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Forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition • Forum FSN

Re: Policies, programmes and agricultural investments in West Africa: what analyses and perspectives are there?

Emile Houngbo
Emile HoungboNational University of Agriculture (UNA)Benin

>> Français

 

Nécessité d'amélioration des investissements agricoles.

J'avais tantôt parlé de transition agricole. Ceci est important parce qu'il a été prouvé qu'il y a une corrélation positive entre la transition agricole et la croissance économique. La transition agricole devrait se traduire par l'amélioration de la productivité agricole et le développement du secteur agroindustriel qui absorberait progressivement une bonne part de la population active employée maintenant dans l'agriculture. Car, dans une agriculture performante, il faut moins de personnes pour nourrir beaucoup plus de consommateurs. C'est déjà le cas en Amérique latine où l'agriculture n'occupe que 2,9 % de la population active, alors que ce taux est encore à 70 % en Afrique de l'Ouest.

Aussi, le secteur agricole est-il reconnu comme étant celui où l'investissement est susceptible d'induire une croissance économique pro-pauvres; une croissance économique qui profite plus que proportionnellement aux pauvres. C'est dire que les maux ne finiront pas en Afrique de l'Ouest si l'on ne réussit pas à rendre le secteur bien attrayant pour les jeunes. A preuve, le rapport 2015 de la Banque mondiale indique l'évolution de la pauvreté dans une Afrique en plein essor économique (taux de croissance annuel moyen de 4,5 % depuis 20 ans). C'est pourquoi je proposais une affectation judicieuse de l'investissement dans le secteur agricole. Les postes d'affectation listés sont ceux qui constituent à ce jour les vrais goulots pour les producteurs et surtout pour les jeunes : mécanisme de financement inapproprié, risques élevés (risques climatiques, risques de production, risques économiques et financiers). A ce sujet, il est bien regrettable qu'il y ait encore des pays ouest africains qui ne disposent pas encore d'une banque agricole; exception faite des pays tels que la Côte d'Ivoire, le Mali, le Nigeria et le Burkina Faso qui en disposent déjà. En fait, aucune autre institution ne pourrait servir mieux les entrepreneurs agricoles en dehors des banques agricoles qui sont censées financer l'agriculture avec prise en compte stricte des réalités agroéconomiques et sociales de la région.

 

>> English translation

 

The need to improve agricultural investments.

I have spoken earlier of agricultural transition. This is important because it has been proven that there is a positive relationship between agricultural transition and economic growth. Agricultural transition should be evident in an improvement of agriculture productivity and in the development of the agro-industrial sector which will progressively absorb a good part of the active population employed at present in agriculture. Thus, with a well -performing agricultural sector, less people are needed to be employed in order to feed many more consumers. That is already the case in Latin America where agriculture occupies only 2,9% of the active population, whereas the equivalent rate is still 70% in West Africa.

At the same time, the agricultural sector is recognized as being that in which investment is able to produce economic growth in favor of the poor; an economic growth that will bring disproportionate profit to the poor. That is to say that the evils will not finish in West Africa if we do not succeed in rendering the sector attractive to the young. As a proof, the 2015 World Bank report marks the evolution of poverty in an Africa in full economic boom (average annual growth rate of 4.5 over 20 years).  This is why I propose a judicious allocation of investments in the agricultural sector. The allocation areas listed are those that constitute these days the true bottlenecks for producers and above all for the young: inappropriate funding mechanism, high risks (climate risks, production risks, economic and financing risks). On this subject, it is very regrettable that there are still West African countries that do not have an agricultural bank; the exception being countries like Ivory Coast, Mali, Nigeria and Burkina Faso that already have them. Indeed, no other institution could better serve the agricultural entrepreneurs apart from agricultural banks which are charged with the financing of agriculture taking strict account of the agro-economic and social realities in the region.