Les mesures d’anticipation aident les producteurs à éviter les pertes avant qu’elles ne s’installent, ce qui permet de préserver la sécurité alimentaire et de réduire les besoins humanitaires. Parmi les mesures préventives mises en œuvre par la FAO figurent la distribution de semences et de races tolérantes à la sécheresse et à la chaleur, la mise à disposition d’aliments pour animaux, l’amélioration de l’accès à l’eau, la fourniture d’un soutien en matière de santé animale, la mise en place de mesures de lutte contre les ravageurs, la fourniture de matériel et d’outils visant à protéger la production agricole et les récoltes contre les effets des inondations et des cyclones, ou encore la fourniture de conseils pour les semis et de directives à l’intention des communautés de pêcheurs qui se heurtent au réchauffement des eaux, aux tempêtes ou à une baisse du volume des prises. Les systèmes d’alerte rapide et la mise à disposition d’une assistance préventive permettent aux populations d’aborder les périodes difficiles avec davantage de solutions et une plus grande résilience.
La préparation à El Niño ne concerne pas que la prochaine récolte. Les dégâts que provoque le phénomène peuvent se répercuter sur les cycles de culture suivants et laisser les agriculteurs démunis face à la dégradation des sols, à l’épuisement des stocks de semences, à l’affaiblissement du bétail et aux pertes matérielles. Une saison ratée peut rendre la crise suivante plus difficile à surmonter.
Les causes d’El Niño et du changement climatique ne sont certes pas les mêmes, mais bon nombre des mesures à prendre pour y faire face se recoupent. Les mesures qui visent à renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires face au phénomène El Niño contribuent également à protéger ceux-ci contre les phénomènes climatiques extrêmes à plus long terme qu’entraîne le réchauffement climatique.
El Niño donne un avant-goût des risques auxquels nous serons exposés dans un avenir plus chaud. Le financement des mesures d’anticipation à la hauteur des besoins peut contribuer à éviter que les risques climatiques ne se transforment en crises alimentaires. Les investissements dans le renforcement de la résilience et l’adaptation ne doivent pas se limiter à garantir la récolte immédiate, mais à préparer les agriculteurs à affronter la prochaine saison et celle d’après. L’objectif est de préserver la sécurité alimentaire et les moyens d’existence avant que les pertes ne s’aggravent, mais aussi de mettre en place des systèmes qui soient mieux à même de résister aux phénomènes climatiques extrêmes à venir.
Carte des zones exposées aux effets d’El Niño
La carte met en évidence les zones où la sensibilité historique au phénomène El Niño se conjugue à des conditions pluviométriques défavorables et à des préoccupations déjà existantes en matière de sécurité alimentaire.
Pour en savoir plus :
Sécheresses agricoles InondationsDans certaines régions d’Asie du Sud-Est, El Niño se traduit généralement par des précipitations inférieures à la normale, en particulier en pleine saison des moussons (juin‑septembre), dans une bonne partie de l’Asie du Sud. Le phénomène peut aussi apporter un temps plus sec dans certaines îles du Pacifique, et menacer ainsi de provoquer des pénuries de nourriture et d’eau. En revanche, en Asie centrale, il s’accompagne généralement de précipitations supérieures à la moyenne, avec pour conséquences des inondations et des glissements de terrain, qui emportent les semences, détruisent les récoltes et déciment les élevages.
Le phénomène El Niño est généralement associé à des précipitations supérieures à la moyenne, observées entre les mois d’octobre et de décembre dans la Corne de l’Afrique. Les pluies causent des inondations et des glissements de terrain, ce qui nuit à l’agriculture et accroît le risque de maladies. Des précipitations inférieures à la moyenne sont observées dans les zones occidentales à régime unimodal d’Afrique de l’Est (ouest de l’Éthiopie, Soudan, Soudan du Sud, Ouganda, ouest du Kenya) entre juillet et septembre. Dans la majeure partie de l’Afrique australe, ces dernières années, on a observé une baisse des précipitations attribuée à El Niño, entre novembre et mars, au moment de la principale campagne agricole. Cette situation risque de compromettre les perspectives de récolte et la productivité des élevages et d’aggraver la situation dans les pays confrontés à des problèmes d’approvisionnement alimentaire et ayant un taux élevé d’insécurité alimentaire. En Afrique de l’Ouest et au Sahel, El Niño provoque généralement des précipitations inférieures à la moyenne entre juillet et septembre, ce qui coïncide avec la principale campagne agricole. La situation pourrait s’aggraver dans les pays qui connaissent des difficultés d’approvisionnement alimentaire et sont de plus en plus tributaires des importations, compte tenu de la hausse des prix des denrées alimentaires au niveau mondial.
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