La résilience

Analyse de la résilience à Matam (Sénégal) 2016

Analyse de la résilience à Matam (Sénégal) 2016
Nov 2016

Située au nord-est du Sénégal, Matam fait partie des régions les plus pauvres du pays. 45 pour cent de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté (ANSD/SRSD, 2015). Les secteurs économiques prédominants étant l’agriculture et le pastoralisme, les récents changements climatiques ont ainsi eu une forte incidence sur le nombre de personnes souffrant de malnutrition. Malgré les nombreux progrès réalisés au cours des dernières décennies par le gouvernement du Sénégal pour accroître les taux de scolarisation et renforcer différents types d’infrastructure telles que les routes, les hôpitaux ou encore les écoles, ces mêmes infrastructures restent peu développées à Matam, de même que l’accès à de nombreux services de base. De plus, Matam se fait distancer par d’autres régions du Sénégal en ce qui concerne une série d’indicateurs dedéveloppement humain (ANSD, 2011).

Une analyse de la résilience de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), basée sur l’Enquête de suivi de la pauvreté au Sénégal I (ESPS I), a toutefois conclu que Matam est une des régions les plus résilientes du Sénégal en 2005 (FAO, 2015). Bien que ce résultat puisse être cohérent avec les niveaux généralement élevés de capacités d’adaptation, de transformation et de survie des régions les plus pauvres du monde, il mérite néanmoins d’être étudié de plus près. C’est la raison pour laquelle une enquête ad hoc a été menée par l’équipe d’analyse et des politiques de résilience (RAP) de la FAO entre décembre 2015 et janvier 2016, avec le soutien de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). L’enquête sur la résilience a été menée auprès de 410 ménages vivant dans les districts de Ranérou, Matam et Kanel dans la région de Matam.

Ce rapport vise essentiellement à mettre en relief les principaux piliers de la résilience et leurs facteurs contributifs au niveau des ménages, en appliquant la seconde itération de la méthodologie intitulée Mesure et analyse de l’indice de résilience de la FAO (RIMA) - Mesure et analyse de l’indice de résilience II (RIMA-II). La deuxième partie de l’analyse examine le rôle des variables géoclimatiques, des chocs et d’autres caractéristiques des ménages vis-à-vis de la sécurité alimentaire et de la capacité de résilience. Enfin , les résultats sont analysés à la lumière des politiques déjà en œuvre à Matam et des futures politiques qui pourraient être élaborées et appliquées, compte tenu des groupes sociaux et géographiques dont l’étude a fait apparaître une résilience moindre.

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