Transformer les services de vulgarisation et de conseil
Au cours des 30 dernières années, les services nationaux de vulgarisation et de conseil (EAS) du monde entier ont subi des changements majeurs. Les grands systèmes de vulgarisation publics uniques ont cédé la place à des systèmes pluralistes, dans lesquels les services sont fournis par différents acteurs, y compris le secteur privé, les organisations non gouvernementales et les organisations paysannes.
On est également passé de systèmes de gestion centralisée et pyramidale à des systèmes où le processus décisionnel est délégué au niveau local; et de systèmes entièrement financés par l'État à des systèmes à financement mixte dont une part croissante provient d'autres sources et dans lesquels des services de conseil spécifiques ont été privatisés. En outre, les technologies numériques sont désormais de plus en plus accessibles et utilisées par les fournisseurs des EAS pour atteindre les petits exploitants et les agriculteurs familiaux.
Les prestataires des EAS offrent également une gamme de services bien plus large qu'auparavant car les agriculteurs font de plus en plus partie des chaînes de valeur allant des fournisseurs d'intrants aux consommateurs. Il faut davantage d'informations pour que les agriculteurs puissent adapter au besoin leurs systèmes agricoles au changement climatique et à d'autres menaces environnementales et externes.
Tous ces changements signifient que les fournisseurs d’EAS doivent de plus en plus assumer de nouveaux rôles et de nouvelles fonctions non traditionnels. Mais ils sont souvent dépourvus des capacités humaines et techniques, des investissements adéquats et des incitations à ces changements.
Évaluation des services nationaux de vulgarisation et de conseil
La FAO élabore des lignes directrices pour évaluer le fonctionnement des EAS au niveau national. Pour aider les pays à prendre des décisions fondées sur des données factuelles concernant les EAS, la FAO travaille sur des méthodologies améliorées, des indicateurs pour saisir la performance de la prestation de services, les résultats essentiels apportés par les EAS et la complexité des interactions pluralistes et des processus d'innovation. Les directives d'évaluation ont été testées à des degrés divers dans différents pays, dont l'Azerbaïdjan, l'Équateur, l'Inde, le Kirghizistan, Madagascar, le Tadjikistan, l'Ouganda, l'Ukraine et l'Ouzbékistan.
Vulgarisation numérique
La FAO accompagne les EAS nationaux vers la transformation numérique de l'agriculture selon deux grandes voies. Premièrement, en améliorant la fourniture, la portée et l'impact des EAS pour les petits agriculteurs grâce à des innovations numériques, y compris à la fois les technologies émergentes (telles que les blockchains, l'intelligence artificielle et l'Internet des objets) et les outils numériques accessibles (par exemple, les téléphones mobiles, les plateformes de gestion des connaissances et les e-services de vulgarisation). Deuxièmement, en renforçant les capacités des conseillers et des agriculteurs à contribuer efficacement à la numérisation des systèmes agroalimentaires en tenant compte des risques et des opportunités potentiels. La FAO a fourni une assistance en matière de vulgarisation numérique en Azerbaïdjan et en Tunisie dans le cadre du processus de réforme des EAS.
Orientations politiques pour la réforme des EAS
La FAO fournit à ses pays membres des conseils et un soutien politique pour gérer la conception et la mise en œuvre d'une réforme efficace des EAS nationaux. Elle a développé une série de notes explicatives “How to do” publiant des conseils pour les décideurs d'une manière concrète, illustrée et conviviale.
La FAO travaille activement avec les principaux acteurs mondiaux, régionaux et sous-régionaux des EAS. Il s’agit, notamment, du Forum mondial pour le conseil rural (GFRAS), lancé en 2010, dont la FAO est membre du Conseil d'administration. Il s'agit également de réseaux régionaux, tels que le Forum africain pour les services de conseil agricole (AFAAS), le réseau de services de conseil rural des îles Asie-Pacifique (APIRAS), le Réseau latino-américain pour le conseil rural (RELASER), le Forum européen pour les services de conseil agricole et rural (EUFRAS) et 15 autres réseaux sous-régionaux.