Objectifs de développement durable

5 raisons pour lesquelles le sol est essentiel pour l'avenir durable de la planète

09/02/2015

Peut-être n’est-il pas aussi visuellement saisissant qu’une forêt verte, ou bien n’apparaît-il pas aussi vital que l’eau douce, mais le sol d’aspect simple est une ressource naturelle essentielle au maintien de la vie sur Terre.

Le sol fournit des nutriments, de l’eau et des minéraux aux plantes et aux arbres, emmagasine du carbone et abrite des milliards d'insectes, de petits animaux, de bactéries et de nombreux autres micro-organismes.

Pourtant, la quantité de sol fertile de la planète diminue à un rythme alarmant, compromettant la capacité des agriculteurs à cultiver des denrées pour nourrir une population mondiale qui devrait atteindre neuf milliards d’ici 2050.

L'un des 14 thèmes centrés sur le développement durable de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le sol s’est trouvé parmi les domaines prioritaires examinés au siège de l'ONU à New York, où se déroulent actuellement les négociations intergouvernementales pour l’après-2015.

Soulignant son importance, 2015, année où la communauté internationale s’accordera sur un nouveau cadre de développement global pour succéder aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a été déclarée Année internationale des sols par les Nations Unies.

Voici cinq bonnes raisons de chérir notre ressource naturelle souvent sous-estimée.

1.       Un sol sain nourrit le monde

Notre nourriture vient su sol. Composé de minéraux, d'eau, d'air et de matière organique, le sol produit le cycle de macronutriments de la vie végétale et animale et est la base même de l’alimentation animale, des carburants, des fibres et des produits médicaux, ainsi que de nombreux services écosystémiques essentiels.

« La qualité de notre nourriture dépend pour beaucoup de la qualité de notre sol », explique Ronald Vargas, en charge de la gestion des sols et de la terre à la FAO. « La dégradation du sol est un processus silencieux, pourtant elle a d'énormes conséquences pour l'humanité. Des études montrent qu'environ un tiers des sols de la planète connaissent une dégradation modérée à sévère. Avec l'Année internationale des sols, 2015 se trouve être une année particulièrement importante pour l’avenir durable de la planète, avec de nouveaux objectifs mondiaux en passe d’être annoncés. L’attention et l’engagement portés aux sols sains et vivants seront des alliés déterminants pour garantir sécurité alimentaire et nutrition pour tous ».

2.       Le sol, comme le pétrole ou le gaz naturel, est une ressource finie

Le sol est une ressource naturelle non renouvelable - sa perte n’est pas récupérable au cours d’une vie humaine. Il faut parfois des centaines, voire des milliers d’années pour former un centimètre de sol à partir de la roche-mère, mais ce centimètre de sol peut se perdre en l’espace d’une seule année avec l’érosion.

Les mauvaises pratiques agricoles – le labourage intensif, l'élimination de la matière organique, l'irrigation excessive utilisant de l'eau de mauvaise qualité et l’utilisation abusive d’engrais, d’herbicides et de pesticides - épuisent les nutriments du sol plus vite qu'ils ne sont capables de se former, conduisant à la perte de la fertilité des sols et à leur dégradation. Certains experts affirment que le nombre d'années de couverture du sol restante sur la planète est semblable aux estimations faites concernant les réserves de pétrole et de gaz naturel. Au moins 16 pour cent des terres africaines ont été touchées par la dégradation des sols. Et, à l'échelle mondiale, 50 000 kilomètres carrés de terre, soit une zone de la taille du Costa Rica, sont perdus chaque année, selon le *Partenariat mondial sur les sols.

3.       Le sol peut atténuer le changement climatique

Le sol constitue le plus grand réservoir de carbone organique terrestre, soit plus du double de la quantité stockée dans la végétation. En plus d'aider à fournir de l'eau potable, prévenir la désertification et apporter la résilience aux inondations et à la sécheresse, le sol atténue le changement climatique par la séquestration du carbone et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Les sols du monde doivent être inclus dans tout programme visant à lutter contre le changement climatique, ainsi qu’à garantir la sécurité alimentaire et de l’approvisionnement en eau », affirme Rattan Lal, directeur du Centre pour la gestion et la séquestration du carbone de l’Université d’Etat de l’Ohio. "Je pense qu'il existe aujourd’hui une prise de conscience générale du carbone du sol, une prise de conscience que le sol n’est pas seulement un support pour la croissance des plantes ».

4.       Le sol est vivant, grouillant de vie

Un quart de la diversité biologique de la planète provient du sol. Il contient littéralement des milliards de micro-organismes tels que les bactéries, les champignons et protozoaires, ainsi que des milliers d'insectes, d’acariens et de vers. Il y a d’avantage d’organismes dans une cuillère à soupe de sol sain qu'il n’existe de personnes sur la planète.

« Ce n’est que récemment que nous avons commencé à penser la biodiversité du sol comme une ressource que nous avons besoin de connaître », mentionne Diana Wall, Directrice scientifique de l'Initiative mondiale sur la biodiversité du sol. « Sans le sol et sa biodiversité, il n'y a pas de vie humaine ».

5.       Investir dans la gestion durable du sol se justifie sur le plan économique et environnemental

La gestion durable du sol a un coût moindre que celui de la réhabilitation ou la restauration des fonctions du sol. Dans la région de Lempira Sur au Honduras, un projet de la FAO a développé le  « Quesungual slash and mulch agroforestry system » (en anglais seulement) pour remplacer la méthode agricole ancestrale de culture sur brûlis, qui avait conduit à la baisse de l'humidité et de la fertilité. Il en est résulté une augmentation de la productivité et des revenus pour les agriculteurs de la région. Un projet très différent dirigé par la FAO, se concentrant sur les ressources terrestres, hydriques et biologiques pour inverser le processus de dégradation de la terre dans le bassin de la rivière Kagera, entre le Burundi, le Rwanda, l'Ouganda et la Tanzanie, a amélioré les moyens d’existence et la sécurité alimentaire des agriculteurs autour du lac Victoria.

« Partout dans le monde, la pression humaine sur les sols atteint des limites critiques », ajoute M. Vargas. « Selon les principes énoncés dans la Charte mondiale des sols et soutenus par la FAO, la bonne gouvernance des sols exige des actions à tous les niveaux, des gouvernements aux particuliers, pour promouvoir une gestion durable du sol ».

« L'accent mis sur les sols dans le Programme de développement pour l’après-2015 serait une grande récompense ».

* Engagés dans la gestion durable des sols, les membres de la FAO ont créé le Partenariat mondial sur les sols.

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