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La résilience
La Belgique soutient la FAO dans la protection des avoirs productifs des éleveurs nigérians déplacés du site de Goura, au Cameroun

La Belgique soutient la FAO dans la protection des avoirs productifs des éleveurs nigérians déplacés du site de Goura, au Cameroun

19/04/2019

Suite aux attaques survenues dans la ville de Rann dans le nord-est du Nigéria en janvier 2019, qui accueillait plus de 35 000 personnes déplacées internes, 80 000 nigérians ont fui la ville pour se réfugier dans la région de Logone et Chari, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Les mouvements de populations se sont accrus vers le site de Goura, où des campements de fortune ont été installés. Au cours de la période de fin février à mi-mars 2019, un mouvement de retour d’environ 80 pour cent de réfugiés nigérians vers Rann a été observé. Toutefois, environ 9 500 réfugiés nigérians sont restés dans 51 localités autour de Goura, auprès de familles d’accueil ou dans des abris de fortune. En tenant compte du fait qu’une partie importante du cheptel soit restée au Cameroun et du nombre d’animaux des communautés locales qui ont été touchés par l’arrivée des animaux des réfugiés du Nigéria, le cheptel autour de Goura reste à près de 15 000 bovins et 250 ânes.

Une évaluation des besoins réalisées par la FAO a indiqué qu’une partie des réfugiés avait fui avec leur troupeau, mais qu’un certain nombre d’animaux a été perdu pendant le déplacement et que ceux qui ont survécu souffrent de mauvaises conditions sanitaires. L’arrivée subite des animaux n’avait pas permis de mettre en place le dispositif de mise en quarantaine préalable – l’observation clinique et le traitement avant le brassage des troupeaux avec ceux des populations hôtes. En outre, la rareté de pâturages naturels et de ressources pastorales et hydrauliques a créé une forte compétition et des tensions avec les populations hôtes et les communautés locales. Par ailleurs, quelques pathologies ont été relevées dans la zone, touchant notamment le cheptel bovin.

Grâce à la contribution de la Belgique, à travers le Fonds spécial pour les activités d’urgence et de relèvement, pour un montant de USD 100 000, la FAO apporte son appui à 4 000 personnes (éleveurs nigérians réfugiés et membres des communautés hôtes) dans le Logone et Chari à travers (i) des soins vétérinaires pour 20 000 animaux (vaccins et vitamines), (ii) la mise en place de forages a motricité humaine équipés d’abreuvoirs linéaires pour améliorer l’abreuvement des animaux des réfugiés et des communautés hôtes, et (iii) la fourniture de suppléments en ressources protéiques (tourteaux de coton) et en sels minéraux (blocs à lécher) pour améliorer l’alimentation des animaux.

Le projet contribue à la cohésion sociale en protégeant les moyens d’existence des éleveurs déplacés et des communautés hôtes tout en réduisant la compétition pour les ressources naturelles limitées. Quatre-vingt (80) pour cent des populations locales sont engagées dans le pastoralisme qui constitue leur principale source de revenu et d’épargne. L’amélioration de l’état sanitaire et nutritionnel des animaux permettra de sauvegarder les avoirs productifs des ménages bénéficiaires, contribuant ainsi au renforcement de leur résilience et à la réduction des conflits entre refugiés et populations hôtes.

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