La résilience
Pulvérisation de pesticides dans une zone infestée par des bandes larvaires de criquets pèlerins près de Lokichar, dans le comté de Turkana, au Kenya. ©FAO/Luis Tato

Le Kenya repousse la recrudescence de criquets pèlerins mais l’Afrique de l’Est reste menacée

28/07/2020

Q&R avec Cyril Ferrand, Chef de l’équipe chargée de la résilience de la FAO en Afrique de l’Est 

Comment se déroule la campagne de lutte contre le criquet pèlerin en Afrique de l’Est? 

En ce moment, la FAO lutte contre la deuxième génération de criquets pèlerins. Nous avons enregistré des progrès sensibles dans un certain nombre de pays, notamment au Kenya, où seuls deux comtés demeurent infestés par les acridiens, contre 29 en février. Dans les jours à venir, il ne restera plus qu'un seul comté infesté et, d'ici à trois semaines, le Kenya devrait être totalement débarrassé des grandes infestations. C'est un succès, mais la menace d'une nouvelle infestation vers la fin de l'année exige une surveillance attentive et continue.

Malheureusement, l'Éthiopie est toujours infestée par une deuxième génération de criquets. Elle est aussi en partie réinfestée par des essaims en provenance du Kenya. Ce pays est également menacé par de nouveaux essaims arrivant du Yémen. Un gros travail a été réalisé en Éthiopie mais, malheureusement, la lutte devra se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Nous progressons aussi en Somalie, malgré les problèmes de sécurité, mais une phase de reproduction y est attendue dans le nord. Nous prévoyons par ailleurs une reproduction estivale des criquets pèlerins au Soudan et dans l'ouest de l'Érythrée.

Nous savons que nous ne pouvons pas venir à bout d'une recrudescence de criquets pèlerins dans le monde entier en quelques mois seulement. La situation acridienne au Yémen et en Asie du Sud-Ouest demeure préoccupante, mais je dois dire que, pour ce qui est de l'Afrique de l'Est, nous enregistrons des avancées dans l'ensemble de la région, où l'expertise était très faible au début de la crise. Certains des pays touchés n'avaient plus vu de criquets pèlerins depuis des décennies. Au Kenya par exemple, cela faisait 70 ans. Bien sûr, il est toujours nécessaire de renforcer les capacités de surveillance et de riposte dans toute la région, afin d'être prêt si une nouvelle recrudescence survient.

 

Partagez