

Sols et Biodiversité
Ils sont d’une grande variété tant du point de vue de
leur nature que de leur fertilité et de leur répartition
géographique. D’une manière générale, on distingue
plusieurs sortes de sols correspondant à peu près aux différentes
unités morphologiques (annexe).
- Les sols faiblement ferralitiques de la terre de barre sont largement
répartis dans les départements du sud et la partie méridionale
du Zou. Sur le plan zonal, ils correspondent au plateau Adja, au plateau
d’Allada, au Zou-Sud et à la palmeraie porto-novienne qui ont fait
l’objet d’une intense exploitation dans le cadre de l’économique
du palmier à huile.
- Les sols faiblement ferralitiques indurés sont localisés
à Djougou ; ils s’appuient sur le massif de l’Atacora au nord et
forment une bande nord-sud qui s’étend de Kouandé à
Bassila le long de la frontière togolaise.
- Les sols ferrugineux tropicaux sont les plus répandus avec
plus de neuf millions d’hectares, soit 82% de la superficie totale du pays.
C’est actuellement la zone à forte potentialité agricole
couvrant le Zou-Nord le Borgou-Sud et Centre, le sud de l’Atacora.
- Les sols sableux des cordons littoraux longent la côte sur
une largeur de 2 à 5 km.
- Les sols minéraux bruts, qui sont des sols peu évolués
caractérisent le massif de l'Atacora où l'érosion,
très accentuée, constitue un important facteur de risque
d'insécurité alimentaire pour les populations qui y vivent.
Ces sols couvrent les sous-préfectures de Boukoumbé, Cobly,
Tanguiéta, Natitingou et plus à l'est, Kouandé et
la partie orientale de Kérou.
- Les sols hydromorphes se localisent dans le delta de l'Ouémé,
en bordure du Niger, de la Pendjari et dans les vallées du Mono
et du Couffo. De bon niveau de fertilité chimique, ils présentent
une texture lourde et une faible perméabilité qui les rendent
difficiles à mettre en œuvre.
- Les vertisols ou terres noires qui sont des sols à argiles
gonflantes et dont le profil présente une structure particulière,
se localisent dans le sud (dépression de la Lama) et se répartissent
en vertisols hydromorphes et vertisols lithomorphes.
- Les sols à mul qui sont les sols bruns eutrophes (à
humus évolué); ils se localisent en bordure du Niger, de
l'Alibori à Djougou et à Savalou.
La biodiversité ou diversité biologique concerne les ressources
phytogénétiques et les ressources zoologiques, qu'elle soient
terrestres ou aquatiques.
D’après les travaux de plusieurs chercheurs, les ressources
phytogénétiques constituent les éléments majeurs
des grands écosystèmes du pays, répartis suivant les
différents domaines climatiques. S’agissant des ressources zoologiques,
le Bénin dispose d’une faune sauvage très diversifiée.
Grands ensembles climatiques et ressources phytogénétiques du Bénin
- Les écosystèmes du climat subéquatorial à quatre saisons
Sous le climat tropical humide constitué de deux saisons de pluies et deux saisons sèches intercalées, on observe trois groupes d’écosystèmes à savoir : les écosystèmes de la plaine littorale, les écosystèmes des plateaux de terre de barre et les écosystèmes de la dépression argileuse de la Lama.
* Les écosystèmes de la plaine littorale
Dans la plaine côtière, on distingue deux types d'écosystèmes
:
- les formations des sols bien drainés c'est-à-dire des
cordons sableux (anciens ou récents). Ils sont par des fourrés
constituant soit des stades avancés de colonisation des cordons,
soit des stades de dégradation d'une ancienne forêt littorale.
Les principales espèces de ces fourrés sont Chrysobalanus
icaco, Fagara xanthoxyloïdes, Chrysophyllum sp. Sur la plage, on observe
une végétation pionnière essentiellement composée
de plantes herbacées comme Remirea maritime, Scavela plumière,
Ipomea asarifolia, Ipomea brasiliensis. Dans les cuvettes interdunaires
pousse Typha australis.
- les formations des zones humides (lagunes et vasières). Ils
se présentent en deux types physionomiques fondamentaux.
. la forêt mangrove, constituée de palétuviers
rouge (Rhizophora racemosa) et blanc (Avicenia germinano) longe les lagunes
jeunes;
. la forêt marécageuse à Authocleista vogelii,
Raphia hookeri, Alchornea cordifolia occupe les lagunes anciennes en voie
de comblement.
Il faut souligner que ces formations forestières sont, après
dégradation, remplacées par des prairies marécageuses
à Paspalum vaginatum, Typha australis et autres cypéracées.
Sur la lagune de Porto-Novo, Eichlormia crassipes, jacinthe d'eau et
Piptia stratiotes forment des colonies saisonnières qui flottent
à la surface de l'eau. Neptunia oleracea, Nymphea spp, Ipomea
aquatica sont fixés dans la vase au bord des lagunes.
La formation originelle de ces plateaux est la forêt dense humide
semi-decidue dont on trouve les vestiges sous forme de lambeaux : forêt
de réserve botanique de Pobè, les forêts sacrées
ou forêts reliques de toutes tailles et de toutes les formes disséminées
dans la région.
Cette forêt a été détruite sous la pression
humaine et remplacée par des cultures pérennes (agrumes,
palmiers à huile, tecks) ou par des cultures vivrières. On
rencontre par endroits des jachères à Dialium guinesense,
Albizia glaberrina, Albizia ferruginea, Albizia zyggia, Antiaris toxicaria,
Milicia excelsa, Triplochyton scleroxylon, etc. des formations graminéennes
à Panicum maximum, Digitaria horizontalis, etc. des formations
herbacées à Chromolaena odorota.
Dans les réserves botaniques et reliques forestières,
on observe : Holoptelae grandis, Milicia exlsa, Damiellia ogea, Triplochyton
scleroxylon, Ficus spp, Piptadena africana, Anterostensa spp, Terminalia
superba. Dans les sous-bois, on remarque Culcasia spp, Rhektophylum mirabite,
panicum brevifolium, Geophilao boallata etc.
La dépression argileuse de la Lama est un vertisol abritant
une végétation particulière. Les plantes sont adaptées
à la contrainte édaphique de la Lama. On y rencontre : Ceiba
pentandra, Afzelia africana, Diospyros mespiliformis, Anogeissus leiocarpus,
Antianis toxicania, Milicia excelsa, Mimousops sp. La dépression
est prise d'assaut par les cultures vivrières sous la poussée
démographique. Il est resté de la forêt classée
de la Lama de 16000 ha environ, conservée plus ou moins intacte
jusqu'en 1996 ou elle a été inventoriée.
- Les écosystèmes du climat soudano-guinéen ou zone de transition
C'est la zone de savane guinéenne comprise entre les 7e
et 9e parallèles nord. On y rencontre des savanes arborées
arbustives composées de : Vitellaria paradoxa, Parkia bigloboza,
Isoberlinia doka et Isoberlinia tomentosa, Combretum hypopilinum, Combretum
socodense, Combretum nigricans. Dans cette zone, on rencontre Daniellia
oliveri, Parkia biglobosa et Terminalia glaucescens sur les sols bien drainés,
Anogeisus leiocarpus, Acacia campylacantha et Terminalia macroptera sur
les sols hydromorphes, Isoberlinia docka et Detarium microcarpum sur les
sols sur cuirasses ou roches peu profondes.
Dans les groupements herbacés parcourus par le feu chaque année,
on note : Andropogon spp., Hyparhenia spp, Aframomum spp.
Dans les galeries forestières et îlots forestier,
on observe : Ceiba pentandra, Micilia excelxa, Antiais toxicaria, Parinari
robusta, Ficus congensis, Cola laurifolia etc.
Dans cette zone on rencontre des cultures vivrières, la
culture du coton et de l’arachide.
Au sommet des élévations granitiques, on observe
Afrotrilepis pilosa, Ficus populifolia, etc.
Dans la savane de Djidja, au pied des collines de Savalou et dans
la savane de Bassila, on rencontre Encephalantes barteri en peuplements.
- Les écosystèmes du climat soudanien ou zone de savane soudanienne.
Cette zone s’étend du 9è parallèle nord au 12°30N à la frontière avec le fleuve Niger. Dans la partie sud de cette zone, la végétation est analogue à celle de la zone de transition. On rencontre des peuplements de Isoberlina doka et Isoberlina tomentosa et ensuite des espèces comme Pterocarpus erinaceus, Afzelia africana, Erythrophilum guineense, Amblizonocarpus andongensis, Swartzia madajaocaniensis. La végétation herbacée est dense dans les parties arbustives où on observe Cymbopogon giganteus, Lanparra rhodescensis.
Dans la partie nord on constate la diminution de la taille des espèces ligneuses. La composition floristique a connu un changement. Cette zone subit l’influence de l’harmattan. On note la présence de Combretum micranthum, Guiera senegalensis, Combretum glutinosum, Combretum nigracans, Boscia salicifolia, Boscia senegalensis.
C’est aussi la zone des acacia. Dans les îlots de forêts denses sèches, on rencontre Acacia ataxacantha. Acacia macrostachya est très disséminé dans la savane. Acacia siberiana constitue un arbre en peuplement clairsemé au bord des dépressions
- Etat de connaissance sur la faune sauvage au Bénin
Les invertébrés
Au nombre des invertébrés, on compte beaucoup d’espèces, des vers, des mollusques etc. ... Tous ces invertébrés ont un intérêt économique, écologique et sanitaire
Les reptiles
Au nombre des reptiles, on compte beaucoup d’ophidiens (serpents) dont deux espèces endémiques (rencontrées seulement au Bénin) : Atractaspis dahomeyensis et Dendroaspis viridis. Le python royal et le python sebae, très recherchés pour leur peau et font l’objet d’un commerce international florissant et d’un braconnage sans précédent. Les pythons comme beaucoup d’autres serpents peuvent être élevés en captivité et peuvent constituer une source immense d’entrée de devise.
Les crocodiles et les varans constituent également des reptiles dont l’importance économique et écologique n’est plus à démontrer. Le crocodile est exploité pour sa viande, et pour sa peau très utilisée en maroquinerie. En matière d’élevage des crocodiles, l’Afrique de l’Est a une riche expérience, contrairement à l’Afrique de l’Ouest, et le Bénin en particulier.
Les oiseaux
Le Bénin possède une avifaune aquatique et terrestre assez riche. Beaucoup d’espèces d’oiseaux sont rencontrées dans les zones humides et dans les écosystèmes forestiers. Les oiseaux constituent des exemples éloquents de coopération sud-sud et nord-sud. Beaucoup d’espèces d’oiseaux sont en effet des migrateurs sans frontière. Nous avons par exemple des oiseaux paléarctiques qui migrent chaque année. En Belgique, le 16 Août 1996, munie d’un émetteur et suivi, une espèce est par exemple arrivée au Bénin entre le 17 et le 21 Octobre 1996 dans le village de Pékinga au nord du Bénin.
Les mammifères
Les écosystèmes du Bénin renferment une grande variété de mammifères dont les plus grands sont confinés dans les aires protégées en savane soudanienne du nord. Au nombre des mammifères, on compte les grands et les petits, les espèces communes, les espèces rares ou menacées. Les grands mammifères constituent le principal élément d’intérêt faunique des aires protégées, surtout au plan touristique.
Au Bénin les espèces animales sauvages en général, n’ont pas fait l’objet d’études approfondies. Beaucoup d’espèces de mammifères sont devenues rares ou menacées de disparition. Il s’agit notamment des espèces comme le guépard, le léopard, le damastique, les pangolins géants.
Les ressources biologiques aquatiques
- Activités de pêche au Bénin
Dans le domaine de la pêche maritime, les potentialités biologiques du milieu sont encore mal connues. Elles dépendent cependant de deux facteurs.
Le régime hydrologique et la nature des fonds chalutables.
S’agissant de la pêche continentale, le Bénin dispose d’un large réseau hydrographique comprenant : les fleuves, les deltas et plaines inondables, les lacs, les lagunes. Dans ce domaine, les captures portent sur une faune aquatique diversifiée comprenant : Cichlidae, Clupeeidac, Bagridae, Schilbeidae, Osteoglossidae, Claridae, Mormyridae, Channidae et Crurustacés.
Les ressources phyto et zoogénétiques sont assez
variées au Bénin. Mais du fait de l’exploitation abusive
de ces ressources, plusieurs espèces végétales et
animale ont disparu et d’autres sont en voie de disparition.
En effet, une pression continue est exercée sur la végétation
au profit de l’agriculture, de l’élevage et autres. Cette pression
amenuise considérablement le couvert végétal jusqu’à
le faire disparaître par endroits. Or la destruction des formations
végétales implique inévitablement l’extinction de
certaines espèces animales sauvages dont les habitats ont été
détruits.