|
Les agricultrices et la technologie
|
|
|
|
|
SUD DU NIGER: Villageoises pilant le mil FAO/18490
/P.Cenini
|
Partout dans le monde en développement, les agricultrices accomplissent de nombreuses tāches fatigantes, dans les champs et à la maison. Mais des mesures doivent être prises pour alléger la charge de travail des femmes, réduire leur stress et renforcer leur contribution à la sécurité alimentaire du ménage.
.
Les femmes ont cruellement besoin de nouvelles technologies permettant d'économiser la main d'oeuvre dans les domaines de la production, de la transformation et de l'entreposage des aliments, et dans d'autres secteurs liés, tels que l'approvisionnement en eau, l'assainissement, le combustible et la préparation des aliments. Mais, trop souvent, leurs voix ne sont pas entendues lorsque les priorités de recherche sont fixées, si bien que leurs besoins ne sont pas traités.
Une récente étude sur l'utilisation des outils manuels par les agriculteurs, hommes et femmes, en Afrique a révélé une situation qui en dit long. "C'est le désherbage qui tue nos femmes au travail", a dit l'un des agriculteurs, en insistant sur le fait qu'il fallait des outils plus légers. Un autre a ajouté "Nous achetons des houes et des outils et, quand ils sont usés, nous les passons aux femmes." La situation a été résumée par une membre d'une association féminine du pays qui a dit: "Nos hommes ne savent jamais, ou ne veulent pas savoir, de quoi nous avons besoin".
Mais les technologies n'avantagent pas toujours les femmes. Trop souvent, les technologies mises au point pour répondre aux besoins des agriculteurs commerciaux - qui sont le plus souvent des hommes - finissent en fait par défavoriser ceux qui le sont déjà, en particulier les femmes qui viennent de familles pauvres ou sans terres. Les outils qui soulagent les femmes des corvées non payées ont peu de chances d'être aussi rentables que des outils qui permettent aux paysans plus aisés de remplacer la main d'oeuvre féminine rémunérée pour cultiver ou transformer les produits agricoles.
Au Bangladesh, l'usinage du riz avec pilon et mortier à pied, était jusqu'ici la seule source de revenu à laquelle pouvaient accéder de nombreuses femmes pauvres sans terres, en particulier les veuves et les divorcées. L'introduction de décortiqueuses mécaniques a réduit le temps de travail de 270 à cinq heures par tonne. L'introduction de 700 nouveaux moulins libèrera entre 100 000 et 140 000 femmes pour d'autres activités productives.
|