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IV. MISE EN OEUVRE DU PREVINOBA

Méthodologie

Basée sur l'instauration d'un dialogue services techniques/populations et fondée sur le concept de participation et de partenariat, l'approche participative est le moteur du PREVINOBA. Elle a pour objectif principal d'associer étroitement les populations dans la conception et la gestion de toutes les activités de développement de leur milieu et de leur terroir.

L'approche participative comporte une série d'étapes, caractéristiques d'un processus dynamique (voir tableaux ci-après 7). Pour conduire ces différentes phases/étapes, des méthodes et des outils d'analyse-diagnostic (MARP), pédagogiques (méthode GRAAP) et de communication (radio, diapo-langage, boîtes à images, etc.) sont utilisés. Ceci permet d'établir un dialogue et de susciter l'engagement des populations. Par exemple, à partir de séries éducatives conçues par le GRAAP, telles que "Vivre dans un environnement vert", les villageois et les villageoises analysent leur situation, déterminent leurs priorités et décident des actions à entreprendre. Ils mobilisent alors leurs ressources et leur savoir faire pour réaliser ce qu'ils souhaitent et atteindre leurs objectifs.

Organisation du cycle de l'approche participative

PHASES

 

ETAPES

1. Programmation des actions

1

2

3

4

Information/Connaissance

Sensibilisation/Prise de conscience

Identification des problèmes/Recherche de solutions

Organisation/Programmation

2. Réalisation et gestion du programme

5

6

Formation thématique

Evaluation des actions en cours

3. Suivi-évaluation du programme

7

Suivi-évaluation

4. Auto-promotion

8

Retour à la phase de programmation

Composantes, objectifs et résultats par phase

Phases

Composantes

Objectifs

Résultats

1.

Program-mation des actions au niveau du terroir

- Connaissance des partenaires

- Connaissance milieu et situations

- Echanges d'informations

- Analyse, diagnostic

- Définition situation de référence

- Sensibilisation, prise de conscience

- Identification des problèmes

- Recherche solutions, valorisation savoir-faire local

- Instauration d'un partenariat

Programmation des actions à la base par les populations

Volonté d'agir des différents partenaires et définition des responsabilités

2. Réalisation et gestion du programme

- Organisation prise en charge des actions programmées

- Recherche, amélioration par la formation thématique et auto-évaluation des actions en cours

Réalisation, conduite des actions des programmes

Engagement et prise de décision concertés

3.

Suivi évaluation processus

- Evaluation globale des résultats, du processus, de la participation et de l'engagement solidaire

Suivi, évaluation concertés actions avec les intervenants

Rigueur, conformité à la situation de référence

4.

Auto-promotion et auto-développe-ment local

- Retour à la phase de programmation et aux différentes étapes y compris la sensibilisation si nécessaire

- Programmation et réalisation, évaluation d'actions de développement nouvelles

Acquisition progressive et maîtrise outils pour un auto-développement local

Solidarité et continuité de l'engagement de l'ensemble des partenaires

Principaux résultats

Plans d'aménagement et de gestion des terroirs

Le PREVINOBA a élaboré 20 plans d'aménagement et de gestion des terroirs (PAGT), dont 15 ont été traduits en langue nationale pour une meilleure appropriation et utilisation par les populations. Dans chaque village ayant son plan d'aménagement, un comité villageois de développement (CVD) a été constitué. Les populations font leurs ces PAGT dont la mise en oeuvre est d'abord du ressort de leur responsabilité avec le concours de leurs différents partenaires, dont le PREVINOBA.

La MARP a été utilisée pour l'analyse-diagnostic et la connaissance du milieu et des terroirs dans lesquels les populations évoluent. Une sensibilisation aux enjeux environnementaux a été conduite, ce qui a supposé de nombreuses séances d'échanges entre services techniques et populations. L'identification des problèmes et la recherche de solutions se sont fondées sur une connaissance précise du terroir, de son potentiel, des pratiques traditionnelles de gestion des ressources naturelles, etc. Le rôle des agents techniques a été important pour aider la réflexion et la valorisation des stratégies, des expériences et des savoir-faire. La programmation des actions qui a découlé de ces étapes de réflexion s'est caractérisée par la définition d'objectifs et de résultats à atteindre, l'organisation des activités dans le temps et dans l'espace, le choix des responsables et les modalités pratiques d'intervention, les moyens à mobiliser, les formations et les appuis techniques nécessaires.

Les comités villageois de développement, véritables cadres organisationnels, qui se sont mis en place ont pour but de faciliter la mise en oeuvre et le suivi des différentes actions.

Formation et alphabétisation

La phase de mise en oeuvre des PAGT suppose le plus souvent de dispenser des formations thématiques qui ont été arrêtées lors de la programmation par l'ensemble de la communauté villageoise concernée. Les thèmes de formation développés sont liés aux solutions identifiées par les populations et viennent en appui à la réalisation des actions. La formation a donc pour objet de fournir le complément de connaissances techniques nécessaires et de faciliter la mise en oeuvre des PAGT. Le matériel de formation utilisé est diversifié: blocs notes géants, diapositives, films fixes, brochures, dossiers de vulgarisation, etc.

Au cours de la première phase du projet, la formation en techniques agroforestières a été suivie par 170 femmes et 386 hommes. Pendant la deuxième phase, ont été dispensées des formations relatives aux pépinières, à la plantation, à la régénération naturelle assistée, à la mise en place de brise-vent, à la défense et à la restauration des sols, à la conservation des eaux et des sols (DRS/CES). Ces formations ont concerné autant les hommes que les femmes. Les informations disponibles ne permettent pas de préciser les chiffres pour les uns et les autres.

Des formations spécifiques ont été conduites avec les femmes en fonction des activités qu'elles souhaitaient conduire. A fin 1996, 1980 femmes ont suivi une formation en maraîchage, 2382 en construction et réparation de foyers améliorés, 2224 en fabrication de savon et cosmétiques et 87 en gestion pour les moulins à mil. La formation est effectuée dans les villages afin d'éviter les difficultés que peuvent poser des déplacements à l'extérieur.

L'application des connaissances acquises au cours de ces cycles de formation a été immédiat et a donné des résultats très positifs. Par exemple, l'engouement des femmes pour les foyers améliorés a été manifeste. Malgré la rareté de l'argile, 8000 foyers ont été introduits dans les concessions familiales: 7000 ont été construits par les femmes, les 1000 autres sont des foyers métalliques ou en céramique qui ont été achetés. Pour le maraîchage, activité de saison sèche pratiquée dans les pépinières, 65 villages ont consenti en 1994 un investissement initial de 1 million FCFA et ont obtenu des recettes pour un montant de 11,5 millions FCFA, sachant qu'une partie de la production est auto-consommée.

L'alphabétisation fonctionnelle a été introduite en 1993, en collaboration avec une multiplicité d'associations et de partenaires: l'association pour la formation et l'alphabétisation en langues nationales (AFALN), le World Vision International (WVI), le projet d'appui aux groupements de promotion féminine (PAGPF), le programme micro-réalisations du fonds européen de développement (PMR/FED), etc. C'est ainsi que 26 classes d'alphabétisation ont été ouvertes qui ont regroupé 1115 auditeurs dont 90% de femmes. L'alphabétisation s'est avérée extrêmement utile pour maîtriser dans un langage accessible les nouvelles techniques de production agricole, forestière ou artisanale proposées. Egalement, l'alphabétisation a facilité la compréhension et l'accès aux mécanismes et principes de gestion et de comptabilité.

Microréalisations

Au cours de la programmation des PAGT, un programme de mesures d'accompagnement est arrêté par la population. Il a pour but de résoudre certains besoins essentiels, comme l'approvisionnement en eau, ou encore à développer des activités rémunératrices, comme la production de plants forestiers et fruitiers, l'aviculture, l'embouche bovine, etc. Les actions de ce programme d'accompagnement peuvent prendre la forme d'appuis ponctuels ou de micro-réalisations 8. Très souvent, le projet ne peut supporter financièrement ces actions car elles sortent de son cadre d'intervention et les populations ne peuvent pas prendre en charge l'entièreté du coût 9.

Le PREVINOBA s'est investi dans la mise en place de micro-réalisations. Il a appuyé les populations pour l'étude de faisabilité des actions, la recherche de financements et a formé les bénéficiaires à la gestion des revenus. Il a stimulé une dynamique de partenariat entre différents intervenants de la région, notamment de nombreuses ONG. Dans ce sens, il faut signaler: l'implantation de 5 moulins à mil avec l'appui de l'ambassade des Pays-Bas, de 10 classes d'alphabétisation avec le concours de l'AFLN, de 69 forages et 5 puits équipés de pompes éoliennes avec la participation de WVI et de la Ligue des volontaires italiens (LVI), le développement d'une opération d'embouche ovine pour 13 personnes avec le soutien du PMR/FED. Egalement, on peut citer l'installation de presses à huile dont 10 groupements de promotion féminine (GPF) ont bénéficié, la diffusion de charrettes à traction équine pour le transport des intrants et des récoltes pour 3 GPF.

Les résultats de ces micro-réalisations sont marquants. Par exemple, pour l'embouche bovine, où l'implication des femmes est importante, sur un cycle de 4 mois, les bénéfices sont de l'ordre de 50 000 FCFA par tête de bétail.

Le PREVINOBA a également conclu un accord avec le Crédit mutuel du Sénégal (CMS) qui a ouvert une ligne d'épargne-crédit pour financer le commerce de détail entrepris par les femmes. 15 GPF ont reçu 3 650 000 FCFA. Les remboursements mensuels ont été supérieurs aux échéances prévues par le CMS et l'épargne réalisée par 8 de ces groupements s'est élevée à 191 020 FCFA en 2 mois. Le PREVINOBA étudie en ce moment avec le CMS les modalités d'accès à un crédit pour la mise en place de centrales d'achat de denrées de première nécessité qui satisferaient aux besoins d'approvisionnement.

Le PREVINOBA assure la formation en gestion pour que les GPF puissent rembourser les prêts, garantir l'amortissement des équipements tels que les moulins à mil et gérer leur compte épargne qui a été ouvert au niveau de la caisse nationale du CMS.

7 Extrait de "Approche participative, communication et gestion des ressources forestières en Afrique sahélienne, Bilan et perspectives", FAO, Rome, 1995.

8 voir annexe 1, fiche technique sur les micro-réalisations.

9 La participation des bénéficiaires au financement d'une micro-réalisation est de l'ordre de 20 à 25%.

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