D’après la première analyse consécutive au tremblement de terre à Haïti, la faim augmente de manière alarmante dans les secteurs les plus touchés

La FAO estime qu’il est indispensable de soutenir l’agriculture après la catastrophe pour aider le pays à se relever et à renforcer la sécurité alimentaire

©FAO/Luca Tommasini

La remise en état des jardins, des fermes et des infrastructures agricoles endommagés sera essentielle pour le redressement d'Haïti après le séisme.

©FAO/Luca Tommasini

09/09/2021 , Rome
En raison des nouvelles en provenance d’Haïti indiquant que le tremblement de terre du mois dernier a touché le secteur agricole et aggravé la faim, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a appelé aujourd’hui à augmenter d’urgence les investissements en faveur de la population haïtienne des zones rurales pour l’aider à relancer ses activités essentielles – potagers familiaux et petites exploitations – et éviter une aggravation de la crise alimentaire.

Cet appel fait suite à l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) qui a été récemment publiée et selon laquelle environ 980 000 personnes vivant dans les quatre départements les plus touchés par ce séisme d’une magnitude de 7,2 sur l’échelle de Richter (Grand’Anse, Nippes, Sud et Sud-Est) sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Haïti, qui est le pays le plus pauvre de tout le continent américain, est depuis longtemps vulnérable à de nombreux égards, et ce dernier séisme l’expose à de nouvelles difficultés résultant de la destruction de marchés agricoles, de routes rurales, de sites de transformation et de stockage, de laiteries et d’ouvrages d’irrigation. La tempête tropicale Grace, qui a frappé le pays quelques jours après, a également provoqué d’autres dégâts.

«Alors qu’il traversait une succession de catastrophes et de crises, le pays a été frappé par ces deux nouveaux coups durs, qui ont laminé les capacités de production et d’accès à la nourriture pour les familles et la population locale», a déclaré le Représentant de la FAO en Haïti, M. Jose Luis Fernandez. «À l’approche de la période de semis hivernaux en octobre, il faut investir de toute urgence dans la relance de la production agricole. Il faut agir immédiatement, mais les investissements sont trop faibles pour engager cette action cruciale», a-t-il ajouté.

Avant le tremblement de terre du 14 août, Haïti était déjà en proie à l’une des pires situations de crise alimentaire dans le monde en raison de la pauvreté, des troubles civils et de l’instabilité politique et économique, ainsi que des catastrophes naturelles successives et des effets de la pandémie de covid-19. Dans ce pays, 4,4 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë à un degré critique – «insécurité alimentaire aiguë élevée» –, voire plus grave encore, sur l’échelle du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

Aider les personnes qui en ont le plus besoin

En Haïti, 60 pour cent de la population rurale vit de l’agriculture. Les conditions nutritionnelles des populations les plus vulnérables et les plus démunies dépendent fondamentalement de la production potagère domestique.

La FAO lance un appel à une nouvelle aide d’un montant de 20 millions d’USD pour contribuer à la protection et au rétablissement des moyens d’existence de 32 000 foyers ruraux extrêmement vulnérables (160 000 personnes) qui ont été touchés par le tremblement de terre et, quelques jours après la fin des secousses, par la tempête tropicale Grace. Cette aide est également nécessaire à la réparation de l’infrastructure agricole locale. Il est notamment prévu de la mettre à profit de la façon suivante:

•   Cultures et transferts monétaires: Des semences de légumes et de légumineuses ainsi que des outils agricoles seront distribués à 15 000 familles vulnérables (75 000 personnes), qui bénéficieront également d’un soutien technique. Ces familles recevront en outre des transferts monétaires à hauteur de 200 USD (100 USD/mois) pour satisfaire leurs besoins urgents en attendant leur nouvelle récolte.

•   Petit élevage et pêche artisanale: 10 000 ménages vulnérables qui ont été touchés par la catastrophe (50 000 personnes) recevront des volailles et des caprins ainsi que du fourrage et une aide d’urgence destinée à créer des banques fourragères. 25 000 animaux domestiques touchés par le tremblement de terre bénéficieront de l’intervention d’équipes d’appui en santé animale, de la distribution de kits et de la fourniture de services vétérinaires itinérants. La distribution de matériel de pêche et la fourniture d’une assistance technique contribueront à relancer la pêche en mer et l’aquaculture.

•   Remise en état de l’infrastructure agricole: 7 000 foyers (35 000 personnes) bénéficieront de la réparation de l’infrastructure agricole et des installations de transformation qui ont été endommagées par les glissements de terrain et le tremblement de terre. Ces opérations contribueront à protéger leurs ressources et à reconstruire les moyens de production alimentaire de la population tout en garantissant l’accès aux produits locaux. Elles viseront notamment les canaux d’irrigation et les installations de transformation de fruits, de manioc, de maïs, d’arachide, de lait et de poisson.

Note aux rédacteurs: L’IPC est une initiative mondiale multipartite, à laquelle participent 15 organismes des Nations Unies, des organisations régionales et des organisations non gouvernementales internationales et dont l’objectif est de faciliter la prise de décisions en fournissant des analyses consensuelles sur l’insécurité alimentaire et la malnutrition.

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