Régions du Grand Sud de Madagascar : des interventions pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations touchées par El Niño (in FRENCH)

Régions du Grand Sud de Madagascar : des interventions pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations touchées par El Niño (in FRENCH)

17/05/2016

Suite à la situation de sècheresse déclarée dans la région de Grand Sud de Madagascar, la vulnérabilité de la population rurale a atteint un niveau alarmant. Un projet de relance d’urgence de l’agriculture auprès des ménages agricoles et des producteurs vulnérables a été mis en œuvre afin de leur permettre de se relever rapidement de la perte de leurs récoltes à la suite de la sècheresse qui a frappé cette zone.

« Dans le cadre de ce projet d’actions intégrées pour la nutrition et l'alimentation (AINA), actuellement mis en œuvre dans cinq régions de Madagascar et financé par l'Union européenne, l’utilisation de semences améliorées, adaptées et tolérantes a été promue auprès de ces agriculteurs; à travers une approche de mise en pratique de l’agriculture intelligente face au changement climatique, plus de 35,000 ménages ont pu bénéficier de ces semences », a noté Patrice Talla Tatoukam, Représentant de la FAO à Madagascar-Comores-Maurice-Seychelles, en visite à Ambovombe dans la région, il y a une semaine.  

« Dans une optique de développement durable et inclusif, il est important de prendre connaissance des réalités du quotidien et de multiplier les contacts avec les bénéficiaires, afin de mieux cibler les interventions à mener » a affirmé M. Talla. Sa visite a également permis de reconnaître les efforts mis en œuvre par l’équipe technique du Bureau Sud de la FAO dans la réalisation des projets destinés à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des plus vulnérables de cette région, particulièrement touchée par les effets d’El Niño.  

Défi d’adaptation aux effets du changement climatique

Le changement climatique a un impact sur l’agriculture et la sécurité alimentaire à travers l’augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes (cyclone, inondation, sècheresse pour le cas du Sud de Madagascar) et l’augmentation de l’imprévisibilité des régimes climatiques.

Cela a pour effet d’entraîne des baisses de production et de revenus dans les zones vulnérables. Beaucoup des petits producteurs doivent déjà faire face à des ressources naturelles dégradées. Ils manquent souvent de connaissances sur les possibilités  d’adaptation de leurs systèmes de production et disposent de faibles moyens et capacités de prise de risques pour accéder à des technologies et des services financiers.

Améliorer la sécurité alimentaire tout en contribuant à l’atténuation du changement climatique et à la protection des ressources naturelles requiert une transition vers des systèmes de production agricole plus productifs, utilisant plus efficacement les intrants, avec une production moins variable et plus stable, plus résilients face aux risques, aux chocs et à la variabilité climatiques de long terme.

Une agriculture plus productive et résiliente nécessite un changement majeur dans les pratiques de gestion des terres, de l’eau, des nutriments du sol et des ressources génétiques, afin de s’assurer que ces ressources sont gérées plus efficacement. L’agriculture intelligente face au climat (ou CSA en anglais, pour Climate-Smart agriculture), telle que définie et présentée par la FAO à la Conférence de La Haye sur l’agriculture, la sécurité alimentaire et le changement climatique en 2010, contribue à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD).

La nutrition, au cœur des actions

A l’issue de la présentation du Rapport sur le Coût de la Faim par le Secrétaire Général des Nations Unies – Ban Ki-Moon – lors de son passage à Madagascar les 10 et 11 mai dernier, une attention particulière est désormais accordée par le Gouvernement au domaine de la nutrition. La FAO a participé à l’établissement de ce document, et a déjà émis la recommandation de réactualiser la politique sur la nutrition du pays en tenant compte de l’aspect multidisciplinaire de la nutrition, lors de l’évaluation des résultats de mise en œuvre du Plan National d’Action en Nutrition – phase II, en février 2016 dernier. Pour sa part, la FAO à Madagascar intensifie les activités de diversifications culturales et d’éducation nutritionnelle au niveau des populations agricoles et rurales.

Cette semaine, l’Ambassadeur américain auprès des Agences onusiennes de Rome (FAO, FIDA et PAM), David Lane, est en visite à Madagascar avec une équipe de journalistes internationaux et malgaches.