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FAO au Sénégal

La FAO appuie les pays d’Afrique de l’Ouest à élaborer une stratégie régionale pour la prévention et le contrôle de la fièvre de la Vallée du Rift

(c)FAO/Sarah Elliott
11/11/2018

Préparer les pays à une détection précoce et une réponse efficace face à la maladie dans la Région 

La fièvre de la Vallée du Rift (FVR) menace les pays d’Afrique de l’Ouest depuis plusieurs décennies. Dans les années 80, le Sénégal et la Mauritanie ont été les premiers pays de la Région à signaler des flambées de cette maladie infectieuse transmise par les moustiques et touchant principalement le bétail domestique et les humains. Une ré-emergence de la maladie a été observée au cours de la dernière décennie dans ces deux pays. 

En 2016, une première épidémie a été signalée dans l'Ouest du Niger et dans l'Est du Mali, affectant les humains et le bétail (bovins, petits ruminants et dromadaires). Face à cette situation qui montre que l'émergence de la FVR devrait être considérée comme une préoccupation croissante, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé plusieurs missions dans le cadre d'un programme régional d'évaluation de la préparation des pays en cas d'épidémie de FVR appelé «Préparation du programme régional pour la fièvre de la Vallée du Rift prévention et contrôle au Bénin, au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria». 

C’est dans ce cadre qu’un atelier régional sur la prévention et le contrôle de la fièvre de la Vallée du Rift en Afrique de l’Ouest s’est tenu à Dakar, au Sénégal, du 10 au 11 septembre 2018. Organisé par la FAO, en collaboration avec le Centre de Coopération Internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), cet atelier avait pour objectif d’élaborer un plan de Stratégie régionale pour la préparation, la détection précoce et le contrôle de la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) en Afrique de l’Ouest. 

Le Coordonnateur régional du Centre d’urgence pour les maladies animales transfrontières (ECTAD) de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Baba Soumaré, a relevé, à l’ouverture de l’atelier, que «la Fièvre de la Vallée du Rift constitue un enjeu majeur pour la santé animale mais aussi pour la santé publique dans la Région». Il a ainsi suggéré que la stratégie régionale intègre les aspects «Une Seule Santé» et s’inscrive dans le cadre des activités des réseaux de santé animale de la Communauté Économique des États l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) que la FAO soutient. 

Renaud Lancelot et Cécile Squarzoni Diaw, épidémiologistes du CIRAD et de l’Unité mixte de recherche UMR-ASTRE, ont souligné «l’impact des changements climatiques qui actuellement sont favorables à une extension de la FVR notamment dans les pays situés au sud du Sahel (pays côtiers) pour les prochaines années». Selon les spécialistes, les conditions environnementales climatiques et la pluviosité sont en effet réunies pour permettre l’apparition de foyers dans des pays jusqu’à présent assez préservés. Ils ont estimé qu’«une approche analyse de risque est indispensable pour mieux appréhender les facteurs d’émergence et de propagation de la FVR et ainsi déployer, à partir des résultats obtenus, des plans de surveillance et de contrôle basés sur le risque. 

Améliorer la surveillance pour faire face à une épidémie de la Fièvre de la Vallée du Rift 

Le plan d’action régional proposé pour la mise en œuvre de la stratégie est dénommé «Riftsurv». En raison de leurs connaissances et de leur expérience de la maladie, le Sénégal et la Mauritanie sont inclus dans ce plan d'action. 

Le projet vise à améliorer la préparation des pays du Sahel et des pays côtiers (Bénin, Burkina, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo) à faire face à une épidémie de FVR. Il s’agira de renforcer la surveillance et le contrôle de la FVR y compris dans des régions, qui jusqu’à présent, étaient considérées comme apparemment indemnes de foyers cliniques (en particulier celles situés au sud de la zone sahélienne du Golfe de Guinée). 

Ce projet bénéficiera de l’appui des experts en FVR mobilisés dans le cadre des réseaux régionaux RESEPI (Réseau régional des systèmes d’épidémiosurveillance nationaux pour l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et les autres maladies prioritaires) et  RESOLAB (Réseau régional des laboratoires vétérinaires de diagnostic de l’IAHP et des autres maladies transfrontières d’Afrique de l’Ouest et centrale), constituant un groupe de travail, formé des participants de l’atelier et d’experts nationaux et internationaux de la FVR. 

Du fait de la mobilité animale entre les pays du Sahel, l’objectif est de développer une surveillance basée sur les risques, afin d'identifier les zones à plus haut risque d'introduction et de propagation de la maladie. Il est aussi prévu de développer des études nationales de prévalence de la FVR pour évaluer le fardeau de la maladie dans chaque pays et renforcer les connaissances sur la maladie et ses diagnostics selon l’approche «Une Seule Santé». 

Pour le contrôle de la maladie, le projet prévoit de développer des supports de communication et de sensibilisation adaptés à chaque pays et aux parties prenantes (vétérinaires, éleveurs, personnel des abattoirs, agriculteurs, etc.). Le projet encourage également la tenue de réunions transfrontalières sur les défis de la FVR, l’élaboration d’un plan d'urgence et l’organisation d'exercices de simulation afin de tester l’opérationnalité des plans d’urgence et promouvoir l’approche «Une Seule Santé» dans le cadre d’une collaboration impliquant les acteurs de la Santé Animale, de la Santé Publique et de l’Environnement.