Previous PageTable Of ContentsNext Page

IV LE PROCESSUS DE MISE EN OEUVRE

Le présent chapitre décrit chronologiquement les étapes de mise en oeuvre du projet, qui était sous la responsabilité d'un directeur national nommé par les Services vétérinaires et d'élevage. L'agent chargé de la coordination et de la formation (PLTO) assurait, au quotidien, la cohérence des activités et du fonctionnement. Le PLTO et le responsable du Sikkim de l'élevage caprin (GDO) ont été détachés au projet pour les activités techniques, de formation et de suivi. Compte tenu de la nature interdisciplinaire du projet, un Comité directeur/Groupe de travail inter-services du GOS a été mis sur pied. L'équipe centrale, formée de consultants internationaux, a assuré le soutien technique, la formation complémentaire et le suivi. Chaque membre de cette équipe a effectué trois missions, au moins, au Sikkim pendant le projet. En outre, le fonctionnaire technique du projet à Rome a apporté un appui technique vers la fin du projet. Les consultants et les techniciens de la FAO ont favorisé l'introduction, le renforcement et le renouvellement des concepts de participation locale et de sensibilisation à la problématique hommes/femmes, concepts pratiquement inconnus au Sikkim dans le passé. Aucune ONG n'a participé étant donné leur inexistence au démarrage du projet.

Certains problèmes administratifs, d'origines diverses, sont apparus. Le téléphone et le fax des services AHVS ne fonctionnant pas, la communication et la coordination des activités du projet entre la FAO à New Delhi ont été complexes. Egalement, les services étatiques ne possédaient aucune expérience de collaboration avec un bailleur de fonds étranger et le Directeur national du projet ne comprenait pas toujours les conditions exigées par le donateur (par exemple, le compte-rendu d'activités). En outre, le directeur national du projet, basé à Gangtok, avait des difficultés pour collaborer avec le personnel de terrain (LPTO, vulgarisateurs), ce qui a contribué à une communication déficiente et à un faible soutien des activités de terrain. Afin de résoudre ces problèmes, il a été, au fur et à mesure du projet, de plus en plus fait recours au Comité directeur/Groupe de travail inter-services.

Chronologie des événements

Activité/événement

Date

Formation au DRP/AG

mars 1995

Evaluation DRP

avril 1995

Recyclage pour les agriculteurs et les vulgarisateurs en gestion avicole

mai 1995 et 1995-1996

Formation (2) pour les agricultrices

mai/novembre 1995

Préparation du matériel de vulgarisation en Népalais

novembre/décembre 1995

Formation à la gestion avicole, Bangalore

novembre 1995

Visite d'étude au Kenya et en Ethiopie

17 avril 1995

Rencontres entre services/Ateliers sur les résultats du DRP

 

Atelier entre services sur la réorientation des services de vulgarisation vers les femmes

septembre 1996

Suivi du projet

 

Ateliers entre services (2) sur les besoins de réorientation; coordination du projet de suivi

janvier 1997

Projet de suivi

 

Préparation du projet

Pendant cinq semaines (mars/avril 1994), trois consultants internationaux, spécialistes de l'élevage caprin et/ou en analyse socio-économique selon le genre/foresterie communautaire, ont effectué une mission au Sikkim. Un consultant national en analyse socio-économique selon le genre s'est joint à l'équipe. Le cadre conceptuel et la conception du projet ont alors été élaborés et la mise en oeuvre du projet a pu commencer.

Lors de la préparation à la FAO à Rome, on a réalisé que l'équipe, recrutée pour le PCT, était exclusivement composée de femmes. Elles possédaient toutes une expérience en méthodes participatives et en analyse de genre. C'était certainement la première fois qu'un projet, soutenu par la FAO, était formulé que par des femmes. L'équipe, bien que pluridisciplinaire et composée d'experts de différents continents, était très ouverte à la nécessité d'employer des démarches participatives soucieuses de la problématique hommes/femmes. Des relations de travail, collégiales et fructueuses, se sont rapidement établies entre l'équipe nationale et internationale. Un accord sur la répartition des responsabilités sur le terrain a été vite trouvé et accepté conjointement.

Peu d'informations sur les systèmes d'exploitation agricole, les rôles féminin et masculin et les besoins des populations rurales étaient disponibles. Il a donc été décidé d'évaluer les conditions de vie en milieu rural en fonction des activités potentielles du projet. C'est également à ce moment-là que les besoins en formation ont été passés en revue. Afin de mieux connaître le contexte socio-économique global, les rôles des ménages et les conditions environnementales en liaison avec les activités d'élevage, une démarche hautement participative et très sensible aux enjeux hommes/femmes a été adoptée. L'objectif du DRP était de décrire et d'analyser les pratiques d'élevage caprin et avicole dans les villages du sud et de l'est du Sikkim et d'identifier les obstacles et les potentialités afin de planifier des activités d'amélioration.

Formation de la contrepartie gouvernementale au DRP et à l'analyse de genre

Peu après leur arrivée, les consultants internationaux ont organisé une première initiation au diagnostic rural participatif et aux techniques d'analyse de genre. Elle a été suivie d'une session de formation de trois jours à laquelle participaient quatorze fonctionnaires du GOS qui ont, par la suite, collaboré étroitement aux DRP effectués dans les villages. On comptait également les vulgarisateurs du AHVS, des Forêts (FD). Les agents de développement communautaire du développement rural du Sikkim (SRDA) et du Programme de développement pour les femmes et les enfants en milieu rural (DWCRA) étaient aussi présents aux ateliers de formation. Celle-ci a commencé par une identification des facteurs principaux influant directement ou indirectement sur l'élevage caprin et avicole (voir les diagrammes détaillant la formation en annexe 4). Les concepts clés pour l'analyse des problèmes et les démarches participatives ont été ensuite introduits et suivis d'une formation sur le terrain aux méthodes et aux outils participatifs.

Contenu de la formation

Thèmes couverts

Méthodes, techniques, outils

· Analyse des problèmes: identification des facteurs influant sur la conduite de l'élevage au niveau domestique

· Elevage caprin sur une petite échelle

· Elevage avicole sur une petite échelle

· Introduction au DRP

Les outils de DRP et de ERR:

· Listes de contrôle des villages

· Cartes sur la participation

· Analyse de genre

· Calendrier et répartition des tâches entre hommes et femmes

· Diagnostic rapide du régime foncier (RAT)

· Techniques d'entretien individuel et de groupe

· Evaluation des marchés animaux ruraux

· Démarche Sondeo

· Conclusions des notes et des enregistrements

Utilisation des listes de contrôle du DRP:

· Liste de contrôle des informations sur la forêt et les pâturages

· Liste de contrôle d'informations sur les régimes de propriété des terres et des arbres

Quelques fonctionnaires de l'équipe du GOS étaient déjà familiarisés avec les techniques de l'évaluation rurale rapide (ERR) par le biais du projet Sikkim indo-suisse, lors de sa phase de ERR initiale. Toutefois, nombre d'entre eux ne connaissaient pas les démarches et les méthodes participatives et certains n'en avaient jamais entendu parler. Par conséquent, lors de la formation, l'accent a été mis sur la logique et la justification d'approches participatives tenant compte des enjeux hommes/femmes.

Pendant les jours qui suivirent la formation officielle, les formateurs ont poursuivi individuellement leur travail avec les membres de l'équipe afin de renforcer l'acquisition des concepts et la compréhension des techniques. Un vulgarisateur du AHVS a manifesté une certaine résistance à la problématique hommes/femmes et a marqué cette réticence en préférant s'entretenir uniquement avec les hommes du village et en ignorant les femmes. Comme cela est expliqué plus longuement par la suite, la démarche Sondeo (basée sur des équipes mixtes et interdisciplinaires) a aidé à surmonter ces préjugés.

Evaluation participative dans les villages

Après l'atelier de formation au DRP, les stagiaires et les consultants ont été divisés en deux équipes interdisciplinaires pour conduire les DRP dans les régions de l'est et du sud. Un chef d'équipe dirigeait chacune d'entre elles. Chaque équipe adoptait des démarches légèrement différentes. Certaines techniques conventionnelles de ERR, bien qu'habituellement considérées comme peu participatives (entretiens avec des informateurs clés, méthodes d'évaluation de l'environnement), ont été utilisées. Cependant les deux équipes ont énormément fait appel aux démarches participatives qui permettent à toute personne, même étrangère au milieu, de comprendre les contraintes et les potentialités des exploitations agricoles et des ménages. Chaque équipe a utilisé une large gamme d'outils du DRP et de l'analyse de genre. Grâce à un processus d'échanges et de mises en commun des informations, les membres de l'équipe, même en employant des outils différents, ont pu confirmer et trianguler les données. L'adoption et l'adaptation de la méthode interdisciplinaire Sondeo, décrite ci-dessous, est en grande partie à l'origine du succès des DRP. Cette méthode, par le biais d'un échange direct entre les hommes et les femmes de l'équipe de DRP, s'est révélée très efficace pour l'intégration de l'analyse de genre. C'était important pour la dynamique de l'équipe de travail (relations et échanges) et encore plus pour l'instauration de la collaboration entre l'équipe et les femmes et les filles participant au projet.

Cadre du DRP et de l'analyse de genre

Etapes

Réponses aux questions

Outils utilisés

Le contexte

Qu'est-ce qui s'améliore?

Qu'est-ce qui empire?

au niveau des schémas environnemental, économique, social et politique soutenant ou entravant le développement

Examen des documents

Résumé des facteurs (voir annexe 4)

Entretiens de groupe

Cartes des villages

Evaluation environnementale

Entretiens avec les informateurs clés

Les activités

Qui fait quoi?

en terme de division du travail pour les activités productives et reproductives

Calendriers détaillant séparément les tâches des hommes et des femmes

Entretiens individuels et de groupe

Observation des participants

Les ressources

Qui a quoi?

en terme de contrôle et d'accès aux ressources et aux avantages

Examen des documents

Diagnostic rapide du régime foncier

Entretiens individuels et de groupe

Cartographie

Le plan de travail pour réussir

Que faudrait-il faire?

en terme de prestation de services de vulgarisation durables, efficaces et équitables

Classement des techniques

Discussions de groupe pour parvenir à un consensus

Méthode de l'équipe Sondeo

Suivi participatif de l'impact

Des efforts ont été déployés pour travailler en collaboration avec les responsables locaux et les panchayats du village et pour stimuler leur intérêt et leur participation au processus de DRP. Dans la région Est, les panchayats et les responsables locaux ont discuté pour établir un consensus qui résumait les besoins et les potentialités des villages et qui identifiait des moyens pour résoudre les problèmes dépassant le cadre du PCT.

Le travail intensif effectué lors de la réalisation des DRP a permis de recueillir beaucoup d'informations importantes et pertinentes. Celles-ci concernaient les systèmes d'exploitation agricole, les rôles et les responsabilités des hommes et des femmes, la conduite de l'élevage caprin et avicole par les ménages ruraux, les conditions écologiques, le régime foncier et de propriété, les pratiques de pâturage, les mécanismes de pauvreté, de risques et d'endettement.

Sites soumis au DRP

L'est et le sud du Sikkim se caractérisent par une forte densité démographique et une concentration de l'élevage. Ces régions ont donc été retenues pour mettre en oeuvre le PCT. De nombreux facteurs ont une influence sur la production agricole. Toutefois, deux facteurs se sont révélés importants: l'altitude et la direction d'exposition des versants. Par conséquent, les critères densité démographique, altitude et versant d'exposition ont été retenus pour choisir les sites du DRP. Aritar et Salgari à l'est, Phongla et Pamphok au sud ont ainsi été retenus (cf. carte des sites en annexe 2). Les DRP devaient contribuer à identifier les villages les plus pauvres, ceux dont l'accès aux services était limité et ceux où l'impact du projet serait potentiellement plus fort.

Autres activités de formation

Le projet a orienté nombre de ses efforts en direction de la formation. Tout d'abord, il y eut les activités de formation et d'application pratique, telles que la formation au DRP et à l'analyse de genre. Par la suite, d'autres formations couvrant des domaines différents ont été organisées pour les fonctionnaires du GOS et les participants. Le personnel du GOS et les vulgarisateurs ont été formés à une meilleure gestion de l'élevage caprin et avicole sur une petite échelle. Plusieurs d'entre eux ont pris part à des voyages d'études et à des ateliers de formation sur divers thèmes.

Les vulgarisateurs du GOS ont formé les participants à la gestion des élevages de chèvres et de poules. Le matériel de formation a été traduit en népalais. Un suivi permanent et des démonstrations ont permis de renforcer les acquis. Dans la région Sud, où les activités d'élevage de chèvres ont eu lieu, le GDO a formé les participants aux techniques d'alimentation à l'étable sans pâturage et a collaboré étroitement avec eux pour expérimenter différents fourrages (arbres, cultures). Un autre objectif du projet concernait la recherche participative avec les agriculteurs afin de permettre le partage d'expériences et l'analyse des résultats (positifs et négatifs) 2.

Des formations dans d'autres domaines spécialisés ont été dispensées. Le PLTO a suivi une formation en techniques de DRP et de ERR, une en méthodologie de recherche appliquée et une en écologie technique (utilisation de la boussole, arpentage, suivi du canopy à l'aide d'un densimètre sphérique).

Réorientation du projet

Comme souligné précédemment, le projet initial, conçu par le AHVS, se concentrait uniquement sur l'élevage caprin et les agriculteurs (hommes) en étaient fondamentalement les bénéficiaires. Néanmoins, les DRP ont démontré qu'il fallait réorienter le projet vers des démarches plus participatives, plus axées sur la problématique hommes/femmes, plus à long terme au niveau écologique et plus interdisciplinaires.

Premièrement, tous les membres du ménage jouent des rôles importants, mais distincts, dans l'élevage caprin et ovin en terme de possession et de soins donnés aux animaux. On craignait que l'augmentation et l'amélioration du cheptel par des méthodes sélectives n'alourdissent la charge de travail de la population féminine. Cette préoccupation était d'autant plus importante qu'il est courant de retirer de l'école les filles pour qu'elles s'occupent des troupeaux de chèvres. Les DRP ont également confirmé le rôle majeur des femmes et des filles dans la production agricole, le transport de l'eau et l'élevage de volailles. C'est pourquoi le projet a été réorienté vers tous les membres du ménage, et notamment les activités de formation sur la gestion de l'élevage.

Deuxièmement, l'élevage avicole et la vente des oeufs représentent une source de revenu importante pour les femmes et que la productivité de l'élevage pourrait être améliorée grâce à la formation et au suivi. L'élevage de la volaille est entre les mains des femmes et des filles, aussi, les vulgarisateurs avicoles du AHVS ont été sensibilisés pour travailler essentiellement avec les femmes. Les groupes traditionnels de femmes n'existaient pas dans les villages. Seuls des groupements, assez récents, avaient été mis en place par le DWCRA pour la distribution d'aides. Les agents de développement communautaire et les vulgarisateurs se sont appuyés sur ces organisations pour former et sensibiliser la population. Ils ont aussi intégré d'autres femmes et des enfants qui avaient connu le projet par les relations de voisinage. L'accent a été mis sur le suivi participatif de l'impact de ces activités.

Troisièmement, la disponibilité, la source et le type de fourrage constituent un obstacle majeur à l'expansion de la taille des troupeaux de chèvres. Les DRP et les contrôles ultérieurs sur l'environnement menés par l'auteur ont clairement montré que la déforestation est rapide, au rythme annuel de 11-13%, dans la plupart des villages du projet. A ce rythme et sans contrôle, la quasi-totalité de la forêt aura disparu d'ici à l'an 2001 à Salgari et à Phongla. La raison principale en est l'arrachage du sous-bois des forêts pour, essentiellement, le pâturage, le fourrage et la litière des animaux. Dans les villages plus aisés, le déboisement est dû à l'extension des terres pour la culture de cardamome. Afin de diminuer le risque sur les forêts avoisinantes, l'équipe (dont le personnel du Service des forêts) a proposé de lancer, à titre expérimental, des essais de cultures fourragères à Salgari, Phongla et Pamphok. Le personnel du projet a également introduit des techniques d'alimentation à l'étable sans pâturage. Cette attention particulière accordée à l'environnement n'était pas, elle non plus, envisagée au début du projet.

Le projet a aussi fortement encouragé les fonctionnaires des différents services gouvernementaux à travailler ensemble, de façon interdisciplinaire, pour pouvoir appréhender la complexité des problèmes dans les villages. En effet, une démarche unidisciplinaire ou/et une approche cloisonnée entre services ne peuvent résoudre les causes multiples à l'origine des difficultés. Il est également évident qu'un projet mettant exclusivement l'accent sur l'élevage caprin ou avicole ne peut traiter toutes les questions et répondre à tous les besoins que les DRP des villages mettent en lumière. Dans la région Est, un système de références a donc été établi lors de la réalisation des DRP afin de porter à l'attention des responsables adéquats du GOS les problèmes hors de la compétence du PCT.

Quatrièmement, les DRP ont mis en évidence que certains villages étaient beaucoup plus riches que d'autres. Avec ses abondantes ressources en forêts et en eau, le village d'Aritar a été identifié comme le plus riche. Son pourcentage de population originaire de castes défavorisées était également faible et les ménages aisés nombreux grâce à la culture de la cardamone destinée à l'exportation. Un accord avait été établi selon lequel les ressources du projet devaient être orientées, en priorité, sur les villages aux revenus limités, plus isolés et au pourcentage élevé de ménages de castes défavorisées. Aussi Aritar a été écarté de la zone du projet pour mieux se concentrer sur les villages de Salgari, Phongla et Pamphok. Pour s'assurer que les publics cibles retenus sont bien les bénéficiaires des avantages du projet et pour mesurer les effets tant négatifs que positifs des activités, le principe d'un suivi participatif a été adopté.

Cinquièmement, les Gouvernements de l'Inde et du Sikkim développent depuis longtemps des programmes d'attribution d'aides (bétail, ciment, matériaux pour la toiture, argent, etc.) aux castes défavorisées. Les DRP ont mis à jour la dépendance de ces populations face aux subventions gouvernementales. Une certaine réticence de la part des villageois pour se joindre aux activités demandant un investissement personnel s'est manifestée. Un esprit d'assistanat portait la population à préférer l'attente des dons du gouvernement plutôt que de se prendre en charge. Cette attitude était moins marquée dans les villages les plus pauvres et surtout les plus isolés. L'influence politique y est moindre et donc les subventions sont moins nombreuses. Malgré tout, selon les équipes de DRP, les aides gouvernementales constituent un frein à la participation locale. Ce blocage pourrait être contourné en concentrant les ressources sur les villages les plus reculés tout en stimulant l'esprit d'entraide, favorisant le respect de soi-même et soutenant la volonté collective de surmonter les obstacles.

Suivi participatif de l'impact

Comme souligné, ce projet a mis l'accent sur le suivi participatif qui a permis de mesurer tant les impacts positifs que négatifs et de réajuster le projet au fur et à mesure de sa mise en oeuvre. Le suivi ne s'est pas cantonné aux indicateurs conventionnels quantitatifs sur les apports/résultats (exemple: nombre de participants, nombre de bénéficiaires). Les vulgarisateurs et les consultants ont souvent rendu visite aux participants pour les encourager et les soutenir, pour discuter simplement du projet et de son impact et pour connaître les problèmes, les besoins et les opportunités.

C'est ainsi que les effets négatifs involontaires et les résultats positifs inattendus ont pu être relevés. C'est ainsi que l'importance de l'élevage avicole pour les villageoises a été mise en évidence. De nombreux participants ont mentionné la capacité de ponte élevée des poules "Rhode Island Red (RIR)" diffusées par le projet auprès des ménages marginaux qui ont des moyens de subsistance précaires (ceux le plus souvent dirigés par des femmes). Les oeufs sont devenus une source de revenus et d'alimentation très prisée. Ces revenus, bien que modestes selon les paramètres occidentaux, ont évité aux femmes d'emprunter à taux élevé auprès des usuriers locaux et leur ont permis d'épargner et d'investir. Une femme a réussi, grâce à la vente des oeufs, à mettre de côté suffisamment d'argent pour construire, approvisionner et diriger le premier petit magasin de Salgari.

Les revenus et les bénéfices nutritionnels ont contribué à la sécurité alimentaire des ménages, à donner confiance aux participantes et à améliorer leurs capacités de gestion. Des activités d'entraide se sont développées: prêts de coqs reproducteurs, dons de poussins croisés, etc. Les participantes ont également partagé avec d'autres femmes les nouvelles connaissances et compétences acquises en matière d'élevage avicole (parfois en dehors du village, aux marchés de la ville), élargissant ainsi la zone d'impact du projet.

Autres activités potentielles - Avenir du projet

Le PCT a été mené à bien en respectant la date prévue d'échéance, octobre 1996. Le AHVS et le SRDA/DWCRA ont proposé des projets pour poursuivre les initiatives fructueuses du projet pilote. Des programmes d'action provisoires ont été élaborés avec le GOS. Malheureusement, le manque de fonds n'a pas encore permis de perfectionner la méthodologie, d'étendre l'impact du projet vers de nouveaux villages ou d'initier de nouvelles activités jugées primordiales pour contrer les problèmes de dégradation des ressources au Sikkim. La recherche de bailleurs de fonds, disposés à poursuivre l'élan donné par ce modeste, mais fructueux projet, est en cours.

2

Previous PageTop Of PageNext Page