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La résilience

Contrôle et Éradication mondiale de la peste des petits ruminants. Investir dans les systèmes vétérinaires, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté

Contrôle et Éradication mondiale de la peste des petits ruminants. Investir dans les systèmes vétérinaires, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté
Apr 2015

La Peste des petits ruminants (PPR), maladie hautement contagieuse affectant les moutons et les chèvres, provoque chaque année des pertes considérables, à hauteur de 1,45 à 2,1 milliards de dollars des États-Unis. Depuis qu’elle a été identifiée pour la première fois en Côte d’Ivoire en 1942, la PPR s’est répandue dans environ 70 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie − régions qui regroupent plus de 80 % des moutons et des chèvres dans le monde, et plus de 330 millions de personnes parmi les plus pauvres de la planète qui en dépendent pour vivre

Les pertes économiques causées par la PPR frappent au cœur des populations vulnérables, ainsi qu’au cœur des productions animales de ces pays et de ces régions. Les différents pays connaissent des pertes annuelles cumulées allant de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions de dollars. Éradiquer la PPR contribuera à améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition, les revenus et la résilience des moyens de subsistance de millions de paysans pauvres dans le monde entier. 

En réponse aux demandes de leurs pays membres l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) ont décidé de préparer une stratégie mondiale pour le contrôle et l’éradication de la PPR. 

La PPR s’est propagée à un rythme alarmant depuis 15 ans, atteignant des régions qui auparavant n’étaient pas infectées. Si aucun plan de lutte n’est mis en œuvre, elle pourrait se propager encore plus, provoquant davantage de pertes socio-économiques dévastatrices et de souffrances pour les millions de paysans pauvres, dont la plupart sont des femmes, qui dépendent des moutons et des chèvres pour leurs moyens de subsistance.

La demande mondiale de viande et de produits laitiers va probablement plus que doubler à l’horizon 2030. Cela signifie que la production d’animaux et de produits d’origine animale devra augmenter de façon substantielle pour s’adapter aux marchés et aux besoins nutritionnels − objectif qui sera difficile à atteindre si les pays producteurs doivent continuer à lutter contre des maladies telles que la PPR, qui affectent directement l’efficacité économique et la durabilité de la production.  

De la même façon que la communauté internationale s’est unie pour éradiquer la peste bovine, nous pensons qu’il peut en être de même pour la PPR. Si un investissement global de 7,1 milliards de dollars est mis en place, nous pensons que la PPR peut être éradiquée en 15 ans, soit la moitié du délai qu’il a fallu pour débarrasser le monde de la peste bovine. En outre, le soutien accordé aux Services vétérinaires tant publics que privés aura des avantages positifs pour l’amélioration de la santé animale dans tous les pays ciblés, pour la promotion d’une meilleure nutrition et santé humaines tout en encourageant le développement économique des pays.

L’ éradication de la PPR est justifiable sur un plan économique car elle éliminera de façon permanente les impacts socio-économiques négatifs de la maladie. La totalité de l’investissement prévu par cette initiative devrait être récupérée dans les cinq premières années de l’éradication de la maladie.

Les efforts visant à lutter contre la PPR sont déjà payants. En Somalie, par exemple, aucun nouveau foyer de la maladie n’a été signalé depuis 2012, après une campagne de vaccination massive entreprise par les pouvoirs publics, les organisations professionnelles et les ONG, avec le soutien de la FAO.

L’éradication de la PPR est à notre portée, mais elle nécessite la volonté politique et le soutien financier des différents pays, organisations régionales et partenaires internationaux au développement. Elle nécessite également un partenariat fort et conjoint entre les secteurs public et privé. Et tous ces engagements doivent être soutenus sur le long terme. 

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