisant déjà l'objet de surveillance (principalement interdiction de coupe). Ces travaux d'enrichissement se sont poursuivis en 1996 avec 4 ha dans la mise en défens de Diamel et 3 ha dans celle de Thioubalel.
Dans le site de Semmé, la mise en défens de Padalal s'est étendue à 30 ha; le village de Barakatou a installé une mise en défens d'environ 13 ha. Dans ces mises en défens, 12 ha ont été enrichis par semis direct après travail superficiel du sol, à raison de 6 ha chacune.
Dans la mise en défens de 57 ha du site de Gourel-Dara/Lobaly, installée depuis 1993, l'exploitation des arbres morts est actuellement à l'étude avec les villageois et les autorités administratives et forestières. Cependant, les processus administratifs très lents. Les retards dans la mise en exploitation, ainsi que les nombreux vols de bois, découragent fortement les populations.
Par ailleurs, une étude de faisabilité concernant de la réhabilitation de l'aménagement hydro-agroforestier sur le site de Mama Togni (Podor) a été réalisée en collaboration avec le FED/PMR et la SAED, ainsi que pour l'aménagement hydro-agroforestier de 20 ha dans la forêt classée de Goumel-Niandane.
Le financement de ces deux aménagements est en cours d'examen au niveau du FED/PMR.
Activité 4: Formation des populations en techniques sylvicoles
La formation des populations en techniques sylvicoles a porté sur l'installation et la gestion des brise-vent et haies vives, ainsi que les techniques liées à la reconstitution ou à l'exploitation de la forêt (collecte de semences et semis direct; ensemencement fourrager; coupe de bois et enstérage).
Résultat 2.2: Programme de reboisement et de conservation des ressources naturelles dans les zones non forestières du terroir élaboré
Activité 1: Renforcement et développement de la foresterie scolaire.
Le nombre d'écoles qui adhèrent au programme de reboisement scolaire, engagé lors de la phase PROGONA, est en augmentation. Le projet poursuit à cet égard ses activités d'encadrement théorique et pratique dans les écoles, avec un appui à l'installation de pépinières scolaires et quelques plantations d'arbres. A l'école de Ndioum, l'introduction des espèces fourragères a permis aux élèves de mener un petit programme d'embouche en 1995. Toutefois, cette activité a cessé en 1996 du fait de maladies des animaux. D'une manière globale, les pépinières scolaires ont produit 3.476 plants en 1995 et 8.404 plants en 1996.
Par ailleurs, le projet a organisé deux séminaires à Podor et Matam sur le programme "jeunes forestiers" permettant de promouvoir l'interaction maître, technicien, élève. Ces séminaires ont débouché sur l'élaboration de fiches pédagogiques sur "les qualités d'une bonne graine", "le semis", "les techniques de plantation et d'entretien".
Activité 2: Appui à l'établissement de pépinières privées, familiales ou collectives
Le projet appuie une trentaine de pépinières, dont la production de plants durant les campagnes 1995/1996 se monte à environ 110.000 plants. Toutefois, ce chiffre ne prend pas en compte le cas particulier du GIE Sodean, avec lequel le projet a signé un protocole de production de 900.000 plants en 3 ans (co-financée par le projet et le GIE) destinés à la plantation de la cuvette hydro-agricole de Dagana. Les principales espèces produites en pépinières sont l'Eucalyptus camaldulensis, le Prosopis juliflora, l'Acacia holosericea, le Leucaena leucocephala et l'Acacia mellifera.
Par ailleurs, les populations s'investissent de plus en plus dans la collecte de semences locales (Balanites aegyptiaca, Zyziphus mauritiana, Acacia nilotica,...) destinées au semis directs pour la reconstitution du couvert arboré en forêt. Cette activité s'est développée fortement avec l'augmentation des superficies traitées à l'aide de la charrue delphine.
Activité 3: Identification avec les populations des sites à reboiser dans les terroirs et organisation des chantiers de plantations
Le projet a procédé à plusieurs études dans les divers sites, dont une étude sur les possibilités de travaux de sols avec la charrue Delphine dans les terroirs de Niandane, Nguendar, Ngaoulé et Diara et sur la mise en oeuvre d'un programme d'implantation de brise-vent et haies vives dans la cuvette hydro-agricole de Dagana/Gaé.
Sur cette base, le projet a identifié pour la cuvette de Dagana près de 150 km de canaux d'irrigation et 250 km de drains, qui pourraient faire l'objet d'un réseau de brise-vent et de haies vives. L'exécution de ce programme a démarré en 1996 avec la plantation de 82.600 arbres par les différentes Unions paysannes (dont 53.000 plants d'Eucalyptus, 20.000 de Leucaena leucocephala et 10.000 d'Acacia mellifera). Toutefois, il faut noter que la mise en oeuvre de cette activité qui prévoyait de planter 300.000 plants par an pendant 3 ans a été retardée par une adhésion mitigée des populations à cette action et par des conflits d'intérêts entre agriculteurs et éleveurs. La réussite de cette action est de surcroît liée à une deuxième saison culturale (irrigation) après la culture de riz, qui n'est pas assurée cette année.
A Podor, les actions menées concernent l'implantation de brise-vent autour des périmètres irrigués villageois (PIV) et des jardins polyvalents (JPV) des femmes avec la réalisation de 4.300 m de brise-vent et 1.200 m de haies vives dans les terroirs villageois autour de la Forêt Classée de Diara et Oualla. Dans ce dernier site, 500 m de brise-vent ont été complétés par une haie vive de 500 m en Acacia mellifera (ligne extérieure).
Dans la zone de Matam, 500 m de brise-vent autour des JPV ont été installés. L'implantation des haies vives et des arbres d'ombrage dans les concessions individuelles des villages encadrés commence également à se développer.
Tant à Matam (PIV4) qu'à Dagana (cuvette hydro-agricole), le projet expérimente des plantations d'Eucalyptus en bordure de canal d'irrigation. Cette technique a le double avantage de stabiliser les berges et de faire bénéficier les arbres directement de l'irrigation;
Dans le PIV et JPV encadrés par le projet, on note de très fréquentes pannes de groupe moto-pompes qui entravent le développement d'actions d'agro-foresterie, et notamment les plantations fruitières.
Activité 4: Détermination avec les populations des actions de conservation des eaux et des sols et de protection par des techniques simples et acceptables par les populations
Les activités réalisées par le projet se résument aux points suivants:
- plantations de 1.000 boutures d'Euphorbia balsamifera destinées à consolider la digue de protection de Gaé.- Traitement de 40 ha en terroir villageois.
Activité 5: Elaboration de plans d'aménagement des terroirs
N.B.: Cette activité est à mettre en parallèle notamment avec les résultats 1.4 (cartographie) et 1.5 (études du milieu)
Si les limites des terroirs ont été partiellement déterminées avec la participation des populations, il n'existe à l'heure actuelle aucune esquisse de plans d'aménagement de terroir, en dehors de l'identification de quelques sites à reboiser ou PIV à aménager.
Résultat 2.3: Capacités financières accrues et travaux féminins allégés
Activité 1: Promotion et formation des groupements dans des domaines spécifiques
Le projet a poursuivi son encadrement aux groupements dans les domaines suivants: maraîchage, teinture/fabrication de savon, apiculture et pisciculture. Pour ce faire, les agents et animatrices ont formé les membres (ou leurs délégués) des groupements, notamment les GPF dans les différentes techniques. En matière de production maraîchère, le projet appuie ces GPF en semences et petit matériel.
En ce qui concerne l'apiculture, le projet a installé 10 ruches à titre expérimental et de démonstration au niveau du GIE Sodean et formé 6 paysans. La production de miel a été de 130 kg pour les 10 ruches, la diffusion des techniques apicoles permettrait des revenus substantiels (prix de vente par kg: 3000 FCFA).
Par ailleurs, plusieurs groupements, dont un groupement de jeunes à Diamel, ont sollicité l'appui du projet pour l'exploitation de mares semi-permanentes. Des études sont en cours en liaison avec la SAED pour l'exploitabilité de ces mares par les populations riveraines.
Activité 2: Appui à la formulation de dossiers de micro-réalisations et à la recherche de financement complémentaire
Plusieurs dossiers de financement de MRL ont été finalisés avec l'appui du FED/PMR dans les 3 départements, et pour certains avec la SAED. Ils concernent des moulins à mil, décortiqueuses, actions d'embouche bovine, acquisition de groupe moto-pompe en liaison avec les aménagements hydro-agroforestiers.
Seuls les moulins à mil de la zone de Podor ont été financés. Les zones de Dagana et Matam ne font pas partie actuellement des priorités du FED qui n'intervient dans ces zones que depuis très eu de temps. Le financement des aménagements hydro-agroforestiers est en cours d'examen au FED/PMR.
Activité 3: Appui à la transformation et à l'écoulement des produits
Cette activité n'est pas réalisée actuellement par le projet malgré son intérêt (vente de perches d'eucalyptus, vente de fruits de Zyziphus et Balanites,...).
Activité 4: renforcement des actions de sensibilisation/démonstration pour l'économie de bois (foyers améliorés).
Les animatrices des 3 zones ont redynamisé ce volet en appuyant la formation/recyclage des GPF pour la construction de foyers améliorés de type "Ban Ak Surf".
Afin de pallier aux inconvénients des foyers améliorés en banco, peu coûteux, mais à réparer et/ou reconstruire après chaque saison des pluies, des séances de sensibilisation ont été organisées sur l'utilisation des foyers améliorés métalliques. Une formation de 14 forgerons a été organisée, qui a permis la construction de 49 foyers métalliques.
Afin de montrer les avantages comparatifs de ces différents foyers, des séances de démonstration/cuisine contrôlée ont été organisées.
Activité 5: Appui à l'acquisition et la gestion de matériel d'allégement des travaux féminins
N.B.: Cette activité est complémentaire de l'activité 2.
Le projet, ne disposant pas de ligne budgétaire adéquate pour cet appui, ne participe quasiment pas à l'heure actuelle - et essentiellement au travers du FED/PMR - à cette activité. De nombreuses demandes d'appui ont été exprimées par les différents GPF rencontrés.
Résultat 2.4: Modèles d'aménagement intégré des forêts et des terroirs élaborés sur base participative
Ce résultat ayant été entièrement révisé dans son contenu, aucune activité n'est menée actuellement par le projet.
Parmi les objectifs poursuivis par le Gouvernement dans sa politique de développement économique et social, figurent la gestion intégrée des terroirs villageois, l'intensification de la lutte contre la désertification et une meilleure maîtrise du facteur "eau". Cette politique s'est traduite au niveau sectoriel forestier par l'adoption en 1993 du Plan d'action Forestier du Sénégal (PAFS). Celui-ci vise notamment une meilleure intégration de l'arbre dans les systèmes ruraux de production et se base sur l'implication des populations dans la formulation des programmes forestiers et la gestion des ressources forestières.
Ces différentes orientations confortent le PROWALO dans sa stratégie d'élaboration de plans d'aménagement intégré de terroirs en partenariat avec les populations et les autres intervenants de la vallée du fleuve Sénégal. Aussi, l'amélioration du cadre institutionnel du sous-secteur avec la promulgation en avril 1995 du décret d'application du nouveau Code Forestier accroît-elle la participation active des populations dans l'application de plans d'aménagement établis avec le PROWALO.
Ces politiques sectorielles sous-tendent l'action du PROWALO dans l'élaboration et l'application de ses modèles d'aménagement participatifs et intégrés des terroirs villageois. Enfin, comme il a déjà été rappelé ci-dessus, le PROWALO appuie le programme Ceinture verte, dans les actions de réhabilitation des formations naturelles, la régénération des forêts et l'installation de brise-vent dans les aménagements hydro-agricoles.
Le personnel de contrepartie, affecté par le Gouvernement à hauteur de 85% des besoins identifiés dans le document de projet est composé de:
- un Directeur National (IEF): ce dernier a été confirmé à son poste compte tenu de sa participation aux phases antérieures;- 1 IEF, 5 ITEF et 5 ATEF affectés directement au projet
- 1 ITPN et 1 ATEF cumulant les activités du projet et celles de l'administration forestière.
La mission note l'important effort d'affectation du personnel forestier, malgré la faiblesse de l'effectif au niveau national. Elle regrette toutefois que la totalité des agents n'ait pu être affectée, en raison du caractère pilote du projet.
La mission a pu de surcroît constater la forte implication de l'IREF, des secteurs et des brigades évoluant dans la zone d'intervention du projet, ainsi que du niveau national qui a organisé des missions de suivi et de contrôle (dont la mission de suivi de la DSEFS/DEFCCS en janvier 1996).
Enfin, conformément aux dispositions du document de projet qui prévoyait la participation du gouvernement à hauteur de 15% du budget annuel du projet à partir de 1997 et suite aux décisions prises lors de la revue tripartite du 03.05.1996, le Gouvernement a inscrit et mobilisé 25 millions de FCFA en 1996. Les prévisions budgétaires reflétées dans le Programme triennal d'investissement public (PTIP 1997-1999) qui viennent d'être adoptées par l'Assemblée Nationale, prévoient également 25 millions en 1997 et 25 millions en 1998. Ce soutien, bien que remarquable, devra être maintenu, voire renforcé, par la stabilité du personnel du projet, l'affectation d'un agent pour étoffer les divisions techniques (DPFA, DSAFSE) qui restent faibles en personnel et une plus grande implication des structures partenaires (Services traditionnels du développement rural).
Le projet est placé sous la tutelle technique de la Direction des Eaux, Forêts, Chasses et Conservation des Sols (DEFCCS) au niveau national et de l'Inspection des Eaux et Forêts au niveau régional. La Direction du PROWALO comprend:
- un Directeur National appuyé par un Conseiller Technique Principal- une Division Production Forestière et Aménagement (DPFA), auquel est rattaché l'expert national en pastoralisme
- une Division Sensibilisation-Animation-Formation et Suivi-Evaluation (DSAFSE)
- un Bureau de Gestion Administrative et Financière
Par ailleurs, le projet s'est vu renforcer par 6 cadres associés, dont 5 sont répartis au niveau des zones. Ces cadres associés permettent de pallier en partie l'insuffisance en personnel pour assurer la formation et le suivi de certaines activités, comme la cartographie, le suivi technique de la charrue "delphine", etc.
Dans ses zones d'intervention, le projet est structuré en trois zones (Podor, Matam, Dagana) et sept postes (quatre postes à Podor, deux postes à Matam et un poste à Dagana). Les zones et les postes sont placés respectivement au niveau des secteurs et des brigades de l'Administration forestière.
Cette organisation du projet permet l'intégration effective de ses activités dans les structures pérennes de la DEFCCS. Les moyens mis à la disposition du Service Forestier Régional et la formation de ses agents dans les domaines de l'approche participative, outils de communication, techniques de restauration,... permettent de motiver les agents du service forestier dans la conduite commune avec les agents du projet des activités de terrain.
La mission a pu constater en effet que ces derniers étaient d'une manière générale bien impliqués dans les activités du projet. Elle considère qu'une étape importante a été franchie dans la responsabilisation et l'implication du personnel forestier dans l'exécution et le suivi des activités du projet.
Toutefois, un certain nombre de lacunes ont été notées dans la gestion du projet. Il s'agit surtout de:
- une irrégularité et une insuffisance du suivi des actions de terrain par la Direction et les divisions techniques du projet. Celles-ci semblent être liées entre autres aux faibles émoluments lors des déplacements des agents sur les sites éloignés (Matam) et par ailleurs au fait qu'un véhicule n'est pas toujours mis à la disposition des divisions;- une insuffisance dans la fréquence des réunions de coordination (niveau Direction et zones) et de suivi des postes par les zones;
- un problème de gestion du pool de véhicules, placés sous la responsabilité des chefs de zone, qui affecte la mobilité des postes et des structures partenaires dans la mise en oeuvre collective des actions de terrain. Cette situation pourrait être améliorée par l'élaboration de programmes mensuels par les chefs de poste, qui permettrait aux chefs de zone de programmer les véhicules en temps utiles et d'en suivre leur utilisation.
- des PTA pas toujours élaborés avec les différents partenaires ce qui réduit l'efficacité et l'efficience de l'exécution des activités surtout non forestières. Ceux-ci devraient être adoptés au niveau des différents cadres de concertation, avant leur envoi à la Direction du projet et leur approbation au niveau régional.
En ce qui concerne le personnel FAO, dont les deux experts internationaux et l'expert national, dont les contrats se sont terminés ou se termineront respectivement fin juillet 1996, fin décembre 1996 et fin mai 1997, la mission a pu faire les constats suivants:
1. Expert en animation/vulgarisation (DSAFSE)
L'expert n'a bénéficié d'aucun homologue pendant toute la durée de son séjour au projet. Cette lacune a été comblée en juillet 1996, au moment du départ de l'expert, par la nomination d'un chef de la division qui a été rejoint en novembre par un autre agent. Les activités avaient surtout été concentrées par l'expert sur l'animation/sensibilisation, les aspects suivi/évaluation n'étant pas abordées.
2. Expert en foresterie rurale/aménagement (DPFA)
Son départ coïncide avec la nécessité d'accélérer les activités de cartographie et d'élaboration de plans d'aménagement. Toutefois, il faut rappeler que le projet s'est doté récemment d'un matériel informatique et cartographique performant (auquel le Chef de la DPFA, le CTP et un cadre associé ont été formés). La DEFCCS et le CSE disposent également du même matériel (logiciel MAPINFO, GPS).
Partant, d'une part du rôle d'appui assigné au Bureau cartographie de la DEFCCS, et de l'existence de compétences nationales dans le domaine, la mission recommande au projet qu'il se fasse appuyer le plus tôt possible par le bureau cartographie de la DEFCCS et par le CSE (sous-contrat) ou des consultations nationales (une ligne budgétaire non mobilisée existe à cet effet). Le départ de l'expert sera l'occasion de tester les capacités du personnel national.
3. Expert national en pastoralisme (DPFA)
Si le recrutement d'un expert en pastoralisme se justifie pleinement en raison du poids de l'élevage dans la zone d'intervention du projet, par contre, la mission note avec inquiétude que, non seulement les données concernant ce secteur et notamment le potentiel pastoral ne sont toujours pas disponibles, mais également que la dimension élevage est largement insuffisantes dans les activités du projet. Des placettes de mesure ont été installées dans les différentes unités de paysage en fin de saison des pluies 1996 (Voir ci-après). La mission attire l'attention de la Direction du projet et de la DPFA sur le fait, d'une part, qu'il ne reste plus qu'une saison des pluies pour les mesures, ce qui est totalement insuffisant pour estimer le potentiel, et, d'autre part, que le contrat de l'expert prend fin avant la saison des pluies.
Des solutions devront être trouvées en concertation avec la direction du projet, la DPFA, le pastoraliste et la Direction de l'élevage pour une meilleure prise en compte des aspects liés à l'élevage.
La nouvelle phase PROWALO démarrée en février 1995 a fait l'objet d'un suivi rapproché, tant de la part de la FAO, que de l'Ambassade des Pays-Bas et du Gouvernement du Sénégal.
Près d'une dizaine de missions d'appui organisées par la FAO (mission d'appui du siège, mission de consultation internationale) ont appuyé le projet, notamment dans la définition de la stratégie de communication du projet, la formation en communication de proximité, la confection de dossiers de vulgarisation, la mise au point de la charrue "Delphine", l'appui à la mise en place pour le financement des micro-réalisations.
Le Représentant de la FAO récemment affecté au Sénégal et la nouvelle équipe de l'Ambassade des Pays-Bas ont visité le projet. Le projet a reçu également la visite du Directeur Général de la FAO et du Ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature du Sénégal.
La DEFCCS a effectué une mission de suivi et de contrôle en janvier 1996. Celle-ci a formulé un certain nombre de recommandations, qui n'ont malheureusement pas toutes été prises en compte.
Le projet a fait l'objet d'une revue tripartite Gouvernement/Pays-Bas/FAO les 22 et 23 avril 1996. La plupart des recommandations portant sur l'affectation du personnel national supplémentaire, la prorogation du mandat des experts internationaux, ont été réalisées.
Enfin, des stagiaires ont séjourné dans la zone d'intervention du projet. Parmi les thèmes étudiés, on peut citer: l'étude des capacités de charge de la Forêt Classée de Diamel, la politique d'intégration de l'arbre dans les terroirs villageois du Walo, la problématique de l'application de la stratégie partenariale dans un processus de reconstitution des forêts dénudées du Nord du Sénégal. Ces différents rapports de stage mériteraient d'être mieux valorisés, compte tenu des réponses qu'ils apportent à des questions majeures touchant les domaines d'activités du projet.
Globalement, la mission estime que le PROWALO a fait l'objet de toute l'attention de la part de la FAO, du Gouvernement du Sénégal et de l'Ambassade des Pays-Bas et a bénéficié d'un appui conséquent.