La gestion et la restauration des mangroves
Ce module fournit des orientations à l’intention des personnes intéressées par la conservation, la restauration et la gestion des mangroves. Il aborde le sujet d’un point de vue global, en tenant compte des rôles de la grande diversité de biens et de services fournis par les forêts de mangrove – des fruits de mer et du charbon de bois à la rétention des sédiments et à l’atténuation des surcotes provoquées par les tempêtes en mer. On trouve les mangroves sur les côtes mais leur influence s’étend souvent à l’intérieur des terres et très loin dans la mer.
Notions de base
Les mangroves sont des écosystèmes dominés par des arbres ou des arbustes à feuilles persistantes et tolérants au sel qui se situent dans des zones influencées par la marée le long de côtes abritées par des climats tropical, subtropical et doux et tempéré. Dans les 123 pays où elles sont présentes, les mangroves couvrent une surface estimée à 150 000 km2 (15 millions d’hectares) (Spalding, Kainuma and Collins, 2010). Leurs structures, leur composition en espèces et leurs caractéristiques écologiques peuvent être très différentes, tout comme la manière dont elles sont utilisées ou valorisées par les êtres humains.
Les mangroves offrent un habitat aux crustacés et aux mollusques comestibles, des zones d’alevinage et d’alimentation pour les poissons et les crevettes, et des habitats pour les oiseaux et la faune sauvage. Les feuilles mortes et autres détritus qui sont produits et lessivés par les forêts de mangrove sont une source d’alimentation pour les animaux tels que crabes, palourdes, huîtres et autres types de coquillages et pour les poissons osseux qui, ensemble, nourrissent des millions de personnes.
Les types de mangroves diffèrent en fonction de la salinité, de la profondeur et du débit de l’eau qui les façonne et les nourrit. Les substrats sur lesquels ils se développent (et sur lesquels ils influent en retour) sont également très variés, allant des débris de coraux à des argiles et des limons profonds enrichis d’abondante matière organique.
Les hommes convertissent les mangroves depuis plus de 500 ans. Aujourd’hui, les mangroves sont soumises à des pressions presque partout où elles sont présentes – par exemple, pour créer des bassins à crevettes et des champs de riz et pour des usages en amont comme les plantations de palmiers à huile et l’expansion urbaine, cette dernière représentant aujourd’hui dans certaines régions une sérieuse menace. Dans certains pays, les mangroves sont considérées comme des terres incultes et ne font pas partie du domaine forestier national, et ne sont par conséquent pas protégées par la législation forestière. Dans d’autres pays, les mangroves relèvent de la juridiction des départements forestiers qui se concentrent trop sur leurs ressources ligneuses au détriment d’autres produits et services écosystémiques.
La destruction massive et permanente des mangroves est seulement partiellement compensée par les efforts de restauration et de reforestation. En outre, l’élévation du niveau de la mer menace jusqu’à 25 pour cent des mangroves qui subsistent (Alongi, 2008). En temps normal, les mangroves s’adaptent à l’élévation du niveau de la mer en retenant les sédiments ou en se retirant plus à l’intérieur des terres et sur les pentes. Mais aujourd’hui, de nombreuses mangroves sont menacées par l’élévation du niveau de la mer, car les barrages fluviaux et le détournement des rivières par des canaux bloquent leurs sources de sédiments, ou encore car leur migration vers les terres intérieures est empêchée par un relief escarpé ou par les infrastructures humaines telles que routes et digues.
Les hommes utilisent les mangroves pour de nombreuses raisons. Par exemple, elles sont une source directe d’alimentation en coquillages, homards, crabes et organismes vivant dans les arbres et à la surface ou en-dessous de l’eau. Les arbres des mangroves sont coupés pour le bois de feu, le charbon et la construction de pontons et de maisons et sont aussi utilisés comme substrat pour l’élevage d’huîtres. Les feuilles de certaines espèces sont utilisées comme fourrage pour les chèvres et les moutons tandis que certaines zones servent pour le pâturage saisonnier des chameaux et d’autres animaux d’élevage. Les palmiers présents dans les mangroves sont parfois exploités pour la production d’alcool et leurs feuilles sont utilisées comme source de fibres et pour couvrir les maisons. Les avantages indirects des mangroves sont également très divers – par exemple, elles protègent les zones littorales des ouragans et des surcotes, servent de frayères pour les poissons osseux et retiennent les sédiments. À l’échelle mondiale, la valeur économique totale pour la seule production de crevettes, crabes et mollusques issus des mangroves est estimée à plus de 4 milliards d’USD par an (Ellison, 2008).
Si la richesse des mangroves en matière de biodiversité est bien connue et que des approches intégrées en matière de gestion et de restauration sont reconnues comme de plus en plus nécessaires, de nombreuses politiques de gestion des mangroves continuent à mettre l’accent sur la récolte du bois pour le charbon, pour le matériel de construction et comme matière première dans la confection de la viscose. Dans la plupart des cas, néanmoins, les avantages directs et indirects cumulés des écosystèmes d’une mangrove intacte sont bien plus importants que les bénéfices financiers issus de la récolte du bois.
Des progrès ont été accomplis dans certaines régions pour gérer de manière durable les forêts de mangrove. Les rendements issus du bois diminuant après des récoltes répétées en coupe rase suggèrent néanmoins de porter davantage d’attention aux effets de la récolte du bois des mangroves sur les sols et les organismes du sol.
Modules associés
- Le changement climatique: adaptation et atténuation
- Restauration des forêts et des paysages
- Les forêts et l’eau
- Réponses forestières aux catastrophes naturelles et aux conflits humains
- Gestion des produits forestiers non ligneux
- Sylviculture dans les forêts naturelles
La gestion et la restauration des mangroves contribue aux ODD:
Approfondissement
Les types d’écosystèmes
Il est difficile de généraliser sur les mangroves en raison des nombreuses conditions géomorphologiques et hydrologiques dans lesquelles elles se développent et des différents antécédents liés aux perturbations naturelles ou humaines. Lorsque les mangroves se développent sur les plaines inondables de rivières riches en sédiments, elles ont tendance à s’étendre et à être productives. À l’opposé, certaines mangroves se développement sur des débris de coraux, où les vagues lessivent continuellement les sédiments fins. Les mangroves peuvent être caractérisées selon qu’elles sont dominées par l’espèce Avicennia ou par des espèces de la famille des Rhizophoracées (Rhizophora sous les tropiques américains et Rhizophora, Bruguiera et Ceriops sous les tropiques asiatiques, par exemple). Plusieurs systèmes de classification des mangroves existent, qui offrent un éclairage utile pour leur gestion et leur restauration.
Le taux de perte des mangroves a baissé ces dix dernières années d’environ deux pour cent par année, bien que ce taux soit bien plus élevé dans certains pays, notamment en Asie (Bankespoor, Dasgupt et Lange, 2016). Le taux mondial moyen de perte reste alarmant, malgré des améliorations dans certains pays grâce à la restauration.
Les mangroves sont détruites principalement par l’élevage de crevettes (l’aquaculture) ou sont aménagées pour fournir un espace aux établissements humains, à l’agriculture et aux infrastructures, comme les aéroports. Les mangroves sont converties à l’agriculture à un taux à peine plus bas qu’elles ne l’étaient il y a dix ans – malgré l’évidence frappante de la viabilité financière généralement faible de cette utilisation des terres. Les propositions de conversion des mangroves à d’autres fins devraient être étudiées avec attention et le défrichement illégal doit être empêché et dûment pénalisé. Des bassins d’aquaculture abandonnés, courants en de nombreux endroits des tropiques, sont souvent aptes à une restauration, mais les efforts en la matière peuvent être contrariés car les sols se sont dégradés et le débit d’eau bloqué. Éviter le défrichement des forêts de mangrove pour quelque usage que ce soit est préférable à une ultérieure réhabilitation coûteuse. Les mangroves sont également dégradées par l’exploitation excessive des ressources, dont l’étendue, moins bien mesurée, est sans doute importante.
Des populations diverses vivent sur les zones côtières - des communautés pauvres et géographiquement isolées aux citadins aisés -, et tout aussi variées sont les valeurs attribuées aux mangroves et à leur territoire marin et rural. Si la récolte de bois est importante à la fois pour la subsistance et les revenus, la plupart des populations qui dépendent des mangroves tirent leurs revenus de la pêche et des activités qui y sont liées. Certaines des espèces de poisson importantes à la pêche commerciale, la pêche de subsistance ou la pêche sportive passent la plupart de leur vie dans les mangroves, et bien d’autres utilisent les mangroves au stade larvaire ou juvénile.
Les populations locales pêchent différents crustacés et mollusques qui vivent dans les sols de mangrove pour leur subsistance et la vente. Même des pêcheries apparemment éloignées des mangroves (par exemple, celles qui se basent sur des espèces caractéristiques des récifs coralliens et des herbiers marins) bénéficient d’une meilleure qualité d’eau fournie par la rétention des sédiments dans des mangroves saines. Il a été abondamment démontré que les systèmes intégrés de foresterie-pêche-aquaculture constituent des alternatives viables économiquement et respectueuses de l’environnement plutôt que les récoltes en coupe rase des forêts de mangrove pour l’aquaculture. Pour justifier les efforts pour protéger et restaurer les mangroves et les utiliser de manière durable, il faut prendre en considération tout l’éventail des biens et des services écosystémiques qu’elles procurent aux bénéficiaires, qui vont des utilisateurs de subsistance aux adeptes de l’écotourisme.
Dans la mesure où environ un tiers de la population mondiale vit dans des régions côtières, la protection qu’offrent les mangroves contre les surcotes, les tsunamis et les vents violents est fondamentale et ce d’autant plus que les prévisions indiquent une augmentation de leur intensité en raison du changement climatique, cumulée avec l’élévation du niveau de la mer. Le rôle bénéfique de bouclier biologique qu’offrent les mangroves peut être considérable; ces avantages varient en fonction de l’étendue de la forêt, de la densité et de la hauteur de ses arbres et de la topographie, de la bathymétrie et des caractéristiques des vagues et du vent. En comparaison avec les méthodes d’ingénierie lourde qui sont couramment employées pour la protection côtière des communautés, comme l’installation de brise-lames et de digues immergés, préserver et restaurer les mangroves est en général bien plus économique et pérenne; en outre, des mangroves saines apportent bien plus de biens et services écosystémiques que ces infrastructures lourdes.
Le coût de restauration des mangroves pour servir à des fins de bouclier biologique contre les vagues est de deux à six fois inférieur au coût d’installation de digues immergées, qui est une pratique courante (Narayan et al., 2016) . Protéger des mangroves encore intactes de la déforestation et de la dégradation est même une approche encore plus économique pour la protection des zones côtières de basse altitude, où les installations humaines augmentent souvent rapidement. La fonction de protection des zones côtières des mangroves augmente avec l’élévation du niveau de la mer, qui ne menace cependant qu’environ un quart de toutes les mangroves (Alongi, 2008). Certaines mangroves pourraient être privées de sédiments à cause de l’élévation du niveau de la mer et certaines peuvent être empêchées de «migrer» vers un terrain plus approprié par la topographie locale ou les infrastructures humaines.
La capacité des mangroves à retenir les sédiments et absorber les nutriments les rend adaptées au traitement organique des eaux usées, bien qu’elles accumulent dans leur organisme des métaux lourds pouvant endommager les tissus et entraîner des perturbations dans la chaîne alimentaire. Les effluents issus des bassins d’élevage intensif de crevettes peuvent être traités de manière efficace par les mangroves; on estime cependant que de 2 à 22 hectares de forêt de mangrove sont nécessaires pour filtrer organiquement les déchets générés par un hectare de bassins d’élevage de crevettes (Walters et al., 2008).
Les interventions de restauration des mangroves se classent selon leur intensité. Dans les cas les plus simples, l’arrêt de l’abattage du bois et d’autres pressions dans une forêt de mangrove peut leur permettre de se régénérer naturellement; à l’autre extrémité, plus intense, les efforts de restauration peuvent avoir recours à une reconfiguration hydrologique du débit d’eau et des dépôts de sédiments, suivie par la plantation manuelle de jeunes plants élevés en pépinière. Le coût des interventions est très varié, allant d’environ 200 USD par hectare à plus de 200 000 USD par hectare.
L’échec des projets de restauration des mangroves est principalement dû à une mauvaise adéquation des espèces sélectionnées avec les conditions hydrologiques (par exemple, la fréquence et la profondeur des inondations par les marées). Il est primordial que les interventions éventuelles de restauration soient évaluées en détail avant leur mise en œuvre; les évaluations peuvent tenir compte des éléments végétaux (par exemple, la densité des arbres et la sélection des espèces), du développement de la faune, de la fonction de l’écosystème (la séquestration du carbone, par exemple) et des possibilités pour leur utilisation durable. Les crabes et les mollusques herbivores sont dans l’ensemble sensibles à la dégradation des écosystèmes et sont donc de bons indicateurs de succès d’une restauration. De nombreux problèmes peuvent être évités en engageant les services des populations locales dans toutes les phases de la gestion des mangroves: leur savoir et leur expérience peuvent considérablement contribuer au succès des interventions.
Par le passé, la restauration des mangroves avait en général pour objectifs la production de bois et la stabilisation du littoral, mais aujourd’hui, des approches intégrées qui encouragent des usages multiples pour des utilisateurs multiples sont défendues et mises à l’essai. On sait très bien comment planter et cultiver des forêts de mangrove, mais des erreurs coûteuses surviennent encore lorsque les directeurs de projets échouent à apprendre des expériences précédentes. En outre, une focalisation excessive sur la croissance des arbres peut conduire à la seule plantation d’arbres plutôt qu’à des écosystèmes fonctionnels capables d’offrir des habitats aux crabes, mollusques, poissons et autres organismes, dont de nombreuses populations locales dépendent. Par chance, même les monocultures d’arbres plantés se développent dernièrement en écosystèmes relativement divers lorsque sont évitées les coupes rases et autres formes intensives d’abattage du bois.
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Ce module a été développé avec l'aimable collaboration des personnes et/ou institutions suivantes:
Initiateur(s): Francis ‘Jack’ Putz - University of Florida
Contributeur(s): Ken Shono - FAORAP, George Chuyong - University of Buea, Cameroon and Serena Fortuna - FAO, Forestry Department