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Foro Global sobre Seguridad Alimentaria y Nutrición • Foro FSN

Re: Addressing water scarcity in agriculture: how can indigenous or traditional practices help?

Bruno Kestemont
Bruno KestemontFederal Public Service EconomyBelgium

ENGLISH TRANSLATION BELOW

Les règles de réciprocité assurent en partie, de manière universelle, la gestion du bien commun, dont les forêts (sacrées), les terres cultivables, les pêcheries ou l'eau. Sabourin (2011) reprend de nombreux exemples chez les Balantes et Bijagos de Guinée-Bissau, les kanaks de calédonie, les paysans du nord-est du Brésil, la Bolivie etc.

La part de la réciprocité et la part de la loi moderne varie selon les pays et les époques (l'Etat ou le marché y prend une part plus ou moins grande). Toutes les sociétés résistent à une trop grande privatisation ou étatisation en maintenant des règles d'éthique, comme par exemple une règle d'hospitalité dans les pays chauds: " l'eau ne se refuse pas". En France, on peut entrer dans un café et demander un verre d'eau, de l'eau est disponible gfratuitement aux fontaines publiques depuis la nuit des temps et au restaurant, on peut demander une caraffe d'eau, à volonté, gratuitement. Il en va de même dans toutes les sociétés rurales d'Afrique ou d'Asie. Une autre règle éthique concerne la gestion d'un cours d'eau en zone aride ou irriguée, de l'amont à l'aval: on se doit de laisser de l'eau (propre) aux cultivateurs en aval. La gestion traditionnelle est organiée en bassin versant, système qui a été redécouvert dans l'Europe moderne (contrats et Commissions de rivières). Dans le monde moderne, ce sont les communautés qui ont poussé à ce que ces règles de base entrent dans la loi, voire dans la constitution. Ce sont les Conseils ethniques qui ont obtenu de réserver une série de droits de base et de règles de gouvernance (laissant un place aux décisions traditionnelles) d'abord dans des lois (en Bolivie, Colombie, Equateur à la suite de la Loi des Communautés Indigènes de 1974 au Pérou) voire dans les Constitutions modernes p.ex. en Equateur (2008) et en Bolivie (2009). Divers articles de la constitution équatorienne garantissent une co-gestion traditionnelle des terroirs et de leurs ressources, ainsi que le droit inaliénable des populations concernant les ressources principales y compris l'eau. La notion éthique du droit au "bien vivre", issue de la réciprocité traditionnelle y est incluse. Biblio: voir Sabourin 2011.

La tradition organise la gestion des ressources communes par l'intermédiaire de conseils des anciens, chefs de familles réunis sous l'arbitrage du descendant de la première famille à s'être installée sur un terroir donné (dans le cas des sédentaires). Le territoire et ses "frontières" est géré et organisé en fonction de la ressource. Par exemple, une ressource en eau (rivière) est gérée en fonction du bassin concerné, de l'amont à l'aval, par toutes les familles concernées.

Chez les balandes de Guinée-Bissau, la gestion traditionnelle des rizières de mangrove est reconnue comme plus efficace que toute gestion moderne (Kestemont, 1989). Les sols de mangrove, sulfatés acides, sont en effet très fragiles et risquent de se transformer en déserts acides en cas d'erreur de gestion de l'eau, comme on l'a vu dans des projets modernes en Casamance. La gestion traditionnelle a prévu de laisser chaque famille gérer chaque "corde" (succession de rizières d'amont pluvieux à aval salé) séparément, de manière à éviter les problèmes de voisinage dans la gestion essentielle de l'eau pour la préservation du sol et des rendements (voir Kestemont 2003 pour références et annecdotes).

 

Biblio:

Sabourin, E 2011. Organizaçoes e sociedades camponesas uma leitura através da reciprocidade. Porto Alegre. Ed da UFRGS

-Kestemont Bruno, 2003. "Citique des conditions de la durabilité: application aux indices de développement durable". Travail de fin d'études. DEA en gestion de l'environnement, IGEAT-ULB, 214 pp.

KESTEMONT, B., 1989, "Les Balantes Brassa Bungue de la région de Tombali, GuinéeBissau", Sém. Civ.Afr. (la plus gde dist.), ULB, mars, 27 pp (voir annexe)

The rules of reciprocity partly ensure, in a universal way, the management of the common patrimony, covering woods (sacred), cultivable land, the fisheries or water. Sabourin (2011) refers to many examples from the Balantes and Bijagos of Guinea Bissau, the Kanaks of New Caledonia, the peasants of the North-East of Brazil, Bolivia, etc.

The role of reciprocity and the role of modern law vary according to the country and the times (the State or the market have a larger or smaller part to play). All societies resist too much privatization or nationalization by maintaining ethical rules, for example a rule of hospitality in hot countries: "water is not refused". In France, one can go into a cafe and ask for a glass of water, water is available freely in public springs from the beginning of time and in restaurants, one can ask for a pitcher of water, at will, freely. It is the same in all rural societies in Africa and Asia. Another ethical rule concerns management of a water course in an arid or irrigated area, from upstream to downstream: one should leave water (clean) for the farmers downstream. Traditional management is organized by watershed, a system that has been rediscovered in modern Europe (contracts and River Boards). In today’s world, it is the communities who have pushed for these basic rules to be embodied in law, even in the Constitution. It is the ethnic Councils which have managed to establish a series of basic rights and rules of governance (reserving a role for traditional decisions) firstly in the laws (in Bolivia, Colombia, and Ecuador following the Indigenous Peoples Law of 1974 in Peru) as seen in modern Constitutions, for example in Ecuador (2008) and Bolivia (2009). Several articles of the Ecuadorian Constitution guarantee a traditional joint management of land and its resources, as well as the inalienable right of the people to the main resources which include water. The ethical notion of the right to "live well," embodied in traditional reciprocity, is included. Bibliography: see Sabourin 2011.

Tradition organizes the management of common resources through councils of elders, heads of families meeting under the arbitration of the descendant of the first family who settled in a given land (in the case of settled people). The land and its boundaries are handled and organized according to the resource. For example, a water resource (river) is managed as a function of the water basin involved, from upstream to downstream, by all the families concerned.

With the Balande in Guinea Bissau, the traditional management of paddy fields in mangrove is recognized as more efficient than all modern management (Kestemont, 1989). The mangrove soils, acid sulphates, are in fact very fragile and are at risk of becoming acid deserts in case of a water management error, as has been seen in the modern projects at Casamance. Traditional management has foreseen the need to allow each family to manage each “rope” (series of paddy fields with rainwater upstream to salty downstream) separately, so as to avoid problems with neighbors in the essential management of the water for the preservation of the soil and productivity (see Kestemont 2003 for references and anecdotes).

 

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